FER­ME­TURE DES CAM­PINGS D’AN­TIBES :

LA VRAIE CAUSE DE LEUR DRAME

Décisions - - Sommaire -

C’est un sen­ti­ment d’in­jus­tice qui do­mine dans les rangs des cam­pings d’An­tibes après l’an­nonce de fer­me­ture de quatre d’entre eux suite aux inon­da­tions du 3 oc­tobre 2015. Tous té­moignent de l’ac­tion d’une vague vio­lente et sin­gu­lière, cause de leur dé­vas­ta­tion et aujourd’hui de leur ruine. Ils dé­noncent l’exis­tence d’un ou­vrage au­to­rou­tier sur la ri­vière de la Brague, le­quel a fa­vo­ri­sé le phé­no­mène d’em­bâcle, dé­viant ain­si les eaux trans­for­mées en vague mor­telle. Un cas par­ti­cu­lier, unique et iso­lé, trai­té avec la ri­gueur des normes de sé­cu­ri­té. Ce qui est ar­ri­vé aux cam­pings d’An­tibes ce soir du 3 oc­tobre 2015 fut anor­mal. Anor­mal dans le sens où la mon­tée des eaux de la ri­vière de la Brague pro­vo­quée par les pluies ora­geuses qui ne ces­saient de tom­ber de­puis une heure au­rait dû, certes en­va­hir les ter­rains, mais de fa­çon ré­gu­lière. Or, c’est une vague sou­daine et vio­lente qui s’est abat­tue sur les cam­pings, trans­for­mant les mo­bil-homes et les ter­rasses en pro­jec­tiles d’une dan­ge­ro­si­té ex­trême. Ré­sul­tat, une ré­si­dente bri­tan­nique qui pen­sait se sau­ver en sor­tant de son mo­bil-home, dé­cède sur l’un des cam­pings, non par noyade, mais par l’ef­fet col­la­té­ral de la vio­lence de l’eau. Le 26 avril 2016, six mois après les évé­ne­ments et à la veille de l’ou­ver­ture de la sai­son, quatre des sept cam­pings d’An­tibes si­nis­trés si­tués dans la plaine de la Brague, sont frap­pés d’un ar­rê­té de fer­me­ture dé­fi­ni­tive, dont un de fa­çon par­tielle. Cette dé­ci­sion leur fait l’ef­fet d’un cou­pe­ret, l’ef­fet d’une condam­na­tion pour un évé­ne­ment mé­téo­ro­lo­gique dont l’im­pact a été am­pli­fié par l’exis­tence d’un mur éri­gé au tra­vers de la ri­vière de La Brague. Un vé­ri­table mur de bé­ton qui porte l’au­to­route A8 et se trouve ajou­ré de plu­sieurs ori­fices des­ti­nés à lais­ser pas­ser l’eau. Un ou­vrage réa­li­sé sans que fût pris ma­ni­fes­te­ment en compte le risque d’em­bâcle, ce phé­no­mène na­tu­rel for­mé par l’ac­cu­mu­la­tion de bois mort et autres ob­jets sus­cep­tibles de s’en­tas­ser et de for­mer un bou­chon. La plaine de la Brague se si­tue à l’ex­tré­mi­té Est de la ville d’An­tibes. Elle est tra­ver­sée dans sa lon­gueur par la ri­vière du même nom et cou­pée dans sa lar­geur par l’au­to­route A8 qui, au ni­veau de la ri­vière, re­pose sur ce fa­meux mur de bé­ton. An­tibes est une ville qui offre 25 ki­lo­mètres de plage en bord de Mé­di­ter­ra­née dans la pé­ri­phé­rie de Cannes. Ses neuf cam­pings se si­tuent tous dans la plaine de la Brague par­mi les­quels sept se­ront si­nis­trés. Trois d’entre eux bordent la ri­vière. Quatre autres les

La ri­vière de la Brague, dans son état ac­tuel (pho­to prise le 19 mai 2016), est cou­pée par l’au­to­route A8 qui re­pose sur un mur de bé­ton per­fo­ré d’ori­fices. On peut ima­gi­ner ai­sé­ment le bou­chon qui s’est for­mé sous l’ef­fet de l’en­tas­se­ment de bois mort char­rié par les eaux qui ont gros­si le soir du 3 oc­tobre 2015, sous l’ef­fet des pluies ora­geuses. Son che­mi­ne­ment na­tu­rel étant blo­qué, l’eau ac­cu­mu­lée se­rait pas­sée par-des­sus l’au­to­route, for­mant une vague des­truc­trice pour les cam­pings si­tués juste de l’autre cô­té...

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.