Cer­tains sa­la­riés ont-ils in­té­rêt à dé­duire leurs frais pro­fes­sion­nels ?

LORS DE LA DÉ­CLA­RA­TION DE RE­VE­NUS, LES SA­LA­RIÉS PEUVENT CHOI­SIR DE DÉ­CLA­RER LEURS FRAIS POUR LEUR MON­TANT RÉEL. CER­TAINS Y AU­RONT IN­TÉ­RÊT, D’AUTRES PAS.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Na­tha­lie Cheys­son-ka­plan

ue vous soyez sa­la­rié du pu­blic ou du pri­vé, si vous ne de­man­dez pas la dé­duc­tion de vos frais pro­fes­sion­nels, votre sa­laire est im­po­sable après ap­pli­ca­tion d’une dé­duc­tion for­fai­taire de 10 %. Au­tre­ment dit, vous n’êtes im­po­sé que sur 90 % de ce que vous avez re­çu. Cette dé­duc­tion est cal­cu­lée sur le to­tal des sommes im­po­sées dans la ca­té­go­rie des sa­laires : sa­laire, primes di­verses com­prises, in­dem­ni­tés jour­na­lières de ma­la­die ou al­lo­ca­tions-chômage. Pour chaque membre du foyer fis­cal, elle est au mi­ni­mum de 430 eu­ros et au maxi­mum de 12 305 eu­ros. Le plan­cher est por­té à 947 eu­ros pour les chô­meurs ins­crits à Pôle em­ploi de­puis plus d’un an.

QUELS SA­LA­RIÉS Y GA­GNE­RONT ?

Tous les sa­la­riés, y com­pris les di­ri­geants ayant le sta­tut de sa­la­rié, peuvent de­man­der à dé­duire leurs frais pour leur mon­tant réel. Ils y ont in­té­rêt dès lors que leurs frais re­pré­sentent plus de 10 % de leur sa­laire im­po­sable. Pour ce­la, il leur suf­fit de re­por­ter le mon­tant de leurs frais sur leur dé­cla­ra­tion de re­ve­nus. Ils n’ont au­cun jus­ti­fi­ca­tif à joindre au ser­vice des im­pôts. Mais ils doivent être en me­sure de les pré­sen­ter au fisc sur de­mande. Consé­quence : si vous sou­hai­tez dé­duire vos frais réels cette an­née, vous de­vrez avoir conser­vé tous les do­cu­ments sus­cep­tibles de prou­ver vos dé­penses pro­fes­sion­nelles de 2017. At­ten­tion, si vous avez per­çu des in­dem­ni­tés pour frais pro­fes­sion­nels, il vous fau­dra les ré­in­té­grer au mon­tant de votre sa­laire brut à dé­cla­rer. De plus, rien ne vous em­pêche de dé­duire vos frais cette an­née parce qu’ils ont été par­ti­cu­liè­re­ment éle­vés et de re­ve­nir à la dé­duc­tion for­fai­taire

l’an­née pro­chaine. Chaque membre de votre foyer fis­cal peut choi­sir la so­lu­tion la plus fa­vo­rable pour lui.

QUELS SONT LES FRAIS DÉ­DUC­TIBLES ?

Toutes les dé­penses oc­ca­sion­nées par l’exer­cice de votre pro­fes­sion pour vous do­cu­men­ter ou vous for­mer (livres ou re­vues pro­fes­sion­nelles, frais de stage ou de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle), pour trou­ver un nou­vel em­ploi (frais de dé­pla­ce­ment, d’hé­ber­ge­ment, de té­lé­phone…). S’y ajoutent les frais spé­ci­fiques à votre pro­fes­sion : blouses, bleus de tra­vail, uni­formes, chaus­sures de pro­tec­tion, y com­pris les frais de pres­sing. Cer­taines ca­té­go­ries de frais font l’ob­jet de règles de dé­duc­tion par­ti­cu­lières. En voi­ci une sé­lec­tion.

