COMPTE-TITRES : UN LARGE CHOIX D’IN­VES­TIS­SE­MENTS

Dossier Familial - - DOSSIER -

Lorsque vous ache­tez des ac­tions, des obli­ga­tions ou en­core des parts de si­cav ou de fonds en de­hors du PEA ou de l’as­su­rance-vie, ils sont ins­crits par l’éta­blis­se­ment fi­nan­cier sur un compte spé­ci­fique : le compte-titres. Ce­lui-ci fonc­tionne pa­ral­lè­le­ment au compte en es­pèces. Vous ver­sez sur ce der­nier l’ar­gent qui ser­vi­ra à ache­ter les va­leurs à pla­cer sur le compte-titres. À la re­vente, les li­qui­di­tés cor­res­pon­dantes re­viennent sur le compte en es­pèces, où vous pou­vez li­bre­ment les re­ti­rer quand vous vou­lez.

AVAN­TAGES

Vous in­ves­tis­sez sans contrainte. Vous êtes libre d’ou­vrir au­tant de comptes-titres que vous le sou­hai­tez, même dans des éta­blis­se­ments dif­fé­rents, et sans li­mite de ver­se­ments. Vous pou­vez y ache­ter aus­si bien des ac­tions fran­çaises ou étran­gères que des obli­ga­tions, des fonds tra­di­tion­nels ou des ETF, ou en­core des pro­duits so­phis­ti­qués (war­rants, cer­ti­fi­cats, etc.). Vous n’êtes nul­le­ment obli­gé de mi­ser sur les ac­tions. Vous avez le droit de dé­te­nir par exemple des fonds « pa­tri­mo­niaux » di­ver­si­fiés, des obli­ga­tions, mais éga­le­ment des si­cav mo­né­taires (même si ce pla­ce­ment n’est ac­tuel­le­ment guère conseillé). Le comp­te­titres peut ain­si être gé­ré d’une fa­çon plus pru­dente qu’un PEA.EN outre, vous ef­fec­tuez des ver­se­ments ou des re­traits (quitte à vendre si be­soin tout ou par­tie de vos titres) à votre guise. Bien sûr, il vaut mieux évi­ter de vous re­trou­ver dans la si­tua­tion de de­voir cé­der vos in­ves­tis­se­ments lorsque la Bourse est au plus bas.

Par ailleurs, vous bé­né­fi­ciez de re­ve­nus com­plé­men­taires si vous le dé­si­rez. Si les ac­tions que vous dé­te­nez versent des di­vi­dendes, par exemple, ces der­niers se­ront cré­di­tés sur le compte es­pèces, et vous êtes libre d’en dis­po­ser pour fi­nan­cer votre train de vie. Rien ne vous oblige à les ré­in­ves­tir (sur un PEA, en re­vanche, ils doivent y res­ter, ce qui in­cite à les uti­li­ser pour fi­nan­cer de nou­veaux in­ves­tis­se­ments). Même prin­cipe si vous avez sous­crit des obli­ga­tions qui versent des in­té­rêts ou des fonds qui distribuent des re­ve­nus.

En­fin, vous pou­vez dé­te­nir un compte-titres in­di­vi­duel ou un compte-titres joint (deux per­sonnes en sont ti­tu­laires et peuvent y réa­li­ser des opé­ra­tions). Il est même pos­sible de gé­rer un compte-titres en in­di­vi­sion (dans le cadre d’une suc­ces­sion, par exemple).

INCONVÉNIENTS

« De­puis 2012, la fis­ca­li­té du compte-titres s’est beau­coup alour­die, et ce pla­ce­ment a per­du de son at­trait », re­lève Phi­lippe Crevel, di­rec­teur du Cercle de l’épargne. Chaque an­née, si vous avez re­ven­du cer­tains de vos titres, vous de­vrez dé­cla­rer la plus-va­lue nette

réa­li­sée sur votre compte-titres. Elle est cal­cu­lée en dé­dui­sant des gains en­re­gis­trés sur cer­taines va­leurs les éven­tuelles pertes (moins-va­lues) su­bies sur d’autres, lors de leur ces­sion. Sur ce mon­tant, vous paie­rez les pré­lè­ve­ments so­ciaux (15,5 % en 2017). Tou­te­fois, une par­tie (5,10 %) de la CSG que vous ré­glez se­ra déductible, l’an­née sui­vante, de votre re­ve­nu glo­bal.

