UNE HI­RON­DELLE NE FAIT PAS LE PRIN­TEMPS

Décisions - - Sommaire - Dominique BOIS­SAY

Dans le pré­cé­dent édito, nous évo­quions le choix de re­ve­nir à l’es­sence du cam­ping pour tentes et ca­ra­vanes, sans équi­pe­ment et sans ani­ma­tion, afin d’échap­per à de nom­breuses pe­san­teurs ad­mi­nis­tra­tives… A condi­tion bien sûr d’évi­ter de se trou­ver près d’un cours d’eau (risque de sub­mer­sion), sur une aire plan­tée de grands arbres (risque de chute en cas de tem­pête), et d’op­ter pour un sol plu­tôt bé­ton­né afin d’évi­ter la nui­sance de la ton­deuse à ga­zon et les in­sectes qui vont avec. En fait, ce type d’en­droit existe: ça s’ap­pelle un par­king d’hy­per­mar­ché, et cer­taines com­munes l’ont dé­jà tes­té avec ce qu’elles ap­pellent des aires d’ac­cueil pour gens du voyage… Trêve de plai­san­te­rie. L’em­pla­ce­ment nu pour « vrais » cam­peurs, c’était comp­ter sans un fac­teur es­sen­tiel à la mi­gra­tion des tou­ristes vers les lieux de va­cances: la météo. L’an­née 2017 au­ra eu l’in­té­rêt de nous re­mettre en mé­moire cette don­née que la mon­tée en puis­sance du lo­ca­tif nous avait un peu fait perdre de vue, à sa­voir que les va­cances – qui plus est les va­cances en plein air – étaient liées à la qua­li­té de la météo. Après un mois de juin plus que pro­met­teur tant sur le plan de la fré­quen­ta­tion que de la clé­mence d’un ciel par­fois ca­ni­cu­laire, les pré­ci­pi­ta­tions de fin juillet, voire même d’août, ont pour­ri la sai­son pour le tou­risme de pas­sage, et n’ont pas ar­ran­gé la ré­ser­va­tion en avance pour les lo­ca­tifs. Au bout du compte, il res­te­ra le sen­ti­ment d’une sai­son que cer­tains qua­li­fient de « bi­zarre », avec quelque chose à cô­té de la­quelle on a l’im­pres­sion d’être pas­sé pen­dant la haute sai­son. Dé­non­cer les dates of­fi­cielles de va­cances sco­laires n’a pas vrai­ment de sens, et ac­cu­ser la météo en au­rait en­core moins (NDLR: la ga­ran­tie so­leil pour l’été ne fi­gu­rait d’ailleurs pas au pro­gramme d’Em­ma­nuel Ma­cron!). On peut en re­vanche s’in­ter­ro­ger sur des grilles ta­ri­faires qui de­viennent dans bien des cas in­sup­por­tables pour le por­te­feuille des Fran­çais et des Eu­ro­péens, avec en co­rol­laire des dépenses en ser­vices an­nexes qui di­mi­nuent, et s’ame­nuisent en­core plus quand la météo n’est pas de la par­tie et que les va­can­ciers consacrent un bud­get plus im­por­tant en sor­ties ex­ternes telles que les mu­sées et res­tau­rants spé­cia­li­sés en tar­ti­flettes! En ré­su­mé, 2017 a dé­mon­tré qu’une hi­ron­delle ne fait pas le prin­temps.

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