TRANS­PORT DU DO­MI­CILE AU LIEU DE TRA­VAIL

Vos frais de trans­port do­mi­cile-lieu de tra­vail sont in­té­gra­le­ment dé­duc­tibles, à rai­son d’un al­ler-re­tour quo­ti­dien, à hau­teur de 40 ki­lo­mètres maxi­mum. Si vous ren­trez dé­jeu­ner chez vous, vous pou­vez dé­duire un se­cond al­ler-re­tour s’il est jus­ti­fié par des problèmes de san­té ou des ho­raires de tra­vail aty­piques, par exemple. Si la dis­tance par jour ex­cède 40 ki­lo­mètres, vous de­vez jus­ti­fier d’une si­tua­tion par­ti­cu­lière pour dé­duire la to­ta­li­té de vos frais. In­di­quez-le dans le cadre « Élé­ments com­plé­men­taires » de la dé­cla­ra­tion en ligne ou sur une note à part si vous dé­po­sez une dé­cla­ra­tion pa­pier. Les rai­sons de cet éloi­gne­ment peuvent être consé­cu­tives à la dif­fi­cul­té de trou­ver un tra­vail à cô­té de chez vous ou, à l’in­verse, de vous lo­ger à proxi­mi­té de votre tra­vail, compte te­nu du prix des lo­ge­ments ou de contraintes fa­mi­liales (état de san­té d’un pa­rent, sco­la­ri­sa­tion ou garde de vos en­fants en ré­si­dence al­ter­née, par exemple).

Dans tous les cas, vous de­vez être en me­sure de jus­ti­fier du moyen de trans­port uti­li­sé (voi­ture, mo­to, tran­sports en com­mun), de la dis­tance par­cou­rue et du nombre de jours de tra­vail. Et si vous pra­ti­quez le co­voi­tu­rage pour vous rendre au tra­vail, vous ne pou­vez dé­duire que ce qui reste à votre charge après le paie­ment par les autres pas­sa­gers.

Si vous pre­nez votre vé­hi­cule pour vos dé­pla­ce­ments do­mi­cile-lieu de tra­vail et/ou pour les be­soins de votre ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle, vous pou­vez uti­li­ser les ba­rèmes ki­lo­mé­triques four­nis par l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale afin d’éva­luer vos frais (voir en­ca­dré page sui­vante). Un im­pé­ra­tif : être pro­prié­taire ou lo­ca­taire dans le cadre d’un contrat de longue du­rée de votre vé­hi­cule. Ces ba­rèmes couvrent la dé­pré­cia­tion du

vé­hi­cule, les frais de ré­pa­ra­tion, d’en­tre­tien (y com­pris les pneus), de car­bu­rant, d’as­su­rance, des frais d’achat des casques et pro­tec­tions pour les mo­tos… At­ten­tion, leur uti­li­sa­tion ne vous dis­pense pas d’ap­por­ter la preuve du moyen de trans­port uti­li­sé, de la fré­quence et de l’im­por­tance de vos dé­pla­ce­ments. Le ser­vice des im­pôts peut vous de­man­der une co­pie de la fac­ture d’achat du vé­hi­cule uti­li­sé, de la carte grise, des fac­tures d’en­tre­tien et de ré­pa­ra­tion, et du contrat d’as­su­rance. En plus des dé­penses cou­vertes par les

ba­rèmes, vous con­ser­vez la pos­si­bi­li­té de dé­duire vos frais de péage et de sta­tion­ne­ment, les in­té­rêts de l’em­prunt éven­tuel­le­ment sous­crit pour ache­ter le vé­hi­cule, à hau­teur de l’uti­li­sa­tion pro­fes­sion­nelle de la voi­ture (mais pas les loyers ver­sés à la so­cié­té de cré­dit-bail qui sont cen­sés être cou­verts par le ba­rème). Plu­tôt que de re­cou­rir aux ba­rèmes, vous pou­vez dé­duire le mon­tant réel de vos dé­penses : in­té­rêts d’em­prunt ou men­sua­li­tés ver­sées en cas de lo­ca­tion longue du­rée, frais de car­bu­rant en em­ployant ou non les ba­rèmes for­fai­taires, frais de ga­rage, de sta­tion­ne­ment (à l’ex­clu­sion des amendes), d’as­su­rance, frais d'en­tre­tien et de ré­pa­ra­tion, et une somme cor­res­pon­dant à la dé­pré­cia­tion an­nuelle… At­ten­tion, le mon­tant des frais dé­duc­tibles est pla­fon­né au mon­tant ré­sul­tant de l’ap­pli­ca­tion des ba­rèmes pour un vé­hi­cule de 7 CV, même si votre voi­ture a une plus grosse cy­lin­drée.

