Le re­cru­teur mas­qué

Lors d’un pro­ces­sus de re­cru­te­ment, la no­tion de temps est un élé­ment chi­mique hau­te­ment in­stable ! Au­tant pour l’en­tre­prise que pour le can­di­dat. Si, d’un cô­té, l’en­tre­prise cherche à sé­cu­ri­ser son choix en sol­li­ci­tant plu­sieurs sé­ries d’en­tre­tien et de

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Du­rant mon par­cours de re­cru­teur, j’ai été confron­té à toutes les si­tua­tions pos­sibles. Je me sou­viens ce­pen­dant de deux exemples mar­quants. Le pre­mier, clai­re­ment, c’est l’en­tre­prise idéale, tant pour le chas­seur de tête que le can­di­dat. Celle-ci a or­ga­ni­sé une session de re­cru­te­ment sur une seule jour­née, conviant trois can­di­dats qui ont suc­ces­si­ve­ment ren­con­tré tous les dé­ci­deurs et pas­sé dif­fé­rents tests. Le choix a été ef­fec­tué en fin de jour­née, et, le len­de­main ma­tin, le can­di­dat re­te­nu a si­gné son contrat. Simple, ef­fi­cace ! Même pour les can­di­dats non­sé­lec­tion­nés, l’ex­pé­rience s’est avé­rée po­si­tive puis­qu’ils ont pu pas­ser ra­pi­de­ment à autre chose. In­ver­se­ment, je me rap­pelle d’un pro­ces­sus de re­cru­te­ment qui s’est éta­lé sur une pé­riode de 11 mois ! Au to­tal, le can­di­dat in­té­res­sant l’en­tre­prise a pas­sé une di­zaine d’en­tre­tiens. Comme il était dé­jà en poste, il n’était pas for­cé­ment pres­sé. Il m’a éga­le­ment avoué qu’au bout de plu­sieurs mois, il conti­nuait à se rendre aux convo­ca­tions par jeu, pour voir jus­qu’où pou­vait al­ler l’ab­sur­di­té. Fi­na­le­ment, l’en­tre­prise lui a adres­sé une pro­po­si­tion qui a été ac­cep­tée, et, aux der­nières nou­velles, le can­di­dat est tou­jours en poste et épa­noui.

COMMENT ARBITRER ?

Nous sommes ac­tuel­le­ment dans des mar­chés can­di­dat. Pour les en­tre­prises, il est né­ces­saire de rac­cour­cir la prise de dé­ci­sion car les ta­lents sont gé­né­ra­le­ment en­ga­gés dans plu­sieurs pro­ces­sus. Clai­re­ment, cette in­ver­sion du rap­port de force est dif­fi­cile à ap­pré­hen­der pour nos clients, qui consi­dèrent comme du chan­tage le fait qu’un can­di­dat in­siste pour ob­te­nir une ré­ponse ra­pide. Pour­tant, la réa­li­té peut vite nous rat­tra­per : au bout de deux ou trois re­cru­te­ments ra­tés, l’en­tre­prise prend conscience de cette pro­blé­ma­tique de temps et ac­cé­lère la prise de dé­ci­sion. S’il est lé­gi­time de cher­cher à sé­cu­ri­ser son choix, les en­tre­prises doivent réa­li­ser qu’elles n’ont plus for­cé­ment toutes les cartes en main pour re­cru­ter les meilleurs !

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