I

Cosmopolitan (France) - - LOVE DÉTECTIVE -

l existe cer­taines ques­tions aux­quelles il est plus com­pli­qué de ré­pondre que d’autres. « Y a-t-il une vie après la mort ? », « Les sti­let­tos, en rouge ou en noir ? »… Et puis celle-ci, qui re­mue les neu­rones de toutes celles qui sont dans mon cas en ce mo­ment : « T’es en couple ? » C’est Lor­raine, une co­pine per­due de vue de­puis un an, qui me la pose ce soir. Et je bugge. Euh… non. En­fin, je vois un mec, mais on n’est pas en­semble. On n’en a ja­mais par­lé, en fait. « Oui, vous êtes sex-friends, quoi ! » Ben, non, on fait plein de trucs, aus­si. On va au res­to, au ci­né, on fait des ex­pos, on… Lor­raine fronce un sour­cil : « C’est ton mec, alors. » Non plus. Parce qu’on n’a ja­mais eu cette conver­sa­tion et qu’il y a plein de trucs qui font que je n’ar­rive pas à le voir comme mon mec. « Bah, vous êtes quoi ? Ça fait long­temps ? » Un peu plus de deux mois… Je ne sais pas, on ne se prend pas la tête avec ça ! « Fais bien at­ten­tion à toi, quand même. Quand on est dans ce genre de si­tua­tion, il suf­fit de chan­ger d’en­vie pour souf­frir. »

Les pre­miers doutes

Quand on n’a pas les mots pour dé­fi­nir une re­la­tion, c’est quitte ou double : soit ça nous convient par­fai­te­ment parce que, de toute fa­çon, on ne sait pas nous-mêmes ce qu’on dé­sire vrai­ment ; soit ça nous an­goisse, parce qu’on se de­mande ce que l’autre pense, qu’on a peur de tom­ber de haut ou de fi­nir dé­çue. Dans mon cas, avec Da­mien, je ne m’étais en­core ja­mais vrai­ment po­sé la ques­tion : on s’est ren­con­trés à une soi­rée, il a pris mon numéro. On est al­lés dî­ner, on s’est em­bras­sés, on s’est re­vus dès le len­de­main. De­puis, on se voit un peu moins, mais tou­jours au moins une fois par se­maine. Seule­ment, même si je ne doute pas qu’il m’aime bien, il ne semble pas me consi­dé­rer comme sa co­pine. Je n’ai pas ren­con­tré un seul de ses amis, par exemple. Il y a des jours où il est en si­lence ra­dio. Il n’a pas de mots spé­cia­le­ment tendres, de pe­tites at­ten­tions… Et moi, je n’ose rien dire, j’ai l’im­pres­sion que toutes ces im­pa­tiences ne sont pas fon­dées, comme si je n’avais pas vrai­ment le droit d’at­tendre quoi que ce soit de lui, parce qu’on ne s’est ja­mais dit clai­re­ment qu’on était en­semble. Je me de­mande où on va. Et comment on at­ter­rit dans une re­la­tion comme ça.

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