LE VI­GNOBLE QUI MONTE

Dans un vi­gnoble connu pour ses vins rouges, cette ap­pel­la­tion ap­porte un vent de fraî­cheur de plus en plus ap­pré­cié en toute sai­son.

Cuisine et Vins de France - - SOMMAIRE - PAR CA­THE­RINE GER­BOD

Pic­poul-de-pi­net, le blanc to­nique du Lan­gue­doc

Voi­là en­core vingt ans, pas grand monde ne pa­riait sur le suc­cès du pic­poul-de-pi­net. Au­jourd’hui, le vin blanc triomphe en Grande-Bre­tagne où s’ex­porte un tiers de la pro­duc­tion. Une belle re­vanche pour un vin qui a failli dis­pa­raître avec son unique cé­page, le pi­que­poul blanc. « En 1963, il ne res­tait plus que 50 hec­tares de pi­que­poul blanc au­tour du vil­lage de Pi­net », rap­pelle Guy Bas­cou. Ce sep­tua­gé­naire en­fant du pays est l’un de ceux qui ont cru en l’ave­nir du cé­page lo­cal, à l’heure où le Lan­gue­doc plan­tait du char­don­nay et du sau­vi­gnon à tout-va. Face à l’étang de Thau, ra­fraî­chi par les em­bruns ma­rins, en­tou­ré d’une na­ture sau­vage entre pi­nède et gar­rigue, le pi­que­poul blanc a trou­vé sa terre d’élec­tion. « Son ter­roir, c’est la mer », dit son slo­gan pu­bli­ci­taire lan­cé en 1995. On ne peut pas mieux ré­su­mer l’al­chi­mie du vi­gnoble avec le bas­sin de Thau, sorte de pe­tite mer pri­vée ché­rie par ses ri­ve­rains, peu­plée de tables à huîtres dont celles des fa­meuses Tar­bou­riech. En bouche, la vi­va­ci­té du cé­page ap­porte un souffle de fraî­cheur par­fai­te­ment ca­li­bré pour les fruits de mer, poulpes, ca­la­mars, moules, pois­sons… qu’ils soient du coin ou d’ailleurs. Ce vin est de­ve­nu la plus grande ap­pel­la­tion de blancs du Lan­gue­doc.

Une mis­sion : ra­fraî­chir !

Le pi­que­poul a re­pris ra­cine dans toute la zone d’ap­pel­la­tion, dans des terres rouges, crayeuses ou ar­gi­leuses. La sa­ga de sa longue his­toire se dé­vore dans un livre bap­ti­sé Pic­poul de Pi­net, une odys­sée vi­ti­cole en Lan­gue­doc, de Marc Mé­de­vielle (Édi­tions de La Mar­ti­nière). Un mo­ment can­ton­né à la fa­bri­ca­tion de ver­mouths, le pi­que­poul voit main­te­nant l’ave­nir en grand. « On a in­ves­ti en in­tel­lect »,

sou­ligne Guy Bas­cou en ra­con­tant l les pro­grès tech­niques qui ont per­mis de ré­vé­ler la fraî­cheur et les dé­li­cats arômes du cé­page. Au­jourd’hui, le pic­poul-de-pi­net af­fine la mise en va­leur de ses dif­fé­rents ter­roirs, pro­tège les eaux de son étang en adop­tant des me­sures agroen­vi­ron­ne­men­tales.

Il ose même quelques cu­vées plus concen­trées, ar­mées pour se gar­der quelques an­nées, sans aban­don­ner sa pré­cieuse mis­sion ra­fraî­chis­sante.

« C’était un pa­ri ris­qué. Mais nous nous sommes en­ten­dus col­lec­ti­ve­ment sur des ob­jec­tifs exi­geants de ren­de­ments li­mi­tés, de dé­li­mi­ta­tion de par­celles et de qua­li­té. On a ga­gné en éci­sion aro­ma­tique. Au­jourd’hui, notre vin est is au sé­rieux, no­tam­ment à l’in­ter­na­tio­nal. »

Fré­dé­ric Su­mien, du syn­di­cat du pré­sident Pic­poul-de-pi­net

Le pi­que­poul blanc, cé­page unique de l’AOC.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.