CO­LIN-WOOD'S !

Décisions - - Reportage -

Des Low­lands aux Hautes Vosges il y en a, des ki­lo­mètres… C'est le chemin que Pas­ca­line Co­lin et Mike Wood ont par­cou­ru en­semble, de­puis la loin­taine Ecosse, terre de leur ren­contre, jus­qu'à celle de Cor­cieux (88) pour re­prendre en 2010 le cam­ping fa­mi­lial fon­dé par les pa­rents de Pas­ca­line. Deux ver­sions d'un même sou­rire sin­cère et cha­leu­reux dont l'un se­rait en ver­sion fran­çaise, et l'autre en ver­sion an­glaise sous-ti­trée. La vos­gienne Pas­ca­line et son ma­ri bri­tan­nique Mike se com­plètent quand ils parlent, et leurs ac­cents se ré­pondent. S'ils gèrent au­jourd'hui de concert le Clos de la Chaume en met­tant un point d'hon­neur à ac­cueillir chaque client en per­sonne, c'est pour­tant bien loin du cam­ping que leur his­toire a com­men­cé : dans les Low­lands, entre Glas­gow et Edin­bourg. « J'avais tou­jours rê­vé d'al­ler vivre en Ecosse », confie Pas­ca­line de sa voix flû­tée. « Alors après mes études j'ai cher­ché un contrat de tra­vail là-bas et je suis par­tie ». A l'au­tomne 2001, la fille Co­lin quitte donc Cor­cieux et le cam­ping fon­dé par ses pa­rents à son ado­les­cence pour s'ins­tal­ler à Stir­ling. « J'y ai tra­vaillé comme res­pon­sable dé­ve­lop­pe­ment pour une so­cié­té de trans­port fran­çaise. C'est là que j'ai ren­con­tré Mike », ré­sume-t-elle sim­ple­ment. Ori­gi­naire du York­shire, Mike Wood est alors contrô­leur de ges­tion dans la même en­tre­prise. Char­gé de la zone de l'Eu­rope du Nord, il est res- pon­sable de la comp­ta­bi­li­té de six bu­reaux ba­sés en Bel­gique, Suède, Al­le­magne, Ecosse, Pays de Galles et An­gle­terre, le tout pi­lo­té de­puis le siège pa­ri­sien de l'en­tre­prise, qui l'a em­bau­ché pour sa connais­sance du fran­çais… On est en plein dans l'in­ter­na­tio­nal, mais à l'époque pas ques­tion de cam­ping… « Même si j'avais tou­jours eu le rêve d'exer­cer dans ma vie des mé­tiers très dif­fé­rents », tem­père-t-il dans un fran­çais par­fait nap­pé d'un bon ac­cent so bri­tish.

Re­tour en France

Char­lie, leur fils, ar­rive en 2006. Si sa nais­sance est l'une des rai­sons de leur re­tour en France, re­con­naît le couple, ce n'est pas la seule. « Mes pa­rents se sont po­sé la ques­tion de prendre leur re­traite », re­trace Pas­ca­line. « A l'époque c'est mon frère qui gé­rait le cam­ping et il sou­hai­tait pas­ser la main. » C'est l'époque de la pre­mière crise en An­gle­terre. La jeune ma­man de­ve­nue cadre entre-temps ne compte pas ses heures et voit peu son fils. « Quant à moi, j'étais tou­jours dans l'avion, ja­mais à la mai­son », com­plète Mike. « On pas­sait trop peu de temps avec notre fils. Nous n'étions pas sûrs de vou­loir de cette vie… », conclut son épouse. L'an­née 2010 se­ra por­teuse de chan­ge­ment. Eli­sa, la pe­tite soeur de Char­lie, naît en jan­vier et quatre mois plus tard la pe­tite fa­mille dé­mé­nage en France pour s'ins­tal­ler au Clos de la Chaume… pour le bon­heur des grands-pa­rents. « Quand Char­lie est ar­ri­vé en France », ra­conte Mi­chel Co­lin avec hu­mour et fier­té, « il ne par­lait pas un mot de fran­çais. Mais après trois se­maines d'école ma­ter­nelle, il ne par­lait plus que ce­la. Je vous le jure! Ça lui a pris un mo­ment pour par­ler an­glais à nou­veau. »

« Fa­mille in­ter­na­tio­nale »

Les langues étran­gères jouent un rôle im­por­tant chez les Co­lin-Wood. Au cam­ping, mais aus­si dans la vie de tous les jours. « Au­jourd'hui nos deux en­fants sont bi­lingues, Mike ne leur parle qu'en an­glais », af­firme Pas­ca­line, qui donne en basse sai­son des cours d'an­glais dans une Mai­son de la culture et des loi­sirs. « Je fais aus­si toutes les tra­duc­tions des pla­quettes de Sites & Pay­sages vers l'an­glais… On ne s'en­nuie ja­mais, ici ! » Elle sait com­mu­ni­quer dans leur langue avec les Néer­lan­dais, et connaît même les sub­ti­li­tés de leur fa­çon de s'ex­pri­mer en an­glais. « Par exemple, ils n'uti­lisent pas le mot “camp­site” comme les Bri­tan­niques, mais disent “cam­ping”. Mieux vaut le sa­voir pour tra­duire des bro­chures ! » « C'est l'as­pect connais­sance de la culture qui est un plus », opine Mike. « Du­rant les Sa­lons à l'étran­ger, on se pré­sente comme un couple de gé­rants fran­co-bri­tan­nique », pour­suit-il. « Etre une fa­mille in­ter­na­tio­nale ras­sure les clients étran­gers. La pre­mière ques­tion qu'ils posent sou­vent en ar­ri­vant c'est : “Où est Mike, ce­lui qui parle an­glais ?” » « On fait aus­si un tra­vail de concier­ge­rie aus­si pour eux », conti­nue Pas­ca­line. « Les clients bri­tan­niques qui viennent chez nous avec leurs ani­maux doivent par exemple les faire vac­ci­ner. On leur pro­pose gé­né­ra­le­ment de prendre ren­dez-vous pour eux avec un vétérinaire an­glo­phone. Et en cas de panne de voi­ture on joue les in­ter­prètes avec le ga­ra­giste! » C'est sûr: si dans les jour­naux l'heure est au Brexit, Mike et Pas­ca­line Wood, eux, au­ront plu­tôt oeu­vré au rap­pro­che­ment des na­tions! ■

« Au cam­ping, les langues étran­gères jouent un rôle im­por­tant »

Pas­ca­line et Mike Wood, un couple de gé­rant qui joue la carte de l'in­ter­na­tio­nal dans la vie comme au tra­vail.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.