Les 10 points à vé­ri­fier avant d’ache­ter

Avant de concré­ti­ser une opé­ra­tion im­mo­bi­lière qui né­ces­si­te­ra un ef­fort fi­nan­cier im­por­tant, au­cun dé­tail ne doit vous échap­per. Les clés pour sa­voir si le bien vaut son in­ves­tis­se­ment et évi­ter les dé­con­ve­nues.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Lau­rence Boc­ca­ra

Pas­sé le coup de coeur et la sa­tis­fac­tion d’avoir trou­vé un bien adap­té à son bud­get, à ses en­vies et à ses be­soins, vient le temps d’en­quê­ter mi­nu­tieu­se­ment, avant de si­gner la pro­messe ou le com­pro­mis de vente (l’avant-contrat). « Avant de s’en­ga­ger, il y a un mi­ni­mum de points à cla­ri­fier, afin de dis­po­ser, le jour de la si­gna­ture, de tous les élé­ments ob­jec­tifs concer­nant le bien », ré­sume Jé­rôme Klein, no­taire à Lille. Voi­ci com­ment ré­col­ter les in­for­ma­tions qui comptent sur le ter­rain, le lo­ge­ment et son en­vi­ron­ne­ment.

LA JUSTE ES­TI­MA­TION DU PRIX

Les sources d’in­for­ma­tion sur les prix du mar­ché im­mo­bi­lier ne manquent pas, mais au­cune n’est par­faite. La méthode clas­sique consiste à éplu­cher les pe­tites an­nonces des par­ti­cu­liers et des pro­fes­sion­nels pen­dant plu­sieurs se­maines, à sur­veiller ré­gu­liè­re­ment l’ar­ri­vée des nou­velles offres, à ob­ser­ver les biens qui partent vite et ceux qui ne se vendent pas. La pla­te­forme bie­ni­ci. com a l’avan­tage de re­cen­ser plus de

1,1 mil­lion de lo­ge­ments – les an­ciens comme les neufs, ce qui est rare – mis en vente par les agents im­mo­bi­liers et les pro­mo­teurs. Vous avez la pos­si­bi­li­té de géo­lo­ca­li­ser les offres du mo­ment à l’échelle d’un quar­tier, voire d’une rue, en te­nant compte des ca­rac­té­ris­tiques des lo­ge­ments. Reste qu’en pra­tique, « il existe par­fois un écart de 10 à 15 % entre le pre­mier prix af­fi­ché dans l’an­nonce et le prix ac­té lors de la vente », re­con­naît un agent im­mo­bi­lier. Cer­tains sites spé­cia­li­sés dans les es­ti­ma­tions im­mo­bi­lières se targuent d’avoir mis au point des al­go­rithmes com­plexes pour cor­ri­ger en par­tie ce dé­ca­lage, comme meilleursa­gents.com, ef­fici­ty.com ou drim­ki.fr. Après avoir sai­si vos in­for­ma­tions per­son­nelles et les ca­rac­té­ris­tiques pré­cises du bien, des four­chettes de prix sont four­nies pour une adresse don­née. À croi­ser avec le prix au mètre car­ré mé­dian des ventes dé­fi­ni­tives re­le­vé par les sites ré­gio­naux ou dé­par­te­men­taux des no­taires (on­glet

« Im­mo­bi­lier », puis « Prix de l’im­mo­bi­lier »). Ces don­nées sont très fiables, mais un peu en re­tard par rap­port à l’ac­tua­li­té du mar­ché. Il fau­dra éga­le­ment ap­pli­quer une dé­cote ou une sur­cote en fonc­tion des ca­rac­té­ris­tiques du bien qui vous a ta­pé dans l’oeil (voir ta­bleau ci-des­sous). Der­nière source pour vé­ri­fier le prix au mètre car­ré d’un lo­ge­ment ou d’un ter­rain, Pa­trim, la base de don­nées de l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale. On y ac­cède par le biais des sites im­pot.gouv.fr ou ser­vice-pu­blic.fr à l’aide du nu­mé­ro fis­cal ins­crit sur son avis d’im­po­si­tion.

Cette pla­te­forme re­cense plu­sieurs di­zaines de mil­lions de tran­sac­tions en­re­gis­trées en France et four­nit, se­lon les cri­tères que vous de­man­dez – ville, lo­ca­li­sa­tion, sur­face, type de bien –, le prix des ventes réa­li­sées dans un rayon de 50 mètres à 5 ki­lo­mètres du bien vi­sé.

