LORD ESPERANZA

Oh Lord ! Ar­tiste aty­pique et pas­sion­nant, le nou­veau tru­blion du rap fran­çais ex­plose les codes et en­tame sa tour­née.

Cosmopolitan (France) - - #8MARS - Par Flo­rence TrŽ­dez

« Je n’ai ja­mais eu be­soin d’ache­ter des vues sur in­ter­net », rappe-t-il sur son mor­ceau « In­ter­net ». Vrai ! À 22 ans, Lord Esperanza s’est im­po­sé de­puis deux ans avec son pre­mier EP, « Dra­peau Noir », dans la short-list des stars mon­tantes du rap fran­çais. Phy­sique chou­pi­net à la Nek­feu, jo­li ta­lent de plume, clips au­da­cieux, sons éclec­tiques entre rap, trap et pop, textes en­ga­gés… le rap­peur pa­ri­sien ori­gi­naire du 18e ar­ron­dis­se­ment coche toutes les cases. Plus une : « Plus jeune, j’ai beau­coup lu la presse fé­mi­nine, ma mère était abon­née », af­firme-t-il, ra­vi de pas­ser dans Cos­mo. Un rap­peur fan d’ar­ticles beau­té et de tests (sur la sexua­li­té fé­mi­nine, mdr), ça s’ar­rose ! Bagues tête de mort aux doigts et bas­kets aux pieds, ce gar­çon aty­pique, cour­tois et à l’écoute, rê­vait de­puis tou­jours d’être ar­tiste. « C’est la seule chose que je sais faire », dit-il de­vant un ca­fé-crème. Ins­pi­ré par

Son style : « Beau­coup de jeunes créa­teurs, comme Bel­la­nov ou North Hill, m’en­voient des vê­te­ments et j’aime bien les por­ter. Si­non, mes ba­siques : un jogging, des snea­kers Asics, un pull Schott. » Sa femme idéale : « Une brune aux yeux verts, belle de l’in­té­rieur, à l’écoute et qui s’écoute el­le­même. Je suis sen­sible aux luttes fé­mi­nistes, j’en parle avec mes amis et dans mes chan­sons. »

MC So­laar, Dam­so ou Maître Gims, bai­gnant « dans la pun­chline » par des pa­rents qui écrivent tous les deux, il dé­bute dans la mu­sique il y a dix ans. Un ami, Fla­vien, 35 ans, l’en­cou­rage. « J’avais des re­la­tions conflic­tuelles avec ma fa­mille, il a pris le temps de me par­ler. » Il signe à 18 ans avec un la­bel in­dé­pen­dant et se trouve vite un pseu­do pour rem­pla­cer Théo­dore, son vrai pré­nom. Soit « Esperanza », qui vient de « Spe­ran­za », le nom que Vendredi, le hé­ros de « Vendredi ou les Limbes du Pa­ci­fique », le ro­man de Mi­chel Tour­nier d’après « Ro­bin­son Cru­soé », donne à son île dé­serte. « Mon cô­té ro­man­tique, sen­sible. J’ai en­vie de don­ner de l’es­poir aux gens. Lorsque cer­tains fans m’ont dit qu’ils ne s’étaient pas sui­ci­dés grâce à ma mu­sique, j’étais très ému. » Il ra­joute « Lord » pour le cô­té plus mé­ga­lo du rap. Et se lance dans la ba­taille avec son aco­lyte aux sons, Ma­jeur-Mi­neur. Leur de­vise : « Un ar­tiste, c’est ce­lui qui se ré­in­vente sans cesse, qui sort constam­ment de sa zone de confort. » De­puis, il ne dé­roge pas à cette règle, et sur­prend qua­si à chaque clip, os­cil­lant entre trap sombre ou mu­sique his­pa­ni­sante. Comme Ed­dy de Pret­to ou Lo­me­pal, il se si­tue à la croi­sée des genres et com­mence à cu­mu­ler les mil­lions de vues sur YouTube. « Eux aus­si sont ar­ri­vés tout seuls. Ques­tion d’au­then­ti­ci­té et de sin­cé­ri­té. » Oh Lord, on croit fort en toi !

Ses ar­tistes pré­fé­rés : « Ma­rion Co­tillard dans “La Môme”, Ani­ta Ekberg dans “La Dolce Vi­ta”, Pi­cas­so, Amy Wi­ne­house, Stan­ley Ku­brick, Ta­ran­ti­no, Xa­vier Do­lan, Luc Bes­son, Pe­dro Al­modó­var. » Son ac­tu : en concert le 14 oc­tobre à Ram­bouillet, le 20 à Fon­te­nay-le­Comte, le 26 à Bourg-enB­resse, le 8 mars à La Ci­gale. EP « In­ter­net » (Mo­du­lor).

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