LE SYS­TÈME DE COM­BAT AÉRIEN FU­TUR FRAN­CO-AL­LE­MAND : UNE OP­POR­TU­NI­TÉ STRA­TÉ­GIQUE EU­RO­PÉENNE

LE SYS­TÈME DE COM­BAT AÉRIEN FU­TUR FRAN­CO-AL­LE­MAND

DSI Hors-Série - - SOMMAIRE - Oli­vier ZAJEC

Même si l’ex­pres­sion est em­ployée de­puis juin 2016 dans la Stra­té­gie glo­bale de l’union Eu­ro­péenne (UE), la no­tion de « sou­ve­rai­ne­té eu­ro­péenne» en ma­tière de dé­fense pose en­core de très grands pro­blèmes de dé­fi­ni­tion (1). Comment par­ler d’une sou­ve­rai­ne­té – par es­sence non di­vi­sible – qui se­rait par­ta­gée entre des par­te­naires qui n'af­fichent pas en­core tous, et tant s’en faut, les mêmes priorités stra­té­giques ? En at­ten­dant que cette contra­dic­tion soit éven­tuel­le­ment ré­so­lue, les di­ver­gences d’in­té­rêt ne sau­raient évi­dem­ment condam­ner tout pro­grès eu­ro­péen. Des co­opé­ra­tions in­dus­trielles ci­blées peuvent cer­tai­ne­ment re­pré­sen­ter une so­lu­tion, afin que l’eu­rope contrôle de ma­nière plus au­to­nome ses ca­pa­ci­tés fu­tures, dans un pay­sage de dé­fense transatlantique en phase de re­com­po­si­tion ac­cé­lé­rée.

Le pro­jet fran­co-al­le­mand SCAF (Sys­tème de Com­bat Aérien Fu­tur) offre un exemple de ce type d’op­por­tu­ni­tés. Sur le plan technologique et in­dus­triel, il pos­sède en ef­fet le po­ten­tiel pour mo­di­fier en­tiè­re­ment les pa­ra­mètres de la puis­sance aé­rienne de com­bat fu­ture en Eu­rope, en of­frant une al­ter­na­tive aux offres amé­ri­caines du type F-35. Si ce sys­tème de sys­tèmes connec­tés avec pour point no­dal un avion de com­bat de nou­velle gé­né­ra­tion voit le jour, il pour­ra consti­tuer un stan­dard col­la­bo­ra­tif mul­ti­do­maine en Eu­rope. Dès lors, les in­dus­triels d’outre-at­lan­tique au­raient da­van­tage de mal à as­sé­cher une part sub­stan­tielle des bud­gets de re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment aé­ro­nau­tique des pays eu­ro­péens, ain­si qu’ils ont pu le faire pen­dant plus de quinze ans, en uti­li­sant le pa­ckage stan­dar­di­sa­teur du F-35.

La ques­tion, néan­moins, est de sa­voir à quel prix se­ra créée cette al­ter­na­tive eu­ro­péenne, en sui­vant quelles étapes, et avec quelles consé­quences pour les dif­fé­rents par­te­naires concer­nés. En la ma­tière, le diable est dans les dé­tails. Pour sai­sir dans toute son am­pleur un dos­sier bien loin d’être fi­gé, il s’avère donc in­té­res­sant d’équi­li­brer les an­nonces po­li­tiques en les met­tant en rap­port avec les iner­ties technologiques, in­dus­trielles et opé­ra­tion­nelles qui en condi­tionnent sous bien des as­pects la réa­li­sa­tion pra­tique.

Si ce sys­tème de sys­tèmes connec­tés avec pour point no­dal un avion de com­bat de nou­velle gé­né­ra­tion voit le jour, il pour­ra consti­tuer un stan­dard col­la­bo­ra­tif mul­ti­do­maine en Eu­rope.

LE VOLONTARISME PO­LI­TIQUE, À L’ORI­GINE D’UNE IM­PUL­SION DÉ­CI­SIVE

Dans le dos­sier du SCAF, l’im­pul­sion fon­da­men­tale est da­tée du 13 juillet 2017 : ce jour-là, à l’is­sue d’un conseil des mi­nistres fran­co-al­le­mand, Em­ma­nuel Ma­cron an­nonce, en pré­sence d’an­ge­la Mer­kel, une vo­lon­té com­mune de dé­ve­lop­per « un sys­tème de com­bat aérien eu­ro­péen ». La mé­ca­nique bi­la­té­rale avance en­suite très ra­pi­de­ment. Fin avril 2018, au sa­lon aé­ro­nau­tique de Ber­lin, un ac­cord de prin­cipe