L’ÉTAT GÉ­NÉ­RAL DU LO­GE­MENT

Il y a ce que l’on per­çoit im­mé­dia­te­ment, parce qu’il s’agit d’atouts que l’on re­cherche ou de dé­fauts que l’on juge rédhi­bi­toires, et ce que l’on peut man­quer à la pre­mière vi­site. Se rendre plu­sieurs fois sur les lieux est donc né­ces­saire pour se faire une bonne idée. Si la dé­cou­verte a lieu à une heure tar­dive, re­pas­sez plus tôt dans la jour­née, afin de vé­ri­fier les pro­messes de « belle lu­mi­no­si­té ». Fran­çois, ré­cent ache­teur à Pa­ris, se sou­vient : « Je de­man­dais l’au­to­ri­sa­tion d’ou­vrir les pla­cards ou le lave-vais­selle, de je­ter un oeil dans le vi­deor­dures…, pour dé­tec­ter la pré­sence de

blattes. » D’après le ba­ro­mètre Qua­li­tel, la moi­tié des Fran­çais a dé­jà été confron­tée à la pré­sence d’in­sectes nui­sibles (ca­fards, pu­naises, puces, etc.), et le quart d’entre eux

à des rats ou des sou­ris. Pour­tant, au­cune obli­ga­tion de si­gna­le­ment n’existe. In­ver­se­ment, la pré­sence dans le lo­ge­ment de plomb et d’amiante, dan­gers sa­ni­taires po­ten­tiels, de ter­mites ou de mé­rules (cham­pi­gnons) qui peuvent fra­gi­li­ser la struc­ture vous se­ra ré­vé­lée par les diag­nos­tics qui doivent vous être re­mis obli­ga­toi­re­ment avant la si­gna­ture de la pro­messe de vente. In­sis­tez pour les re­ce­voir au plus tôt. Vous pour­rez vous dé­tour­ner du bien si les tra­vaux à me­ner chiffrent trop et re­prendre vos re­cherches.

« Une ul­time vi­site, fixée la veille de la si­gna­ture, est pré­cieuse. C’est l’oc­ca­sion d’exa­mi­ner une der­nière fois le bien sans les meubles, qui au­raient pu dis­si­mu­ler des

ano­ma­lies », conseille Ez­ze­dine Ta­leb, di­rec­teur de l’agence dé­par­te­men­tale d’in­for­ma­tion sur le lo­ge­ment (ADIL) des Hauts-de-seine (92).

LA QUA­LI­TÉ DE L’EM­PLA­CE­MENT

Les nui­sances pré­sentes. Ap­pré­cier les qua­li­tés in­trin­sèques d’un bien ne suf­fit pas. Il faut prendre le temps d’exa­mi­ner l’en­vi­ron­ne­ment. La trop grande proxi­mi­té d’une route ou d’une voie fer­rée, d’un bar, d’un stade, d’un aé­ro­port, d’un ac­cès de par­king ou en­core d’une usine gé­nère des nui­sances so­nores et ol­fac­tives in­soup­çon­nées que seuls les ri­ve­rains connaissent bien et su­bissent ré­gu­liè­re­ment. Ces désa­gré­ments n’at­teignent par­fois leur pa­roxysme qu’à cer­taines heures de la jour­née ou le soir. D’où l’im­por­tance de se pro­me­ner plu­sieurs fois dans le quar­tier, à dif­fé­rents mo­ments, de jour comme de nuit, en se­maine et le week-end. Vous y res­sen­ti­rez la vie, ju­ge­rez de la fré­quen­ta­tion et de la ré­pu­ta­tion du quar­tier en par­lant au gar­dien, aux voi­sins et aux com­mer­çants.

Les évo­lu­tions pos­sibles. Pour sa­voir si des construc­tions neuves ou des ré­ha­bi­li­ta­tions d’im­meubles sont pré­vues à proxi­mi­té, rien ne vaut une vi­site au ser­vice d’ur­ba­nisme de la mai­rie. L’ad­mi­nis­tra­tion de la com­mune don­ne­ra en toute trans­pa­rence ces élé­ments, tels que les per­mis de construire en cours ou à ve­nir, la na­ture des tra­vaux (créa­tion de lo­ge­ments, de bu­reaux, de com­merces) et la taille des fu­turs im­meubles. C’est aus­si à la mai­rie que l’on s’in­for­me­ra d’éven­tuels amé­na­ge­ments pro­gram­més. Ces ac­tions peuvent por­ter sur la ré­fec­tion de la voi­rie, la créa­tion d’es­paces pié­ton­niers, l’ins­tal­la­tion d’un équi­pe­ment pu­blic ou la dé­mo­li­tion de vieux bâ­ti­ments.

