NOS GA­LÈRES DE VOYAGE

QUAND ON SE­RA REN­TRÉ, ÇA FE­RA DE BONNES HIS­TOIRES À RA­CON­TER.

Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE - Par Ch­loé Szul­zin­ger avec Bar­ba­ra Co­lé Pho­to Kel­vin Mur­ray

Quand on se­ra ren­tré, ça fe­ra de bonnes his­toires à ra­con­ter. Par Ch­loé Szul­zin­ger avec Bar­ba­ra Co­lé.

VOYA­GER LÉ­GER

Pour ma se­maine au Portugal, je dé­cide qu’un ba­gage ca­bine suf­fi­ra. On m’ap­pelle Ma­ry Pop­pins, même pas peur. Je vé­ri­fie bien sur le site de la com­pa­gnie les di­men­sions maxi­males au­to­ri­sées à bord, je me­sure ma pe­tite va­lise, poi­gnée et rou­lettes com­prises – on ne me la fait pas. Ça se né­go­cie sec, est-ce que ce pe­tit chi­no vaut trois tee-shirts ? Ou bien la robe longue ? Si je la roule bien dans le fond, ça de­vrait te­nir. Les fla­cons de 100 ml sont rem­plis de gel douche et de crème hy­dra­tante, tout est sous contrôle. Je ju­bile au gui­chet d’en­re­gis­tre­ment : « Juste un ba­gage ca­bine. » « Très bien, met­tezle sur le ta­pis, on doit quand même le pe­ser… 11,8 kg, vous de­vez l’en­re­gis­trer ma­dame, c’est 8 kg maxi­mum. » Ma fixette sur les di­men­sions m’a fait zap­per le poids. Mo­na, 28 ans La pro­chaine fois. Pas de lec­ture sé­lec­tive des con­di­tions de la com­pa­gnie aé­rienne.

NON MAIS AL­LÔ ? !

Re­tour d’une ma­ti­née de nage avec des dau­phins à Ma­da­gas­car, je suis en ex­tase. En ré­cu­pé­rant mon por­table, je vois des no­ti­fi­ca­tions Fa­ce­book, Ins­ta- WhatsApp, des mails… Im­pos­sible, j’ai désac­ti­vé le wi­fi. Mais pas le roa­ming. Ça fait six heures que je suis en 4G à l’autre bout du monde.

Le prix de mon voyage, quoi.

Ma­rion, 29 ans La pro­chaine fois. À l’étran­ger, dès la des­cente de l’avion ou du train, je désac­tive les don­nées mo­biles. Et j’uti­lise Skype, Mes­sen­ger ou WhatsApp quand je trouve du wi­fi gra­tuit.

SINGE FAR­CEUR

À Ouar­za­zate, pause pi­que­nique entre deux ex­cur­sions, un pe­tit singe saute sur mon sac à dos. En vou­lant le chas­ser, je ren­verse mon sac, la bes­tiole se jette sur mon pas­se­port et re­monte avec dans son arbre. C’est ma housse vert fluo qui a dû l’in­tri­guer, je n’en crois pas mes yeux. La si­tua­tion est ri­di­cule, le guide est mort de rire, des gens es­saient de le faire re­des­cendre par tous les moyens… mais il dis­pa­raît dans les arbres. Je dois fon­cer au poste de po­lice le plus proche (à une heure de route) pour faire une dé­cla­ra­tion de perte, puis au con­su­lat pour ob­te­nir une at­tes­ta­tion et un lais­sez-pas­ser. Pas co­ol du tout. Alice, 31 ans La pro­chaine fois. Je ferme mon sac et je le cale près de moi. Avant de par­tir, je scanne tous mes pa­piers et je me les en­voie par mail, ça fa­ci­lite les dé­marches en cas de sou­ci.

