LE « CHE­MIN QUI MARCHE »

PÉ­RIODE FASTE POUR LE TRANS­PORT FLUVIAL

Detours en France - - Grand Angle _ L’allier -

Em­prun­té par des mil­liers de ba­teaux, l’al­lier fut au xviie siècle une route com­mer­ciale im­por­tante. Le quart du char­bon au­ver­gnat tran­si­tait par Pont­du-châ­teau (Puy-de-dôme), qui pos­sé­dait à l’époque cinq ports. L’avè­ne­ment du che­min de fer au­ra fi­na­le­ment rai­son du trans­port ma­ri­time.

Qui pour­rait croire à la voir au­jourd’hui, qu’à Pont-du-châ­teau les voi­tu­riers d’eau furent si nombreux que la ville eut son « Pe­tit Mar­seille ». La place Ca­tier, du nom de l’un d’entre eux, rap­pelle cette époque dé­sor­mais ré­vo­lue. « Jus­qu’au xixe siècle, “le che­min qui marche” qu’est l’al­lier, fut le théâtre es­sen­tiel de la cir­cu­la­tion mé­diane dans le Mas­sif cen­tral et le trait d’union entre Pa­ris et le Lan­gue­doc », sou­li­gnait l’his­to­rien lo­cal Pierre Mon­da­nel, qui don­na son nom au mu­sée de la ba­tel­le­rie.

DES RE­CHERCHES ARCHÉOLOGIQUES

Puis vint un jour où « l’on pas­sa de la ca­dence tran­quille des ci­vi­li­sa­tions an­ciennes au rythme des ci­vi­li­sa­tions nou­velles », pour­suit Pierre Mon­da­nel. Au xviie siècle, les em­bar­ca­tions s’en al­laient em­plies de vins, d’eaux-de-vie, de chanvre, de pierres de meules et autres den­rées, des flots de l’al­lier à ceux la Loire, s’en re­ve­nant char­gées de mo­rues, d’ha­rengs, d’huiles, de sucres, de cas­so­nades… On les uti­li­sait aus­si pour le trans­port du sel que l’on re­mon­tait – à la voile quand le vent le per­met­tait, ou ha­lé par des boeufs ou des che­vaux – jus­qu’à Pont-du-châ­teau. En 1860, on dé­nombre cinq ports cas­tel­pon­tins. Et de tout ce­la, il ne reste rien. Ou presque, car de­puis quelques an­nées, des re­cherches archéologiques sub­aqua­tiques sont réa­li­sées en lien avec la Di­rec­tion ré­gio­nale des Af­faires cultu­relles. C’est An­nie Du­mont, in­gé­nieure de re­cherche en ar­chéo­lo­gique sub­aqua­tique et sous-ma­rine de Mar­seille qui, en 2005, inau­gure les pre­mières dé­cou­vertes.

UNE MÉ­MOIRE QUI REFAIT SURFACE

De­puis, des plon­geurs bé­né­voles ont pris le re­lais et pré­sentent chaque année le fruit de leurs plon­gées lors des jour­nées du pa­tri­moine ou de la fête de la ville, le 15 août. Comme à ma­rée basse, les ves­tiges re­font surface. Anne Cur­vale et Yves Lé­cuyer sont de ces quê­teurs de mé­moire. « En 1666, la dé­cou­verte des mines de char­bon à Bras­sac a mar­qué un temps fort de la ba­tel­le­rie sur l’al­lier. De 200 ba­teaux par an, on en a vu pas­ser

La mai­rie de Pont-du­châ­teau est ins­tal­lée dans un an­cien châ­teau du xviie siècle avec vue sur l’al­lier. La fa­laise de Mal­mouche, d’une hau­teur de 15 m, est le ré­sul­tat de l’éro­sion des berges de l’al­lier sur les contre­forts du puy de Bâne. Elle est si­tuée en amont de Pont-du­châ­teau.

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