PEA, PEA-PME : DES GAINS EXO­NÉ­RÉS D’IM­PÔT AU-DE­LÀ DE 5 ANS

Ou­vrez un PEA et un PEA-PME le plus tôt pos­sible, même en ne ver­sant au dé­part qu’une cen­taine d’eu­ros. C’est un in­ves­tis­se­ment souple et at­trac­tif.

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AVAN­TAGES

Tous les in­ves­tis­se­ments réa­li­sés dans le PEA ou le PEA-PME (plan d’épargne en ac­tions des­ti­né au fi­nan­ce­ment des PME) échappent à l’im­pôt et aux pré­lè­ve­ments so­ciaux, tant que vous y lais­sez fructifier votre ca­pi­tal. Vous êtes donc libre d’ache­ter des ac­tions, des si­cav ou des fonds, et de les re­vendre lorsque vous sou­hai­tez en chan­ger. Ces ar­bi­trages ne dé­clenchent au­cune fis­ca­li­té.

En outre, vous n’êtes pas contraint de main­te­nir vos in­ves­tis­se­ments en per­ma­nence sur les mar­chés. Quand vous cé­dez vos titres, les es­pèces res­tent dans le PEA aus­si long­temps que vous le sou­hai­tez, mais sans être ré­mu­né­rées.

Ain­si, en pé­riode de tur­bu­lences, ou si vous ju­gez la Bourse trop chère, rien n’in­ter­dit de re­vendre vos pla­ce­ments bour­siers et de lais­ser votre ca­pi­tal à l’abri.

Der­nier atout : le jour où vous dé­ci­dez de récupérer vos éco­no­mies, et donc de les re­ti­rer du plan, tous les gains ac­cu­mu­lés (plus-va­lues ou di­vi­dendes) sont exo­né­rés d’im­pôt si votre PEA a au moins cinq ans. Vous ne payez que les pré­lè­ve­ments so­ciaux (voir le ta­bleau p. 59). Rien ne vous em­pêche de cu­mu­ler les en­ve­loppes fis­cales du PEA et du PEA-PME, ce qui per­met de gé­rer un por­te­feuille consé­quent. En ef­fet, vous pou­vez dé­te­nir un (et un seul) PEA et y ver­ser jus­qu’à

150 000 eu­ros et en plus un PEA-PME (et un seul), où vous pla­cez jus­qu’à 75 000 eu­ros. De

plus, le choix de si­cav ou de fonds éli­gibles au PEA est vaste, ce qui per­met de sé­lec­tion­ner les meilleurs, du moins si l’éta­blis­se­ment dans le­quel vous ou­vrez le PEA vous donne ac­cès à ceux qui vous plaisent (et pas seule­ment à ceux qu’il gère lui-même ou qu’il sou­haite com­mer­cia­li­ser). Autre avantage : dans un PEA de plus de huit ans, le ca­pi­tal ac­cu­mu­lé peut être conver­ti en rente via­gère exo­né­rée d’im­pôt (mais sou­mise aux pré­lè­ve­ments so­ciaux pour une par­tie de son mon­tant, va­riable se­lon votre âge lorsque vous la de­man­dez).

En­fin, les PEA sont trans­fé­rables. Si vous n’êtes pas sa­tis­fait des ta­rifs (frais des opé­ra­tions sur les ac­tions, frais d’en­trée sur les fonds, etc.) ou de l’offre de votre éta­blis­se­ment, vous pou­vez en choi­sir un autre, à qui vous de­man­de­rez d’ef­fec­tuer le trans­fert. Cette opé­ra­tion est en gé­né­ral fac­tu­rée (150 eu­ros par exemple) par l’éta­blis­se­ment que vous quit­tez, mais ce­lui que vous re­joi­gnez ac­cepte sou­vent de prendre cette dé­pense à sa charge.

INCONVÉNIENTS

Avec le PEA, vous ne pou­vez ache­ter que les ac­tions des en­tre­prises res­sor­tis­santes de l’es­pace éco­no­mique eu­ro­péen (Union eu­ro­péenne, avec la Nor­vège et l’is­lande), les ETF (Ex­change Tra­ded Funds) as­sis sur des in­dices eu­ro­péens et des fonds qui dé­tiennent 75 % mi­ni­mum d’ac­tions eu­ro­péennes. À de rares ex­cep­tions, il est im­pos­sible d’élar­gir son PEA aux ac­tions amé­ri­caines ou asia­tiques. Or plus un por­te­feuille est di­ver­si­fié, moins il est ris­qué… Sur­tout, les fonds in­ves­tis sur les mar­chés fi­nan­ciers sur la base d’un pro­fil pru­dent et pa­tri­mo­nial (qui com­portent sou­vent beau­coup d’obli­ga­tions) ne sont pas, eux non plus, ac­ces­sibles dans les PEA. Res­tric­tion re­gret­table, car ces fonds sont moins vo­la­tils – le risque de perte en ca­pi­tal en cas de krach bour­sier est plus li­mi­té – et ils ren­contrent donc plus de suc­cès au­près des épar­gnants. Pour souscrire de tels fonds, vous de­vez uti­li­ser soit un compte-titres or­di­naire, soit l’as­su­rance-vie, soit un plan d’épargne sa­la­riale (PEE, Per­co). Le PEA-PME, lui, se montre plus res­tric­tif