fran­co-al­le­mand est ren­du pu­blic au­tour du dé­ve­lop­pe­ment et de la pro­duc­tion d’un sys­tème de com­bat aérien du fu­tur. D’une seule voix, Éric Trap­pier, PDG de Das­sault Avia­tion, et Dirk Hoke, CEO d’air­bus De­fence and Space, évoquent un SCAF or­ga­ni­sé au­tour d’un avion de com­bat des­ti­né « à com­plé­ter puis à rem­pla­cer les Eu­ro­figh­ter et les Ra­fale ac­tuel­le­ment en ser­vice, entre 2035 et 2040 ». Signe de la ma­tu­ri­té des dis­cus­sions bi­la­té­rales, le ni­veau opé­ra­tion­nel ouvre im­mé­dia­te­ment un ca­nal d’échange pa­ral­lèle : le 26 avril 2018, le gé­né­ral Lanata, chef d’état-ma­jor de l’ar­mée de l’air fran­çaise, signe avec le gé­né­ral al­le­mand Büh­ler une « Re­quête opé­ra­tion­nelle com­mune de haut ni­veau» (High Le­vel Com­mon Re­qui­re­ment ou HL CORD) qui trace – ou com­mence à tra­cer – les ca­rac­té­ris­tiques ca­pa­ci­taires du pro­gramme. Le 19 juin 2018, Ur­su­la von der Leyen, mi­nistre al­le­mande de la Dé­fense, et Florence Parly, mi­nistre fran­çaise des Armées, signent en­fin une lettre d’in­ten­tion com­mune à l’oc­ca­sion d’un conseil des mi­nistres fran­co-al­le­mand dé­ci­sif. Le lan­ce­ment du sys­tème de com­bat aérien du fu­tur y est confir­mé, ses contours af­fi­nés : il s’agi­ra d’un « sys­tème d’armes de nou­velle gé­né­ra­tion in­té­gré dans un sys­tème de com­bat aérien fu­tur » (« Next Ge­ne­ra­tion Wea­pon Sys­tem wi­thin a Fu­ture Com­bat Air Sys­tem »), voué à être mis en ser­vice aux en­vi­rons de 2040. Le ca­hier des charges est bros­sé as­sez pré­ci­sé­ment par la mi­nistre Florence Parly dans son com­mu­ni­qué de presse du 19 juin 2018 : « Le SCAF se­ra le sys­tème de com­bat aérien du 21e siècle. Il ras­sem­ble­ra au­tour d’un nou­vel avion de com­bat po­ly­va­lent, adap­té aux me­naces aé­riennes contem­po­raines et ex­ploi­tant le po­ten­tiel de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, des moyens de com­bat tra­vaillant en ré­seau, dont des drones de dif­fé­rents types. Il de­vrait être mis en ser­vice à l’ho­ri­zon 2040. (2) » Après le Brexit, et face aux tur­bu­lences de la po­li­tique amé­ri­caine et à la mon­tée en puis­sance de me­naces éta­tiques à ses portes, l’eu­rope res­sent le be­soin de ren­for­cer sa cré­di­bi­li­té propre en ma­tière de dé­fense. D’où un res­ser­re­ment des pos­sibles et des éner­gies, en par­ti­cu­lier dans les do­maines de l’aé­ro­nau­tique et du spa­tial, sous l’égide d’un couple fran­co-al­le­mand vo­lon­ta­riste. Sous un cer­tain angle, cette conver­gence peut être vue comme le triomphe ré­tros­pec­tif des po­si­tions po­li­tiques fran­çaises. Pa­ris a, de fait, tou­jours dé­fen­du l’im­por­tance du concept d’au­to­no­mie stra­té­gique, face à des par­te­naires eu­ro­péens se conten­tant, à di­vers de­grés, d’une tra­di­tion­nelle et très confor­table dé­pen­dance technologique, po­li­tique et opé­ra­tion­nelle en­vers les États-unis. La Re­vue stra­té­gique de 2017 a bien confir­mé le main­tien de cette po­si­tion fran­çaise : « Dans un sys­tème in­ter­na­tio­nal mar­qué par l’in­sta­bi­li­té et l’in­cer­ti­tude, écrivent ses ré­dac­teurs, la France doit conser­ver sa ca­pa­ci­té à dé­ci­der et à agir seule pour dé­fendre ses in­té­rêts. (3) » De cet ob­jec­tif pour­sui­vi du­rant plus d’un de­mi-siècle sont nés des pro­grammes na­tio­naux, ga­rants d’une maî­trise propre de tech­no­lo­gies clés, ti­rées vers le haut par une fonc­tion de dis­sua­sion nu­cléaire qui de­meure non par­ta­geable. Pour au­tant, la France se montre de plus en plus fer­me­ment dé­ci­dée à trans­po­ser des pans de cette lo­gique d’au­to­no­mie stra­té­gique au ni­veau eu­ro­péen. En fin de compte, le pa­ri du SCAF doit d’abord être

Le pa­ri du SCAF doit d’abord être ap­pré­cié au re­gard de cette ca­pi­ta­li­sa­tion po­li­tique en forme d’élar­gis­se­ment ca­pa­ci­taire, qui se veut com­plé­men­taire et non contra­dic­toire de l’au­to­no­mie stra­té­gique na­tio­nale.

ap­pré­cié au re­gard de cette ca­pi­ta­li­sa­tion po­li­tique en forme d’élar­gis­se­ment ca­pa­ci­taire, qui se veut com­plé­men­taire et non contra­dic­toire de l’au­to­no­mie stra­té­gique na­tio­nale. La pre­mière ques­tion qui se po­sait concer­nant le nou­veau dé­fi fran­co-al­le­mand était celle des res­pon­sa­bi­li­tés in­dus­trielles dans le pro­gramme com­mun. L’en­jeu au­rait pu consti­tuer une pierre d’achop­pe­ment im­mé­diate : com­bien de pro­grammes eu­ro­péens, en­core en ges­ta­tion, n’ont pas sur­vé­cu à ce type d’em­poi­gnades au-des­sus d’un ber­ceau? Pour­tant, à la sur­prise de bien des ob­ser­va­teurs, la dif­fi­cul­té a été contour­née de ma­nière re­la­ti­ve­ment consen­suelle.