Les risques. Dans le co­pieux dos­sier tech­nique ras­sem­blant tous les diag­nos­tics im­mo­bi­liers réa­li­sés à l’oc­ca­sion de la mise en vente, ce­lui consa­cré à l’état des ser­vi­tudes « risques » et d’in­for­ma­tion sur les sols (Es­ris) – ap­pe­lé ENMRT jus­qu’à fin dé­cembre 2017 – consti­tue une mine d’in­for­ma­tions. Grâce à des don­nées

four­nies par la com­mune et le dé­par­te­ment, ce do­cu­ment liste les risques iden­ti­fiés à proxi­mi­té du bien (in­dus­triel, d’ava­lanche, d’in­cen­die de fo­rêt, d’ex­po­si­tion nu­cléaire) et pré­cise la ty­po­lo­gie des sous-sols (pol­lu­tion, car­rières). À sa lec­ture, on peut dé­cou­vrir que le bien convoi­té se si­tue dans une zone inon­dable ou sis­mique. « Rien n’em­pêche

d’ache­ter dans une zone inon­dable, si­gnale

Da­vid Ro­drigues, ju­riste à la CLCV. Mais, outre les pos­sibles épi­sodes de crue, le pro­prié­taire du bien si­tué dans une zone à risques po­ten­tiels doit s’at­tendre à payer des primes d’as­su­rance plus éle­vées, voire à se heur­ter à un re­fus d’as­su­rance. » Avant d’avoir l’es­ris entre les mains, vous pou­vez vous ren­sei­gner en amont sur le site geo­risques.gouv.fr.

L’ÉTAT DU B­TI

« Il n’existe au­cun diag­nos­tic im­mo­bi­lier por­tant sur l’état gé­né­ral du bâ­ti d’une mai­son ou d’un im­meuble d’ha­bi­ta­tion »,

rap­pelle Fa­bien Le­bre­ton, res­pon­sable du dé­ve­lop­pe­ment Ad­mi­nis­tra­tion de biens de Square Ha­bi­tat Nor­man­die Seine. Au­tant dire qu’il faut se mon­trer vi­gi­lant pen­dant les vi­sites. Lorsque le bien est en mau­vais état, fis­sures, traces de fuites d’eau ou taches d’hu­mi­di­té se re­pèrent ai­sé­ment. C’est l’oc­ca­sion de s’en­qué­rir de leur ori­gine au­près du pro­prié­taire ou de l’agent im­mo­bi­lier. Vous ap­pren­drez peut-être que la cause du dé­gât des eaux a été trai­tée sans que des tra­vaux d’em­bel­lis­se­ment aient été me­nés dans le lo­ge­ment à vendre. En re­vanche, si l’ha­bi­ta­tion a été re­ta­pis­sée, c’est plus com­pli­qué. Un bien im­pec­ca­ble­ment ré­no­vé du sol au pla­fond est certes un élé­ment po­si­tif. Ce­la peut ce­pen­dant per­mettre au ven­deur de mas­quer de sé­rieux problèmes. Aus­si, pour s’as­su­rer de la qua­li­té du bâ­ti, faut-il prendre soin de tout exa­mi­ner, du sous-sol jus­qu’aux combles.

Dans une co­pro­prié­té, pre­nez le temps d’ins­pec­ter les pa­liers des der­niers étages.

« Vi­si­ter le sous-sol, où se si­tuent les caves et les par­kings, per­met de se faire une idée de

l’état des fon­da­tions. Les pre­miers signes d’af­fais­se­ment sont par­fois dé­tec­tables à ce ni­veau », af­firme Ez­ze­dine Ta­leb.

Pour une mai­son, l’exa­men des combles per­met un état des lieux de la char­pente, de la qua­li­té de l’iso­la­tion du toit, voire de l’état gé­né­ral de la cou­ver­ture en re­gar­dant à tra­vers les éven­tuelles ou­ver­tures. Des in­fil­tra­tions d’eau ont peut-être dé­jà fra­gi­li­sé ou en­dom­ma­gé le bâ­ti. La ré­fec­tion d’un toit pou­vant se chif­frer à plu­sieurs di­zaines, voire cen­taines de mil­liers d’eu­ros, in­for­mez­vous des der­niers tra­vaux réa­li­sés sur la toi­ture en de­man­dant l’his­to­rique des fac­tures des so­cié­tés de cou­ver­ture.

