PRIYAN­KA CHO­PRA DE BOL­LY­WOOD À HOL­LY­WOOD

Por­tée par le suc­cès de la sé­rie « Quan­ti­co », la star made in In­dia conti­nue sa conquête amé­ri­caine en in­car­nant la mé­chante dans « Baywatch », le re­make ci­né de la sé­rie « Alerte à Malibu ».

Cosmopolitan (France) - - VIP - Par Ma­rie Hen­rio Pho­to Ch­ris Cray­mer

Au té­lé­phone, elle a re­trou­vé ses « r » qui roulent et son an­glais « made in Bom­bay ». De quoi por­ter Priyan­ka Cho­pra au Nir­va­na. « Sur le tour­nage de “Quan­ti­co”, je fais bien at­ten­tion à gom­mer mon ac­cent pour convaincre le pu­blic que mon per­son­nage d’agent du FBI est une Amé­ri­caine comme les autres. C’est im­por­tant pour moi : je ne veux pas jouer l’In­dienne de ser­vice. Mais dès que je re­tourne dans mon ap­par­te­ment, j’en­lève mes chaus­sures, je lâche mes che­veux, je mets de la mu­sique Bol­ly­wood à fond et j’ai l’im­pres­sion de re­ve­nir dans mon pays. » Où elle n’a pas pas­sé beau­coup de temps ces deux der­nières an­nées : son suc­cès à la té­lé amé­ri­caine lui a ou­vert les portes d’Hol­ly­wood et elle n’a pas l’in­ten­tion de lais­ser pas­ser sa chance. « C’est la pre­mière fois qu’une ac­trice in­dienne se voit of­frir par les stu­dios amé­ri­cains des rôles qui ne rem­plissent pas des quo­tas eth­niques. Au­jourd’hui, les ar­tistes ne de­vraient plus être li­mi­tés par les fron­tières, la langue ou la cou­leur de peau. Je veux al­ler là où se trouvent les rôles ori­gi­naux. » Un per­son­nage de garce, c’est ce que lui a of­fert le réa­li­sa­teur Seth Gor­don dans « Baywatch : Alerte à Malibu », adap­ta­tion 2.0 sur grand écran de la sé­rie culte des an­nées 90. Non, on ne ver­ra pas Priyan­ka Cho­pra cou­rir sur la plage en maillot rouge aux cô­tés des sculp­tu­rales Alexan­dra Dad­da­rio et Kel­ly Rohr­bach. « Une vi­sion un peu trop sexiste pour moi. J’ado­rais re­gar­der la sé­rie avec ma mère quand j’étais ado, elle in­car­nait le rêve amé­ri­cain de l’époque. Mais l’image de la femme a chan­gé. Je me re­trouve da­van­tage dans la per­son­na­li­té de Vic­to­ria Leeds, une bu­si­ness­wo­man im­pi­toyable qui se conduit comme un homme. J’aime jouer les mé­chantes, leur psy­cho­lo­gie est plus in­té­res­sante. Celle-là, on la croi­rait tout droit sor­tie d’un “James Bond”. J’adore mettre des ra­clées à mes par­te­naires. En Inde, les ac­trices sont très phy­siques : en plus de dan­ser, elles doivent aus­si sa­voir se battre. À l’écran comme dans la vie. »

