Rou­ler bien as­su­ré

DE­PUIS 1958, AU­CUN VÉ­HI­CULE À MO­TEUR NE PEUT CIR­CU­LER SUR LA VOIE PU­BLIQUE SANS AS­SU­RANCE. MAIS C’EST À VOUS DE DÉ­CI­DER DES GA­RAN­TIES QU’IL VOUS FAUT… TOUTES LES INFOS POUR ÉVI­TER LES DÉ­BOIRES EN CAS DE PANNE OU D’AC­CI­DENT.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Lau­rence de Per­cin

DANS QUELS CAS LA COU­VER­TURE MI­NI­MALE PEUT-ELLE SUF­FIRE ?

Seule l’as­su­rance « au tiers », ou as­su­rance de la res­pon­sa­bi­li­té ci­vile, est obli­ga­toire, mais elle ne couvre que les dom­mages cau­sés aux autres. Ceux que le conduc­teur su­bit, dans les cas où il est re­con­nu res­pon­sable

ou co­res­pon­sable de l’ac­ci­dent, ne sont pas as­su­rés. De ce fait, rares sont ceux qui es­timent

cette for­mule suf­fi­sante. « Pour les mo­tards en par­ti­cu­lier, je conseille d’ajou­ter une as­su­rance pour cou­vrir les dom­mages cor­po­rels, y com­pris si on tombe tout seul, car les risques de bles­sures sont im­por­tants, in­ter­vient Phi­lippe Le­queux-sau­vage, dé­lé­gué de la Fé­dé­ra­tion

fran­çaise de l’as­su­rance (FFA). Compte te­nu de la conva­les­cence, voire des sé­quelles, payer son as­su­rance un peu plus cher vaut la peine pour être bien pris en charge. »

QUELS VÉ­HI­CULES AS­SU­RER « TOUS RISQUES » ?

La for­mule la plus chère couvre les dom­mages cor­po­rels et ma­té­riels des tiers et du conduc­teur pour tout ac­ci­dent, ain­si que le vol, l’in­cen­die, l’ex­plo­sion, l’at­ten­tat, les in­tem­pé­ries, les ca­tas­trophes na­tu­relles ou tech­no­lo­giques et les pannes. « L’as­su­rance tous risques est conseillée pour les vé­hi­cules ache­tés neufs et ceux ayant jus­qu’à 6 ou 7 ans d’an­cien­ne­té, es­time Phi­lippe Le­queux­sau­vage. Elle pré­voit sou­vent la ga­ran­tie va­leur à neuf en dé­but du contrat. » En cas de vol ou de ca­tas­trophe na­tu­relle, elle per­met de tou­cher une in­dem­ni­té égale au prix du vé­hi­cule neuf, sans dé­cote pour vé­tus­té. C’est à vous de né­go­cier pen­dant com­bien d’an­nées cette ga­ran­tie peut du­rer.

DANS LES FOR­MULES IN­TER­MÉ­DIAIRES, QU’EST-CE QUI FAIT LA DIF­FÉ­RENCE ?

Entre l’as­su­rance mi­ni­male et le tous risques, chaque conduc­teur sous­crit les ga­ran­ties qu’il juge utiles et ren­tables à l’aune de la va­leur de son vé­hi­cule, de son uti­li­sa­tion et de ses ca­pa­ci­tés à payer cer­taines ré­pa­ra­tions. Vous n’y con­nais­sez rien en mé­ca­nique mais n’êtes pas prêt à chan­ger votre vieille voi­ture? L’op­tion dé­pan­nage 0 km – y com­pris dans votre ga­rage – peut va­loir le coup. Et comme un pare-brise coûte de 350 eu­ros à plus de 1 000 eu­ros, la cou­ver­ture « bris de glace » est in­té­res­sante, en par­ti­cu­lier à la cam­pagne. Car la co­ti­sa­tion y est mi­nime et la fran­chise ap­pli­cable à chaque si­nistre sou­vent li­mi­tée à 50 ou 100 eu­ros.

ÊTRE RE­CON­NU RES­PON­SABLE D’UN AC­CI­DENT, QU’EST-CE QUE ÇA CHANGE ?

Dans ce cas, l’as­su­reur du conduc­teur fau­tif doit in­dem­ni­ser toutes les vic­times, ce qui lui coûte cher. En re­tour, il aug­mente le mon­tant de la prime d’as­su­rance pen­dant un cer­tain temps. C’est le prin­cipe du co­ef­fi­cient de ré­duc­tion-ma­jo­ra­tion (ap­pe­lé à tort bo­nus­ma­lus) ré­gle­men­té par l’ar­ticle A 121-1 du Code des as­su­rances. Pour l’ap­pli­quer, le pro­fes­sion­nel tient compte de tous les ac­ci­dents dont l’as­su­ré a été re­con­nu res­pon­sable, ou co­res­pon­sable, au cours des douze mois pré­cé­dant de deux mois l’échéance an­nuelle du contrat. Lorsque sa res­pon­sa­bi­li­té est to­tale, la ma­jo­ra­tion est de 25 %, soit un co­ef­fi­cient de 1,25 ap­pli­cable à chaque ac­ci­dent, avec un maxi­mum de 3,5 (c’est-à-dire 350 % de ma­jo­ra­tion pour six ac­ci­dents res­pon­sables la même an­née). Lorsque la res­pon­sa­bi­li­té est par­ta­gée, la ma­jo­ra­tion de prime est de 12,5 %, soit un co­ef­fi­cient de 1,125. Si vous chan­gez d’as­su­reur, ce co­ef­fi­cient vous suit. Idem si vous chan­gez de vé­hi­cule. Tou­te­fois, au bout de deux ans consé­cu­tifs sans ac­ci­dent, la ma­jo­ra­tion dis­pa­raît.

