Halte aux al­ler­gies ! Les pro­duits à évi­ter

LES RÉAC­TIONS ANOR­MALES OU EX­CES­SIVES AU CONTACT DE PRO­DUITS COS­MÉ­TIQUES OU MÉ­NA­GERS SONT DE­VE­NUES DE PLUS EN PLUS COU­RANTES. LES BONS RÉ­FLEXES POUR S’EN PRÉ­MU­NIR.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Émi­lie Tran Phong

L’Ins­ti­tut na­tio­nal de la san­té et de la re­cherche mé­di­cale (In­serm) es­time que 25 à 30 % des Fran­çais souffrent d’al­ler­gies, alors que ce type de pa­tho­lo­gie n’était pas un su­jet dans les an­nées 1950-1960. Une aug­men­ta­tion trop ra­pide pour s’ex­pli­quer par une mu­ta­tion gé­né­tique. Il faut donc voir du cô­té de l’évo­lu­tion des ha­bi­tudes de vie: la re­cherche d’hy­giène s’est trans­for­mée en une guerre achar­née contre les bac­té­ries, ame­nant notre sys­tème im­mu­ni­taire à lut­ter contre des com­po­sés a prio­ri non pa­tho­gènes, faute de mi­crobes à com­battre. Le co­coo­ning n’ar­range rien, les pol­luants étant sou­vent plus concen­trés à l’in­té­rieur des do­mi­ciles qu’à l’ex­té­rieur.

Des ingrédients de sub­sti­tu­tion no­cifs

La com­po­si­tion des cos­mé­tiques et dé­ter­gents change, les in­dus­triels n’ayant de cesse de re­tra­vailler leurs for­mules et les par­fums. Chaque fois qu’un in­gré­dient est ban­ni par la ré­gle­men­ta­tion, en rai­son de sa toxi­ci­té pour l’homme ou l’en­vi­ron­ne­ment, il est rem­pla­cé par un autre qui peut se ré­vé­ler al­ler­gi­sant. C’est le cas no­tam­ment des iso­thia­zo­li­nones (MIT, MCIT, BIT, etc.), qui se sub­sti­tuent de plus en plus aux pa­ra­bens et qui peuvent, à force de contacts ré­pé­tés, dé­clen­cher des al­ler­gies,

y com­pris chez des per­sonnes sans ter­rain ato­pique (ou hé­ré­di­taire). Un adulte uti­li­sant de­puis long­temps le même gel douche ou le même li­quide vais­selle peut ain­si, d’un coup, ne plus sup­por­ter l’un de ses ingrédients et ré­agir à tous les pro­duits qui en contiennent. La So­cié­té fran­çaise de der­ma­to­lo­gie es­time que 1,3 mil­lion de per­sonnes en France au­raient dé­clen­ché ce type d’ec­zé­ma de contact.

Évi­ter l’ac­cu­mu­la­tion

Néan­moins, si vous n’avez pas d’al­ler­gie, ne vous an­gois­sez pas à la lec­ture du moindre par­fum, iso­thia­zo­li­none ou sul­fate, sur l’em­bal­lage de vos dé­ter­gents et pro­duits cos­mé­tiques. En pré­ven­tion, il est plu­tôt conseillé d’évi­ter l’ac­cu­mu­la­tion : ne pas su­per­po­ser trop de cos­mé­tiques dif­fé­rents sur le vi­sage, ne pas chan­ger de marque ou de pro­duit à chaque fois pour évi­ter d’être en contact avec de mul­tiples com­po­sants po­ten­tiel­le­ment al­ler­gènes, pri­vi­lé­gier un pro­duit mé­na­ger mul­ti-usage, et pré­fé­rer les for­mules qui contiennent pas ou peu de par­fums et de conser­va­teurs. Rap­pe­lez-vous que plus la liste des ingrédients est courte, moins elle pré­sente de risques.

HY­GIÈNE COR­PO­RELLE : FAIRE SIMPLE

Re­con­nus comme des per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens, les pa­ra­bens ont ten­dance à être rem­pla­cés par d’autres mo­lé­cules po­ten­tiel­le­ment al­ler­gé­niques dans les pro­duits d’hy­giène (gels douche, sham­poings, sa­vons, etc.). Mieux vaut donc pri­vi­lé­gier les net­toyants qui, en plus d’être peu par­fu­més, contiennent peu de conser­va­teurs. L’idéal ? Un sa­von d’alep ou de Mar­seille, à condi­tion qu’ils soient au­then­tiques. Or, la fa­bri­ca­tion du pre­mier est me­na­cée par la guerre en Sy­rie, et le se­cond qui res­pecte la re­cette tra­di­tion­nelle n’est plus fa­bri­qué que par quelques marques, Ma­rius Fabre, Le Fer à che­val, Le Sé­rail et La Sa­von­ne­rie du Mi­di. Autre op­tion : les huiles la­vantes et sham­poings ven­dus en pa­ra­phar­ma­cie (Bio­der­ma, Uriage, Du­cray, La Roche Po­say, etc.). Il en va de même pour les dé­odo­rants et les den­ti­frices. Im­pos­sible d’échap­per aux par­fums dans la com­po­si­tion de ces pro­duits

