Se for­mer quand on est sans em­ploi

SUIVRE UNE FOR­MA­TION POUR S’IN­TÉ­GRER OU SE RÉINSÉRER SUR LE MAR­CHÉ DU TRA­VAIL COÛTE CHER. VOI­CI COM­MENT ET AU­PRÈS DE QUI OB­TE­NIR UN FI­NAN­CE­MENT.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Ra­phaëlle Pienne

Erais pé­da­go­giques, de dé­pla­ce­ment ou d’hé­ber­ge­ment… en­tre­prendre une for­ma­tion, comme le font près de deux de­man­deurs d’em­ploi sur dix, né­ces­site des moyens fi­nan­ciers. Fort heu­reu­se­ment, il est pos­sible de conju­guer plu­sieurs dis­po­si­tifs. Au­jourd’hui, a for­tio­ri en cas de for­ma­tion de longue du­rée, « ce sont les lo­giques de co­fi­nan­ce­ment qui priment », aver­tit Émi­lie Crèche, conseillère en for­ma­tion conti­nue au Gre­ta GPI2D. Voi­ci les prin­ci­pales aides à connaître en vue de réa­li­ser le pro­gramme choi­si sans pui­ser dans ses éco­no­mies.

LE FI­NAN­CE­MENT DES RÉ­GIONS

Dans le cadre de leur pro­gramme ré­gio­nal de for­ma­tion, les conseils ré­gio­naux pré­achètent des places dans dif­fé­rents or­ga­nismes de for­ma­tion, qu’ils ré­servent aux per­sonnes à la re­cherche d’un em­ploi. Ain­si, chaque an­née, des mil­liers de pos­si­bi­li­tés de se for­mer gra­tui­te­ment sont ou­vertes par­tout en France.

« L’ob­jec­tif des ré­gions est que les per­sonnes ob­tiennent une qua­li­fi­ca­tion. Aus­si, les places pro­po­sées concernent gé­né­ra­le­ment des for­ma­tions longues per­met­tant d’ac­cé­der à un di­plôme », pré­cise Jean-marc Bon­nard, di­rec­teur du conseil en for­ma­tion de l’as­so­cia­tion pro­fes­sion­nelle des adultes (AFPA) en ré­gion Bre­tagne. Les thèmes sé­lec­tion­nés cor­res­pondent aux be­soins des em­ployeurs iden­ti­fiés dans la ré­gion, de­puis le mé­tier de chau­dron­nier jus­qu’à ce­lui de dé­ve­lop­peur web.

Les bé­mols. Le nombre de places en for­ma­tion étant li­mi­té, vous n’avez pas l’as­su­rance d’en ob­te­nir une pour la pé­riode où vous se­rez dis­po­nible. En outre, « cer­tains sec­teurs dans les­quels les ré­gions n’ont pas consta­té de mé­tiers en ten­sion peuvent être to­ta­le­ment ab­sents de l’offre. Et vous trou­vez gé­né­ra­le­ment peu de for­ma­tions uni­ver­si­taires de haut ni­veau », ajoute Émi­lie Crèche.

Où s’adres­ser ? Ren­dez-vous sur le mo­dule « Trou­ver ma for­ma­tion » du site pole-em­ploi.fr. In­di­quez la for­ma­tion et la lo­ca­li­té géo­gra­phique puis, dans « Fi­nan­ce­ment pos­sible », si­tué à gauche de l’écran, sé­lec­tion­nez « Conseil ré­gio­nal ». Une fois la for­ma­tion iden­ti­fiée, adres­sez-vous à votre conseiller Pôle em­ploi ou di­rec­te­ment à l’or­ga­nisme de for­ma­tion.

LE RÔLE DE PÔLE EM­PLOI

Deux aides spé­ci­fiques à la for­ma­tion émanent de Pôle em­ploi.

