MON MEC EST FORMIDABLE

En couple, on se plaint sou­vent de ce qui ne va pas, et on ou­blie l’es­sen­tiel : ce qui va. Et si on in­ver­sait la ten­dance ?

Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE - Par Louise Tar­la­mahe. Pho­tos Em­ma­nuelle Hau­guel.

Le quo­ti­dien, en­ne­mi de l’amour ? En couple, on se plaint sou­vent de ce qui ne va pas, et on ou­blie l’es­sen­tiel : ce qui va. Et si on in­ver­sait la ten­dance ? Par Louise Tar­la­mahe.

Lar­ry ne change pas une am­poule, ne sait pas que les sacs-pou­belle ça s’achète, mais le jour où la poi­gnée de porte du lave-linge me reste entre les mains, son vi­sage s’illumine. Il sait quoi faire. Il a vu un tu­to mon­trant où était si­tué le bi­to­niau ser­vant à dé­blo­quer la porte en cas de panne. Pour­quoi a-t-il re­gar­dé ce tu­to, mys­tère, mais il a bel et bien dé­blo­qué la porte, et com­man­dé dans la fou­lée une poi­gnée sur un site de pièces dé­ta­chées. Moins de 48 heures plus tard c’était ré­pa­ré : Lar­ry, mon hé­ros ! Li­ly, 35 ans

Il n’a confiance en rien, sauf en notre couple. Laë­ti­tia, 27 ans

Si j’ap­pelle Lu­cien dans la journée pour lui de­man­der ce qu’on pour­rait bien se faire à dî­ner, il y au­ra un blanc sui­vi d’un « Je te rap­pelle, je suis à la bourre ». Lu­cien sait faire cuire les pâtes, les oeufs durs, et c’est tout. Mais c’est le roi de la sa­lade de fruits. À deux pas de son bu­reau, il y a Mo­mo. Mo­mo tient une épi­ce­rie au fond de la­quelle pour ses TRÈS bons clients il y a des fruits TRÈS spé­ciaux. Et là, c’est le top du top. De­puis qu’ils sont amis, Lu­cien me fait des confé­rences sur l’ori­gine de la ga­ri­guette, la dif­fé­rence entre la ci­flo­rette et l’anaïs… Bref, on est loin du pa­nier du com­mun des mor­tels (le mien), là on est dans une di­men­sion su­pé­rieure, dans le do­maine ar­tis­tique… C’est hi­la­rant, et au fi­nal, les sa­lades de Lu­cien sont non seule­ment très belles, mais dé­li­cieuses. Ça vaut bien quelques ex­po­sés sur les cultures ma­raî­chères, non ? Ma­rie, 33 ans

Seb se mêle tout le temps de mon as­siette : trop de glu­ten, pas as­sez bio, faut ra­jou­ter des lé­gumes, res­sers-toi ou tu ne tien­dras ja­mais la journée… Bref, ja­mais moyen d’en­gouf­frer la moi­tié du ca­mem­bert de­bout de­vant le fri­go juste avant le re­pas. En contre­par­tie, il connaît tel­le­ment bien mes goûts, et no­tam­ment ma pas­sion pour le croû­ton de la ba­guette, qu’il me laisse tou­jours les deux. Quand on est dans sa fa­mille, il a peur que je n’ose pas me ser­vir, donc il ré­cu­père d’au­to­ri­té tous les croû­tons dans la cor­beille à pain, qu’il pose à cô­té de mon as­siette. Bonheur et fé­li­ci­té. Gaëlle, 32 ans

Ch­ris­tophe me laisse gé­rer les ca­deaux de tout son arbre gé­néa­lo­gique mais quand c’est mon an­ni­ver­saire… il me laisse gé­rer aus­si. Du coup j’ai tou­jours ce que je veux ! Anaïs, 34 ans

