DIAG­NOS­TIC ET MAέTRISE DE L’ÉQUI­LIBRE FI­NAN­CIER

Décisions - - Expertise -

« Si le bi­lan est une pho­to du pa­tri­moine de l’en­tre­prise, le compte de ré­sul­tat est le film de son évo­lu­tion »

Avis d’ex­pert: Florent DAUXAIS, ex­pert-comp­table, Ca­bi­net Ac­cior, Les Sables d’Olonne (85) La sai­son 2017 est à peine ter­mi­née qu’il faut dé­jà se pen­cher sur la sai­son 2018 pour en des­si­ner les contours. An­ti­ci­per et pré­voir sont les maîtres mots de la construc­tion bud­gé­taire, pour ce­la vous de­vez sa­voir dé­chif­frer vos comptes an­nuels afin d’ap­pré­hen­der cor­rec­te­ment votre équi­libre fi­nan­cier, point de dé­part de tout pré­vi­sion­nel.

Com­prendre les comptes an­nuels

Dans un pré­cé­dent ar­ticle nous avons trai­té ce su­jet, mais pour une bonne com­pré­hen­sion de notre su­jet du mo­ment il nous semble im­por­tant de re­ve­nir sur quelques no­tions fon­da­men­tales. En fin d’exer­cice, une syn­thèse des opé­ra­tions réa­li­sées du­rant la pé­riode écou­lée est éta­blie pour dé­ter­mi­ner si l’en­tre­prise a créé de la ri­chesse (bé­né­fice) ou s’est ap­pau­vrie (perte). Pour ce­la, tous les comptes sont syn­thé­ti­sés dans des do­cu­ments de fin d’exer­cice. La loi et le Plan comp­table gé­né­ral (PCG) de 2014 dis­tinguent 3 do­cu­ments: le bi­lan, le compte de ré­sul­tat et l’an­nexe. Le bi­lan donne une image de la si­tua­tion pa­tri­mo­niale de l’en­tre­prise à un ins­tant T. Le bi­lan re­cense les ac­tifs de l’en­tre­prise et les moyens de fi­nan­ce­ment as­so­ciés (les pas­sifs). Il pré­sente, se­lon la conven­tion sui­vante: • A l’ac­tif: les biens de l’en­tre­prise ou em­plois de fonds. L’ac­tif est sub­di­vi­sé en em­plois stables (haut de bi­lan) consti­tuant l’ac­tif im­mo­bi­li­sé et en em­plois tem­po­raires (bas de bi­lan) consti­tuant l’ac­tif cir­cu­lant (stocks, créances, dis­po­ni­bi­li­tés). • Au pas­sif: les dettes de l’en­tre­prise (y com­pris vis-à-vis des as­so­ciés) ou res­sources de fonds. Le pas­sif est lui-même sub­di­vi­sé en res­sources per­ma­nentes (ca­pi­taux propres et dettes fi­nan­cières) et en res­sources tem­po­raires (dé­cou­verts ban­caires, les dettes d’ex­ploi­ta- tions comme les four­nis­seurs et les dettes fis­cales et so­ciales). Si le bi­lan pré­sente l’as­pect pa­tri­mo­nial de l’en­tre­prise à la date de clô­ture de l’exer­cice (pho­to), le compte de ré­sul­tat ex­plique l’évo­lu­tion de ce pa­tri­moine du­rant l’an­née écou­lée (film). La for­ma­tion du ré­sul­tat de l’an­née est dé­taillée dans les comptes de ges­tion de charges et pro­duits. Le compte de ré­sul­tat est sub­di­vi­sé en trois grandes ca­té­go­ries : opé­ra­tions d’ex­ploi­ta­tion, opé­ra­tions fi­nan­cières, opé­ra­tions ex­cep­tion­nelles. Loin d’être un simple état ré­ca­pi­tu­la­tif des flux d’ac­ti­vi­tés de l’exer­cice au­quel il se rat­tache, le compte de ré­sul­tat est aus­si un ou­til de ges­tion. A cette fin le compte de ré­sul­tat est alors pré­sen­té en une suc­ces­sion de va­leurs ap­pe­lées « soldes in­ter­mé­diaires de ges­tion ou SIG ». Le Code de com­merce dé­fi­nit l’an­nexe comme un élé­ment in­dis­so­ciable du bi­lan et du compte de ré­sul­tat. Elle fait donc par­tie des obli­ga­tions comp­tables. Elle est in­ti­me­ment liée au prin­cipe comp­table d’image fi­dèle. Elle a pour fonc­tion de com­plé­ter les don­nées du bi­lan et du compte de ré­sul­tat de toutes in­for­ma­tions si­gni­fi­ca­tives pour la bonne com­pré­hen­sion des comptes an­nuels.

Equi­libre fi­nan­cier : les no­tions clés

Le ni­veau de tré­so­re­rie de l’en­tre­prise ré­sulte, cer tes, de l’écar t entre les en­cais­se­ments et les dé­cais­se­ments. Fon­da­men­ta­le­ment, Il dé­coule beau­coup plus de l’équi­libre entre le fonds de rou­le­ment et le be­soin en fonds de rou­le­ment: Tré­so­re­rie = Fonds de rou­le­ment (FDR) – Be­soin en fonds de rou­le­ment (BFR). L’étude de l’équi­libre fi­nan­cier est réa­li­sée à par­tir de l’ana­lyse du bi­lan se­lon une ter­mi­no­lo­gie cou­ram­ment uti­li­sée par les ban­quiers : « haut de bi­lan » (moyen et long terme) et « Bas de bi­lan » (court terme). Les res­sources per­ma­nentes nettes du haut de bi­lan (fonds de rou­le­ment) doivent fi­nan­cer les besoins du bas de bi­lan (be­soin en fonds de rou­le­ment). Il convient tou­jours de fi­nan­cer un be­soin par une res­source d’une du­rée su­pé­rieure ou égale à ce­lui-ci. Le fonds de rou­le­ment est l’ex­cé­dent de res­sources stables (ca­pi­taux propres et em­prunts) après fi­nan­ce­ment de l’ac­tif im­mo­bi­li­sé. Il joue, pour l’en­tre­prise, le rôle de l’amor­tis­seur sur une voi­ture. Il as­sure, ain­si, la sta­bi­li­té fi­nan­cière contre les risques de dé­ra­page de la tré­so­re­rie (coup de frein bru­tal de l’ac­ti­vi­té, vi­rages dan­ge­reux lors d’in­ves­tis­se­ments mal fi­nan­cés ou lors de chan­ge­ments stra­té­giques mal pré­pa­rés). Le cycle éco­no­mique de l’en­tre­prise (achats de biens et ser­vices, per­son­nel, ventes…) en­traîne des besoins et des res­sources de fi­nan­ce­ment à cour t terme. C’est la dif­fé­rence entre les besoins pour fi­nan­cer le cré­dit clients et la res­source pro­ve­nant du cré­dit four­nis­seur. Si le cré­dit four­nis­seur est plus im­por­tant que le mon­tant cu­mu­lé du stock et des créances clients, il existe non pas un be­soin mais une res­source en fonds de rou­le­ment, ce qui est, nor­ma­le­ment, le cas dans l’hô­tel­le­rie de plein air. En ef­fet les clients payent une frac­tion de leur sé­jour par acompte et le solde en dé­but de sé­jour.

Le diag­nos­tic de l’équi­libre ou du dés­équi­libre fi­nan­cier dans l’HPA

Il est es­sen­tiel pour l’ex­ploi­tant d’avoir une vi­sion claire des si­tua­tions d’équi­libre ou de dés­équi­libre fi­nan­cier.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.