L’ac­tion de for­ma­tion conven­tion­née (AFC). Elle per­met à Pôle em­ploi de pré­ache­ter un nombre de places en for­ma­tion dans plu­sieurs centres, comme le font les conseils ré­gio­naux. Mais dans ce cadre, « l’offre porte gé­né­ra­le­ment sur des cur­sus as­sez courts vi­sant à com­plé­ter ses com­pé­tences pour re­trou­ver vite un em­ploi : par exemple, une for­ma­tion sanc­tion­née par le cer­ti­fi­cat d’ap­ti­tude à la conduite en sé­cu­ri­té (CACES) des cha­riots élé­va­teurs, en cas de re­cherche d’un em­ploi dans la lo­gis­tique », ex­plique Jean-marc Bon­nard.

L’aide in­di­vi­duelle à la for­ma­tion (AIF).

Elle peut être at­tri­buée pour fi­nan­cer tout type de for­ma­tion. À condi­tion que le pro­gramme vi­sé ne soit pas dé­jà dis­po­nible par­mi les for­ma­tions pré­ache­tées par Pôle em­ploi ou le conseil ré­gio­nal (voir L’avis d’ex­pert, p. 87).

Les bé­mols. L’AFC s’ac­com­pagne d’un choix res­treint de for­ma­tions et d’un nombre de places li­mi­té. Quant à L’AIF, « ses taux de prise en charge sont très va­riables d’une ré­gion à l’autre. Dans cer­taines d’entre elles, Pôle em­ploi applique des plafonds de fi­nan­ce­ment », pré­vient Jean-marc Bon­nard. En consé­quence, avec L’AIF, at­ten­dez-vous à n’ob­te­nir qu’un fi­nan­ce­ment par­tiel si vous vi­sez une for­ma­tion longue et oné­reuse.

Où s’adres­ser ? De­man­dez L’AFC comme L’AIF à votre conseiller Pôle em­ploi. Il est pos­sible de consul­ter les for­ma­tions fi­nan­cées par L’AFC sur pole-em­ploi.fr (cli­quer sur « Trou­ver ma for­ma­tion »). Pour L’AIF, vous de­vrez four­nir un de­vis de la for­ma­tion que vous envisagez.

À no­ter : si vous ne per­ce­vez pas d’al­lo­ca­tions au chô­mage ou que son mon­tant est in­fé­rieur ou égal à 28,86 eu­ros par jour, vous pou­vez de­man­der à Pôle em­ploi une « aide à la mo­bi­li­té » pour fi­nan­cer vos frais de trans­port, de re­pas ou d’hé­ber­ge­ment pen­dant la for­ma­tion.

LE CIF-CDD, UN DIS­PO­SI­TIF TROP MÉCONNU

Si le congé in­di­vi­duel de for­ma­tion (CIF) est au­jourd’hui bien connu des sa­la­riés, beau­coup de chô­meurs ignorent qu’ils y ont aus­si ac­cès dès lors qu’ils en rem­plissent les condi­tions : avoir été em­ployés en CDD lors de leur der­nier contrat et avoir suf­fi­sam­ment tra­vaillé (24 mois au cours des 5 der­nières an­nées, dont 4 mois, consé­cu­tifs ou non, en CDD les 12 mois pré­cé­dents). « Le CIF-CDD est le dis­po­si­tif le plus confor­table pour se for­mer lors­qu’on est au chô­mage, es­time Jean-marc Bon­nard. Il per­met une prise en charge to­tale des coûts de la for­ma­tion, même longue, et l’on per­çoit une ré­mu­né­ra­tion équi­va­lente à son der­nier

sa­laire. » Autre avantage : le temps pas­sé en for­ma­tion per­met d’ou­vrir de nou­veaux droits au chô­mage.

À no­ter : il existe éga­le­ment un Cif-in­té­ri­maire, ac­ces­sible si vous avez ef­fec­tué au moins 1 600 heures de mis­sion au cours des 18 der­niers mois, dont 600 heures dans l’en­tre­prise qui signe votre au­to­ri­sa­tion d’ab­sence.

Les bé­mols. Le fi­nan­ce­ment d’une for­ma­tion dans le cadre du CIF né­ces­site de convaincre la com­mis­sion char­gée de l’exa­men de votre dos­sier. Mais la dé­marche est sou­vent cou­ron­née de suc­cès pour le CIF-CDD : en 2014, 70 % des de­mandes ont été ac­cep­tées, contre 50 % en­vi­ron pour le CIF des sa­la­riés en CDI.