GROS LOT

C’est par­ti pour quatre jours de fête à Édim­bourg pour mes 30 ans. Je suis avec mes deux meilleures amies, on se lâche dès le pre­mier jour : shop­ping, res­to, tour­née des bars… Jus­qu’à cet ap­pel de la banque le len­de­main ma­tin à 9 heures : « Vous ve­nez bien de faire un achat de 2 200 € à Mum­bai ? » Té­ta­ni­sée, je ba­fouille que non. « Faites im­mé­dia­te­ment op­po­si­tion », me dit le ban­quier. Ré­sul­tat : plus de CB, juste quelques pièces au fond de la poche. Même si mes co­pines m’avancent l’ar­gent pour les trois jours sui­vants, ça m’a un peu gâ­ché la fête… Oli­via, 27 ans La pro­chaine fois. Je ne perds ja­mais de vue ma carte au mo­ment du paie­gram, ment. Je pri­vi­lé­gie les dis­tri­bu­teurs à l’in­té­rieur des banques, les ha­ckers visent plu­tôt les ma­chines iso­lées dans la rue. Je note le nu­mé­ro de té­lé­phone du centre d’op­po­si­tion de ma banque, en cas de perte ou de vol de ma CB. Et je pré­viens tou­jours mon gui­chet de mon voyage, avec les dates de dé­part et de re­tour.

ON A TOUT LE TEMPS

Re­tour à Nice après des va­cances en amou­reux à Los An­geles. Onze heures de vol jus­qu’à Pa­ris, c’est fait. Il nous en reste en­core une pe­tite, après une es­cale de… trois heures. Entre 3 heures et 6 heures du ma­tin. C’est Steph qui a pris les billets, je sais, la dif­fé­rence de prix était consi­dé­rable. Mais là, tout de suite, je se­rais prête à payer pour ne pas moi­sir à Rois­sy. On som­nole va­gue­ment deux heures sur une ran­gée de sièges, puis on se di­rige, tran­quilles, vers la porte d’em­bar­que­ment. À moi­tié en­dor­mie, je sors nos billets au contrôle, et je vois

la dame em­bar­ras­sée

« Votre vol part de l’aé­ro­port d’Or­ly. »

C’est à l’autre bout de Pa­ris, on n’y ar­ri­ve­ra ja­mais. Scène de mé­nage mé­mo­rable au ter­mi­nal, ra­chat de billets plein pot et re­gards de dra­gons pen­dant deux jours. Constance, 32 ans La pro­chaine fois. Je jet­te­rai quand même un oeil at­ten­tif aux billets.

À PEINE SOR­TIE DU PAR­KING

Road trip en Sar­daigne en août à quatre co­pines, je suis la seule à avoir le per­mis. À Lille, je n’ai pas de voi­ture, et ja­mais be­soin de con­duire… Mais là, pas le choix. À l’agence de lo­ca­tion, je suis ar­chi­con­cen­trée pour com­prendre les ins­truc­tions du type en ita­lien, et je res­pire quand il pro­pose de sor­tir lui­même la voi­ture du par­king. Je me lance sur la route, pen­dant que mes co­pines gi­gotent en ri­go­lant. Ob­jec­tif res­to at­teint, je tourne pour trou­ver une place dans le mi­nus­cule par­king bon­dé. En­fin une place, je re­cule, et là, « chcr­rouiiiic », sui­vi d’un cri éner­vé. J’ai em­bou­ti la por­tière d’un mous­ta­chu qui me hurle des­sus. Voi­là comment j’ai ap­pris à faire un constat à l’étran­ger. Ma­thilde, 31 ans

La pro­chaine fois. Je re­prends une ou deux heures de conduite avant le voyage, his­toire d’évi­ter le stress. En cas de sou­ci avec une voi­ture louée, c’est l’as­su­rance de l’agence de lo­ca­tion qui paye (c’est in­clus dans le for­fait). Si je pars avec ma propre voi­ture, bien pen­ser à avoir mon contrat d’as­su­rance dans la langue du pays – ou au moins en an­glais.

CHAMBRE AVEC VUE

Un voyage ro­man­tique sur la côte amal­fi­taine, c’était notre idée de la dolce vi­ta. On ar­rive de nuit à Po­si­ta­no, ce vil­lage su­blime où les pe­tites mai­sons co­lo­rées s’em­pilent à flanc de mon­tagne de­puis la mer. La route est si­nueuse, mal éclai­rée, le GPS ne capte pas… On déses­père de trou­ver notre hô­tel de charme avec vue sur la mer. Au bout de la troi­sième in­di­ca­tion contra­dic­toire en ita­lien, on fi­nit par y ar­ri­ver. Mais au lieu du grand hall ar­bo­ré vu en pho­to, on trouve un mi­cro­gui­chet sous un néon et un pa­py ron­chon. Et à la place de la pierre blanche du pa­tio, une es­pèce de mo­quette qui a dû être beige un jour. Je suis à peine sur­prise quand je dé­couvre notre chambre : en contre­bas avec une vue splen­dide

sur le par­king. Une ar­naque to­tale.