Une des stars les mieux payées de Bol­ly­wood

Priyan­ka Cho­pra sait de quoi elle parle. Rien ne dis­po­sait la fille de deux mé­de­cins mi­li­taires à faire car­rière au ci­né­ma. Pas­sion­née de science, la jeune Priyan­ka se rêve in­gé­nieur en aé­ro­nau­tique. Le des­tin va en dé­ci­der au­tre­ment. À 17 ans, sa mère l’ins­crit au concours de Miss In­dia. Qu’elle rem­porte et qui la met en or­bite pour le titre de Miss Monde. Elle gagne la cou­ronne, après avoir pour­tant af­fir­mé sous le coup de l’émo­tion que Mère Te­re­sa était la per­son­na­li­té vi­vante qu’elle ad­mi­rait le plus. Les pro­duc­teurs de Bol­ly­wood lui dé­roulent le ta­pis rouge, mais les stars en place ne veulent pas de cette dé­bu­tante qui a pour seul ta­lent son corps de déesse. Priyan­ka ne baisse pas les bras, cherche à sur­prendre avec des rôles de femmes fortes, fi­nit par don­ner la ré­plique aux plus grands et dé­croche l’équi­valent de l’Os­car pour son rôle de top mo­del re­belle dans « Fa­shion » en 2008. Elle de­vient très vite l’une des co­mé­diennes les mieux payées de Bol­ly­wood et af­fiche plus de cin­quante films en quinze ans. « Parce qu’ils chantent, les ac­teurs in­diens sont à la fois des stars de la pop et du ci­né­ma. Je suis un peu comme Ma­don­na et An­ge­li­na Jo­lie réunies ! Au­cun co­mé­dien dans le monde ne re­çoit au­tant d’amour de la part du pu­blic que nous. Il faut être à la hau­teur. »

Une bos­seuse achar­née

Dans ses films, Priyan­ka veille à dé­fendre l’image d’une femme in­dienne in­dé­pen­dante et am­bi­tieuse. Qu’elle est dans la vie. Elle s’in­ves­tit pour des causes hu­ma­ni­taires, crée sa propre so­cié­té de pro­duc­tion « afin de faire émer­ger la nou­velle vague du ci­né­ma in­dien », as­sure le show sur les pla­teaux de té­lé. Celle qui est de tous les suc­cès du boxof­fice bol­ly­woo­dien est de­ve­nue une cé­lé­bri­té pla­né­taire avec 21 mil­lions de fol­lo­wers sur Fa­ce­book, et presque au­tant sur Twit­ter. En 2016, le ma­ga­zine « Time » l’a clas­sée par­mi les cent per­son­na­li­tés les plus in­fluentes de l’an­née ! Priyan­ka en rit en­core. « Mes pa­rents m’ont ap­pris à avoir mes propres opi­nions et à les ex­pri­mer. Je veux être connue comme quel­qu’un qui a des ob­jec­tifs et qui réus­sit à les at­teindre, aus­si bien sur le plan hu­main que pro­fes­sion­nel. L’in­dus­trie du di­ver­tis­se­ment est sans pi­tié : elle fait de vous une star, en at­ten­dant de trou­ver une nou­velle sen­sa­tion. À vous de res­ter au top pour ne ja­mais las­ser. Je cherche tou­jours à don­ner la meilleure ver­sion de moi-même. »

Confiante dans sa bonne étoile

Si elle re­con­naît être ac­cro au tra­vail, Priyan­ka Cho­pra se ver­rait bien mettre un peu la pé­dale douce. Pour re­prendre des études, elle qui n’a eu « pour seule école que son tra­vail », et fon­der en­fin une fa­mille. « Je rêve d’avoir des en­fants de­puis que je suis ado­les­cente. Mais il y a un temps pour tout. Je crois très fort au des­tin, il m’a gâ­tée jus­qu’à pré­sent. » L’ac­trice at­tend de sa­voir si la deuxième sai­son de « Quan­ti­co » (dif­fu­sée sur M6 en juillet) au­ra été un suc­cès suf­fi­sant pour gé­né­rer une suite. Si­non, elle re­tour­ne­ra à Bol­ly­wood rou­ler ses « r » en toute li­ber­té et se faire adu­ler comme une déesse par ses mil­lions de fans. « Cette vie est la mienne de­puis mes 17 ans, c’est ma nor­ma­li­té. Je ne re­garde ja­mais en ar­rière. Je suis une in­cor­ri­gible op­ti­miste. » Son pro­chain pro­jet ? Elle de­vrait in­car­ner la pre­mière In­dienne à être al­lée dans l’es­pace dans les an­nées 1990. Mieux que San­dra Bul­lock dans « Gra­vi­ty » !

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