Les fis­sures et les taches d’hu­mi­di­té sur les murs, les pla­fonds ou dans les re­coins sombres sont à tra­quer. Faites-vous ac­com­pa­gner par un pro­fes­sion­nel (ar­ti­san, ar­chi­tecte, ex­pert im­mo­bi­lier ou ex­pert tra­vaux in­dé­pen­dant) si vous ne vous sen­tez pas assez com­pé­tent. Un taux d’hu­mi­di­té éle­vé peut s’ex­pli­quer par exemple par une construc­tion ef­fec­tuée sur un an­cien ma­rais

ou en bor­dure d’un étang, une proxi­mi­té qui peut être né­faste pour la char­pente. Si les lieux sont mal ven­ti­lés, ce­la peut pro­vo­quer des moi­sis­sures et dé­té­rio­rer la qua­li­té de l’air in­té­rieur. Grâce à des ou­tils de me­sure, comme un dé­tec­teur d’hu­mi­di­té, un spé­cia­liste se­ra ca­pable d’éva­luer si cette ano­ma­lie est ré­cente ou an­cienne, dom­ma­geable ou non pour la char­pente.

LA DÉ­PENSE ÉNER­GÉ­TIQUE

Se ren­sei­gner sur les frais de chauf­fage, l’an­cien­ne­té et l’état de la chau­dière est im­pé­ra­tif car, même si un diag­nos­tic de per­for­mance éner­gé­tique (DPE) de moins de dix ans doit obli­ga­toi­re­ment fi­gu­rer dès la pa­ru­tion de l’an­nonce im­mo­bi­lière, cet in­di­ca­teur n’est pas aus­si par­lant qu’on le pense.

La pre­mière lettre du DPE cor­res­pond à l’es­ti­ma­tion de la consom­ma­tion éner­gé­tique, la deuxième au taux d’émis­sion de gaz à ef­fet de serre. Elles sont à mettre en pers­pec­tive avec l’échelle de no­ta­tion qui va de A à G. La meilleure note, A, concerne presque tou­jours un lo­ge­ment neuf ré­cem­ment li­vré et la­bel­li­sé BBC (bâ­ti­ment basse consom­ma­tion). Dans l’an­cien, les notes vont de B à G, cette der­nière lettre ca­rac­té­ri­sant un lo­ge­ment qua­li­fié de

« pas­soire ther­mique ». « À par­tir de la note E, ce­la si­gni­fie que l’ha­bi­ta­tion est éner­gi­vore », sou­ligne Ez­ze­dine Ta­leb. Plus la construc­tion est ré­cente, plus les chances que la note soit bonne s’amé­liorent. « Et une ha­bi­ta­tion chauf­fée à l’élec­tri­ci­té dis­po­se­ra tou­jours d’une éti­quette plus mau­vaise que la même chauf­fée au gaz, au bois ou au fioul. Il y au­ra

au moins une lettre d’écart », re­lève Yan­nick Ainouche, membre de la Fé­dé­ra­tion in­ter­pro­fes­sion­nelle du diag­nos­tic im­mo­bi­lier (FIDI). Reste que les in­for­ma­tions don­nées

par le DPE sont à nuan­cer, « sur­tout pour les construc­tions d’avant 1948. Mais dans tous les cas, il faut sa­voir qu’on prend comme ré­fé­rence une tem­pé­ra­ture am­biante de 19 °C le jour et de 16 °C la nuit. Or, beau­coup de per­sonnes chauffent da­van­tage », re­con­naît

Yan­nick Ainouche. À no­ter, « le DPE est le

seul des diag­nos­tics im­mo­bi­liers qui pré­co­nise une liste des tra­vaux en­vi­sa­geables (iso­la­tion du toit, des murs ex­té­rieurs, rem­pla­ce­ment des fe­nêtres) dans le but de réa­li­ser des éco­no­mies d’éner­gie avec un bon re­tour sur in­ves­tis­se­ment. Ces tra­vaux sont

même clas­sés par prio­ri­té », si­gnale Thierry Mar­chand, pré­sident de la chambre des diag­nos­ti­queurs de la Fnaim. Grâce à un bou­quet de tra­vaux bien ci­blés, on par­vient à ga­gner une ou deux lettres, voire plus. Éva­luez le bud­get à pré­voir et ren­sei­gnez­vous sur les nou­velles règles du cré­dit d’im­pôt pour la tran­si­tion éner­gé­tique (CITE). « Le cô­té éner­gi­vore d’un lo­ge­ment, as­so­cié aux coûts des tra­vaux d’éco­no­mie d’éner­gie né­ces­saires, consti­tue un ar­gu­ment de poids pour né­go­cier une baisse de prix avec le ven­deur », fait va­loir Ez­ze­dine Ta­leb.