L’AS­PECT IN­DUS­TRIEL ET TECHNOLOGIQUE : UN PAR­TAGE ENTÉRINÉ, DES QUES­TIONS ANNEXES TOU­JOURS PENDANTES

Il y a 1200 ans – le 14 fé­vrier 842, plus pré­ci­sé­ment – Charles le Chauve et Louis le Ger­ma­nique, pe­tits-fils de Char­le­magne, pro­non­çaient les « ser­ments de Stras­bourg », al­liance mi­li­taire ré­ca­pi­tu­lant les de­voirs ré­ci­proques des par­ties, qui consti­tue­ront le prélude au par­tage eu­ro­péen si­gné un an plus tard avec le cé­lèbre trai­té de Ver­dun. En 2018, le pro­jet SCAF semble dis­po­ser de l’équi­valent de ces « ser­ments », sous la forme d’un point d’équi­libre éta­bli de part et d’autre du Rhin en ma­tière de res­pon­sa­bi­li­tés in­dus­trielles. Das­sault pren­dra donc la maî­trise d’oeuvre du pro­gramme, en ex­ci­pant d’un ni­veau de com­pé­tence que n’at­teint au­cun autre in­dus­triel eu­ro­péen dans le do­maine. Son PDG, Éric Trap­pier, l’a pré­ci­sé dans la presse al­le­mande : « Nous pou­vons prendre le rôle prin­ci­pal. Le fait est que nous sommes la seule en­tre­prise en Eu­rope à pou­voir construire un avion de com­bat com­plet de A à Z et que nous sommes les seuls à avoir 70 ans d’ex­pé­rience et de com­pé­tences. (4) » Les deux mi­nistres ont ap­prou­vé cette ar­gu­men­ta­tion fon­dée sur les com­pé­tences in­dus­trielles, dont l’en­tre­prise fran­çaise a ré­cem­ment don­né de nou­velles preuves en me­nant à bien, à coûts maî­tri­sés, le pro­gramme de dé­mons­tra­teur de drone de com­bat Neu­ron, qui réunit Thales, le sué­dois Saab, le suisse RUAG, le grec HAI, l’es­pa­gnol EADS-CASA et l’ita­lien Ale­nia Ae­ro­nau­ti­ca. Par­te­naire dé­si­gné de Das­sault, Air­bus De­fence and Space semble ac­cep­ter cette no­tion de chef d’or­chestre, et se concen­tre­rait sur l’ar­chi­tec­ture du sys­tème connec­té et col­la­bo­ra­tif at­ta­ché au concept de SCAF, dans le­quel, à par­tir des stan­dards re­pen­sés au­tour d’un pi­vot no­dal – un avion de com­bat pi­lo­té – s’in­té­gre­raient d’autres plates-formes pi­lo­tées, des drones té­lé­opé­rés, des mis­siles de croi­sière,

Cha­cun ayant fait les conces­sions né­ces­saires, le SCAF est-il donc idéa­le­ment lan­cé? Pas tout à fait, car, de même que les deux si­gna­taires des ser­ments de Stras­bourg de 842 fi­nirent par se dis­pu­ter âpre­ment la Lo­tha­rin­gie, il faut bien consta­ter que de nom­breux points pro­blé­ma­tiques res­tent pour l’heure en sus­pens.

des sen­seurs et cap­teurs de tous mi­lieux. Il est vrai qu’en com­pen­sa­tion Ber­lin ob­tient pour ses en­tre­prises na­tio­nales le pre­mier rôle dans la ré­or­ga­ni­sa­tion de l’in­dus­trie eu­ro­péenne du ter­restre, avec le pro­gramme MGCS (Main Ground Com­bat Sys­tem), qui don­ne­ra un suc­ces­seur par­ta­gé au Le­clerc et au Leo­pard. Dans le do­maine aé­ro­nau­tique, la di­rec­tion du pro­jet EUROMALE de drones de re­con­nais­sance et de sur­veillance re­vient elle aus­si à la par­tie al­le­mande à tra­vers Air­bus, qui co­or­don­ne­ra en l’es­pèce des ac­teurs in­dus­triels fran­çais, ita­liens et es­pa­gnols.