Fred est ba­vard à n’en plus fi­nir – je ne peux ja­mais en pla­cer une –, et en plus il est hy­per so­ciable, on ne peut pas faire cent mètres dans la rue sans s’ar­rê­ter pour dis­cu­ter avec quel­qu’un qu’il connaît. Tout ce que je dé­teste. Mais par ailleurs il se charge de tous nos échanges so­ciaux : il té­lé­phone à mes cou­sins pour ré­pondre aux in­vi­ta­tions, il né­go­cie avec le syn­dic pour les tra­vaux et, quand l’heure vien­dra, je se­rai bien contente de l’en­voyer aux réunions de pa­rents d’élèves. So­phie, 27 ans

Fran­çois est re­lax. Très, très re­lax. Rien ne le stresse, rien n’est urgent, c’est le roi de la pro­cras­ti­na­tion. Il est de­si­gner free lance, il bosse de­puis la mai­son pour une grosse boîte de pub, et il at­tend TOU­JOURS le der­nier mo­ment pour se mettre au tra­vail. Et en­core, sans se pres­ser. Sa phrase pré­fé­rée ? « Mais t’in­quièèèète… » Ce qui, bien sûr, a le don de me rendre dingue, moi la reine du ré­tro­plan­ning. Ce­la dit, il est tel­le­ment ha­bi­tué à agir à la der­nière mi­nute qu’il est de­ve­nu le spé­cia­liste des mis­sions im­pos­sibles. Ma meilleure amie ne s’en sort pas avec sa dé­cla­ra­tion d’im­pôt et il lui reste quatre mi­nutes avant l’heure fa­ti­dique ? Pas de sou­ci, Fran­çois se fait un Skype avec elle, et grâce à son self-con­trol ha­bi­tuel, il ré­sout la si­tua­tion in ex­tre­mis. Tran­quille ! Être ef­fi­cace en très peu de temps, c’est de­ve­nu un jeu pour lui, presque un ré­flexe. Pour ça, il a ma re­con­nais­sance éter­nelle. Éléo­nore, 30 ans

«Max ne jette ja­mais rien. Il en­tasse des piles de cour­rier, de jour­naux, de ca­ta­logues de vente aux en­chères et ça me rend dingue, mais d’un autre cô­té… il adore la pa­pe­ras­se­rie. Poin­ter des re­le­vés, rem­plir des dé­cla­ra­tions, ré­si­lier des abon­ne­ments, en sous­crire d’autres, re­lan­cer l’as­su­reur, ar­chi­ver, scan­ner, trier… Je pour­rais le faire, mais je dé­teste ça, alors que lui, c’est son truc. Je me suis long­temps de­man­dé pour­quoi il kif­fait tant, et puis j’ai trou­vé. Ce qu’il ap­pré­cie par-des­sus tout, c’est le mo­ment où je le re­mer­cie de m’avoir ai­dée. Mieux, l’ins­tant où je pro­nonce : « Mais qu’est-ce que je fe­rais sans toi mon amour ? » Là, il est proche de l’ex­tase. Et dans les faits, je ne me suis ta­pé ni le constat

pour le dé­gât des eaux, ni le mot d’ab­sence pour la di­rec­trice de l’école… Alors je le note : mon mec est formidable. Jeanne, 29 ans

Mon mec est un hy­per­spor­tif : il court tous les ma­tins, par­ti­cipe aux en­traî­ne­ments de bas­ket deux soirs par se­maine, ran­donne le di­manche, va à vé­lo au bu­reau. En gros, pour le voir, j’ai in­té­rêt à le cho­per dans la queue à De­cath­lon. En contre­par­tie, c’est lui qui se cogne les courses et les ba­gages à mon­ter jus­qu’au 4e sans as­cen­seur et, le jour où je me suis fait une en­torse du ge­nou en ra­tant une marche, j’étais bien contente qu’il puisse me porter jus­qu’aux ur­gences. El­la, 31 ans Ma­this ne com­mente ja­mais mes petits éner­ve­ments quo­ti­diens, ne me re­lance pas quand je lui parle de mon ras-le-bol du mé­tro ou de ma der­nière en­gueu­lade avec ma soeur… Il m’écoute à peine et me dit « C’est pas très grave, cha­ton ». Ce qui me donne en­vie de lui plan­ter les griffes dans le dos. Mais en cas de vrai coup dur, c’est autre chose. Il est là, il a les bons mots, les ar­gu­ments justes, ceux qui me calment im­mé­dia­te­ment. Et quand il me dit « Ça va al­ler », je le crois. Mae­va, 29 ans

