ÉDOUARD BAER

On ne va pas se men­tir : on est fans de lui. De son hu­mour ab­surde, de son ima­gi­na­tion dé­li­rante, de son al­lure de dan­dy. Et de son der­nier film, « Ou­vert la nuit ».

Cosmopolitan (France) - - LE CHOUCHOU - Par Flo­rence Tré­dez

Avec Édouard Baer, tout peut ar­ri­ver. On est pré­ve­nue : « Ils ont at­ta­qué au vin blanc tôt ce ma­tin », alerte l’at­ta­chée de presse. Ils, c’est l’équipe de la ma­ti­nale de Nova, qu’il anime de­puis sep­tembre, et qui se presse en foule dans son bu­reau exi­gu. Che­veux sa­vam­ment ébou­rif­fés, cos­tume en ve­lours frois­sé, ado­rable, cour­tois et at­ten­tion­né, le chou­chou montre à la can­to­nade l’écran de son smart­phone où chante, mine déses­pé­rée, un pia­niste de bar. « Un co­pain, en­re­gis­tré cette nuit, au ca­ba­ret des Trois Mailletz », ex­plique-t-il. La vie nocturne, le ha­sard des ren­contres, Pa­ris sont jus­te­ment au coeur du nou­veau film qu’il a écrit et réa­li­sé, « Ou­vert la nuit ». Une co­mé­die for­mi­da­ble­ment réus­sie, bour­rée de charme et d’hu­mour. Et un road mo­vie ro­cam­bo­lesque où se croisent et s’en­tre­croisent les des­tins d’un met­teur en scène ja­po­nais, d’une ac­trice nym­pho ou d’un chim­pan­zé fe­melle. Le per­son­nage prin­ci­pal, Lui­gi, in­ter­pré­té par Édouard Baer lui-même, di­rec­teur de théâtre aus­si fan­tai­siste qu’em­brouilleur, a une nuit pour sau­ver

Son con­seil à une star : Son con­seil à un(e) jeune ac­teur(trice) : « Ou­blie les cas­tings de cent mille per­sonnes. Avance comme ta gé­né­ra­tion en tra­vaillant avec d’autres jeunes et poste des choses sur YouTube. C’est comme ça que tu te fe­ras re­mar­quer. Mais si, crois-moi. »

sa pièce du ma­rasme et trou­ver l’ar­gent pour payer ses col­la­bo­ra­teurs. À l’écran, on ne peut s’em­pê­cher de pen­ser à Baer lui-même, qui a mon­té plu­sieurs pièces avec sa troupe dans dif­fé­rents théâtres. « Bien sûr, je me suis ins­pi­ré d’his­toires que j’ai vé­cues, dit-il. Mais aus­si de bio­gra­phies, comme celle de Jean-Pierre Ras­sam, un pro­duc­teur de ci­né­ma qui al­lait jouer au ca­si­no pour payer son équipe lorsque son tour­nage s’était ar­rê­té faute de moyens. » Pour le reste, Lui­gi, c’est lui, en pire et en mieux. « J’ai­me­rais être aus­si cou­ra­geux et aus­si en­thou­siaste que lui. Mais j’es­saie d’être moins égoïste et moins ma­ni­pu­la­teur. Et d’avoir un peu plus de vie in­time à la mai­son. J’ai une fille et j’ai sou­vent peur qu’à force de mé­lan­ger tra­vail et vie pri­vée je fi­nisse par ne plus être là pour elle. » Pour­tant, quand il évoque des fies­tas avec cer­tains co­pains « gui­ta­ristes fla­men­cos et cou­peurs de jam­bon », on ima­gine les nuits d’Édouard Baer bien rem­plies… Tout comme ses jour­nées de tour­nage, peu­plées de belles ac­trices et de co­quets chim­pan­zés fe­melles. « C’était un singe gir­ly, qui ado­rait coif­fer les che­veux de Sa­bri­na Oua­za­ni et de Ma­rie-Ange Cas­ta. » Pa­role de chou­chou.

Son ac­tu : « Ou­vert la nuit », qu’il a réa­li­sé, avec Sa­bri­na Oua­za­ni, Au­drey Tau­tou, Ma­rie-Ange Cas­ta, sor­tie le 11 jan­vier. « Plus près de toi », la ma­ti­nale de 7 h à 9 h tous les jours sur Nova.

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