La re­traite s’or­ga­nise dès 35 ans ................................. 32

Les nou­veaux re­trai­tés d’au­jourd’hui su­bissent en moyenne une baisse de re­ve­nus de 40 % par rap­port à leur der­nière an­née d’ac­ti­vi­té. Voi­là qui rend la né­ces­si­té de mettre de l’ar­gent de cô­té bien moins abs­traite. Comment faire en fonc­tion de ses moyens ?

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Agnès Lam­bert

À35 ans, il reste entre vingt-cinq et trente ans pour se pré­pa­rer fi­nan­ciè­re­ment à la re­traite. Ob­jec­tif : se consti­tuer des sources de re­ve­nus qui, le jour ve­nu, pour­ront com­plé­ter une pen­sion au mon­tant plus faible que le sa­laire au­quel on était ha­bi­tué. « À cet âge, on a sou­vent d’autres prio­ri­tés que de pré­pa­rer sa re­traite, avec une fa­mille qui s’agran­dit peut-être. Pour­tant, c’est le mo­ment idéal pour s’y mettre », confirme Lu­do­vic Her­schli­ko­vitz, fon­da­teur du site Re­traite.com.

ACHE­TER SA RÉ­SI­DENCE PRIN­CI­PALE : UN PRE­MIER PAS…

La baisse de re­ve­nus lors de la re­traite est plus fa­ci­le­ment sup­por­table si on l’a an­ti­ci­pée en ache­tant sa ré­si­dence prin­ci­pale. « Mieux vaut évi­ter d’avoir un loyer à payer une fois à la re­traite, car c’est un fac­teur d’in­sé­cu­ri­té fi­nan­cière », ré­sume Sé­bas­tien de Lafond, pré­sident de Meilleur­sa­gents.com. Idéa­le­ment, il s’agit d’avoir ter­mi­né de rem­bour­ser son em­prunt lorsque sa vie pro­fes­sion­nelle at­teint elle aus­si son terme.

« Les taux des cré­dits im­mo­bi­liers sont his­to­ri­que­ment bas. Grâce au le­vier du cré­dit, l’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier per­met donc de fi­nan­cer un ca­pi­tal re­traite avec un ef­fort d’épargne ré­duit », ex­plique Lu­do­vic Her­schli­ko­vitz. Ce qui né­ces­site de s’y prendre le plus tôt pos­sible. En ef­fet, la du­rée moyenne des cré­dits at­teint dix-huit ans et trois mois, d’après l’ob­ser­va­toire cré­dit lo­ge­ment-csa.

« De­ve­nir pro­prié­taire le plus tôt pos­sible ne si­gni­fie pas que l’on va vivre dans ce même bien jus­qu’à sa re­traite. Ce­la met le pied à l’étrier avant de re­vendre, quelques an­nées plus tard, pour ache­ter un autre bien en fonc­tion de ses be­soins », ajoute Sé­bas­tien de Lafond.

… À MOINS D’AVOIR DE BONNES RAI­SONS DE RES­TER LO­CA­TAIRE

Si l’achat de sa ré­si­dence prin­ci­pale per­met de com­men­cer à pré­pa­rer sa re­traite, in­utile d’en faire une né­ces­si­té ab­so­lue. En ef­fet, il se­rait contre-pro­duc­tif de de­ve­nir pro­prié­taire à 35 ans si vous êtes à peu près cer­tain que votre si­tua­tion pro­fes­sion­nelle va vous ame­ner à chan­ger de ré­gion ou de pays ra­pi­de­ment.

« Mieux vaut res­ter lo­ca­taire si vous ris­quez de dé­mé­na­ger avant cinq ans, car vous n’au­rez pas le temps d’amor­tir les frais liés à l’achat im­mo­bi­lier, comme les frais de no­taire, les frais d’agence im­mo­bi­lière et d’amé­na­ge­ment », in­dique Sé­bas­tien de Lafond.

Si vous de­vez re­vendre ra­pi­de­ment, l’opé­ra­tion im­mo­bi­lière peut même s’avé­rer dan­ge­reuse: il est pos­sible que les prix de l’im­mo­bi­lier aient stag­né, ou même bais­sé, vous contrai­gnant à re­vendre à perte. De plus, les toutes pre­mières an­nées, la men­sua­li­té de rem­bour­se­ment d’un prêt est prin­ci­pa­le­ment com­po­sée d’in­té­rêts, et non de ca­pi­tal. Dès lors, le ca­pi­tal res­tant dû reste proche de la somme em­prun­tée. Si vous

re­ven­dez sans bé­né­fice, vous se­rez per­dant. Il faut aus­si ré­flé­chir à deux fois avant d’ache­ter si l’opé­ra­tion im­plique un trop grand sa­cri­fice fi­nan­cier. Pour ceux qui ont des re­ve­nus très mo­destes et pensent em­prun­ter seuls plu­tôt qu’à deux, mieux vaut peut-être at­tendre. En l’état, les banques ne vous pro­po­se­ront pas le meilleur taux du mar­ché. De plus, vous se­rez pro­ba­ble­ment contraint d’ache­ter dans un quar­tier éloi­gné du centre-ville pour res­pec­ter votre bud­get. C’est plus ris­qué que l’hy­per­centre qui est tou­jours plus re­cher­ché, plus pra­tique pour re­vendre, moins sen­sible aux ho­quets du mar­ché. De même, ache­ter n’est pas for­cé­ment la bonne so­lu­tion si vous ha­bi­tez une zone ru­rale, où le mar­ché im­mo­bi­lier est peu dy­na­mique. Ce se­ra d’au­tant plus com­pli­qué si vous de­vez re­vendre ra­pi­de­ment.

Être pro­prié­taire de sa ré­si­dence prin­ci­pale li­mite l’in­sé­cu­ri­té fi­nan­cière à l’heure de la re­traite.

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