Cha­cun ayant fait les conces­sions né­ces­saires, le SCAF est-il donc idéa­le­ment lan­cé ? Pas tout à fait, car, de même que les deux si­gna­taires des ser­ments de Stras­bourg de 842 fi­nirent par se dis­pu­ter âpre­ment la Lo­tha­rin­gie, il faut bien consta­ter que de nom­breux points pro­blé­ma­tiques res­tent pour l’heure en sus­pens entre les si­gna­taires des lettres d’in­ten­tion d’avril 2018. Il est pos­sible de les syn­thé­ti­ser en trois grands su­jets de pré­oc­cu­pa­tion :

• l’at­ti­tude d’une grande par­tie des pays de L’UE en­vers l’offre amé­ri­caine, d’une part, avec une ques­tion af­fé­rente : les uti­li­sa­teurs du F-35 pour­ront-ils com­battre en connexion avec le sys­tème col­la­bo­ra­tif des uti­li­sa­teurs d’un « Next Gen Air­craft » (NGA)(5) eu­ro­péen consti­tuant le noyau du SCAF fran­co-al­le­mand ?

• deuxième su­jet, ce­lui du par­te­naire bri­tan­nique, en­vi­sa­gé du point de vue po­li­tique. Les An­glais se sont ex­clus du jeu aé­ro­nau­tique de com­bat eu­ro­péen. Faut-il les faire re­ve­nir à moyen terme ? À quelles condi­tions et à quel ni­veau ?

• troi­sième su­jet en­fin, ce­lui du ca­len­drier de lan­ce­ment du SCAF lui-même. Faut-il in­ves­tir sans tarder dans un dé­mons­tra­teur d’avion de com­bat per­met­tant aux équipes fran­çaise et al­le­mande de tra­vailler sur du concret? Ou est-il urgent d’at­tendre? La ré­ponse condi­tion­ne­ra en grande par­tie la réus­site du dé­fi.

QUELLES CA­PA­CI­TÉS POUR L’AVION DE COM­BAT AU COEUR DU SCAF ?

Il est au­jourd’hui dif­fi­cile de dé­ter­mi­ner ce que se­ra l’avion de com­bat pi­lo­té pi­vot du SCAF, sys­tème dont l’ob­jec­tif, se­lon les exi­gences de l’ar­mée de l’air fran­çaise, est bien de « créer un sys­tème ou­vert et col­la­bo­ra­tif, ca­pable de col­lec­ter et sto­cker des quan­ti­tés très im­por­tantes de don­nées, de les

pro­té­ger, de les échan­ger, de les fu­sion­ner et de les dis­tri­buer de fa­çon in­tel­li­gente et dy­na­mique (6) ». Sa­voir au­tour de quelles fonc­tions bâ­tir le cal­cu­la­teur de mis­sion d’une plate-forme aé­rienne de com­bat qui vo­le­ra en 2040 dans un tel sys­tème n’est pas une don­née fa­cile à dé­ter­mi­ner en 2018. Le F-35, pré­sen­té comme un avion de « cin­quième gé­né­ra­tion », a été conçu alors que l’iphone n’exis­tait pas en­core… Dans les condi­tions ac­tuelles de dé­mo­cra­ti­sa­tion technologique bou­le­ver­sée par la nu­mé­ri­sa­tion, tout ne peut être fi­gé a prio­ri. La clé de la réus­site d’un tel pro­gramme re­po­se­ra donc sur la ca­pa­ci­té des par­ties fran­çaise et al­le­mande à har­mo­ni­ser les ré­ponses technologiques de ma­nière in­cré­men­tale, à par­tir d’un socle ca­pa­ci­taire préa­la­ble­ment né­go­cié dont, en re­vanche, les fonc­tions clés de­vien­dront ra­pi­de­ment non né­go­ciables sous peine de scis­sion du couple fon­da­teur, et de rup­ture de contrat de ma­riage, comme dans le cas du FCAS conclu par un di­vorce fran­co-bri­tan­nique. En ré­su­mé, pour que les fonc­tions struc­tu­rantes prin­ci­pales du sys­tème convergent sans tarder, on peut pen­ser que l’es­pace d’ex­pres­sion de be­soin lié à un avion de com­bat fran­co-al­le­mand au­ra avan­tage à se struc­tu­rer au­tour de pré­re­quis très ra­pi­de­ment af­fi­nés par un dé­mons­tra­teur. Au-de­là de cette étape ini­tiale à cou­vrir en contre-la-montre, les op­tions sont re­la­ti­ve­ment ou­vertes pour que le SCAF trouve sa co­hé­rence.