AS­SU­RER UN JEUNE CONDUC­TEUR COMME CONDUC­TEUR SE­CON­DAIRE, EST-CE UN BON PLAN ?

Une fois le per­mis ob­te­nu, un conduc­teur est consi­dé­ré comme no­vice quel que soit son âge. Cette si­tua­tion dure trois ans, que l’on conduise sa propre voi­ture ou celle d’un proche. La pre­mière an­née, une sur­prime est ap­pli­quée au ta­rif de base avant ap­pli­ca­tion des co­ef­fi­cients, avec une li­mite de 100 %. La deuxième an­née, la sur­prime est ré­duite de moi­tié, puis en­core de moi­tié la troi­sième an­née. « S’il conduit sou­vent, mieux vaut lui ache­ter une bonne voi­ture d’oc­ca­sion et l’as­su­rer en conduc­teur prin­ci­pal », conseille Phi­lippe Le­queux-sau­vage. S’il conduit seule­ment de temps en temps, il peut être dé­cla­ré comme conduc­teur se­con­daire. La sur­prime peut alors être plus faible que s’il avait sa propre voi­ture, sur­tout s’il a sui­vi un cur­sus de conduite ac­com­pa­gnée. Né­go­ciez !

QUELLES UTI­LI­SA­TIONS FAUT-IL SI­GNA­LER À SON AS­SU­REUR POUR ÊTRE SÛR D’ÊTRE COU­VERT ?

Re­li­sez votre contrat ou in­ter­ro­gez votre as­su­reur dès lors que vous faites quelque

chose qui n’est pas pré­vu au dé­part. « Lors d’un co­voi­tu­rage, si vous comp­tez prê­ter le vo­lant à l’un de vos pas­sa­gers pour pou­voir vous re­po­ser du­rant un long voyage, vous de­vez être sûr que votre contrat l’au­to­rise »,

pré­cise ain­si Phi­lippe Le­queux-sau­vage. De même, si la voi­ture sert à faire pas­ser son per­mis de conduire à l’un de vos en­fants en conduite ac­com­pa­gnée, si­gna­lez-le à votre as­su­rance. Vous vou­lez prê­ter ou louer votre vé­hi­cule à des par­ti­cu­liers ? La pla­te­forme in­ter­net par la­quelle vous pas­se­rez pré­voit en gé­né­ral de cou­vrir ses abon­nés par des contrats d’as­su­rance dé­diés. Vé­ri­fiez tou­jours

ce point, ain­si qu’avec votre as­su­reur. « At­ten­tion, si vous louez ré­gu­liè­re­ment votre voi­ture contre de l’ar­gent : votre contrat d’as­su­rance vous couvre comme par­ti­cu­lier et non comme pro­fes­sion­nel de l’au­to­mo­bile », rap­pelle Phi­lippe Le­queux-sau­vage.

ET POUR LES RE­MORQUES ?

Si vous trac­tez une re­morque de moins de 750 ki­los au to­tal, nul be­soin de la dé­cla­rer à l’as­su­rance. En cas d’ac­ci­dent, elle se­ra cou­verte si elle était cor­rec­te­ment at­te­lée à la voi­ture. Au-de­là, il lui faut son propre contrat.

SUR QUOI SE JOUE LA CONCUR­RENCE ENTRE AS­SU­REURS ?

De­puis la loi Ha­mon, en­trée en vi­gueur en 2015, les as­su­rés sont au­to­ri­sés à chan­ger de contrat à tout mo­ment de l’an­née après une pre­mière an­née d’an­cien­ne­té. Les com­pa­ra­teurs de prix sur in­ter­net se sont en­gouf­frés dans la brèche, exa­cer­bant la concur­rence. Dans ces condi­tions, que peut ap­por­ter la sta­bi­li­té ? Pre­nons l’exemple d’un au­to­mo­bi­liste sou­hai­tant aus­si as­su­rer une mo­to, avec des risques de vol plus im­por­tants. Un client fi­dèle à son as­su­reur n’au­ra pas de dif­fi­cul­té. « Pour as­su­rer plus de risques, un as­su­reur don­ne­ra la priorité à ses clients. Il connaît leur pro­fil et leurs an­té­cé­dents de conduite, il sait les

risques qu’il peut cou­vrir. Le no­ma­disme en as­su­rance n’est pas for­cé­ment bé­né­fique », in­dique Phi­lippe Le­queux-sau­vage. Et d’ajou­ter : « À ga­ran­ties équi­va­lentes, les prix des contrats d’as­su­rance sont tous équi­va­lents. Les as­su­reurs ont en­vi­ron 10 à 15 % de frais de ges­tion. Donc si vous trou­vez un contrat vrai­ment moins cher, c’est qu’il contient plus d’ex­clu­sions ou que les fran­chises sont plus nom­breuses

et plus éle­vées. » Pour une ga­ran­tie contre le vol d’une mo­to, par exemple, vé­ri­fiez la contrainte im­po­sée par l’as­su­reur : faut-il un an­ti­vol spé­ci­fique et sta­tion­ner dans un ga­rage fer­mé pour être cou­vert ? Ou sim­ple­ment ne pas se ga­rer sur la voie pu­blique la nuit ? Mieux vaut par­fois payer un peu plus cher à l’an­née mais ac­croître ses chances d’être indemnisé en cas d’im­pré­vu.

Vous ado­rez votre pe­tite voi­ture ? Vous la condui­rez plus long­temps en­core avec une as­su­rance ad hoc.

Phi­lippe LE­QUEUX-SAU­VAGE Dé­lé­gué pour Pa­ris de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de l’as­su­rance

En France, un deux-roues est vo­lé toutes les 9 mi­nutes !

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