DÉMÉNAGEMENT : ÇA, J’AU­RAIS AI­MÉ LE SA­VOIR AVANT

9 DÉ­MÉ­NA­GE­MENTS, 157 CAR­TONS (RES­SEN­TI : 8000), ET AU­TANT DE DÉMONTAGES ET REMONTAGES D’ARMOIRES SUÉDOISES… UNE DÉ­MÉ­NA­GIS­TA QUA­SI PRO­FES­SION­NELLE PAR­TAGE SON EX­PÉ­RIENCE AVEC NOUS.

Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE - Par Fio­na Sch­midt. Pho­to Co­lin An­der­son.

9 dé­mé­na­ge­ments, 157 car­tons (res­sen­ti : 8000)… Une dé­mé­na­gis­ta par­tage son ex­pé­rience avec nous. Par Fio­na Sch­midt.

Moi aus­si, je me suis ré­pé­té : « T’in­quiète, ça va al­ler » avec l’op­ti­misme obs­ti­né d’un cou­cou suisse. Moi aus­si, je com­men­çais mes car­tons à 3 heures du ma­tin le jour J, en pen­sant : « Chuis laaaaarge ! » Moi aus­si, j’ai fi­ni par four­rer mes es­car­pins avec le fer à re­pas­ser et un sa­chet en­ta­mé de pe­tits pois sur­ge­lés dans un plas­tique troué, tan­dis que la pa­tience des amis ré­qui­si­tion­nés pour l’oc­ca­sion fon­dait comme les ki­los de gros­sesse d’un top mo­del. J’en ris en­core… jaune. Alors, mes 25 conseils à suivre… Pour une ex­pé­rience à la co­ol… Si, si, vous al­lez voir.

Moins le déménagement est cher, plus il prend du temps

Faire la tour­née des su­per­mar­chés du quar­tier pour ré­cu­pé­rer des car­tons, ap­pe­ler tout son car­net d’adresses pour trou­ver des dé­mé­na­geurs bé­né­voles, puis che­cker leurs dis­po­ni­bi­li­tés, puis chan­ger la date du déménagement quatre fois… est sou­vent in­com­pa­tible avec une vie pro­fes­sion­nelle, fa­mi­liale, so­ciale et/ou amou­reuse et une pa­tience en mode edge… il est plus éco­no­mique de faire ap­pel à des pros…

D’au­tant que les amis ne savent pas faire les car­tons

Quand vous leur pro­po­sez une soi­rée à thème « Car­tons & char­don­nay » pour vous ai­der à em­bal­ler vos af­faires, ils se concentrent sur­tout sur le char­don­nay, et collent des livres sur les tasses à ca­fé en por­ce­laine de ma­mie avant d’écrire « divers » ou « trucs » au sty­lo vert en bas du cô­té gauche d’un car­ton trop grand qu’ils ont mal scot­ché. En gé­né­ral, les mères savent mieux faire des car­tons. C’est le mo­ment de vous si­gna­ler qu’une étude de l’Ifop* clas­sait le déménagement comme la qua­trième source de stress pour les Fran­çais, der­rière le dé­cès d’un proche, la perte d’un em­ploi et un di­vorce. Pour évi­ter de lui faire ga­gner trois places d’un coup, évi­tez de faire vos car­tons avec une per­sonne sus­cep­tible de s’ex­cla­mer (rayez la men­tion in­utile, si vous le pou­vez) : « Tiens, tu as les tasses à ca­fé que ma­mie m’avait pro­mises ! », « Eh ben, t’as beau­coup de chaus­sures par rap­port à ton nombre de pieds ! », « Tu de­vrais plier ça comme ci et ran­ger ci comme ça, mais bon, je te laisse faire… » Faites vos car­tons seule. Vous pou­vez vous faire rem­bour­ser une par­tie de votre déménagement Pôle em­ploi peut en fi­nan­cer une par­tie si vous bou­gez pour re­prendre un em­ploi ailleurs. Nou­veau bé­bé, nou­vel ap­part ? La Caisse d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales peut vous rem­bour­ser une par­tie de vos frais, idem si vous tra­vaillez dans la fonc­tion pu­blique et que vous êtes mu­tée. Plus d’in­fos et plein de conseils utiles sur i-de­me­na­ger.com. Dé­mé­na­ger, c’est épui­sant Même si vous ne trans­por­tez pas toute seule votre pia­no à queue, vous se­rez sur les ro­tules. Cer­tains em­ployeurs donnent un congé déménagement à leurs sa­la­riés : ren­sei­gnez-vous au­près du co­mi­té d’en­tre­prise. Et si ce n’est pas le cas, pre­nez au moins trois jours off au­tour du jour J.