D’au­tant que les me­naces aux­quelles il de­vra faire face sont bien réelles, et en phase de mon­tée en puis­sance : pro­li­fé­ra­tion mon­diale des mis­siles sol-air longue por­tée (comme les sys­tèmes russes S-400 et S-500), avia­tion de com­bat de nou­velle gé­né­ra­tion ac­quise par des ac­teurs éta­tiques po­ten­tiel­le­ment agres­sifs, le tout sug­gé­rant une ar­dente obli­ga­tion pour l’eu­rope de re­con­qué­rir une su­pé­rio­ri­té aé­rienne en voie d’éro­sion…). Si l’on prend en compte les com­men­taires de l’en­semble des ana­lystes de dé­fense des deux cô­tés du Rhin, quelques élé­ments pros­pec­tifs peuvent être es­quis­sés – même si, en la ma­tière, une pru­dence élé­men­taire et l’em­ploi du condi­tion­nel s’im­posent. L’en­semble du fu­tur sys­tème pour­rait ain­si s’or­ga­ni­ser au­tour d’un avion pi­vot de su­pé­rio­ri­té aé­rienne pi­lo­té, vrai­sem­bla­ble­ment po­ly­va­lent, fur­tif, manoeuvrant, su­per­so­nique, très pro­ba­ble­ment à ca­pa­ci­té nu­cléaire et na­va­li­sable (exi­gence fran­çaise qui né­ces­si­te­rait une li­mite de masse – le Ra­fale pèse au­jourd’hui 24 tonnes). Il de­vrait se voir cou­plé à des drones té­lé­opé­rés pos­si­ble­ment au­to­nomes, ca­pables de le pré­cé­der et de l’ac­com­pa­gner en nombre suf­fi­sam­ment éle­vé pour per­cer des dé­fenses an­ti­aé­riennes évo­luées. L’avion de com­bat pi­lo­té cou­plé à des sys­tèmes té­lé­opé­rés (l’en­semble consti­tuant un «Next Ge­ne­ra­tion Wea­pon Sys­tem ») se­ra au coeur du SCAF (« Fu­ture Com­bat Air Sys­tem ») et à ce titre de­vra être l’un des re­lais d’un ré­seau d’échange de don­nées mul­ti­do­maines, ap­puyé sur un sys­tème de sys­tèmes in­ter­al­liés cy­ber­ré­si­lient. En sim­pli­fiant exa­gé­ré­ment la re­pré­sen­ta­tion, on pour­rait avan­cer que «l’ob­jet» pour­rait être un croi­se­ment ré­in­ter­pré­té des équa­tions F-22 et F-35, mais à coût maî­tri­sé (point faible du F-35, ga­be­gie apo­ca­lyp­tique d’ar­gent pu­blic), ex­por­table (ce que n’est pas le F-22) et eu­ro­péen (ce qui im­pli­que­ra né­ces­sai­re­ment, en sus d’une non-dé­pen­dance en­vers les com­po­sants ITAR, de ral­lier au­tour de la so­lu­tion es­quis­sée fran­co-al­le­mande des par­te­naires du Vieux Conti­nent).

Pour les pays eu­ro­péens qui se­raient en me­sure de choi­sir l’op­tion SCAF dans les an­nées qui viennent, l’une des ques­tions se­rait donc de sa­voir si l’ar­chi­tec­ture de ce der­nier leur ga­ran­ti­ra des pas­se­relles d’in­ter­opé­ra­bi­li­té avec

Pour les pays eu­ro­péens qui se­raient en me­sure de choi­sir l’op­tion SCAF dans les an­nées qui viennent, l’une des ques­tions se­rait de sa­voir si l’ar­chi­tec­ture de ce der­nier leur ga­ran­ti­ra des pas­se­relles d’in­ter­opé­ra­bi­li­té avec le stan­dard de la « com­mu­nau­té » d’uti­li­sa­teurs du F-35.

le stan­dard de la «com­mu­nau­té» d’uti­li­sa­teurs du F-35, qui entre en ce mo­ment en ser­vice. Dans ce cadre, et mal­gré leur iso­le­ment po­li­tique ac­tuel, les ré­flexions des Bri­tan­niques, ac­qué­reurs du F-35 à la re­cherche du suc­ces­seur pos­sible du Ty­phoon, pour­raient jouer un rôle re­la­ti­ve­ment im­por­tant.

LES RÉ­FLEXIONS BRI­TAN­NIQUES ET LA QUES­TION DES FU­TURES GÉ­NÉ­RA­TIONS D’AVIONS DE COM­BAT

Avec le gel des pro­jets de col­la­bo­ra­tion entre Bri­tan­niques et Fran­çais (pro­gramme FCAS)(7), le Royaume-uni se re­trouve beau­coup plus iso­lé qu’il ne l’au­rait vou­lu, ou pré­vu, pour pen­ser son avia­tion de com­bat post-ty­phoon. Certes, le re­cours au grand large at­lan­tique reste une op­tion tou­jours pos­sible pour les Bri­tan­niques, sous la forme d’un re­nou­vel­le­ment du sché­ma F-35. Il faut ce­pen­dant nuan­cer, car ce choix ap­pa­raît beau­coup plus ris­qué qu’au­tre­fois. Au vu des pro­jets amé­ri­cains en ma­tière de puis­sance aé­rienne fu­ture, qui fa­vo­risent bien plus l’in­té­gra­tion dans leurs propres confi­gu­ra­tions que l’in­ter­opé­ra­bi­li­té réelle, il n’est en ef­fet nul­le­ment cer­tain que les An­glais puissent ob­te­nir un sta­tut de par­te­naire in­dus­triel d'un rang aus­si avan­ta­geux que ce­lui qu’ils avaient dé­cro­ché il y a vingt ans dans le pro­gramme F-35. Et ce, même en dé­po­sant dans la cor­beille de la ma­riée des dé­ve­lop­pe­ments au­to­nomes et de rup­ture en ma­tière D’UCAV. S’ajoute à cette dis­pa­ri­té de puis­sance une contrainte fi­nan­cière consi­dé­rable du cô­té an­glais, avec plus de 20 mil­liards de livres de «bosse» bud­gé­taire, qui laissent au­gu­rer des dé­bats san­glants concer­nant le fi­nan­ce­ment pro­chain du bud­get de la dé­fense aux Communes.

