MO­BIL-HOMES D’OC­CA­SION

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LE POINT DE VUE DU GROUPE AP LOI­SIRS

Lea­der du mar­ché de l’oc­ca­sion, le groupe AP Loi­sirs a gé­ré l’achat et la re­vente de 880 mo­bil-homes du­rant l’an­née 2016. Une ten­dance qui croit d’an­née en an­née, adop­tant ain­si la même courbe que des­si­nait le mar­ché du neuf, dix ans plus tôt. Le temps du re­nou­vel­le­ment est ve­nu. Une opé­ra­tion qui s’an­ti­cipe et se pré­pare, comme nous l’ex­plique Jo Di Pao­la, PDG d’AP Loi­sirs. La sai­son se ter­mine, et avec elle, c’est aus­si la fin du pre­mier ser­vice pour un cer­tain nombre de mo­bil­homes. Après ces quelques an­nées de bons et loyaux ser­vices, leurs pro­prié­taires les des­tinent au mar­ché de l’oc­ca­sion. Dif­fi­cile de sa­voir com­bien changent de main chaque an­née. Mais l’an der­nier, 880 mo­bil-homes ont tran­si­té par le ser­vice Mo­bil­ho­mes­pro.com du groupe AP Loi­sirs. La so­cié­té ven­déenne gé­rée par Jo Di Pao­la et dont le siège est ba­sé à la Roche- sur- Yon, achète les mo­bil­homes d’oc­ca­sion aux cam­pings fran­çais, en par­tie par l’in­ter­mé­diaire des groupes et des chaînes, puis les re­vend à un ré­seau de dis­tri­bu­teurs. De­puis 2013, date à la­quelle Jo Di Pao­la in­tègre AP Loi­sirs en s’as­so­ciant au fon­da­teur de l’en­tre­prise Re­né Brad­metz, les tran­sac­tions ne font qu’aug­men­ter. Et pour cause, les an­nées que l’on tra­verse font écho avec dix ans de dé­ca­lage aux an­nées de pro­duc­tion à fort vo­lume qui se sont suc­cé­dé entre 2004 et 2008.

La nais­sance du mo­bil-home

Quand AP Loi­sirs voit le jour en 2003, le mar­ché de l’oc­ca­sion en est à ses pré­mices et concerne sur­tout les mo­dèles an­glais et les pièces dé­ta­chées. Les pre­miers mo­bil­homes fa­bri­qués sur le sol fran­çais datent de 1993 et sont si­gnés IRM. Le vo­lume de pro­duc­tion va alors cres­cen­do et la concur­rence se dé­ve­loppe sur le mar­ché fran­çais dès 1995 avec l’ar­ri­vée de O’Ha­ra. En 1999, de nom­breux construc­teurs ar­rivent sur le mar­ché. En 2004, il a été ven­du près de 24 000 mo­bil­homes neufs*. La crise de 2008 amorce une baisse des com­mandes, puis c’est la dé­grin­go­lade de 2011 jus­qu’à 2014 avec en­vi­ron 12 500 uni­tés ven­dues, soit une chute de 50 % par rap­port à 2004. L’an­née der­nière en 2016, le cu­mul des chiffres an­non­cés par les construc­teurs per­met d’avan­cer le chiffre de 15000 uni­tés pro­duites.

Re­vendre au bon mo­ment

Les an­nées 2016 comme 2017 sonnent ain­si l’heure du re­nou­vel­le­ment. « Les mo­bil-homes sont gar­dés au mi­ni­mum 7 ans. C’est le cas dans les plus gros cam­pings qui ont dé­jà éva­cué les pro­duits de ces mil­lé­simes. Le reste ar­rive au­jourd’hui sur le mar­ché de l’oc­ca­sion » constate Jo Di Pao­la. Mais pour ce spé­cia­liste du sec­teur, gar­der ses hé­ber­ge­ments le plus long­temps pos­sible n’est pas for­cé­ment le cal­cul le plus ren­table. S’il n’existe pas de cote de l’oc­ca­sion pour la fi­lière pro­fes­sion­nelle, Jo Di Pao­la est ca­pable avec ses an­nées de pra­tique et d’ob­ser­va­tion du mar­ché, d’es­ti­mer la va­leur des pro­duits. « On a une dé­cote gé­né­ra­le­ment de 300 à 500 eu­ros par an sur un même pro­duit, même mil­lé­sime. Après, ce­la dé­pend de l’offre et de la de­mande. Un pro­duit de type Su­per Mer­cure de chez IRM a for­cé­ment moins de va­leur au­jourd’hui qu’il y a 4 ou 5 ans. D’abord parce qu’il a vieilli, mais aus­si parce qu’il y en a beau­coup sur le mar­ché. Un grand trois chambres au­rait une for te va­leur au­jourd’hui parce qu’il n’y en a pas beau­coup sur le mar­ché et qu’il est