Ju­liette, 30 ans La pro­chaine fois. Je me mé­fie des offres trop al­lé­chantes des gros sites de ré­ser­va­tion en ligne et je passe di­rec­te­ment par les sites d’hô­tels.

CHAUD FROID

Week-end im­pro­vi­sé chez ma soeur à Mar­seille dé­but juin, je jette deux robes, un pa­réo et un maillot dans ma mi­cro­va­lise. À peine sor­tie de la gare, un grand coup de mis­tral me fait ti­tu­ber. Il a beau faire 20 °C et pas un nuage, les ra­fales à 40 km/h, ça di­vise le res­sen­ti par deux, et ça fait s’en­vo­ler les tongs. Va­len­tine, 32 ans La pro­chaine fois. Même si je pars sous les tro­piques, je pré­vois au moins un jean et un pull chaud. Train, avion, clim, ba­lade sous les étoiles… il y a tou­jours un mo­ment où on peut avoir froid.

ER­REUR DE CAS­TING

C’est par­ti pour le tour de l’Espagne en sac à dos avec Fan­ny, ma plus vieille amie. On a trois se­maines pour tout voir, tout man­ger, tout écou­ter, on est su­per em­bal­lées. Dès le pre­mier soir à l’hô­tel, on jette spon­ta­né­ment nos af­faires sur le même lit, près de la fe­nêtre. On se marre et on se fait des po­li­tesses. Le len­de­main ma­tin, il est 8 heures quand j’en­tends un chien aboyer comme un fou. J’en­fonce ma tête sous l’oreiller. Mais là : « Si on veut avoir un pe­tit déj et évi­ter la queue au mu­sée, faut se le­ver. » Je réa­lise que le chien, c’est la son­ne­rie de

son ré­veil. Je pro­pose en­core dans le brouill­lard : « On com­men­ce­rait pas par un pe­tit tour à la plage ? » Vi­si­ble­ment non, elle est dé­jà par­tie. Le soir sui­vant, on doit faire la tour­née des bars, elle pré­fère se ba­la­der tran­quille dans la ville. Le len­de­main, quand je pro­pose une vi­site, elle en a dé­jà boo­ké une autre, quand j’ai en­vie de lire, elle veut qu’on parte en ex­cur­sion… De­puis qu’on est ren­trées, j’ai pris mes dis­tances. Pi­tié, plus ja­mais ça. Sa­mia, 28 ans La pro­chaine fois. Avant de si­gner pour trois se­maines, je fais un « es­sai » sur un week-end de trois jours, his­toire de voir si on est rac­cord.

DÉ-VALISÉE

2 heures du ma­tin, ça fait une heure qu’on a at­ter­ri à Ha­noï, nous ne sommes plus que cinq à fixer le ta­pis rou­lant, vide. Deux se­maines au Viet­nam, c’est notre pre­mier grand voyage en amou­reux, et on a un vol in­té­rieur le len­de­main ma­tin. Quand le type du gui­chet « ré­cla­ma­tion ba­gages » se pointe en­fin en nous de­man­dant d’en­tou­rer notre mo­dèle de va­lise sur une vieille feuille en noir et blanc, c’est le choc des cultures… On ne se com­prend pas. C’est sans es­poir pour ce soir, de­main peut-être ? Ça vou­drait dire mettre en l’air notre pro­gramme. Pas ques­tion : on laisse tom­ber, on a nos pa­piers, mé­di­ca­ments et ap­pa­reils pho­to sur nous, c’est le prin­ci­pal. On ra­chète le mi­ni­mum sur place. On a fi­na­le­ment ré­cu­pé­ré nos af­faires un mois après notre re­tour. Cé­cile, 32 ans. La pro­chaine fois. Cu­lottes, sou­tiens­gorge, chaus­settes, tee-shirts, j’em­porte un kit de sur­vie dans mon ba­gage ca­bine. Et je conserve soi­gneu­se­ment mes ti­ckets de ba­gage (don­nés avec la carte d’em­bar­que­ment), en cas de ré­cla­ma­tion. À sa­voir : j’ai 21 jours à comp­ter du mo­ment où j’ai ré­cu­pé­ré mon ba­gage en re­tard pour de­man­der à la com­pa­gnie une in­dem­ni­té pour les pro­duits de pre­mière né­ces­si­té (vê­te­ments, pro­duits d’hy­giène) que j’ai dû ra­che­ter (bien conser­ver les fac­tures).

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