LA SÉ­CU­RI­TÉ

Le gaz et l’élec­tri­ci­té. L’état gé­né­ral de leur ins­tal­la­tion dans un bien à vendre est tou­jours aus­cul­té. Ces deux exa­mens font d’ailleurs l’ob­jet de diag­nos­tics dis­tincts et obli­ga­toires, à four­nir avant la si­gna­ture de la pro­messe ou du com­pro­mis de vente.

« À leur lec­ture, l’ache­teur sait si ces deux ré­seaux vi­taux pour le bon fonc­tion­ne­ment du lo­ge­ment sont aux normes. Si ce n’est pas le cas, il faut al­ler plus loin et chif­frer le bud­get né­ces­saire pour re­mettre à neuf ces ins­tal­la­tions », com­mente Yan­nick Ainouche. Dans ce cas, c’est la dan­ge­ro­si­té pour la san­té des oc­cu­pants qui peut in­ter­pel­ler le can­di­dat ache­teur, voire le dis­sua­der.

Mais quand bien même ces diag­nos­tics sou­lè­ve­raient de graves ano­ma­lies et d’im­por­tants dys­fonc­tion­ne­ments – c’est sou­vent le cas pour des lo­ge­ments res­tés long­temps va­cants ou oc­cu­pés par une per­sonne âgée pen­dant des di­zaines d’an­nées sans ré­no­va­tion –, rien n’em­pêche la vente de se bou­cler. L’ache­teur ac­cepte le bien tel quel, en toute connais­sance de cause.

Le ré­seau d’as­sai­nis­se­ment. En mi­lieu ru­ral, le rac­cor­de­ment de la mai­son in­di­vi­duelle au ré­seau d’as­sai­nis­se­ment de la com­mune est un point à sou­le­ver. Là en­core, un diag­nos­tic obli­ga­toire existe sur le su­jet. Vé­ri­fiez que les dé­pen­dances

ins­tal­lées après la construc­tion de la mai­son sont rac­cor­dées et qu’elles ont été

diag­nos­ti­quées. « À dé­faut, la créa­tion d’une tran­chée peut s’éle­ver à plu­sieurs di­zaines de mil­liers d’eu­ros se­lon la dis­tance à par­cou­rir pour se bran­cher au ré­seau col­lec­tif », pré­vient Fa­bien Le­bre­ton.

LE BUD­GET DES TRA­VAUX D’EM­BEL­LIS­SE­MENT

Vous au­rez be­soin de plu­sieurs de­vis pour

l’éva­luer. « Il faut aus­si sa­voir pla­cer le cur­seur de la dé­pense se­lon la lo­ca­li­sa­tion du bien. On n’in­ves­ti­ra ja­mais la même somme pour ré­no­ver un deux-pièces dans un quar­tier moyen­ne­ment pri­sé qu’un lo­ge­ment équi­valent dans un im­meuble de stan­ding avec une adresse co­tée. Dans le pre­mier cas, les frais se­ront dis­pro­por­tion­nés par rap­port à la va­leur du bien et ja­mais ré­cu­pé­rables, sou­tient Fa­bien

Le­bre­ton. Pour des lo­ge­ments al­lant du F1 au F3, il faut en gé­né­ral comp­ter de 3 000 à 5 000 eu­ros pour équi­per une cui­sine, et de 2 000 à 3 000 eu­ros pour re­faire une salle de bains. » Le coût d’une ré­no­va­tion to­tale peut os­cil­ler entre 800 et 1 500 eu­ros le mètre car­ré. À sur­face et tra­vaux équi­va­lents, le de­vis pour­ra être plus éle­vé pour un bien si­tué dans la rue pié­tonne d’un centre his­to­rique que pour un lo­ge­ment en pleine cam­pagne. Der­nier étage sans as­cen­seur, dif­fi­cul­tés de sta­tion­ne­ment ou né­ces­si­té de louer un en­gin de le­vage re­lèvent la note.