De l’oc­ca­sion, des ter­rasses, des Ta­bl’Grill et même un cam­ping!

Si le mar­ché des mo­bil-homes d’oc­ca­sion reste la prin­ci­pale ac­ti­vi­té du groupe AP Loi­sirs, l’en­tre­prise vend et ins­talle aus­si des ter­rasses pour mo­bil-homes. Elle gère par ailleurs de­puis 2012 le cam­ping Yel­loh ! Vil­lage Belle Plage à Ploe­meur. Et pour di­ver­si­fier ses ac­ti­vi­tés dans l’hô­tel­le­rie de plein air, la so­cié­té est de­ve­nue l’an der­nier le dis­tri­bu­teur exclusif de la Ta­bl’Grill. très de­man­dé. Il est donc peut-être plus op­por­tun de sor­tir main­te­nant ce type de mo­dèle, car le cam­ping pour­rait en ti­rer un meilleur prix que s’il at­ten­dait une an­née de plus », ana­lyse Jo Di Pao­la. Pour ai­der les cam­pings à gé­rer le re­nou­vel­le­ment de leur parc de mo­bil-homes, AP Loi­sirs pro­pose un ser­vice d’es­ti­ma­tion gra­tuit. « Je n’es­time pas la va­leur comp­table du parc, mais la va­leur réelle en fonc­tion du mo­ment », pré­cise-t-il.

De l’oc­ca­sion bien en­tre­te­nue

Si la va­leur d’un mo­bil-home dé­pend de l’attente mo­men­ta­née du mar­ché, elle dé­pend éga­le­ment de la fa­çon dont l’hé­ber­ge­ment a été en­tre­te­nu. « Dans la me­sure où on fait du vo­lume, on sait très bien que sur un mil­lier de mo­bil- homes, on au­ra quelques mau­vaises sur­prises. Le plus im­por­tant sur le mar­ché de l’oc­ca­sion c’est de connaître l’état de la ca­bine de douche. C’est sou­vent le point faible, car une fuite de ca­bine de douche en­traîne un pro­blème de li­no et de plan­cher », pré­cise Jo Di Pao­la qui prend connais­sance des pro­duits d’oc­ca­sion sur pho­tos, achète et re­vend en l’état aux dis­tri­bu­teurs. Ce sont eux qui gé­re­ront les ré­pa­ra­tions né­ces­saires avant de les ré­in­tro­duire sur le mar­ché. « Et au­jourd’hui, tout est ré­pa­rable ! »

L’oc­ca­sion sort du ter­ri­toire

Dans 60 % des cas, ces pro­duits partent à l’ex­por t, no­tam­ment en Es­pagne où les cam­pings sont ac­tuel­le­ment très de­man­deurs, mais éga­le­ment en Ita­lie, en Grèce et au Por­tu­gal. « À ce su­jet, je pense que l’oc­ca­sion a plu­tôt in­té­rêt à sor­tir de France, car lorsque l’on vend à l’ex­por t, on ne crée pas sa propre concur­rence. Au­tre­ment dit, quand un cam­ping vend à un confrère voi­sin un mo­bil-home d’oc­ca­sion, le pro­duit est en­core dans un bon état. Le cam­ping contri­bue ain­si à créer d’une cer­taine fa­çon une offre qui lui est concur­rente. Avec nous, ça sort le plus sou­vent du ter­ri­toire, de la ré­gion ou du dé­par­te­ment, et même de France », ana­lyse Jo Di Pao­la. ■

* Cu­mul des chiffres que les construc­teurs ont confié à Dé­ci­sions en 2004.

Jo Di Pao­la, PDG du groupe AP Loi­sirs.

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