Où s’adres­ser ? Dé­po­sez votre de­mande dans les 12 mois sui­vant la fin de votre CDD au­près du Fon­ge­cif ou de l’opa­cif (le Faf­sea pour le sec­teur agri­cole, l’af­das dans le do­maine de la culture, etc.) de votre der­nier em­ployeur.

LE CPF POUR DES FOR­MA­TIONS COURTES

De­puis 2015, les sa­la­riés ali­mentent leur compte de per­son­nel de for­ma­tion (CPF) en tra­vaillant. Ils peuvent uti­li­ser leurs heures de for­ma­tion à tout mo­ment, y com­pris lors­qu’ils sont au chô­mage. « Le compte est gé­né­ra­le­ment li­mi­té à 150 heures, ce qui se ré­vèle in­suf­fi­sant pour fi­nan­cer une for­ma­tion

longue. Mais uti­li­ser son CPF per­met d’ob­te­nir plus fa­ci­le­ment des co­fi­nan­ce­ments avec L’AIF ou le CIF-CDD, par exemple », ex­plique Émi­lie Crèche. Il existe aus­si beau­coup d’abon­de­ments, c’est-à-dire un fi­nan­ce­ment d’heures sup­plé­men­taires ac­cor­dé pour cer­tains types de for­ma­tion ou de pu­blic (per­sonnes han­di­ca­pées, jeunes sans qua­li­fi­ca­tion…). « Il faut gar­der à l’es­prit qu’uti­li­ser son CPF peut ou­vrir droit à plus d’heures que celles ins­crites sur son compte », ajoute-t-elle. Jus­qu’à fin 2017, les de­man­deurs d’em­ploi peuvent ain­si bé­né­fi­cier d’un abon­de­ment à hau­teur de 100 heures, lors­qu’ils uti­lisent leur CPF.

Les bé­mols. Seules les for­ma­tions éli­gibles au CPF peuvent être fi­nan­cées dans ce cadre (pour les de­man­deurs d’em­ploi, il en existe plus de 9 000 au ni­veau na­tio­nal). En outre, la conver­sion en fi­nan­ce­ment des heures de CPF s’avère as­sez faible quand on est au chô­mage : 1 heure de CPF per­met d’ob­te­nir 9 eu­ros de fi­nan­ce­ment. Ain­si, par exemple, avec

100 heures ins­crites à votre compte, vous dis­po­se­rez d’un bud­get de 900 eu­ros.

Où s’adres­ser ? Après vous être en­re­gis­tré sur mon­comp­te­for­ma­tion.gouv.fr et avoir sé­lec­tion­né la for­ma­tion, vous de­vrez vous adres­ser à votre conseiller Pôle em­ploi pour qu’il va­lide votre de­mande. Ce der­nier ne peut s’y op­po­ser dès lors que votre compte af­fiche un nombre d’heures suf­fi­sant.

LES AUTRES AIDES POS­SIBLES

Cer­taines ré­gions pro­posent des chèques for­ma­tion en cas de pro­jet de for­ma­tion in­di­vi­duel ou fi­nancent des études condui­sant aux mé­tiers dans le sec­teur sa­ni­taire et so­cial (aide-soi­gnant, par exemple).

Des dé­par­te­ments ac­cordent des fonds aux bé­né­fi­ciaires du RSA pour qu’ils puissent se for­mer. Tout comme les caisses d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales (CAF), ils peuvent aus­si fi­nan­cer des for­ma­tions au bre­vet d’ap­ti­tude aux fonc­tions d’ani­ma­teur (BAFA). Une autre piste pour ob­te­nir un fi­nan­ce­ment : sol­li­ci­ter un mi­cro­cré­dit au­près de L’ADIE ou du Cré­dit mu­ni­ci­pal de Pa­ris, par exemple.

Un bu­reau de Pôle em­ploi à Bor­deaux.

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