Et si j’essayais la co­lo vé­gé­tale ?

CO­LO­RER SES CHE­VEUX AVEC DES PLANTES, C’EST TEN­TANT… À CONDI­TION DE SE PO­SER QUELQUES QUES­TIONS AVANT.

Cosmopolitan (France) - - SPÉCIAL CHEVEUX - Par Cé­cile Es­pi­nasse. Pho­to Bru­no Ju­mi­ner.

etit rap­pel pour celles (comme moi) qui ne le savent pas : le hen­né, mais aus­si la ca­mo­mille, l’hi­bis­cus ou le châ­tai­gnier font par­tie de la fa­mille des plantes dites tinc­to­riales. En les ré­dui­sant en poudre, puis en les mé­lan­geant à de l’eau, on ob­tient une pâte qu’on ap­plique sur che­veux secs, comme une co­lo­ra­tion clas­sique. La co­lo vé­gé­tale, c’est ça !

Ça abîme moins les che­veux ?

Oui. Dans une co­lo chi­mique, les ac­tifs sont si puis­sants qu’ils ouvrent les écailles des che­veux, et pé­nètrent la fibre ca­pil­laire pour ba­layer la cou­leur d’ori­gine. En chi­mie, on ap­pelle ça le phé­no­mène de per­oxy­da­tion. Le che­veu est alors dé­pig­men­té, et prêt à re­ce­voir de nou­veaux co­lo­rants ar­ti­fi­ciels. Ça pa­raît ef­frayant, mais un che­veu, c’est cos­taud ! La co­lo vé­gé­tale quant à elle s’ins­pire de la na­ture et se montre moins agres­sive avec nos lon­gueurs : plus de den­si­té, de brillance et de dou­ceur.

On ob­tient la même cou­vrance?

Ça dé­pend. Si on sou­haite pas­ser du brun au blond pla­tine, c’est ra­té. En re­vanche, si on cherche un lé­ger éclair­cis­se­ment, do­ré, sub­til, les pré­pa­ra­tions à base de plantes comme la ca­mo­mille ou la rha­pon­tic sont par­faites : elles per­mettent d’éclair­cir d’un ou deux tons les che­veux blonds ou châ­tain clair. Quant aux brunes qui veulent une cou­leur plus fun, elles ont le choix entre le roux ou les re­flets bleu­tés ob­te­nus grâce à l’in­di­go.

Vais-je pou­voir gom­mer mes pre­miers che­veux blancs ?

Oui. C’est idéal, sur­tout pour celles qui ne veulent pas tou­cher à leur cou­leur na­tu­relle. Si vos che­veux sont fon­cés, deux op­tions : ef­fec­tuer une co­lo­ra­tion en deux temps pour ob­te­nir un ton sur ton ou jouer sur une teinte plus claire pour ob­te­nir des re­flets « re­tour de va­cances ».

Est-ce que ça tient aus­si long­temps ?

Oui. Et par­fois même plus, si on en­tre­tient la co­lo avec soin. Après re­pousse, on ob­serve que l’ef­fet ra­cines est moins vi­sible qu’avec une co­lo­ra­tion chi­mique car les teintes des pig­ments vé­gé­taux s’har­mo­nisent mieux avec la cou­leur d’ori­gine, et créent donc moins de dé­mar­ca­tion. On gagne du temps et de l’ar­gent !

C’est bien pour les che­veux fins ?

Oui. Le pig­ment na­tu­rel, au con­tact de la ké­ra­tine, forme une gaine pro­tec­trice au­tour du che­veu. Ré­sul­tat : moins de casse, plus de vo­lume et d’épais­seur. Une au­baine pour les che­veux fins… Et pour les autres aus­si.

Les mèches pas­tel, c’est pos­sible avec du 100 % vé­gé­tal ?

