GISORS

UN TRÉ­SOR Y SE­RAIT CA­CHÉ

Detours en France Hors-série - - Sommaire -

Dans l’eure, le châ­teau de Gisors consti­tuait, avant même Châ­teau-gaillard, un ver­rou à l’en­trée du du­ché de Nor­man­die. Son nom est au­jourd’hui sur­tout cé­lèbre à tra­vers les ru­meurs liées à la pré­sence d’un « tré­sor » des Tem­pliers, lan­cées dans les an­nées 1960. At­ten­tion, fouilles in­ter­dites !

Des Tem­pliers à Gisors ? Oui, il est avé­ré que la for­te­resse fut confiée en 1158 pour trois ans en­vi­ron à une poi­gnée de membres de l’ordre re­li­gieux et mi­li­taire, lors d’une paix re­la­tive entre le roi d’an­gle­terre Hen­ri II et le roi de France Louis VII. La lé­gende, elle, re­tien­dra donc que, lorsque les Tem­pliers furent ar­rê­tés par le roi en 1307, ils cacheront leur my­thique tré­sor au châ­teau, où ils avaient for­cé­ment gar­dé des at­taches ! Mais ce que les mé­dias ap­pel­le­ront « l’af­faire de Gisors » prend en fait sa source dans les an­nées 1940.

UNE NEF REM­PLIE DE « TRENTE COFFRES EN MÉ­TAL PRÉ­CIEUX » ! Le gar­dien et jar­di­nier du châ­teau, Ro­ger Lho­moy, était cer­tain que, en­foui sous la motte féo­dale, était ca­ché un tré­sor. « Mais ce­la n’avait rien à voir avec un dé­lire tem­plier. C’était plu­tôt lié au mythe tra­di­tion­nel du tré­sor dans les sou­ter­rains, da­tant du xixe siècle » , pré­cise Cé­dric Kur­za­wins­ki, du ser­vice du pa­tri­moine de la ville. L’homme se met alors à creu­ser la nuit, sans au­to­ri­sa­tion. Et, en 1946, dit avoir dé­cou­vert des sou­ter­rains et une « cha­pelle ro­mane » ain­si qu’une nef rem­plie de « trente coffres en mé­tal pré­cieux » ! Lho­moy se rend à la mai­rie pour faire part de ses trou­vailles.

L’AF­FAIRE DE GISORS EST TOU­JOURS D’AC­TUA­LI­TÉ ! Le chef des sa­peurs-pom­piers des­cend dans le puits et la galerie creu­sés, mais doit re­mon­ter… Par manque d’oxy­gène, il est sur le point d’étouf­fer ! Les re­cherches sont aban­don­nées, le trou re­bou­ché. Pris pour

LA LÉ­GENDE RE­TIEN­DRA QUE, LORSQUE LES TEM­PLIERS FURENT AR­RÊ­TÉS PAR LE ROI EN 1307, ILS CACHERONT LEUR MY­THIQUE TRÉ­SOR AU CH­TEAU.

un dingue, le gar­dien est in­ter­dit de conti­nuer à fouiller par la mu­ni­ci­pa­li­té… et doit chan­ger de tra­vail. C’est au dé­but des an­nées 1960 que la ru­meur d’un tré­sor est re­lan­cée et am­pli­fiée avec la pa­ru­tion d’un livre, qui dresse un lien avec la pré­sence tem­plière à Gisors ( Les Tem­pliers sont par­mi nous ou l’énigme de Gisors, de Gé­rard de Sède). Le suc­cès de li­brai­rie est tel que le mi­nistre de la Culture An­dré Mal­raux or­donne des fouilles – ef­fec­tuées par l’ar­mée. Mais, ré­sul­tat, point de tré­sor à Gisors ! Ce­la n’em­pê­che­ra pas des ri­bam­belles d’ama­teurs de chasse au tré­sor, mais aus­si de ra­dies­thé­sistes, de sac­ca­ger le site en creu­sant de ma­nière anar­chique… « Au point que le châ­teau a failli s’ef­fon­drer dans les an­nées 1970 : il a fal­lu faire une re­prise en sous-sol ! » , pour­suit Cé­dric Kur­za­wins­ki. Au­jourd’hui, « l’af­faire de Gisors » consti­tue en­core un mo­tif de vi­site : « La plu­part des gens sont avant tout amu­sés par cet as­pect lé­gen­daire du châ­teau. Mais cer­tains res­tent per­sua­dés qu’il y a un tré­sor à Gisors ! »

Châ­teau de Gisors, rue de Pen­thièvre, 27140 Gisors. 02 32 27 60 63. www. tou­risme-gisors.fr. Ac­cès gra­tuit au parc. Vi­sites gui­dées du don­jon et des caves : 5 €.

Gisors (Eure), si­tué à l’époque dans le sud du du­ché de Nor­man die, est l’ar­ché­type du « châ­teau à motte » du xie siècle. En 1097, Guillaume le Roux, roi d’an­gle­terre, édi­fia un « châ­teau très fort » sur le cours de l’epte. Mal­gré son cô­té...

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