Ar­gent avec In­té­rêtsP­ri­vés : carte ban­caire ava­lée, que faire ?

Votre carte ne vous a pas été ren­due par le dis­tri­bu­teur alors que vous fai­siez un re­trait d’es­pèces ? Quelles en sont les causes et que faire ?

Courrier Cadres - - SOMMAIRE - Par Isa­belle Gal­lay.

Une carte ban­caire per­met d’ef­fec­tuer (7 j/7, 24 h/24) des re­traits d’es­pèces, dans la limite d’un pla­fond, dans des Dis­tri­bu­teurs Au­to­ma­tiques de Billets (DAB). Le mon­tant du re­trait est alors im­mé­dia­te­ment dé­bi­té du compte dont dé­pend la carte. Mais il ar­rive que la ma­chine vous piège. Un di­manche d’avril, alors qu’il dé­sire re­ti­rer des es­pèces dans un dis­tri­bu­teur de billets, la carte de Tho­mas G. est ava­lée par la ma­chine. Il n’a au­cune idée de la rai­son pour la­quelle sa carte ban­caire a ain­si été re­te­nue. Et im­pos­sible d’en­trer pour en sa­voir la cause et ré­cu­pé­rer sa carte puisque l’agence est fer­mée ! Quelles sont les dé­marches à ac­com­plir si vous étiez confron­té à une sem­blable mésa­ven­ture ?

POUR QUELLES RAI­SONS VOTRE CARTE A-T-ELLE ÉTÉ “AVA­LÉE”?

Plu­sieurs rai­sons peuvent ex­pli­quer la non-res­ti­tu­tion d’une carte ban­caire par un DAB : Vous avez ta­pé votre code con­fi­den­tiel de fa­çon er­ro­née à trois re­prises. “Bien que contra­riante, cette cap­ture au­to­ma­tique se veut en fait être une pro­tec­tion pour le ti­tu­laire de la carte afin d’évi­ter que celle-ci ne soit uti­li­sée par une per­sonne mal in­ten­tion­née”, in­dique Béatrice Du­rand, res­pon­sable du pro­gramme d’édu­ca­tion fi­nan­cière les Clés de la Banque à la FBF (Fé­dé­ra­tion ban­caire fran­çaise).

Votre carte est ar­ri­vée à ex­pi­ra­tion et vous l’avez in­sé­rée dans le dis­tri­bu­teur puis avez ta­pé votre code con­fi­den­tiel. Le DAB va alors la conser­ver. Rap­pro­chez-vous

de votre banque pour connaître la dis­po­ni­bi­li­té de votre nou­velle carte ban­caire.

Vous aviez mis votre carte en op­po­si­tion (car vous l’aviez cru per­due ou vo­lée) et vous avez ten­té de l’uti­li­ser à nou­veau après l’avoir re­trou­vée.

Vous avez dé­pas­sé le dé­cou­vert au­to­ri­sé par votre banque. Cette der­nière a alors pu don­ner l’ordre que votre carte soit re­te­nue lors d’une uti­li­sa­tion dans un DAB. Dys­fonc­tion­ne­ment du dis­tri­bu­teur une si­tua­tion peu fré­quente, mais pos­sible. Vous êtes vic­time d’une ar­naque de type “col­let Mar­seillais ”! “Il s’agit d’un pe­tit dis­po­si­tif en plas­tique ins­tal­lé dans la fente du dis­tri­bu­teur, des­ti­né à re­te­nir la carte afin de faire croire à son ti­tu­laire qu’elle a été ava­lée”, ex­plique Oli­vier Gay­raud, char­gé de mis­sion consom­ma­tion à la CLCV (www.clcv.org). “Une fois que ce­lui-ci s’est éloi­gné, les es­crocs n’ont plus qu’à al­ler la ré­cu­pé­rer”. Vous ou­bliez la carte... Cette rai­son se fait plus rare de nos jours. Il y a quelques an­nées, si, une fois les billets ob­te­nus, la per­sonne at­ten­dait trop long­temps pour re­ti­rer sa carte après le re­trait, celle-ci, par me­sure de pré­cau­tion, était cap­tu­rée, la ma­chine in­ter­pré­tant cette in­ac­tion comme un ou­bli. Au­jourd’hui,

si la carte ou­bliée est tou­jours “ava­lée”, “sur un DAB, c’est dé­sor­mais moins fré­quent puisque le dis­tri­bu­teur ne donne les billets qu’après ré­cu­pé­ra­tion de la carte, ex­plique Béatrice Du­rand ; la carte peut tou­te­fois en­core être cap­tu­rée à un GAB (Gui­chet au­to­ma­tique ban­caire). En ef­fet, une fois votre compte consul­té ou votre ché­quier com­man­dé ou en­core un RIB édi­té, vous pou­vez tar­der, voire ou­blier, de ré­cu­pé­rer votre carte. La ma­chine va alors, au bout de quelques se­condes, la ré­cu­pé­rer”.