Vous n’avez pas vrai­ment be­soin de ces 80 kg de ma­ga­zines da­tés de 2003… … Ni de deux sèche-che­veux, dont l’un ne fonc­tionne que sur puis­sance souffle de bé­bé. Quelques se­maines avant le déménagement, triez, je­tez, or­ga­ni­sez une bro­cante chez vous, met­tez les ob­jets dont vous vou­lez vous sé­pa­rer sur Le­bon­coin, les vê­te­ments sur Ves­tiaire col­lec­tive, don­nez les meubles que vous n’ai­mez plus (près de 5 200 points de col­lecte Éco-mo­bi­lier en France, eco-mo­bi­lier.fr), contac­tez Em­maüs ou le ser­vice des en­com­brants de votre ville pour un en­lè­ve­ment à do­mi­cile… At­ten­tion, Em­maüs ac­cepte uni­que­ment les meubles et ob­jets en état d’usage. Le 15 août, les amis sont en va­cances En tout cas, ils ont une ex­cuse cré­dible pour sé­cher. Idem pen­dant les ponts du mois de mai, et glo­ba­le­ment, du 15 juillet au 20 août, pé­riode de pointe des mi­gra­tions im­mo­bi­lières qui coïn­cide avec une hausse des ta­rifs des pro­fes­sion­nels du sec­teur. Si vous le pou­vez, dé­mé­na­gez hors pé­riode de va­cances sco­laires, en mi­lieu de mois et, idéa­le­ment, en mi­lieu de se­maine.

Il ne suf­fit pas de bran­cher sa Li­ve­box pour avoir in­ter­net Pour vous connec­ter à peine le der­nier car­ton po­sé, c’est simple – ah, ah, ah, ah, je plai­sante ! In­di­quez à votre opé­ra­teur la date de votre déménagement au moins dix jours à l’avance afin qu’il trans­fère votre ligne. Si vous chan­gez d’abon­ne­ment, vous de­vez ré­si­lier votre contrat et sous­crire votre nou­veau for­fait dans les mêmes dé­lais… et prier pour qu’il n’y ait au­cun bug le jour de l’ins­tal­la­tion (alerte spoi­ler : il y en au­ra).

Mieux vaut si­gna­ler avant votre nou­velle adresse

À votre em­ployeur, à la banque, à votre opé­ra­teur té­lé­pho­nique et à vos as­su­rances ha­bi­ta­tion, san­té et au­to­mo­bile, à La Poste et à tous les ser­vices pu­blics : im­pôts, Pôle em­ploi, Sé­cu­ri­té so­ciale, EDF, gaz… Re­trou­vez des in­fos claires et pré­cises et les dé­marches à ef­fec­tuer en ligne sur ser­vice-pu­blic.fr, ru­brique « déménagement ». La seule lec­ture de ce pa­ra­graphe vous donne en­vie de vous rou­ler sous la table basse en po­si­tion foe­tale ? Sous­cri­too et Do­mos Kit s’oc­cupent d’ef­fec­tuer toutes ces dé­marches à votre place gra­tui­te­ment.

Un ré­fri­gé­ra­teur a be­soin d’être dé­gi­vré

Comment évi­ter de pas­ser deux heures à dé­con­ge­ler votre fri­go au sèche-che­veux pen­dant que les dé­mé­na­geurs font des al­lers-re­tours dans un cou­loir au sol un peu hu­mide, tiens donc ? Eh bien c’est simple, il suf­fit de le vi­der pro­gres­si­ve­ment, et de dé­bran­cher la bête 48 heures avant le jour J. Avec une bas­sine à l’in­té­rieur, et une ser­pillère sous la porte.

Tiens, votre stu­dio ne rentre pas dans la Smart !

À quelques (ki­los de) bi­be­lots près, le vo­lume à dé­mé­na­ger cor­res­pond gé­né­ra­le­ment à la moi­tié de la sur­face en m2 (ex : 15 m3 pour un stu­dio de 30 m2). Une info pas in­utile au mo­ment de choi­sir le cu­bage de votre vé­hi­cule.

Tiens, l’ar­moire ne passe pas la porte !

Quelques jours avant le déménagement, dé­mon­tez les meubles qui ont be­soin de l’être, et dé­cro­chez les ta­bleaux et ap­pliques des murs et les sus­pen­sions du pla­fond. Re­pas­sez un coup de pein­ture, ou un coup d’éponge, pour la cau­tion.

Un meuble dé­mon­table ne se re­monte pas…

En tout cas, pas sans un ma­nuel de mon­tage, à re­trou­ver et im­pri­mer sur le site d’un géant sué­dois par exemple. Pre­nez au moins des pho­tos et des notes de chaque étape du dé­mon­tage, conser­vez les vis dans un pe­tit sa­chet que vous scot­che­rez sur l’un des élé­ments du meuble, et ne croyez ja­mais l’ami qui vous dit : « T’in­quiète, j’ai le même chez moi, je te le re­monte les yeux fer­més. » Il ment.

Zut, y a pas de place pour se ga­rer de­vant chez moi !

