Mes pa­rents étaient contre, mais je ris­quais la dé­prime

Da­niel LE­MAS­SON, 45 ans, pro­duc­teur de pommes et de cidre dans la Manche

Dossier Familial - - AVOIR DES PROJETS -

Pay­sans eux-mêmes, mes pa­rents re­fu­saient de me voir conti­nuer leur pro­duc­tion de pommes, cidre et cal­va­dos. J’ai donc tra­vaillé en tant que comp­table pour dif­fé­rentes struc­tures à Reims, au Havre, puis dans la fonc­tion pu­blique à Rouen. Mais je sen­tais que j’étais condam­né à une dé­pres­sion pro­fes­sion­nelle si je ne réus­sis­sais pas à per­pé­tuer la tra­di­tion ru­rale. À l’ap­proche de la tren­taine, j’ai dé­ci­dé de pas­ser un BTS agri­cole, puis j’ai ef­fec­tué un stage dans le do­maine du cidre. En 2004, je suis re­ve­nu sur les terres fa­mi­liales, à Ca­me­tours, mal­gré l’op­po­si­tion de mes pa­rents qui vi­vaient mon re­tour à la cam­pagne comme un échec. Le point po­si­tif est que les com­pé­tences dé­ve­lop­pées dans mon par­cours an­té­rieur m’ont été bien utiles pour gé­rer l’af­faire. Au mo­ment où je me suis ins­tal­lé, le sa­voir-faire était en train de dis­pa­raître. Mais on sent au­jourd’hui une dy­na­mique, no­tam­ment avec la nou­velle AOC Cidre du Co­ten­tin qui impose la ga­zéi­fi­ca­tion na­tu­relle et 60 % de pommes de va­rié­tés lo­cales.

donc le pro­blème nu­mé­ro un à ré­gler. « C’est pour­quoi nous tra­vaillons en amont avec les trans­met­teurs pour pré­pa­rer la ces­sion,

ar­gu­mente Ly­siane Jar­no. Plu­tôt qu’une re­prise glo­bale, une grosse ex­ploi­ta­tion peut être cé­dée à trois ou quatre per­sonnes. » Pour fa­vo­ri­ser la trans­mis­sion, des « ca­fés ins­tal­la­tion » ou autres « fermes da­ting » sont or­ga­ni­sés dans tout

l’hexa­gone. « Pour nous, la ques­tion du fon­cier doit être en­vi­sa­gée comme l’abou­tis­se­ment du pro­jet et non comme sa porte d’en­trée, pour­suit-elle. Avant tout, on in­cite les can­di­dats à mû­rir leur pro­jet. »

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