en­core puis­qu’il ne peut ac­cueillir que des ac­tions de PME ou D’ETI (en­tre­prises de taille in­ter­mé­diaire) eu­ro­péens, ou cer­taines des obli­ga­tions qu’elles émettent. Ces en­tre­prises doivent comp­ter moins de 5 000 sa­la­riés et af­fi­cher un chiffre d’af­faires n’ex­cé­dant pas

1,5 mil­liard d’eu­ros (ou un to­tal de bi­lan de moins de 2 mil­liards d’eu­ros). Elles pré­cisent elles-mêmes si leurs titres sont éli­gibles ou non à cette en­ve­loppe fis­cale.

Il est aus­si pos­sible d’ache­ter des si­cav ou des fonds dans le PEA-PME s’ils in­ves­tissent plus de 75 % de leur por­te­feuille sur des titres ré­pon­dant aux contraintes de cette en­ve­loppe fis­cale. Il existe plu­sieurs di­zaines de fonds de ce type en France. Mais cer­tains re­fusent dé­sor­mais les nou­veaux sous­crip­teurs : vic­times de leur suc­cès, ils ne veulent plus col­lec­ter d’ar­gent frais de peur de ne plus trou­ver à l’in­ves­tir ef­fi­ca­ce­ment. Les meilleurs de ces fonds ont ga­gné entre 70 % et 114 % en trois ans se­lon Six Fi­nan­cial In­for­ma­tion (per­for­mances ar­rê­tées au 25 août 2017). Der­nier point faible du PEA ou du PEA-PME : une fois que vous avez ef­fec­tué un re­trait, même très an­cien, vous ne pou­vez plus y réa­li­ser de nou­veaux ver­se­ments. Im­pos­sible, par exemple, de re­ti­rer des fonds pour fi­nan­cer un be­soin ponctuel et de ré­in­ves­tir en­suite.

CONSEILS

Si vous n’êtes pas fa­mi­lier des mar­chés fi­nan­ciers, in­ves­tis­sez peu au dé­part et sui­vez bien votre por­te­feuille pour acquérir pro­gres­si­ve­ment da­van­tage de com­pé­tences et d’ex­pé­rience. Avant de vous lan­cer, ci­blez vos be­soins. Sou­hai­tez-vous ache­ter di­rec­te­ment des titres d’en­tre­prise ou plu­tôt in­ves­tir à tra­vers des si­cav ou des fonds pour bé­né­fi­cier d’une ges­tion clé en main ? Ou en­core pro­fi­ter des conseils ou d’une ges­tion plus per­son­na­li­sée d’un éta­blis­se­ment fi­nan­cier (ges­tion conseillée ou sous man­dat) ? Ce­la dé­ter­mine en par­tie le choix de l’éta­blis­se­ment où vous ou­vrez votre plan. Ce­lui-ci peut vous pro­po­ser dif­fé­rentes for­mules, as­sor­ties de ta­rifs dif­fé­rents se­lon que vous envisagez d’in­ves­tir en di­rect, en si­cav…

En­fin, me­su­rez les dif­fé­rences entre PEA et as­su­rance-vie. Pour souscrire un fonds d’ac­tions eu­ro­péennes, le PEA se ré­vèle sou­vent plus avan­ta­geux que l’as­su­rance-vie. En ef­fet, les PEA ne sup­portent pas de frais de ges­tion an­nuels, con­trai­re­ment aux contrats d’as­su­rance-vie. Cer­tains éta­blis­se­ments pro­posent même une sé­lec­tion de si­cav ou de fonds éli­gibles sans droits d’en­trée (d’or­di­naire, ac­cé­der à un fonds exige de payer entre 1 % et 5 % de frais sur le mon­tant versé). De plus, au-de­là de cinq ans, vos gains y sont exo­né­rés d’im­pôt, hors pré­lè­ve­ments so­ciaux, alors qu’il faut at­tendre huit ans pour l’as­su­rance-vie où, de sur­croît, l’exonération est li­mi­tée à

4 600 eu­ros par an. En re­vanche, le PEA n’offre au­cun avantage par­ti­cu­lier pour la trans­mis­sion du pa­tri­moine, con­trai­re­ment à l’as­su­rance-vie.

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