BU­REAU OU LO­CAL PRO­FES­SION­NEL

Si vous avez be­soin d’un bu­reau ou d’un lo­cal spé­ci­fique pour tra­vailler, vous pou­vez dé­duire les charges de ce lo­cal, que vous en soyez lo­ca­taire ou pro­prié­taire, mais seule­ment si votre em­ployeur n’en met au­cun à votre dis­po­si­tion: loyer, dé­penses d’en­tre­tien, d’amé­lio­ra­tion, de ré­pa­ra­tion, fac­tures d’élec­tri­ci­té, de gaz, de té­lé­phone, im­pôts lo­caux, charges de co­pro­prié­té, primes d’as­su­rance, in­té­rêt des em­prunts contrac­tés pour l’achat ou les grosses ré­pa­ra­tions du lo­cal.

Si vous tra­vaillez chez vous, vous pou­vez dé­duire une par­tie de ces frais au pro­ra­ta de la su­per­fi­cie de la pièce que vous uti­li­sez par

rap­port à la su­per­fi­cie to­tale du lo­ge­ment. Par exemple, pour un bu­reau de 15 mètres car­rés dans un ap­par­te­ment de 100 mètres car­rés, la part dé­duc­tible s’élève à 15 % des dé­penses.

MA­TÉ­RIEL ET MO­BI­LIER

En cas d’achat de biens ou de ma­té­riel à usage pro­fes­sion­nel (té­lé­phone por­table, ma­té­riel, mo­bi­lier), vous pou­vez dé­duire la to­ta­li­té du prix d’achat du bien lors­qu’il ne dé­passe pas 500 eu­ros hors taxes. S’il est su­pé­rieur, vous de­vez l’amor­tir en fonc­tion de la du­rée d’uti­li­sa­tion du bien. Par exemple, si vous ache­tez du ma­té­riel in­for­ma­tique – or­di­na­teur por­table, no­tam­ment –, la du­rée d’amor­tis­se­ment est de trois ans. Ain­si, en cas de prix ex­cé­dant 600 eu­ros TTC, vous êtes au­to­ri­sé à dé­duire un tiers de ce prix pen­dant trois ans. En re­vanche, le prix d’achat d’un lo­gi­ciel – trai­te­ment de texte, ta­bleur – peut être dé­duit en to­ta­li­té l’an­née de l’achat, même si son prix dé­passe 500 eu­ros hors taxes.

Mais at­ten­tion, si vous uti­li­sez votre or­di­na­teur ou votre té­lé­phone, à la fois pour vos be­soins pro­fes­sion­nels et pour votre usage pri­vé, vous ne pou­vez dé­duire que la part ré­sul­tant de son uti­li­sa­tion pro­fes­sion­nelle.

DOUBLE RÉ­SI­DENCE

Si vous tra­vaillez et ha­bi­tez dans une ville dif­fé­rente de celle dans la­quelle vit votre fa­mille, il est pos­sible de dé­duire vos dé­penses de lo­ge­ment (loyer ou in­té­rêt d’un em­prunt éven­tuel­le­ment contrac­té, eau, gaz, élec­tri­ci­té) et de nour­ri­ture, ain­si que vos frais de trans­port cor­res­pon­dant au tra­jet ef­fec­tué tous les wee­kends pour ren­trer chez vous. Ce mode de vie doit être mo­ti­vé par des rai­sons par­ti­cu­lières : vous êtes en pé­riode d’es­sai, vous tes­tez un em­ploi éloi­gné de chez vous, vous ha­bi­tez à cô­té de vos pa­rents âgés ou en­core votre conjoint(e) tra­vaille à proxi­mi­té du lo­ge­ment fa­mi­lial et vous n’avez pas trou­vé d'em­ploi près de chez vous.

Tous les sa­la­riés peuvent dé­cla­rer leurs frais pro­fes­sion­nels pour leur mon­tant réel.

Les frais d'achat du casque obli­ga­toire sont dé­duc­tibles.

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