Suède, un sys­tème aux avan­tages nom­breux mais dif­fi­cile d’ac­cès

10e en 2016, au clas­se­ment de l’ONU sur le bon­heur mon­dial, la Suède est un pays où il fait bon vivre. Un mar­ché de l’em­ploi dy­na­mique, des pres­ta­tions so­ciales gé­né­reuses et un en­vi­ron­ne­ment pré­ser­vé sé­duisent dé­jà 7 000 Fran­çais.

Courrier Cadres - - SOMMAIRE - Par Pau­line Ban­de­lier.

90%

des 9,7 mil­lions de Sué­dois ré­sident dans la moi­tié sud du pays où se trouve l’ac­ti­vi­té éco­no­mique prin­ci­pale, en par­ti­cu­lier dans la ca­pi­tale, Stock­holm et ses alen­tours. Gö­te­borg et la ré­gion de l'Öre­sund (Malmö Lund), si­tuée face au Da­ne­mark, pré­sentent éga­le­ment de belles op­por­tu­ni­tés. Si la grande ma­jo­ri­té des en­tre­prises sué­doises sont des PME, l’éco­no­mie na­tio­nale bé­né­fi­cie d’une grande ou­ver­ture sur le mar­ché in­ter­na­tio­nal, avec des mul­ti­na­tio­nales comme H&M ou Ikea qui re­crutent des cadres étran­gers. “Les pro­fils très qua­li­fiés sont re­cher­chés dans l’en­sei­gne­ment (pro­fes­seurs d’uni­ver­si­té Ndlr), mais aus­si la re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment où la Suède in­ves­tit beau­coup” in­dique Pôle em­ploi in­ter­na­tio­nal. “On trouve des postes à pour­voir dans l’in­dus­trie au­to­mo­bile qui compte Vol­vo et Saab, l’IT sur des postes de dé­ve­lop­peurs et in­gé­nieurs avec des ac­teurs comme Spo­ti­fy ou Skype, les jeux vi­déo mais aus­si la san­té” ajoute Au­ré­lien Godard, 26 ans. Di­plô­mé d’une école de com­merce, ce der­nier a dé­cro­ché il ya3 ans un VIE chez Ge­ne­ral Elec­trics Heal­th­care à Upp­sa­la, ville étu­diante où sont im­plan­tées de nom­breuses in­dus­tries phar­ma­ceu­tiques et bio­tech­no­lo­giques, avant d’être em­bau­ché en tant qu’ache­teur chez As­tra Ze­ne­ca à Stock­holm. En de­hors d’un VIE, il peut tou­te­fois être dif­fi­cile d’ac­cé­der au mar­ché du travail sué­dois sans être sur place. Si vous com­men­cez votre

re­cherche de­puis la France, Pôle em­ploi conseille de consul­ter le site Eures, ce­lui de l’agence na­tio­nale de l’em­ploi www.ar­bets­for­med­lin­gen.se (en sué­dois), mais aus­si Lin­kedin ou In­deed. De­puis juin 2016, Pôle em­ploi dis­pose en outre d’une équipe dé­diée à l’ex­pa­tria­tion vers les pays nor­diques.

PAR­LER SUÉ­DOIS, UN ATOUT

Lucie Ville­min Måns­son, an­cienne consul­tante en pro­gi­ciels in­for­ma­tiques, est par­tie en Suède en jan­vier 2013 pour re­joindre son conjoint sué­dois. Après quelques mois de re­cherche, elle a trou­vé un em­ploi de bu­si­ness ana­lyst chez Ikea à Malmö. Pour elle qui évo­lue dans un en­vi­ron­ne­ment in­ter­na­tio­nal, la maî­trise de l’an­glais est suf­fi­sante. “Il est pos­sible de dé­cro­cher un contrat sans par­ler le sué­dois mais si l’on sou­haite s’ins­tal­ler à long terme et élar­gir ses op­por­tu­ni­tés, il est pré­fé­rable de l’ap­prendre”, nuance tou­te­fois Pôle em­ploi. De

son cô­té, Au­ré­lien Godard étu­die le sué­dois de­puis quelques mois. Un fac­teur im­por­tant d’in­té­gra­tion se­lon lui, dans une culture où les liens se créent plus len­te­ment que dans un pays la­tin.

