DÉ­SIR, ES-TU LÀ ?

En couple, il y a tou­jours un mo­ment où il faut re­lan­cer la ma­chine vers l’orgasme. En avaaant ! Par Ch­loé Plan­cou­laine Pho­to Tho­mas Watts

Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE -

C’est le mo­ment de re­lan­cer la ma­chine vers l’orgasme. Par Ch­loé Plan­cou­laine.

En­semble de­puis un an

Un an ! Et dé­jà im­pos­sible de comp­ter le nombre de fois où vos corps ont fu­sion­né avec la pas­sion d’une Kate et d’un Leo sur le Ti­ta­nic. Sauf que votre re­la­tion n’est pas par­tie pour som­brer. Ça, c’est la bonne nou­velle, qui en im­plique une moins bonne : il va fal­loir avoir de la conver­sa­tion. Pas celle où vous vous de­man­dez où vous al­lez, ça vous le sa­vez : en In­do­né­sie l’été pro­chain, votre pre­mier grand voyage à deux ! Non, ce dont il faut par­ler, c’est où il va lui, avec ses doigts ou sa langue, quand il se pro­mène sur votre corps. Jusque-là, la simple odeur de son torse et ses yeux qui vous dé­si­rent suf­fi­saient à vous com­bler, mais main­te­nant vous ai­me­riez pas­ser à la vi­tesse su­pé­rieure. Tra­duc­tion : connaître l’orgasme en le re­gar­dant dans les yeux, plu­tôt qu’en vous ca­res­sant dis­crè­te­ment toute seule dans son dos après l’amour. Mais comment faire pas­ser le mes­sage sans bri­ser l’image d’Apol­lon ul­tra per­for­mant que vous lui ren­voyez de­puis le dé­but ? Ob­jec­tif : com­mu­ni­quer. Vous re­pen­sez sou­dain avec émo­tion à Mme Cha­brol, votre prof de SVT : elle, elle sa­vait comment im­pri­mer un cours d’ana­to­mie dans un pe­tit crâne de col­lé­gien. Mais vous n’êtes pas sûre de mar­quer des points si vous rap­por­tez une carte pour poin­ter l’em­pla­ce­ment du cli­to au la­ser de­vant votre mec. Il va

fal­loir la jouer plus fi­naude. Sur­tout pas de re­proches. Lais­sez-le ex­plo­rer li­bre­ment, tout en l’orien­tant pen­dant l’ac­tion pour lui don­ner les moyens d’at­teindre son ob­jec­tif (votre plai­sir). « Ah oui, reste un peu par ici ! » « Tu veux pas re­ve­nir là où t’étais ? » « Tu vas me tuer si tu conti­nues… CONTI­NUE ! » Il pro­gresse, mais il vous consi­dère en­core comme une chose fra­gile… Alors pre­nez votre cou­rage à une main et mon­trez-lui de quels doigts vous vous chauf­fez, quand vous êtes seule. « Tu ap­puies fort quand même ! » « Et puis tu vas vite ! » « Ah c’est là, en fait ? » Voi­là, c’est ça.