Cette si­tua­tion, in­con­for­table au pre­mier abord, a ce­pen­dant pour consé­quence po­si­tive de sti­mu­ler l’ima­gi­na­tion des ana­lystes bri­tan­niques. En la ma­tière, la formule d’er­nest Ru­ther­ford est connue : « Gent­le­men, we have run out of mo­ney. Now it’s time to think! » Outre-manche, des ques­tions per­ti­nentes com­mencent donc à ci­bler la lo­gique li­néaire et coû­teuse des «gé­né­ra­tions» d’avions de com­bat, un concept mar­ke­ting cal­qué sur les pro­grès technologiques spé­ci­fi­que­ment amé­ri­cains, et sur la­quelle a re­po­sé le dé­ve­lop­pe­ment du F-35 (8). La puis­sance aé­rienne oc­ci­den­tale doit-elle être for­cé­ment pen­sée comme un sys­tème de sys­tèmes dé­pen­dant d’un « cloud » contrô­lé par les États-unis(9), d’où au­rait presque dis­pa­ru la ca­té­go­rie des avions de com­bat pi­lo­tés, seu­le­ment re­pré­sen­tée par quelques exem­plaires oné­reux d’avions hy­per­so­niques, dis­po­sant d’armes à éner­gie di­ri­gée et hy­per­fur­tifs (fur­ti­vi­tés ac­tive et pas­sive)? Pas for­cé­ment, ré­pond Tim Ro­bin­son : « De quoi est consti­tué au juste un concept de “sixième gé­né­ra­tion” ? De tout ce qui ca­rac­té­rise un chas­seur de cin­quième gé­né­ra­tion, plus l’hy­per­so­nique et les armes à éner­gie di­ri­gée ? Ces deux der­niers élé­ments pour­raient bien pro­pul­ser le coût des chas­seurs “6th Gen” dans la stra­to­sphère, et si­gni­fie­raient que seules quelques na­tions pour­raient s’en pro­cu­rer. Peut-être la bonne dé­fi­ni­tion d’un chas­seur de sixième gé­né­ra­tion est-elle en réa­li­té l’ac­ces­si­bi­li­té du coût – un avion de cin­quième gé­né­ra­tion qui pour­rait être ac­quis en plus grand nombre pour re­don­ner aux armées de l’air la masse cri­tique dont elles manquent. (10) » Les so­lu­tions al­ter­na­tives pour­raient donc tour­ner au­tour d’un avion de com­bat pi­lo­té de cin­quième gé­né­ra­tion « en­han­ced », cou­plé à des es­saims de drones « je­tables » (concept amé­ri­cain de « Loyal Wing­man », de LANCA bri­tan­nique ou de Sharp Sword chi­nois), per­met­tant de re­trou­ver des ef­fets de sa­tu­ra­tion, le tout in­té­gré dans un sys­tème de sys­tèmes d’échanges de don­nées.

Le re­cours au grand large at­lan­tique reste une op­tion tou­jours pos­sible pour les Bri­tan­niques, sous la forme d’un re­nou­vel­le­ment du sché­ma F-35. Il faut ce­pen­dant nuan­cer, car ce choix ap­pa­raît beau­coup plus ris­qué qu’au­tre­fois.

On trouve un écho de ces ré­flexions de rup­ture dans la Com­bat Air Stra­te­gy du mi­nis­tère de la Dé­fense bri­tan­nique, pu­bliée le 16 juillet 2018, qui ins­taure une Fu­ture Com­bat Air Sys­tem Tech­no­lo­gy Initiative, la­quelle consti­tue­ra le cadre de mon­tée en puis­sance ca­pa­ci­taire du pro­gramme d’avion de com­bat, dont le nom se­rait Tem­pest (« Tempête »). Des dé­mons­tra­teurs technologiques pen­sés en ar­chi­tec­ture ou­verte se­ront lan­cés très ra­pi­de­ment, avec des in­ves­tis­se­ments de l’ordre de 2 mil­liards d’eu­ros d’ici à 2025. Quelques dé­tails com­mencent à fil­trer : l’avion de com­bat se­rait pi­lo­té, et bi­mo­teur. Dès l’été 2019, les Bri­tan­niques comptent rendre pu­blique une pre­mière stra­té­gie de par­te­na­riats, qui se­ra ap­pro­fon­die pour abou­tir à la fin de l’an­née 2020 à une an­nonce pro­gram­ma­tique. La confir­ma­tion fi­nale se fe­rait en 2025, avec l’am­bi­tion de dis­po­ser d'une ca­pa­ci­té opé­ra­tion­nelle ini­tiale d’avion de com­bat – pi­lo­té ou non – en 2035 (11).

