Rus­sie-Chine : plus qu’un par­te­na­riat, mais moins qu’une al­liance ?

Diplomatie - - Points Chauds -

La Rus­sie a fait de son par­te­na­riat avec la Chine la che­ville ou­vrière de son tour­nant asia­tique. Tou­te­fois, le rap­port de forces entre les deux grandes puis­sances est net­te­ment à l’avan­tage de Pé­kin. À l’heure où Mos­cou ré­éva­lue la place de la Chine dans son sché­ma asia­tique, et cherche d’autres par­te­naires dans la zone, les forces et les fai­blesses de cette re­la­tion doivent être exa­mi­nées pré­ci­sé­ment, par-de­là la rhé­to­rique am­bi­tieuse de la Rus­sie en la ma­tière.

La Fé­dé­ra­tion de Rus­sie et la Ré­pu­blique po­pu­laire de Chine (RPC) vivent ac­tuel­le­ment une vé­ri­table « lune de miel di­plo­ma­tique ». Pour Mos­cou, ce rap­pro­che­ment pré­sente de mul­tiples avan­tages : faire face aux sanc­tions oc­ci­den­tales consé­cu­tives à la crise en Ukraine, trou­ver un dé­bou­ché al­ter­na­tif aux ex­por­ta­tions d’hy­dro­car­bures, sou­der un front com­mun dans les ins­tances in­ter­na­tio­nales contre les po­li­tiques étran­gères oc­ci­den­tales. Ce par­te­na­riat entre deux puis­sances géo­po­li­tiques de pre­mier plan, mais pro­fon­dé­ment in­égales, est-il viable pour la Rus­sie ? On peut en ef­fet dou­ter de la ca­pa­ci­té de la Rus­sie à maî­tri­ser son très ex­pli­cite « tour­nant vers l’Asie » quand il s’agit d’un par­te­naire aus­si puis­sant que la RPC. La Chine risque d’ac­ca­pa­rer toutes les res­sources di­plo­ma­tiques, éco­no­miques, éner­gé­tiques de la Rus­sie et de l’ins­tal­ler dans le sta­tut de par­te­naire su­bal­terne ré­duit aux fonc­tions de

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