En­semble de­puis trois ans

Ça y est, vous êtes un couple ins­tal­lé : vos amis ont in­té­gré votre mec dans votre groupe WhatsApp et votre fa­mille com­mence à vous po­ser des ques­tions con­cer­nant votre an­nu­laire gauche. Cô­té sexe, vous avez at­teint le le­vel ex­pert dans la course à l’orgasme. Vous connais­sez par coeur le che­min à em­prun­ter pour le me­ner au point culmi­nant du plai­sir, et il s’en sort tout aus­si bien avec vous. Mais il faut le re­con­naître : vous com­men­cez à vous las­ser d’ef­fec­tuer le même tra­jet trois fois par se­maine. Il vous ar­rive même de pas­ser en mode pi­lote au­to­ma­tique et d’at­ter­rir à des­ti­na­tion sans être ca­pable de dé­crire les pay­sages tra­ver­sés. Votre bas-ventre pal­pite, mais votre cer­veau, lui, est au point mort. Si vous ne le ral­lu­mez pas vite, il risque de s’en­dor­mir pour de bon, et de ces­ser de vous en­voyer le mes­sage qui compte : « Tu as en­vie. » Ob­jec­tif : faire des dé­tours. Le dé­clic vous vient un jour de bou­chon es­ti­val sur l’au­to­route, alors que vous bi­fur­quez pour échap­per au chant des klaxons. De vil­lage en vil­lage, sur la N7, vous re­dé­cou­vrez le bon­heur de rou­ler fe­nêtre ou­verte, che­veux et che­mise au vent. En­cou­ra­gée par les ci­gales, vous po­sez la main sur la cuisse de votre homme au vo­lant, puis vous re­mon­tez sous son short jus­qu’à ce qu’il éteigne Waze, di­rec­tion le pe­tit che­min à droite et un bos­quet tran­quille où ga­rer la voi­ture. C’est ici, sur la ban­quette ar­rière, que vous ré­in­ter­pré­tez le Ka­ma su­tra, en vous adap­tant aux contraintes im­po­sées par l’ha­bi­tacle. As­sise sur lui de dos, les mains sur l’ap­pui-tête avant, il se pro­duit l’in­croyable : en deux mi­nutes chro­no et sans pré­li­mi­naires, pas be­soin de GPS pour sa­voir que vous êtes ar­ri­vée à des­ti­na­tion. En ren­trant chez vous, vous êtes heu­reux de re­trou­ver le confort de votre lit à mé­moire de forme et l’ef­fi­ca­ci­té d’un mis­sion­naire, mais vous n’ou­bliez pas, dès que l’en­nui pointe, de bi­fur­quer. En quit­tant le lit pour le ca­na­pé ou la salle de bains, en vous at­tar­dant sur un mas­sage de voûte plan­taire, sur un long bai­ser avec la langue ou sur une le­vrette face au mi­roir.

En­semble de­puis cinq ans

Le jour de votre an­ni­ver­saire de ren­contre, vous faites le point, les yeux pé­tillants d’amour : «T’ima­gines tout ce à quoi notre amour a sur­vé­cu ? » Un em­mé­na­ge­ment, deux gas­tros, une mère en­va­his­sante, une my­cose ré­ci­di­vante, une col­lègue très en­tre­pre­nante, une coupe de che­veux foi­rée, une Coupe du monde de foot, et cinq sai­sons de « Top Chef ». Trop forts ! Votre dé­sir, lui aus­si, a sur­vé­cu. Mais il s’ex­prime avec au­tant d’in­ten­si­té de­vant votre mec nu que de­vant un nou­vel épi­sode de « This Is Us ». Vos soi­rées se res­semblent et vous vous en ac­com­mo­dez très bien, du tête à tête de­vant le gra­tin de cour­gettes cui­si­né avec amour jus­qu’au ca­na­pé, vos bat­te­ments de coeur em­bal­lés sous un gros plaid douillet de­vant la té­lé. Après tout, on est vrai­ment obli­gés de le faire ? Du mo­ment qu’on sait qu’on a du dé­sir l’un pour l’autre… Se désha­biller, se tou­cher, en­chaî­ner dif­fé­rentes po­si­tions puis prendre une douche… La flemme. Jus­qu’à ce jour que vous re­dou­tiez : vous je­tez le tube de lu­bri­fiant, non parce qu’il est vide, mais parce qu’il est pé­ri­mé. Ob­jec­tif : ré­en­chan­ter son couple. Comment voir à nou­veau l’homme le plus hot du monde sous les couches de ver­nis « Dou­dou tout pi­lou » que vous lui ap­pli­quez de­puis des an­nées ? Vous avez l’in­tui­tion que cette fois, la so­lu­tion ne se trouve pas sous la couette. Pour vi­brer, ce qui se passe en de­hors du lit compte aus­si. Et si vous faites le point en toute hon­nê­te­té, votre couple res­semble à une chan­son de Bé­na­bar : moins de soi­rées, peu de dî­ners, et des cen­taines de pla­teaux-té­lé. C’est une panne de box qui vous oblige à vous re­con­nec­ter tous les deux. Vous sor­tez, et re­dé­cou­vrez le plai­sir de dan­ser pom­pettes l’un contre l’autre dans le sa­lon d’un ami, d’at­tra­per sa main dans une salle de ci­né­ma, de vous po­ser des ques­tions sur vos jour­nées et de prendre le temps d’al­ler dans les dé­tails, de dé­cou­vrir qu’il a une nou­velle col­lègue et de mi­mer une pseu­do-crise de ja­lou­sie, de le faire rire, de lui don­ner en­vie de vous ras­su­rer. Votre pro­blème de box se pro­longe et vous laisse même le temps de faire des pro­jets après l’orgasme. Faire l’amour sans pi­lule par exemple…