CARTE “AVA­LÉE” PAR UN DIS­TRI­BU­TEUR RE­LIÉ À UNE AGENCE BAN­CAIRE

Si celle-ci est ou­verte, en­trez im­mé­dia­te­ment si­gna­ler l’in­ci­dent au gui­chet. De­man­dez quelle est la marche à suivre afin de pou­voir ré­cu­pé­rer votre carte. La pro­cé­dure de res­ti­tu­tion risque de prendre beau­coup de temps. En ef­fet, la banque doit d’abord en­voyer la carte à sa di­rec­tion ré­gio­nale qui la trans­met­tra en­suite à la di­rec­tion ré­gio­nale de la banque émet­trice de la carte qui la fe­ra en­fin par­ve­nir à votre agence. Pas évident pour cer­tains de se pas­ser aus­si long­temps d’une carte ban­caire. Vous pou­vez alors faire op­po­si- tion (c’est gra­tuit) et en de­man­der une nou­velle à votre banque, sur­tout si vous avez sous­crit une as­su­rance moyens de paie­ment, pre­nant en charge les frais de réédition. At­ten­tion ! Ré­cu­pé­rer votre carte ne pré­sente au­cun in­té­rêt si elle a été re­te­nue par le DAB après une op­po­si­tion ou parce qu’ar­ri­vée à ex­pi­ra­tion.

CARTE “AVA­LÉE” PAR UN DIS­TRI­BU­TEUR NON RAT­TA­CHÉ (1) À UNE AGENCE

Si vous ne pou­vez pas ré­cu­pé­rer votre carte ni pré­ve­nir d’agence, ne pre­nez au­cun risque : mieux vaut faire op­po­si­tion (c’est en gé­né­ral gra­tuit) et en faire édi­ter une nou­velle. “Il ne faut sur­tout pas sous-es­ti­mer le fait que l’on puisse être vic­time de frau­deurs”, conseille Oli­vier Gay­raud ; “et il vaut

mieux faire une op­po­si­tion ‘par pru­dence’ que ris­quer de voir ap­pa­raître des dé­bits frau­du­leux sur son compte”. Vé­ri­fiez si vous ne dis­po­sez pas d’une as­su­rance moyens de paie­ment (si vous avez un pa­ckage, elle est fré­quem­ment in­cluse) qui pren­dra en charge le coût in­duit par la réédition de la carte.

CARTE “AVA­LÉE” DANS UN DAB À L’ÉTRAN­GER: LES SO­LU­TIONS POUR SE FAIRE DÉ­PAN­NER

Votre carte ban­caire a été re­te­nue par un dis­tri­bu­teur alors que vous re­ti­riez des es­pèces lors d’un sé­jour à l’étran­ger. Dans un pre­mier temps, agis­sez comme si vous étiez en France : si le dis­tri­bu­teur est lié à une agence ban­caire ou­verte, es­sayez d’y ré­cu­pé­rer votre carte. À dé­faut, faites op­po­si­tion. Vous voi­là alors sans carte pour pou­voir conti­nuer à payer com­mer­çants, res­tau­rants, hô­tels,... Très em­bê­tant, mais des so­lu­tions existent pour vous per­mettre d’être dé­pan­né par l’en­voi d’es­pèces. Le man­dat pos­tal In­ter­na­tio­nal per­met de trans­fé­rer jus­qu’à 3500 eu­ros (ou la somme équi­va­lente en mon­naie lo­cale) dans 52 pays et ter­ri­toires. Vous pour­rez ré­cu­pé­rer l’ar­gent en pré­sen­tant votre carte d’iden­ti­té dans un bu­reau pos­tal lo­cal du pays dans le­quel vous vous trou­vez. Le seul bé­mol : les dé­lais d’ache­mi­ne­ment sont as­sez longs (jus­qu’à 10 jours sui­vant le pays). Pour les vi­re­ments les plus ur­gents, La Poste a pré­vu une al­ter­na­tive : le man­dat in­ter­na­tio­nal express. Sous deux jours maxi­mum, la même somme peut être en­voyée vers une tren­taine de pays. En­core pas as­sez ra­pide ? Vous pou­vez alors vous adres­ser à un or­ga­nisme qui a fait du trans­fert d’ar­gent à l’in­ter­na­tio­nal sa spé­cia­li­té. Ain­si, par exemple, Mo­neyG­ram ou Wes­tern Union offrent la pos­si­bi­li­té de re­ce­voir de l’ar­gent ins­tan­ta­né­ment. Il vous suf­fit de vous rendre dans une agence de la même en­seigne, mu­ni d’une pièce d’iden­ti­té et du nu­mé­ro de ré­fé­rence qui vous a été com­mu­ni­qué par la per­sonne qui en­voie l’ar­gent, pour ré­cu­pé­rer la somme ain­si trans­fé­rée. Mais cette ra­pi­di­té a un coût plus éle­vé que ce­lui des man­dats de La Poste.

(1) Par exemple, D AB si­tué dans une gare, un su­per­mar­ché, une ga­le­rie mar­chande,...

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