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Detours en France - - Décryptage -

CA­NUTS ET SOYEUX Au siècle, l’ins­tal­la­tion de ma­nu­fac­tures de soie trans­forme Lyon en ci­té la­bo­rieuse. C’est le dé­but d’une grande aven­ture in­dus­trielle, qui voit l’émer­gence d’une classe d’ou­vriers spé­cia­li­sés, les ca­nuts. Au dé­but du l’in­tro­duc­tion du mé­tier jac­quard bou­le­verse l'ac­ti­vi­té tex­tile…, la­quelle se per­pé­tue à tra­vers de jeunes créa­teurs, la per­ma­nence d’ate­liers de luxe et l’in­no­va­tion tech­nique.

La culture du ver à soie se­rait ar­ri­vée en France au xive siècle, en même temps que l'em­mé­na­ge­ment des papes à Avi­gnon. Ve­nue de Chine, la tech­nique d’éle­vage a tra­ver­sé le conti­nent asia­tique puis la Mé­di­ter­ra­née, avant de s'éta­blir en Ita­lie au xiie siècle. Les ma­gna­ne­ries ap­pa­raissent en Pro­vence, se ré­pandent dans le Vi­va­rais… En 1450, Charles VII ac­corde à Lyon le mo­no­pole de la vente de soie dans le royaume. En 1536, un Pié­mon­tais pro­pose d'im­plan­ter une ma­nu­fac­ture à Lyon avec des tis­seurs gé­nois ; Fran­çois Ier ac­cepte. Lyon et sa ré­gion maî­trisent l’éle­vage et la fi­la­ture mais le royaume fait en­core ap­pel aux Trans­al­pins pour les étoffes tis­sées: voi­là l'oc­ca­sion de ré­duire les im­por­ta­tions! Ain­si, ap­pa­raissent les pre­miers ate­liers. Plus tard, confor­tant le rôle de la place lyon­naise, Hen­ri IV or­donne l’ex­ten­sion de la culture du mû­rier, dont les feuilles consti­tuent l'ali­ment des vers à soie. Pe­tite ci­té au Moyen Âge, Lyon passe de 30000 à 100000 ha­bi­tants à la Re­nais­sance. La pro­fes­sion s’or­ga­nise. Au xviie siècle, la « Grande Fa­brique » re­groupe les maîtres tis­seurs (les ca­nuts), qui oeuvrent sur leurs mé­tiers, et les mar­chands-fa­bri­cants (les soyeux), qui re­çoivent les com­mandes

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