UN CADRE DE VIE PRI­VI­LÉ­GIÉ

Lucie Ville­min Måns­son, qui ha­bite dans un vil­lage en bord de mer, dé­clare ap­pré­cier la qua­li­té de vie sué­doise, mais aus­si l’at­ten­tion por­tée par son em­ployeur à son équi­libre per­son­nel. “Lorsque j’ai an­non­cé à mon ma­na­ger que j’étais en­ceinte, il m’a sim­ple­ment de­man­dé ce qu’il pou­vait faire pour s’adap­ter. Les der­niers mois de ma gros­sesse, j’ai ain­si tra­vaillé prin­ci­pa­le­ment

de­puis mon do­mi­cile.” Au­jourd’hui ma­man d’une pe­tite fille de 4 mois, Lucie bé­né­fi­cie de 9 mois de congé pa­ren­tal, avant que son ma­ri ne prenne la re­lève pour 3 mois. Dès que leur fille au­ra 1 an, l’État sué­dois leur ga­ran­tit une place gra­tuite en crèche dans leur com­mune de ré­si­dence, l’en­semble des études étant en­suite ac­ces­sible sans frais pour les res­sor­tis­sants eu­ro­péens. Par ailleurs, les sa­la­riés bé­né­fi­cient de 25 jours de congés par an, aux­quels s’ajoutent 12 jours fé­riés. En­fin, la cou­ver­ture ma­la­die de base est très pro­tec­trice, bien qu’il puisse s’avé­rer utile de sous­crire des com­plé­men­taires pour cou­vrir les longues ma­la­dies ou les consul­ta­tions de spé­cia­listes. Des avan­tages qui com­pensent une faible lu­mi­no­si­té l’hi­ver et des tem­pé­ra­tures qui montent ra­re­ment au­des­sus de 20 de­grés. Autre point noir : il est très dif­fi­cile de trou­ver à se lo­ger en Suède où il existe des listes d’at­tente pour les lo­ca­tions. En ar­ri­vant sur place, il est ain­si sou­vent plus ai­sé de trou­ver une sous-lo­ca­tion ou une co­lo­ca­tion, puis, pour ceux qui en ont les moyens, d’ache­ter. Ce­pen­dant, si le coût de la vie est lé­gè­re­ment plus cher qu’en France, le prix des lo­ge­ments à Stock­holm est si­mi­laire aux prix pa­ri­siens et in­fé­rieur dans les plus pe­tites villes. Au-de­là des avan­tages liés à la pa­ren­ta­li­té et aux congés, Au­ré­lien dit ap­pré­cier une culture d’en­tre­prise moins hié­rar­chique et plus flexible qu’en France : “Le temps de travail est de 40 heures par se­maine, mais per­sonne ne me ju­ge­ra si je pars plus tôt, je suis seule­ment éva­lué lors du point heb­do­ma­daire que j’ef­fec­tue avec mon su­pé­rieur.” Le sys­tème so­cial, lui, re­pose sur la fa­meuse flexi­sé­cu­ri­té des pays nor­diques : il existe des contrats en CDD et en CDI, mais les pro­cé­dures de rup­ture de ces der­niers sont plus souples que dans l’Hexa­gone. Les allocations chô­mage, elles sont pla­fon­nées à 12 mois, mais avec un taux de chô­mage de 7,5 %, il reste plus fa­cile de re­trou­ver un travail qu’en France. Et si vous dé­ci­dez de ren­trer, vous au­rez tou­jours une belle ex­pé­rience à va­lo­ri­ser sur votre CV.

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