L’EXIS­TENCE DE SER­VI­TUDES

Guillaume Cizeron, avo­cat spé­cia­li­sé en droit de la pro­prié­té im­mo­bi­lière à Sainte-luce-surloire (44), sug­gère d’« ar­pen­ter le ter­rain pour exa­mi­ner d’éven­tuelles traces de pas­sage ou d’un che­min. On peut dé­cou­vrir l’exis­tence d’un por­tail don­nant sur la par­celle d’à cô­té, la pré­sence d’un re­gard ou d’une ca­na­li­sa­tion en­ter­rée ap­par­te­nant au voi­sin. Ces élé­ments doivent aler­ter l’ac­qué­reur sur l’exis­tence d’une ser­vi­tude éven­tuelle qui grè­ve­rait le bien et pour­rait jus­ti­fier, dans cer­tains cas, un re­fus d’achat ». C’est néan­moins, en prin­cipe, au no­taire de se ren­sei­gner au­près des ser­vices du ca­dastre et de la pu­bli­ci­té fon­cière de la mai­rie. Il doit in­for­mer l’ache­teur, au plus tard, le jour de la si­gna­ture du com­pro­mis ou de la pro­messe de vente, et men­tion­ner les éven­tuelles ser­vi­tudes dans l’avant­con­trat. « Il ar­rive qu’une par­celle su­bisse une ser­vi­tude de pas­sage des voi­sins, à la suite de la di­vi­sion d’un grand ter­rain réa­li­sée plu­sieurs dé­cen­nies au­pa­ra­vant.

Cet élé­ment est à prendre en compte, no­tam­ment si l’on sou­haite faire construire », in­siste Guillaume Cizeron.

LES VICES JU­RI­DIQUES ET AD­MI­NIS­TRA­TIFS

Si le ven­deur a réa­li­sé d’im­por­tants tra­vaux (ex­ten­sion de sur­face, sur­élé­va­tion, ré­ha­bi­li­ta­tion, dé­mo­li­tion d’un mur por­teur, oc­cu­pa­tion d’un mor­ceau de par­tie com­mune, réa­li­sa­tion d’un toit ter­rasse, trans­for­ma­tion d’usage d’un lo­cal en ha­bi­ta­tion, etc.), il convient de s’as­su­rer que tout a été fait dans les règles de l’art et avec toutes les au­to­ri­sa­tions lé­gales de la part de la co­pro­prié­té, le cas échéant, et de la com­mune. Et sur­tout que ces chan­ge­ments fi­gurent bien dans les plans, le ca­dastre, les mil­lièmes de co­pro­prié­té. Tous les do­cu­ments jus­ti­fiant ces in­ter­ven­tions, comme la sous­crip­tion d’une as­su­rance dom­ma­ge­sou­vrage, l’exis­tence d’at­tes­ta­tions ou de ga­ran­ties bien­nale ou dé­cen­nale, sont im­por­tants à ré­cu­pé­rer, lors de la re­mise des clés. Ils ser­vi­ront pour ob­te­nir ré­pa­ra­tion et se faire in­dem­ni­ser en cas de problèmes (dé­fauts, mal­fa­çons, non-confor­mi­té) sur­ve­nant après la si­gna­ture et pen­dant la pé­riode ef­fec­tive de la ga­ran­tie.

LE MON­TANT DES IM­PÔTS LO­CAUX

L’exo­né­ra­tion dé­gres­sive de la taxe d’ha­bi­ta­tion est ef­fec­tive de­puis cette an­née et se­ra to­tale en 2020 pour une grande par­tie des contri­buables, sous condi­tion de res­sources. Cette ré­forme, as­so­ciée à la baisse conti­nue des do­ta­tions de l’état, pour­rait ame­ner cer­taines villes à re­le­ver la taxe fon­cière. Même si la va­riable

« im­pôts lo­caux » ne consti­tue pas un fac­teur dé­ter­mi­nant dans la dé­ci­sion d’ache­ter, mieux vaut s’en in­for­mer au­près des agents im­mo­bi­liers ou à la mai­rie, car il existe dé­jà des écarts no­tables entre des com­munes li­mi­trophes. Les bud­gets sont vo­tés au prin­temps pour un paie­ment à l’au­tomne par le pro­prié­taire du lo­ge­ment au 1er jan­vier de l’an­née en cours.

Avant de s’en­ga­ger dé­fi­ni­ti­ve­ment, plu­sieurs vi­sites s’im­posent.

Le diag­nos­tic de per­for­mance nu­mé­rique, un élé­ment à ne pas né­gli­ger avant d’ache­ter.

Gare aux pas­soires ther­miques !

Pour les tra­vaux de pein­ture, un pro­fes­sion­nel n’est pas for­cé­ment in­dis­pen­sable.

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