Vous su­bi­rez éga­le­ment l’im­pôt sur le re­ve­nu, au taux pro­gres­sif. At­ten­tion, la plus-va­lue im­po­sable peut néan­moins être ré­duite par des abat­te­ments par­ti­cu­liers. Le plus fré­quent est l’abat­te­ment pour du­rée de dé­ten­tion, qui s’applique seule­ment sur les gains réa­li­sés grâce à la vente d’ac­tions ou de fonds in­ves­tis en ac­tions (à 75 % mi­ni­mum). Si vous avez conser­vé ces pla­ce­ments deux à huit ans avant de les vendre, l’abat­te­ment est de 50 %, ce qui di­mi­nue de moi­tié la plus-va­lue réa­li­sée sur ces titres. Il s’élève à 65 % si vous aviez conser­vé vos va­leurs plus de huit ans. Les plus-va­lues sur les obli­ga­tions n’ouvrent pas droit à ces abat­te­ments pour du­rée de dé­ten­tion. Dans tous les cas, ces abat­te­ments ne jouent pas pour les pré­lè­ve­ments so­ciaux. Les di­vi­dendes (re­ve­nus ver­sés par les en­tre­prises dont vous dé­te­nez des ac­tions), eux, sont sou­mis au barème pro­gres­sif de l’im­pôt sur le re­ve­nu – après un abat­te­ment de 40 % –, ain­si qu’aux pré­lè­ve­ments so­ciaux. Les in­té­rêts ser­vis sur les obli­ga­tions sont im­po­sés au barème pro­gres­sif de l’im­pôt sur le re­ve­nu, sans abat­te­ment.

At­ten­tion, les éta­blis­se­ments pré­lèvent des frais sur les comptes-titres, plus éle­vés en gé­né­ral si vous ache­tez des va­leurs en di­rect que si vous op­tez pour des si­cav ou des fonds com­muns de pla­ce­ment : frais de tran­sac­tion, droits de garde.

En­fin, con­trai­re­ment au PEA, chaque fois que vous ven­dez un titre avec pro­fit, même pour ré­in­ves­tir aus­si­tôt dans un autre plus pro­met­teur, cette plus-va­lue est taxée. De nom­breux comptes-titres évo­luent donc fi­na­le­ment peu, leurs dé­ten­teurs ayant peur de dé­clen­cher l’im­pôt à chaque ar­bi­trage. Les épar­gnants sont d’ailleurs in­ci­tés à op­ter pour l’im­mo­bi­lisme par les abat­te­ments pour du­rée de dé­ten­tion qui al­lègent la fis­ca­li­té s’ils gardent les titres au-de­là de deux ans. Mais cette in­ac­tion, quand elle re­vient à gar­der trop long­temps de mau­vaises va­leurs, pèse par­fois sur la per­for­mance du pla­ce­ment.

CONSEILS

« La ré­forme de la taxa­tion des pla­ce­ments pré­vue par Em­ma­nuel Ma­cron pour­rait re­don­ner de l’at­trait au compte-titres si les gains qui y sont réa­li­sés sont sou­mis à la même taxe (30 %) que les autres

pla­ce­ments », re­lève Phi­lippe Crevel. Il pour­rait alors de nou­veau sé­duire grâce à la sou­plesse de sa ges­tion et à l’éven­tail très large de ce qu’il est pos­sible d’y ache­ter. De plus, un compte-titres est en gé­né­ral, comme le PEA, moins coû­teux qu’un contrat d’as­su­rance-vie sur le­quel l’as­su­reur pré­lève le plus sou­vent entre 0,80 % et 1 % de frais de ges­tion an­nuels. En­fin, si vous envisagez par la suite de don­ner des ac­tions ou des parts de si­cav à vos en­fants, le compte-titres est une op­tion pré­fé­rable. Vous pou­vez en ef­fet don­ner les va­leurs ins­crites sur votre compte-titres sans les vendre (et donc sans avoir à ré­gler l’éven­tuel im­pôt sur la plus­va­lue). Cette opé­ra­tion n’est pas pos­sible sur un PEA : vous de­vez fer­mer le PEA pour pouvoir don­ner les titres.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.