Es­ti­mer le mon­tant de sa re­traite

En quelques clics, il est pos­sible de cal­cu­ler votre fu­ture re­traite à par­tir des élé­ments fi­gu­rant sur votre re­le­vé de car­rière. Un bon moyen d’y voir plus clair sur vos fu­turs re­ve­nus de re­trai­té.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Na­tha­lie Cheys­son Ka­plan Rol­land NI­NO Ex­pert-comp­table, di­rec­teur ad­joint de BDO France

SE CONNEC­TER SUR IN­FO-RE­TRAITE.FR

De­puis la fin 2016, tous les fu­turs re­trai­tés sont in­vi­tés à se créer un compte per­son­nel re­traite sur In­fo-re­traite.fr, mis en place par l’en­semble des caisses de re­traite. Vous y vi­sua­li­se­rez votre car­rière d’un seul coup d’oeil, ac­cé­de­rez à votre re­le­vé in­di­vi­duel ac­tua­li­sé chaque an­née. Mais sur­tout, vous ob­tien­drez une es­ti­ma­tion du mon­tant de votre re­traite. Cette es­ti­ma­tion, dis­po­nible à par­tir de 45 ans, est ef­fec­tuée à par­tir des élé­ments fi­gu­rant dans votre re­le­vé de car­rière : vous n’avez rien à sai­sir !

Cette es­ti­ma­tion, dite « fa­vo­rable », part de l’hy­po­thèse que vous al­lez res­ter dans la même si­tua­tion que celle d’au­jourd’hui et que vos re­ve­nus se­ront stables jus­qu’à votre dé­part en re­traite. En­suite, vous pou­vez de­man­der d’autres es­ti­ma­tions en fonc­tion des dif­fé­rentes hy­po­thèses pro­po­sées : « très fa­vo­rable », « moyenne », « dé­fa­vo­rable » et « au­cune ac­qui­si­tion de droits ».

UTI­LI­SER M@REL

À par­tir de ce même compte, vous avez éga­le­ment ac­cès au si­mu­la­teur M@rel (sur Si­mu­la­teur.in­fo-re­traite.fr). Cet ou­til vous per­met de si­mu­ler votre fin de car­rière et de me­su­rer les ef­fets d’une hausse ou d’une baisse de re­ve­nus sur le mon­tant de votre re­traite, d’un chan­ge­ment de sta­tut, d’une pé­riode de chô­mage ou d’in­ter­rup­tion d’ac­ti­vi­té (par exemple, si vous pre­nez un congé pour vous oc­cu­per d’un pa­rent en fin de vie). Les sa­la­riés du pri­vé peuvent éga­le­ment l’uti­li­ser pour af­fi­ner la date de leur dé­part en re­traite puis­qu’il tient compte du dis­po­si­tif de bo­nus-ma­lus ap­pli­cable, à par­tir de 2019, dans le nou­veau ré­gime com­plé­men­taire unique Agirc-arr­co. Le si­mu­la­teur pro­pose deux mo­dules. Le mo­dule « sim­pli­fié » de­mande seule­ment de ré­pondre à quelques ques­tions sur l’évo­lu­tion pré­vi­sible de votre car­rière fu­ture. Le mo­dule « ap­pro­fon­di », quant à lui, per­met d’ajou­ter des pé­riodes d’ac­ti­vi­té et des pé­riodes de chô­mage in­dem­ni­sé ou non, de date à date. À l’évi­dence, plus vous vous ap­pro­chez de la re­traite, et plus les si­mu­la­tions se­ront fiables. Leur but n’est pas de vous don­ner le mon­tant de votre fu­ture re­traite au cen­time près, mais de vous per­mettre de me­su­rer l’in­ci­dence de tel ou tel évé­ne­ment de fin de car­rière et l’im­pact d’une an­née de tra­vail en plus ou en moins sur le mon­tant de votre re­traite.

COM­PRENDRE LE CAL­CUL DE LA RE­TRAITE

Un con­seil : mul­ti­pliez les si­mu­la­tions pour étu­dier le mon­tant de votre re­traite à des âges dif­fé­rents. Certes, dès 62 ans, vous pou­vez par­tir quand bon vous semble, sous ré­serve de res­pec­ter un dé­lai de pré­avis au­près de votre em­ployeur. Mais, contrai­re­ment à une idée très ré­pan­due, vous n’êtes pas obli­gé d’at­teindre la du­rée d’as­su­rance re­quise cor­res­pon­dant à votre gé­né­ra­tion pour faire va­loir vos droits à la re­traite. Vous pou­vez par­tir avant. En tant que sa­la­rié du pri­vé, comme vous n’au­rez pas tous vos tri­mestres, une dé­cote vous se­ra ap­pli­quée. Ce n’est pas for­cé­ment un mau­vais cal­cul. Tout dé­pend de ce dont vous avez be­soin pour vivre, une fois en re­traite… Autre in­té­rêt de cette stra­té­gie, elle per­met d’échap­per au ma­lus du ré­gime com­plé­men­taire dans cer­tains cas. Si vous ne rem­plis­sez pas les condi­tions pour bé­né­fi­cier d’une re­traite à taux plein, le ma­lus ne s’ap­plique pas. Mais si vous par­tez avant 67 ans sans avoir la du­rée d’as­su­rance re­quise, c’est le sys­tème de l’abat­te­ment qui s’ap­plique. Le taux qui vous est ap­pli­qué dé­pend soit de votre âge, soit du nombre de tri­mestres qui vous manquent pour ob­te­nir le taux plein. Est re­te­nu ce qui est plus fa­vo­rable. Or si vous par­tez à 62 ans avec un tri­mestre en moins, cet abat­te­ment est de 1 %. Il est de 2 % avec deux tri­mestres en moins alors que le ma­lus re­pré­sente 10 % de votre re­traite com­plé­men­taire en moins pen­dant trois ans (voir cas pra­tique).

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