SA GRANDE HIS­TOIRE

J’au­rais pu dé­bar­quer après une aven­ture d’un soir, un flirt de trois mois ou une amou­rette de deux ans. Non, trop simple. Moi j’ar­rive juste der­rière sa Grande His­toire.

Cosmopolitan (France) - - ÇA, ÇA M’ÉMERVEILLE ! - Par So­phie Hé­naff. Pho­to Co­lie­na Rent­mees­ter.

JJe sais que la femme la plus im­por­tante de sa vie, celle qui mar­que­ra au fer rouge son coeur et son es­prit en­flam­més, celle qui res­te­ra à ja­mais gra­vée dans le Pan­théon de son cor­tex, la reine des reines, la bombe des bombes, c’est moi et rien que moi. L’a pas in­té­rêt à dire le contraire de toute fa­çon. Mais avant moi, il y en a eu d’autres. Je m’y at­ten­dais un peu, vu que Vic­tor a 32 ans. N’em­pêche, ce­la me contra­rie. D’au­tant que juste avant, là, il y a six mois à peine, il vi­vait avec son Grand Amour – que par conven­tion et dans un sou­ci de pré­ser­va­tion de l’ano­ny­mat, nous ap­pel­le­rons Ma­chine. Celle avec qui ça a du­ré sept ans et qu’il a été à deux doigts (les an­nu­laires) d’épou­ser. To­tor s’est vite conso­lé bien sûr, nor­mal, avec moi on ou­blie tout. En re­vanche, le monde au­tour de lui a fran­che­ment du mal à re­boo­ter.

Avec sa fa­mille

Ils sont dé­li­cats, gen­tils, at­ten­tion­nés et ne veulent pas faire pe­ser sur moi le poids des dé­ci­sions de leur frère/fils/beau-frère/ton­ton. Mais ils ai­maient beau­coup Ma­chine. Avec elle, ils ont pas­sé de bons mo­ments. Si j’en crois en tout cas le nombre de fois où ils se coupent, ba­fouillent ou aban­donnent une anec­dote qu’ils avaient dé­mar­rée en riant comme des fous. Ils s’in­ter­rompent pour m’épar­gner, mais cu­rieu­se­ment ça ne me met pas à l’aise. (Sans comp­ter que j’ai­me­rais sa­voir, moi, com­ment To­tor en est ar­ri­vé à s’ac­cro­cher à la cri­nière d’un che­val au ga­lop dé­gui­sé en père Noël.) Il y a aus­si le frère qui confond mon pré­nom avec ce­lui de Ma­chine, et belle-ma­man qui me res­sert son crumble de ca­nard en se sou­ve­nant sou­dain « ah non, c’est pas toi qui l’adores, c’est vrai » sur un ton de lé­ger re­proche. Ce à quoi je ré­ponds avec or­gueil « si, si, je suis fan moi aus­si », avant de me res­ser­vir trois fois. Et puis il y a aus­si Ch­loé, la soeur de Vic­tor, qui s’en­ten­dait si bien avec Ma­chine, vu qu’elles bos­saient toutes les deux dans la même branche et dans le même quar­tier en plus, in­croyable ce que le monde est pe­tit, elles étaient faites pour s’en­tendre, ha­ha­ha, Ch­loé, donc, conti­nue

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