Vé­ri­fiez que le ca­mion peut sta­tion­ner un mo­ment de­vant les deux ap­par­te­ments entre les­quels vous faites la na­vette, quitte à de­man­der à un ami de s’al­lon­ger entre deux places de par­king quelques mi­nutes avant l’ar­ri­vée du vé­hi­cule. C’est pour rire… Quoique…

Les voi­sins, c’est sus­cep­tible

Sur­tout quand vous traî­nez des buf­fets nor­mands sur le plan­cher (i.e. leur pla­fond) à 7 h 30 le sa­me­di ma­tin, avant de mo­no­po­li­ser l’as­cen­seur toute la jour­née pour mon­ter et des­cendre des car­tons hu­mides à cause du congé­la­teur dé­gi­vré à la hus­sarde. Pour ga­gner du temps et des points cake aux olives à la pro­chaine fête des voi­sins, lais­sez un mot en évi­dence sur la porte de l’im­meuble que vous quit­tez, et de ce­lui que vous in­té­grez.

Les livres, c’est lourd

En­tas­ser le plus d’ob­jets pos­sible dans des car­tons de la taille d’un stu­dio pa­ri­sien au mo­tif que l’on fe­ra ain­si moins de tra­jets est un mau­vais cal­cul, sauf pour l’os­téo­pathe qui ré­ali­gne­ra vos ver­tèbres en Ru­bik’s cube. Met­tez les livres dans de pe­tits car­tons, et ré­ser­vez les for­mats king size aux draps, vê­te­ments et ob­jets lé­gers et peu fra­giles. Puis­qu’on en parle… Les car­tons ré­cu­pé­rés à droite et à gauche, c’est éco­no­mique et éco­lo, jus­qu’au mo­ment où l’on se ra­masse l’in­té­grale d’Émile Zo­la sur les pieds parce que ce­lui-ci était conçu pour conte­nir des co­tons­tiges. Pi­tié pour vos or­teils : com­man­dez vos car­tons chez des spé­cia­listes du genre, comme car­tons­de­de­me­na­ge­ment.com.

La vais­selle, c’est fra­gile

C’est en re­com­po­sant vos as­siettes fa­çon puzzle avec pa­tience et beau­coup de glu que vous vous sou­vien­drez de l’exis­tence du pa­pier bulle. En­vi­ron cinq eu­ros les dix mètres dans n’im­porte quel ma­ga­sin de bri­co­lage.

Les chats aus­si

Très at­ta­chés à leur ter­ri­toire, les fé­lins sont aus­si sen­sibles à l’agi­ta­tion et aux lieux dont les re­pères vi­suels et ol­fac­tifs changent tout le temps. Au­tre­ment dit, un déménagement, c’est le « Koh-Lan­ta » du chat. Si vous le pou­vez, em­me­nez-le sur son nou­veau ter­ri­toire avant d’em­mé­na­ger, afin qu’il re­père les lieux. Pour Flo­rence Cailliot-d’Iver­nois, eth­no­logue et

com­por­te­men­ta­liste, l’idéal est de le confier à une per­sonne qu’il connaît avant le déménagement, et de ne le ré­cu­pé­rer qu’après avoir amé­na­gé le nou­vel ap­par­te­ment. Si vous ne pou­vez pas, iso­lez-le au maxi­mum afin qu’il pa­nique le moins pos­sible au mi­lieu des al­lers-re­tours. Les plantes aus­si D’après une étude réalisée sur les plantes de l’au­teure de cet ar­ticle, l’es­pé­rance de sur­vie d’un or­ga­nisme vi­vant entre un trou­peau de car­tons et un vé­lo d’ap­par­te­ment rouillé par la flemme est d’en­vi­ron cinq mi­nutes. Pour pro­lon­ger leur exis­tence, faites-les voya­ger sé­pa­ré­ment. Ran­ger un ca­mion, c’est plus tech­nique que Can­dy Crush La ten­ta­tion est de four­rer les car­tons en piles in­stables d’un cô­té, les meubles dé­mon­tés de l’autre, et les ob­jets pas très lourds que l’on garde tou­jours pour la fin au centre (ha­lo­gène, ta­bleaux, pa­niers en osier…). C’est le moyen le plus ef­fi­cace pour qu’à l’ar­ri­vée, l’in­té­rieur du ca­mion res­semble à un champ bre­ton après quatre jours de tech­ni­val. Com­men­cez donc par en­tre­po­ser les meubles et les car­tons les plus lourds au fond du ca­mion, at­ta­chez-les avec des sangles, et com­blez les es­paces avec le plus lé­ger.

Vous n’avez pas la place de tout ca­ser dans votre nou­vel ap­part La so­lu­tion la plus low cost : le gre­nier de vos pa­rents. S’ils vivent à 1 000 ki­lo­mètres de là, il y a le self-sto­ckage. Les offres sont nom­breuses, et les prix tou­jours très dis­count, qu’ils disent… Dans la réa­li­té, on peut avoir des sur­prises. On fait donc un com­pa­ra­tif avant (Self Stock pro­pose par exemple un de­vis gra­tuit, chez Ho­me­box le ca­mion est of­fert…). On peut aus­si suc­com­ber à l’at­trait de Co­sto­ckage, le garde-meuble entre par­ti­cu­liers, à condi­tion de dé­ni­cher un box près de chez soi. À 18 heures, c’est l’heure des em­bou­teillages Sur­tout le ven­dre­di soir. Pour gar­der votre calme et vos amis bé­né­voles, évi­tez les heures de pointe.

* Étude Ifop pour Mon Su­per Déménagement, août 2016.

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