1 FOIS/SE­MAINE C’EST LA FRÉ­QUENCE IDÉALE POUR ÊTRE HEU­REUX EN COUPLE SOURCE : « SO­CIAL PSY­CHO­LO­GI­CAL & PERSONALITY SCIENCE ».

En­semble de­puis sept ans

Il y a deux ans, vous vous êtes tel­le­ment bien re­mis au tra­vail, qu’au­jourd’hui, vous êtes les heu­reux pa­rents d’une chou­pette d’amour qui fait des ri­settes et dé­pous­sière le sa­lon d’un coup de quatre pattes. Vous avez fait un em­prunt sur vingt ans pour of­frir une chambre à la car­gai­son de pe­luches re­çue à la ma­ter­ni­té, et vous êtes en­fin ve­nue à bout de vos séances de ré­édu­ca­tion du pé­ri­née. Votre mec ? Ah oui, le pa­pa ! Il va bien mer­ci. Pas­sé les nuits de trois heures, vous avez en­fin rou­vert le livre de votre vie sexuelle… Pour le re­fer­mer aus­si­tôt : « Chou­pette pleure ! » Puis re­prendre la lec­ture… Et vous en­dor­mir des­sus. Pas fa­cile de trou­ver le bon mo­ment. Ni la bonne dis­po­si­tion d’es­prit. Pas­ser d’une his­toire de Ba­bar à « Fif­ty Shades of Grey », ça de­mande un pe­tit temps d’adap­ta­tion, et pas mal de mo­ti­va­tion. Votre amou­reux tente des ap­proches tous les sa­me­dis à l’heure de la sieste, mais c’est si pré­vi­sible que votre dé­sir ne suit pas. Et un jour, sans faire gaffe, il vous ap­pelle Ma­man. Ob­jec­tif : s’or­ga­ni­ser. Vous sor­tez d’un ren­dez-vous pro, il est 13 heures, et vous êtes à cô­té du bu­reau de votre mec. Et si vous dé­jeu­niez en­semble ? Quand vous le voyez ar­ri­ver de loin sur le trot­toir dans sa belle che­mise de wor­king man, vous êtes sou­dain su­per ex­ci­tée à l’idée que ce mec-là, c’est le vôtre, et qu’il vous a même fait un en­fant tel­le­ment il est love. L’ex­ci­ta­tion monte en­core d’un cran quand vous par­lez à bâ­tons rom­pus au­tour d’un plat du jour, comme si vous ne vous étiez pas vus de­puis des mois. Et quand on y pense, c’est le cas : il ne vous est pas ap­pa­ru sous cet angle de­puis un bail. Au mo­ment de vous quit­ter, vous vous rou­lez la pelle du siècle, ren­dez-vous le soir à la mai­son pour la suite… Mais une après-mi­di, c’est long, et le dé­sir est fra­gile. Pour ne pas le lais­ser fi­ler, il faut ru­ser : s’obli­ger à y pen­ser entre deux tâches re­lou au tra­vail, s’en­voyer des pe­tits tex­tos chauds, ne pas sau­ter dans son jog­ging en ar­ri­vant à la mai­son, mais plu­tôt re­mettre une touche de par­fum. Les ef­forts payent et vous faites le point la tête sur l’oreiller : le se­cret à ce stade de la re­la­tion, c’est de ca­ser son mec dès qu’on a un mo­ment dans la jour­née, ré­ser­ver une chambre d’hô­tel entre 12 et 14 heures, ou se cho­per en cinq mi­nutes der­rière la porte de la salle de bains. Bref, gé­rer son par­te­naire comme un amant.

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