Pro­gres­ser : le conte pour éle­ver les hommes

Loin de ser­vir uni­que­ment à éveiller l’ima­gi­na­tion des en­fants, le conte est aus­si un ou­til pré­cieux pour mo­bi­li­ser toutes les res­sources né­ces­saires à la réa­li­sa­tion d’un pro­jet.

Courrier Cadres - - SOMMAIRE - Par Em­ma­nuel de Lattre, conteur et ex­pert Apm.

LECONTEDOIT AVOIRL’APPARENCEDE LAFUTILITÉ,POURMIEUX ÊTREUTILE

Au dé­part, le conte n'était pas des­ti­né aux en­fants, il s'adres­sait aux adultes (princes et rois) pour éclair­cir des si­tua­tions com­plexes (in­ternes et ex­ternes) et gui­der dans l’ac­tion. Les contes pou­vant se lire à dif­fé­rents ni­veaux, ils nour­rissent éga­le­ment les dif­fé­rents états du 'moi'. Le conte s'adresse à la fois au moi en­fan­tin qui a be­soin d'être ré­joui, au moi pro­fond qui a be­soin d'être nour­ri et au moi spi­ri­tuel qui a be­soin d'être éveillé. Le conte doit avoir l’ap­pa­rence de la fu­ti­li­té, pour mieux être utile et ré­vé­la­teur et pour nous ai­der en­fin à mieux être et mieux agir. Sa­voir se di­ri­ger pour mieux di­ri­ger. Le conte a la sou­plesse, la pro­fon­deur et la sim­pli­ci­té évi­dente d’un en­fant ma­li­cieux. En plus de sa ca­pa­ci­té à ré-en­chan­ter, le conte vise juste le coeur des choses et ce­lui des hommes. Sous des airs de naï­ve­té feinte, il sait (re)don­ner le sens pro­fond des en­ga­ge­ments, et s’il sait être lé­ger, c’est pour mieux être utile à la com­mu­nau­té, et mieux ré­vé­ler à cha­cun ses po­ten­tiels d’épa­nouis­se­ment et ses zones de par­tage. L’his­toire que tel chef d’État ra­conte, que tel di­ri­geant de so­cié­té ou pré­sident d’ins­ti­tu­tion, ou même ma­na­ger porte à ses équipes, que tel amou­reux ra­conte à l’être dé­si­ré en somme, l’his­toire que l’on narre pour se re­lier à l’autre, pour fé­dé­rer, pour mo­bi­li­ser, cette his­toire-là de­vient un ave­nir com­mun d’au­tant plus désirable que le dis­cours est in­car­né. Con­ter réel­le­ment une his­toire re­lève alors au­tant de l’au­then­ti­ci­té de l’en­ga­ge­ment que de la maî­trise de l’art ora­toire. Et la ca­pa­ci­té de l’ora­teur à trans­for­mer son dis­cours en ac­tions chez les autres dé­passe l’ar­ti­fice du sto­ry­tel­ling ou l’art ha­bile de convaincre pour de­ve­nir l’al­chi­mie du Verbe. Une al­chi­mie dé­li­cate et sa­vante où la dif­fi­cul­té ré­side dans l’ob­ten­tion d’une sim­pli­ci­té évi­dente et pro­fonde pour chaque per­sonne de l’au­di­toire. C’est pos­sible avec le conte, cet en­fant ma­li­cieux pas­sion­né d’ave­nir. Il met des mots sur ce qui est tout au fond des hommes ou des pro­jets, et qui dé­fi­nit leur iden­ti­té, comme un fu­nam­bule reste en permanence en re­la­tion avec l’âme de son fil pour avan­cer. Le conte fait bien plus que ré­in­ven­ter le ma­na­ge­ment de de­main, il ré­in­vente la re­la­tion à l'autre et la pro­jette dans un ave­nir désirable.

Ex­pertApm,conteur,Em­ma­nuel­deLattre ac­com­pa­gne­des­di­ri­geants sur­leurs­su­jets,vi­sion, pri­se­de­pa­role etin­car­na­tion des­va­leurs.

Em­ma­nuel de Lattre

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