Rien, dans cette Com­bat Air Stra­te­gy, ne s’op­pose pour le mo­ment à une so­lu­tion eu­ro­péenne. Si ces ré­flexions prennent da­van­tage d’am­pleur, l’op­tion d’une as­so­cia­tion fu­ture de Londres à la dy­na­mique SCAF pour­rait de­ve­nir in­té­res­sante à étu­dier. Qu’il ap­pa­raisse ou non réa­liste, un tel scé­na­rio ne pour­rait en tout état de cause être en­vi­sa­gé qu’une fois par­ve­nu à ma­tu­ri­té le dé­mons­tra­teur fran­co-al­le­mand du « nou­vel avion de com­bat po­ly­va­lent, adap­té aux me­naces aé­riennes contem­po­raines », clai­re­ment évo­qué par Florence Parly le 19 juin 2018. Mo­to­ri­sa­tion, fur­ti­vi­té, sys­tèmes : les op­tions des ap­ports bri­tan­niques res­te­raient en­suite à étu­dier, mais de­vraient te­nir compte de l’orien­ta­tion des choix va­li­dés par le couple fon­da­teur, et du sché­ma hié­rar­chi­sé de maî­trise d’oeuvre né­go­cié au sein de ce der­nier. Il n’est pas cer­tain que les Bri­tan­niques s’y ré­sou­draient fa­ci­le­ment. Les dif­fi­cul­tés se­raient

donc grandes mal­gré l’at­trait po­li­tique d’un tel scé­na­rio, qui pour­rait ce­pen­dant dé­clen­cher d’autres ral­lie­ments eu­ro­péens s’il trou­vait une conclu­sion po­si­tive. In fine, et même si rien ne doit être écar­té en la ma­tière, spé­cu­ler sur une tri­an­gu­la­tion fran­co-ger­ma­no-bri­tan­nique fu­ture reste pour le mo­ment plus qu’aven­tu­reux.

LE CA­LEN­DRIER DE LAN­CE­MENT DU DÉ­MONS­TRA­TEUR D’AVION DE COM­BAT, CLÉ DU PRO­GRAMME SCAF ?

Les défis de dé­ve­lop­pe­ment et de contrac­tua­li­sa­tion qui at­tendent le pro­jet SCAF sont, on le voit, à la me­sure de l’am­bi­tion po­li­tique qui l’a vou­lu et sou­te­nu. Le pré­sent ar­ticle ne pou­vait en don­ner qu’une es­quisse, sans doute trop syn­thé­tique compte te­nu de la com­plexi­té du dos­sier. Néan­moins, l’es­sen­tiel – cer­tains di­raient l’im­pos­sible – semble dé­jà avoir été réa­li­sé en grande par­tie, sous la forme d’une conver­gence, même bal­bu­tiante, entre les be­soins opé­ra­tion­nels fran­çais et al­le­mands d’une part, et entre les in­dus­triels concer­nés, d’autre part. Cha­cun semble connaître son rôle et sa place, sur la base des com­pé­tences exis­tantes. À par­tir de ce socle, tout peut être ima­gi­né.

Néan­moins, la réus­site dé­pen­dra de la com­pé­tence des bu­reaux d’études dis­po­nibles des deux cô­tés du Rhin, afin que le sys­tème puisse pas­ser des spé­ci­fi­ca­tions vir­tuelles aux per­for­mances réelles, sans sor­ties de route. Dans cette op­tique, le lan­ce­ment ef­fec­tif d’un dé­mons­tra­teur d’avion de com­bat po­ly­va­lent ne sau­rait tarder, sous peine de faire gran­dir le doute quant à la vo­lon­té bi­la­té­rale qui sou­tient le SCAF, et aus­si de se pri­ver des gé­né­ra­tions d’in­gé­nieurs qui ont ef­fec­ti­ve­ment ac­cu­mu­lé un sa­voir-faire pré­cieux lors du lan­ce­ment des pro­grammes pré­cé­dents d’avions de com­bat. Le fac­teur temps a été sou­li­gné ré­cem­ment par Dirk Hoke : « Au vu du ca­len­drier ser­ré, nous de­vons nous mettre im­mé­dia­te­ment au tra­vail afin d’éla­bo­rer en­semble une feuille de route com­mune qui nous per­met­tra de ré­pondre aux exi­gences et de res­pec­ter les dé­lais qui se­ront fixés par les deux États. (12) » Les termes de la mi­nistre fran­çaise des Armées té­moignent de cette prise de conscience : « La lettre d’in­ten­tion fixe l’ob­jec­tif de lan­cer une phase d’étude au plus tard fin 2018. Dans cette phase, les tra­vaux d’ar­chi­tec­ture s’ac­com­pa­gne­ront du lan­ce­ment ra­pide de dé­mons­tra­tions. Ces ac­tions technologiques de­vront pré­fi­gu­rer, à l’ho­ri­zon 2025, les concepts à re­te­nir pour le fu­tur sys­tème opé­ra­tion­nel. (13) »

Au-de­là des études, la fe­nêtre de réa­li­sa­tion d’un dé­mons­tra­teur d’avion de com­bat, pi­vot du SCAF, ap­pa­raît étroite. Quels que soient les scé­na­rios en la ma­tière, Ber­lin et Pa­ris n’ont semble-t-il pas une an­née à perdre pour que le concept d’au­to­no­mie stra­té­gique eu­ro­péenne com­mence à prendre forme, même par­tiel­le­ment, dans la fonc­tion stra­té­gique haute qu’est la puis­sance aé­rienne fu­ture.

