L’achat est pré­vu dans 4 ans ou plus

VOUS ENVISAGEZ D’ACQUÉRIR UNE MAI­SON OU UN APPARTEMENT D’ICI À QUELQUES AN­NÉES. EN AT­TEN­DANT LA CONCRÉTISATION DE VOTRE PRO­JET, IL EST CONSEILLÉ DE SOUSCRIRE UN PLAN ÉPARGNE LO­GE­MENT.

Dossier Familial - - DOSSIER - Oli­vier ROZENFELD Cy­ril BLESSON

La loi au­to­rise la dé­ten­tion d’un seul plan épargne lo­ge­ment (PEL) par per­sonne. Ain­si,

« ce pro­duit d’épargne ban­caire per­met à tous les membres d’une fa­mille de se consti­tuer une épargne et d’ob­te­nir un prêt im­mo­bi­lier à un taux – nor­ma­le­ment – pri­vi­lé­gié », sou­ligne Oli­vier Rozenfeld, pré­sident du groupe Fi­droit. Les pou­voirs pu­blics ont à la fois la main sur le taux de ré­mu­né­ra­tion et sur ce­lui du cré­dit im­mo­bi­lier. C’est un pla­ce­ment réglementé.

1 LA PHASE D’ÉPARGNE

Elle consti­tue le temps du­rant le­quel les fonds ver­sés sont blo­qués. Sa du­rée est d’au moins quatre ans.

AVAN­TAGES

Vous ne ris­quez pas de perdre votre ca­pi­tal. En outre, l’épargne fruc­ti­fie à un taux garanti et connu dès la sous­crip­tion du PEL. « Si le taux ac­tuel est de 1 %, la ré­mu­né­ra­tion peut at­teindre 2 %, ou 3,5 % pour les PEL plus an­ciens », pré­cise Oli­vier

Rozenfeld. Les in­té­rêts gé­né­rés sont ca­pi­ta­li­sables, c’est-àdire qu’au 31 dé­cembre de chaque an­née, ils viennent s’ajou­ter au ca­pi­tal épar­gné et de­viennent pro­duc­teurs d’in­té­rêts sup­plé­men­taires. Vous ne paie­rez ni frais d’en­trée ni frais de ges­tion. La fis­ca­li­té, elle, est li­mi­tée : les in­té­rêts des PEL ou­verts en 2017 ou avant sont exo­né­rés d’im­pôt sur le re­ve­nu jus­qu’à la veille du dou­zième an­ni­ver­saire du plan. Autre avantage im­por­tant : le prêt et l’épargne du PEL sont consi­dé­rés comme de l’ap­port per­son­nel pour la banque qui ac­corde un cré­dit im­mo­bi­lier. En­fin, au-de­là de quatre ans d’an­cien­ne­té, le PEL est pro­ro­geable pour une pé­riode mi­ni­male d’un an, jus­qu’à son dixième an­ni­ver­saire : les ver­se­ments sont donc au­to­ri­sés pen­dant dix ans au maxi­mum.

INCONVÉNIENTS

Le PEL im­pose d’ef­fec­tuer des ver­se­ments dès l’ou­ver­ture, puis ré­gu­liè­re­ment (voir le ta­bleau). En outre, les fonds lo­gés sont in­dis­po­nibles pen­dant quatre ans. Tout re­trait avant cette du­rée en­traîne sa clô­ture. En cas de sor­tie moins de trois ans avant la date du pre­mier ver­se­ment, le droit à la prime d’état et l’ac­cès au prêt sont per­dus. En cas de re­trait entre trois

PEN­SEZ-Y // Pour les PEL ou­verts à comp­ter du 1er jan­vier 2018, les in­té­rêts se­ront im­po­sés au pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique de 30 % dès la pre­mière an­née.

et quatre ans, la prime est ré­duite de moi­tié mais le bé­né­fice du prêt conser­vé. Les in­té­rêts gé­né­rés par le PEL font l’ob­jet de pré­lè­ve­ments so­ciaux de 15,5 % en 2017 (17,2 % en 2018). En­fin, au-de­là de dix ans d’an­cien­ne­té (et jus­qu’à sa clô­ture, fixée à quinze ans), tout nou­veau ver­se­ment est in­ter­dit.