Il n’aime pas perdre mais il adore ga­gner. C’est ir­ré­sis­tible. Vio­laine, 31 ans

An­to­nin est in­ca­pable d’al­ler au ci­né sans re­gar­der les cri­tiques des spec­ta­teurs, et il ne se re­pose que sur elles : mi­ni­mum trois étoiles sur Al­lo Ci­né, si­non c’est forcément un bide. Moi, j’aime bien me lais­ser sur­prendre, et sur­tout me faire ma propre opi­nion. Pour lui prou­ver qu’il a tort de se lais­ser in­fluen­cer, je lui pro­pose d’al­ler voir deux films qui ont 1 étoile de sa­tis­fac­tion. Et on les trouve en ef­fet très mau­vais. An­to­nin est d’au­tant plus éner­vé qu’avec cet ar­gent gas­pillé, on au­rait pu s’of­frir un bon res­to. « Tiens, on va al­ler chez Ma­this, su­per bien no­té par les in­ter­nautes. » Et il a rai­son, on s’est ré­ga­lés. De­puis, je me fie à lui et à son avis éclai­ré, même s’il le puise

chez les autres. Sa­lo­mé, 30 ans

Mon mec est tel­le­ment mal­adroit qu’on l’ap­pelle Pierre Richard – au­tant dire qu’il m’a sou­vent mis la honte. Mais en y re­pen­sant, qu’est-ce qu’on se marre. Il est le pre­mier à rire de ses bourdes, et les sou­ve­nirs les plus drôles de ma vie, c’est avec lui. Léa, 33 ans

Vic­tor met son ré­veil à l’aube, ne l’en­tend pas tou­jours, mais il pré­pare mon pe­tit dé­jeu­ner. Del­phine, 28 ans

Il dit que c’est dans son ADN : Jé­rôme ne peut pas ache­ter sans né­go­cier. Même une bar­quette de mûres : « C’est la der­nière, forcément elle est à moi­tié prix. » Est-il ra­din à ce point ? Il af­firme que c’est un prin­cipe, que je n’ai au­cune idée des marges faites. Ça m’énerve sou­vent, mais quand il a fal­lu né­go­cier le prix du loyer de notre nou­vel ap­part, j’étais bien contente des 10 % en moins sur le mon­tant af­fi­ché, et des deux mois gra­tuits pour re­peindre. Lau­ra, 25 ans

Yan­nis est grec, il es­saye d’ap­prendre le fran­çais de­puis qu’il a dé­ci­dé de vivre ici avec moi, mais il ne fait pas beau­coup d’ef­forts… Ré­sul­tat, on parle an­glais. Mais quand il me dit avec son ac­cent à cou­per au cou­teau : « Tou es chouante, tou cé ! », je craque com­plè­te­ment. Il est tel­le­ment mignon quand il s’énerve ! Léo­nie, 27 ans

Oli­vier est psy, on s’est ren­con­trés il y a un an. Évi­dem­ment, il dit qu’il laisse son boulot de cô­té, mais il ne peut pas s’em­pê­cher de faire des grandes théo­ries freu­diennes sur ma fa­çon de gé­rer mon désordre, ma peur des pi­geons, ma pho­bie des graines de pas­tèque, etc. Je vais très bien, mer­ci. En re­vanche, quand il met son ta­lent au ser­vice de ma soeur qui re­fuse de ve­nir à l’an­ni­ver­saire de notre mère sous le pré­texte qu’elle la dé­teste, ça, c’est du sé­rieux. Et il le fait très bien. Ma soeur va mieux, et ma mère est tel­le­ment contente d’avoir un psy dans la fa­mille. Isa­belle, 34 ans

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