Notes

(1) Cf. « L’eu­rope et la sou­ve­rai­ne­té : réa­li­tés, li­mites et pers­pec­tives », Fon­da­tion Ro­bert Schu­man, 7 no­vembre 2016. (2) Com­mu­ni­qué de Florence Parly : « Conseil des mi­nistres fran­co-al­le­mand : l’eu­rope de la Dé­fense avance », Pa­ris, 19 juin 2018.

(3) Re­vue stra­té­gique de dé­fense et de sé­cu­ri­té na­tio­nale 2017, p. 56.

(4) Rü­di­ger Kia­ni-kress, « Das­sault-chef rek­la­miert Füh­rung­srolle bei deutsch-franzö­si­schem Rüs­tungs­pro­jekt », Wirt­schafts­woche, 13 avril 2018.

(5) « Das­sault Re­veals New-gen Eu­ro­pean Figh­ter Jet in a Pro­mo Vi­deo », de­fen­se­world.net, 10 juillet 2018.

(6) Oli­vier Becht et Tho­mas Gas­silloud, Rap­port d’in­for­ma­tion sur les en­jeux de la nu­mé­ri­sa­tion des armées, As­sem­blée na­tio­nale, com­mis­sion de la Dé­fense na­tio­nale et des Forces armées, 30 mai 2018, p. 72.

(7) Ch­ris Po­cock, « Air­bus and Das­sault Launch a New Fcas-wi­thout BAE », ai­non­line.com, 25 avril 2018.

(8) Sur ce point, nous nous per­met­tons de ren­voyer à Oli­vier Zajec, « Faut-il en­core pen­ser en termes de “gé­né­ra­tions” d’avia­tion de com­bat ? », Stra­té­gique, no 102, fé­vrier 2013. (9) Comme un ré­cent rap­port par­le­men­taire fran­çais le sou­ligne, le sec­teur pri­vé (Ama­zon) « est en­ga­gé dans la four­ni­ture aux forces amé­ri­caines de sys­tèmes d’in­for­ma­tion dé­diés spé­ci­fi­que­ment à la co­opé­ra­tion avec les al­liés des États-unis. Ces sys­tèmes re­po­se­ront sur six da­ta cen­ters vir­tuels, hé­ber­gés sur un sys­tème de cloud du De­part­ment of De­fense ». Voir Oli­vier Becht et Tho­mas Gas­silloud, Rap­port d’in­for­ma­tion sur les en­jeux de la nu­mé­ri­sa­tion des armées, op. cit., p. 76.

(10) Tim Ro­bin­son, « UK mulls 6th ge­ne­ra­tion figh­ter pro­ject », ae­ro­so­cie­ty.com, 3 juillet 2018.

(11) UK Mi­nis­try of De­fence, Com­bat Air Stra­te­gy: An am­bi­tious vi­sion for the fu­ture, juillet 2018, p. 30.

(12) « Das­sault Avia­tion et Air­bus s’as­so­cient pour dé­ve­lop­per le Sys­tème de Com­bat Aérien Fu­tur », com­mu­ni­qué de presse com­mun, Das­sault-air­bus, 25 avril 2018.

(13) Com­mu­ni­qué du 19 juin 2018, op. cit.

L’es­sen­tiel – cer­tains di­raient l’im­pos­sible – semble dé­jà avoir été réa­li­sé en grande par­tie, sous la forme d’une conver­gence, même bal­bu­tiante, entre les be­soins opé­ra­tion­nels fran­çais et al­le­mands d’une part, et entre les in­dus­triels concer­nés, d’autre part.

(© Das­sault Avia­tion/cyril Cos­mao)

Pho­to ci-des­sus :Le dé­mons­tra­teur Neu­ron et un Ra­fale. Pour tous les États membres de la Tri­la­te­ral Stra­te­gic Initiative, les lo­giques d’in­ter­ac­ti­vi­tés de sys­tèmes aé­riens com­plexes semblent va­li­dées.

(© Das­sault Avia­tion)

Image 3D ap­pa­rue dans un clip de Das­sault in­ti­tu­lé Wings for Eu­rope.Une pre­mière image du suc­ces­seur du Ra­fale et du Ty­phoon ?

(© Air­bus)

Re­pré­sen­ta­tion de l’ar­chi­tec­ture fu­ture des forces aé­riennes dans le cadre du pro­gramme SCAF se­lon Air­bus.

(© Das­sault Avia­tion/an­tho­ny Pec­chi)

Es­sais en vol du pod Ta­lios. Le sys­tème in­tègre dé­jà des tech­no­lo­gies liées à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Le Ra­fale lui­même est en­core loin d’avoir ter­mi­né son évo­lu­tion.

(© Eu­ro­figh­ter/ja­mie Hun­ter)

Eu­ro­figh­ter a ré­cem­ment pro­po­sé à l’al­le­magne une ver­sion plus évo­luée du Ty­phoon en rem­pla­ce­ment de ses Tor­na­do. Reste à voir si cette pro­po­si­tion tien­dra en­core après les an­nonces bri­tan­niques.

(© BAE Sys­tems)

Pré­sen­ta­tion d’une pre­mière ma­quette du Tem­pest, le 16 juillet 2018. Des bal­lons d’es­sai co­opé­ra­tifs sem­blaient avoir été lan­cés vers la Suède dès le mois de mai.

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