Deux Ou Trois Jeux Que Je Sais D'eux

De Ligne en Ligne - - Dossier: Jeu Au Centre - , Bpi

et aus­si, un pion noir et blanc. L’échi­que­té de Pa­trick Ber­nier et d’olive Mar­tin est un jeu d’échecs où une pièce fes­ti­val. Ex­pli­ca­tions des règles avec , res­pon­sable de la ma­ni­fes­ta­tion et com­mis­saire de l’ex­po­si­tion Ex­ten­sion du do­maine du jeu.

Dé­tour­ner les règles

« Dans les an­nées 1960, les ar­tistes Fluxus ont ten­té de ré­con­ci­lier l’art et la vie en créant des jeux. S’ils ont re­con­fi­gu­ré des règles et même es­sayé d’in­dus­tria­li­ser leurs jeux ab­surdes, ils re­fu­saient le ca­rac­tère bel­li­queux du jeu, avec un vain­queur et un per­dant», rap­pelle Flo­ren­cia Cher­na­jovs­ky. « Au­jourd’hui, le jeu est un mo­tif que beau­coup d’ar­tistes uti­lisent et la di­men­sion in­ter­ac­tive est très pré­sente dans la créa­tion contem­po­raine. »

Cer­tains, comme Mat­teo Rub­bi, créent des jeux de pla­teaux en s’ins­pi­rant de bre­vets du XIXE siècle ja­mais ex­ploi­tés. Les joueurs sont in­vi­tés à ima­gi­ner les règles, à les faire évo­luer en fonc­tion du but du jeu. D’autres ar­tistes in­ter­viennent sur la forme plas­tique d’un élé­ment du jeu. Car­la Zac­ca­gni­ni pro­pose ain­si de jouer au po­ker avec des cartes trans­pa­rentes ( Trans­pa­rente Game), le bluff de­vient im­pos­sible. Aux joueurs, là en­core, d’in­ven­ter une pa­rade. Mais la plu­part du temps, les ar­tistes choi­sissent les règles du jeu. Kathe ina Šedá pro­pose des jeux com­mu­nau­taires par­ti­ci­pa­tifs. Sa vi­déo There is no­thing there (Game for an un­li­mi­ted num­ber of players) montre les ha­bi­tants d’un vil­lage ef­fec­tuant les mêmes ac­tions en même temps.

« Toutes ces oeuvres, si dif­fé­rentes soient-elles, montrent un in­té­rêt com­mun pour la di­men­sion so­ciale et po­li­tique du jeu », note Flo­ren­cia Cher­na­jovs­ky. L’ac­tion pro­po­sée par Kathe ina Šedá a sans doute créé une com­pli­ci­té entre les par­ti­ci­pants, mais l’in­jonc­tion de syn­chro­ni­sa­tion ré­vèle que le jeu peut de­ve­nir une ins­tance dis­ci­pli­naire. L’échi­que­té a pour ori­gine une pho­to­gra­phie an­cienne où fi­gurent le pré­sident du Ni­ger, ha­billé en noir, un gé­né­ral fran­çais, en blanc, et le grand-père de Pa­trick Ber­nier, haut-fonc­tion­naire mé­tis, en gris. En in­tro­dui­sant des pièces hy­brides, l’oeuvre bous­cule avec hu­mour l’op­po­si­tion ma­ni­chéenne du jeu d’échecs (où les blancs dé­butent tou­jours la par­tie).

Le champ des pos­sibles

Les ar­tistes s’in­té­ressent aus­si au jeu par le biais du ha­sard. En lan­çant son dé, sur les faces du­quel sont re­pro­duites ses oeuvres en mi­nia­ture, Si­mon Ni­caise créé sous nos yeux une ex­po­si­tion po­ten­tielle.

Fluxus (flux, cou­rant) est un mou­ve­ment ar­tis­tique d’avant-garde créé dans les an­nées 1960 par de jeunes ar­tistes amé­ri­cains, in­fluen­cés par Da­da, Mar­cel Du­champ et John Cage. Il touche aus­si bien les arts vi­suels que la mu­sique et la lit­té­ra­ture, par la réa­li­sa­tion de concerts, de per­for­mances, la production de livres, de re­vues ou d’ob­jets.

Ex­ten­sion du do­maine du jeu, du 18 juin au 20 juillet, Es­pace 315 Pa­trick Ber­nier & Olive Mar­tin, L’échi­que­té, 2012

In­dex, 2012. Édi­té par chez-ro­bert

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