Non. Rose, bleu, gris… Il n’existe pas en­core de pig­ments vé­gé­taux pour se faire des che­veux arc-en-ciel. De toute fa­çon, à moins d’être une Is­lan­daise à la ti­gnasse blond bé­bé, il fau­drait d’abord dé­co­lo­rer pour ob­te­nir ces cou­leurs funs. Au­tant dire que les plantes ne suf­fisent pas…

C’est cher ?

Oui. Mais pas tel­le­ment plus qu’une co­lo­ra­tion clas­sique : une cen­taine d’eu­ros, le prix va­riant se­lon la lon­gueur des che­veux.

C’est l’idéal pour les femmes en­ceintes ?

Oui. La co­lo vé­gé­tale, c’est zé­ro toxi­ci­té. Par­fait pour res­ter jo­lie sans prendre de risques.

UV et pol­lu­tion abîment la co­lo vé­gé­tale ?

Non. Ils n’ont au­cun im­pact sur un che­veu co­lo­ré aux plantes, au contraire ! Cette co­lo­ra­tion agis­sant aus­si comme un soin, elle pro­tège da­van­tage la fibre ca­pil­laire.

Je peux la faire moi-même ?

Oui. Pas be­soin d’être Ta­ta Har­per, la reine du bio dans le Ver­mont, pour sa­voir que la co­lo vé­gé­tale, c’est de la poudre de plantes + de l’eau. Mais on ne fait pas n’im­porte quoi pour au­tant. La bonne idée : prendre ren­dez-vous chez un pro, écou­ter ses conseils et no­ter ses re­cettes. En­suite on peut se lan­cer chez soi, en se pro­cu­rant des poudres de pig­ments vé­gé­taux sur le site Aro­ma-zone. Après, pa­tience… cette pâte bo­ta­nique est à lais­ser po­ser sur les che­veux au moins 2 heures, sous une char­lotte en plas­tique + une ser­viette chaude. On rince à l’eau tiède, puis à l’eau fraîche. Un peu la­bo­rieux au dé­but, mais on prend vite le coup.

On peut re­pas­ser à la co­lo chi­mique ?

Non. Di­sons qu’il ne vaut mieux pas… Les pig­ments vé­gé­taux pro­tègent les che­veux comme une gaine alors que la co­lo chi­mique mo­di­fie le pig­ment na­tu­rel du che­veu, qui va en­suite se re­flé­ter sur l’en­ve­loppe vé­gé­tale res­tée in­tacte. En clair, on risque d’os­cil­ler entre l’orange fluo et le vert pé­tard. La seule so­lu­tion : cou­per, at­tendre que ça re­pousse ou… res­ter au vé­gé­tal.

Faut-il bou­der le tout chi­mique?

Ça dé­pend. Si les che­veux sont fra­gi­li­sés, cas­sants, rêches, si on fait des al­ler­gies ou qu’on a des dé­man­geai­sons du cuir che­ve­lu… alors là oui, mieux vaut fuir l’am­mo­niaque.

Et après, on peut uti­li­ser tous les sham­pooings ?

Non. Il va fal­loir je­ter tous ceux qui contiennent des sul­fates (so­dium lau­ryl sul­fates sur l’éti­quette) ou des si­li­cones (sur­veiller les ac­tifs se ter­mi­nant par -icone)… Et les rem­pla­cer par des masques et pro­duits bio pour en­tre­te­nir la cou­leur. Pour les plus scru­pu­leuses, la coif­feuse et ex­perte du che­veux Daph­né Nar­cy conseille la poudre de si­dr (is­sue des feuilles de ju­ju­bier broyées) qui, mé­lan­gée à de l’eau et ap­pli­quée en soin, pro­tège la fibre ca­pil­laire et em­pêche la co­lo de dé­gor­ger.

Mer­ci à Si­mon As­soun, fon­da­teur des sa­lons Bio­coiff’ ; Ma­rie, du blog swee­tand­sour.fr ; Daph­né Nar­cy, coif­feuse et blo­gueuse, @daph­ne­nar­cy, et Ci­zor’s Pa­ris.

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