BON À SA­VOIR // SE LA­VER LES MAINS Si vous n’avez pas le choix du sa­von, trois règles per­mettent de ré­duire les ir­ri­ta­tions :

bien rin­cer, bien sé­cher, bien hy­dra­ter.

qui ont, par­mi leurs prin­ci­pales mis­sions, celle d’évi­ter les mau­vaises odeurs. Il est donc conseillé, là aus­si, de se tour­ner vers la pa­ra­phar­ma­cie. Au rayon des mousses à ra­ser, pas de ré­fé­rence sans par­fum, conser­va­teur et bac­té­ri­cide, mais cer­taines gammes ven­dues en of­fi­cine sont bien to­lé­rées. À dé­faut, pas­sez au ra­soir élec­trique ou pro­fi­tez de la mode de la barbe !

TEIN­TURES, MAKE-UP, TA­TOUAGES… : AT­TEN­TION AU PPD !

Même sans ter­rain al­ler­gique, une mo­lé­cule est à évi­ter plus que les autres dans les cos­mé­tiques. C’est la pa­ra­phé­ny­lè­ne­dia­mine (PPD) qui sert de pig­ment fon­cé dans les ta­touages et tein­tures ca­pil­laires. Les ta­touages tem­po­raires au hen­né noir sont no­tam­ment à pros­crire. Dès la pre­mière ap­pli­ca­tion, ils peuvent en­traî­ner une vio­lente ré­ac­tion cu­ta­née, jus­qu’à lais­ser une ci­ca­trice. Pru­dence éga­le­ment avant sa pre­mière

tein­ture de che­veux, sur­tout de cou­leur brune. Réa­li­sez sys­té­ma­ti­que­ment un test d’usage en ap­pli­quant le pro­duit au creux du bras pen­dant vingt-quatre à qua­rante-huit heures, avant d’en­duire toute la che­ve­lure. Un temps ra­re­ment res­pec­té dans les sa­lons de coif­fure, alors que l’al­ler­gie peut mettre deux jours à ap­pa­raître. Soyez at­ten­tif à chaque nou­velle co­lo­ra­tion. Au moindre signe d’al­ler­gie, consul­tez un spé­cia­liste. S’il confirme l’al­ler­gie au PPD, plus vous se­rez en contact avec cette mo­lé­cule, plus les dé­man­geai­sons, plaques rouges ou gon­fle­ment du vi­sage de­vien­dront vio­lents. Ce­la peut même en­traî­ner une sen­si­bi­li­té croi­sée à de nom­breux ob­jets du quo­ti­dien conte­nant du ca­ou­tchouc, des tex­tiles fon­cés, des encres d’im­pri­me­rie, etc. Même si les tein­tures vé­gé­tales sont moins al­ler­gi­santes, elles né­ces­sitent aus­si un test d’usage. Pour le ma­quillage, toute dé­man­geai­son ou conjonc­ti­vite doit aler­ter, sur­tout si elle ap­pa­raît après l’ap­pli­ca­tion d’un mas­ca­ra noir (pou­vant conte­nir du PPD) ou d’un fard bleu ou vert (à base de co­balt). No­tez qu’une ré­ac­tion al­ler­gique au­tour des yeux peut aus­si s’ex­pli­quer par un pro­duit ap­pli­qué sur les doigts, crème pour les mains ou ver­nis à ongles.

MÉ­NAGE : AT­TEN­TION À L’ODEUR DE PROPRE !

Le mé­nage au na­tu­rel, sou­vent mis en avant pour lut­ter contre la pol­lu­tion in­té­rieure, peut être une so­lu­tion. Il s’agit de concoc­ter soi-même ses dé­ter­gents à par­tir de trois ingrédients: le vi­naigre blanc, le bi­car­bo­nate de soude et le sa­von noir ou de Mar­seille. Mais quel que soit le pro­duit, il est re­com­man­dé de por­ter des gants pour faire la vais­selle et le mé­nage afin de pro­té­ger ses mains des ir­ri­ta­tions. Pour as­pi­rer les sa­le­tés, mieux vaut un ap­pa­reil à sac plu­tôt qu’à ré­ser­voir. Vous évi­te­rez de re­mettre en sus­pen­sion les pous­sières et pol­luants en le vi­dant. Vé­ri­fiez aus­si que l’as­pi­ra­teur est équi­pé d’un filtre HEPA ca­pable de re­te­nir ef­fi­ca­ce­ment les par­ti­cules fines.

Bou­gies et par­fums d’in­té­rieur sont à ban­nir car ils li­bèrent des com­po­sés vo­la­tils. Ils sont sou­vent rem­pla­cés par des huiles es­sen­tielles éga­le­ment al­ler­gi­santes, et donc à n’uti­li­ser qu’oc­ca­sion­nel­le­ment. Rien ne vaut l’aé­ra­tion pour sup­pri­mer les mau­vaises odeurs. Quinze mi­nutes d’air frais par jour contri­buent aus­si à li­mi­ter la pré­sence des aca­riens.

Uti­li­sez un as­pi­ra­teur équi­pé d’un filtre HEPA qui re­tient les par­ti­cules très fines.

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