CONSEILS

Ver­ser ses éco­no­mies sur le PEL est une bonne idée. « La ré­mu­né­ra­tion qui ré­sulte d’un agré­gat de deux com­po­santes – in­té­rêts et prime d’état en cas de de­mande de prêt – est par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­sante puisque fi­gée

pour la du­rée du plan », ex­plique Oli­vier Rozenfeld. Si, à terme, l’opé­ra­tion im­mo­bi­lière ne se concré­tise pas, il se­ra tou­jours pos­sible de clô­tu­rer le PEL sans pé­na­li­tés et d’op­ter pour un pla­ce­ment plus lu­cra­tif. Dans la me­sure du pos­sible, pri­vi­lé­giez un ver­se­ment im­por­tant à la sous­crip­tion, plu­tôt que des ver­se­ments mo­destes éta­lés sur plu­sieurs an­nées. Cette stra­té­gie per­met­tra de faire fructifier ra­pi­de­ment et plus long­temps l’épargne pla­cée, et donc d’en­gran­ger po­ten­tiel­le­ment da­van­tage de droits à prêt.

2 LA PHASE DE PRÊT

À l’is­sue de trois ou quatre ans d’épargne, vous pou­vez de­man­der un prêt épargne lo­ge­ment, mais vous n’y êtes pas obli­gé. Rien ne vous em­pêche de for­mu­ler votre de­mande plus tard. Même après dix ans, l’ac­cès au cré­dit reste pos­sible. L’oc­troi du prêt est un droit que le ban­quier ne peut pas vous re­fu­ser – à condi­tion que vous soyez sol­vable ! La de­mande doit s’ef­fec­tuer au maxi­mum une an­née après le re­trait des fonds du PEL. Le mon­tant de ce prêt, fixé par l’état, dé­pend à la fois de l’épargne ver­sée et de la du­rée de rem­bour­se­ment choi­sie. At­ten­tion, pour les

PEL ou­verts de­puis le 1er mars 2011, le prêt ne per­met de fi­nan­cer que les ha­bi­ta­tions prin­ci­pales : ac­qui­si­tion, construc­tion, agran­dis­se­ment, tra­vaux de ré­no­va­tion d’une ré­si­dence prin­ci­pale (celle de l’em­prun­teur, d’un as­cen­dant, d’un des­cen­dant ou d’un locataire), achat d’un par­king si­tué à proxi­mi­té

ou parts de cer­taines so­cié­tés ci­viles de pla­ce­ment im­mo­bi­lier (SCPI).

AVAN­TAGES

Vous pou­vez ob­te­nir un prêt d’un mon­tant plus im­por­tant et d’une du­rée plus longue si vous cu­mu­lez vos droits à prêt avec ceux de vos proches à condi­tion qu’ils soient ti­tu­laires d’un PEL. Autre atout : pour vous ré­com­pen­ser d’avoir thé­sau­ri­sé plu­sieurs an­nées, l’état oc­troie une prime dont le pla­fond peut at­teindre 1 000 ou 1 525 eu­ros sous cer­taines condi­tions. Cette prime se­ra sup­pri­mée pour les PEL ou­verts à par­tir de 2018. « Le PEL peut faire l’ob­jet d’un trans­fert dans une autre banque, d’un legs ou d’une do­na­tion », com­plète Oli­vier Rozenfeld.

INCONVÉNIENTS

Le taux du cré­dit n’est ja­mais né­go­ciable. Or, au­jourd’hui, le taux des prêts des der­nières gé­né­ra­tions de PEL n’est pas concur­ren­tiel. Autre point faible : en cas de de­mande de prêt du­rant la troi­sième an­née de dé­ten­tion du plan, la prime d’état est di­vi­sée par deux.

CONSEILS

Ou­vrir un PEL afin de « prendre date » s’avère une stra­té­gie ga­gnante pour faire fructifier votre épargne et vous pré­pa­rer un fi­nan­ce­ment. Il est dif­fi­cile de sa­voir au­jourd’hui à quel ni­veau se si­tue­ra le taux des prêts libres dans quatre ans ou plus. Si vous dis­po­sez dé­jà d’un PEL et que vous êtes en­clin à ache­ter un bien im­mo­bi­lier, com­pa­rez le taux du prêt de votre PEL avec ceux des cré­dits im­mo­bi­liers pro­po­sés sur le mar­ché.

L’ar­bi­trage dé­pen­dra de la gé­né­ra­tion du plan dont vous êtes ti­tu­laire.

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