QUELLES TECH­NO­LO­GIES POUR DE­MAIN ?

DSI Hors-Série - - SOMMAIRE - Phi­lippe LANGLOIT

La (re)mise en évi­dence de l’in­no­va­tion comme force mo­trice de l’évo­lu­tion des armées sou­lève plu­sieurs ques­tions. De fac­to, plus la re­cherche avance, plus le champ des in­no­va­tions po­ten­tiel­le­ment utiles aux forces s’élar­git, alors que les bud­gets né­ces­saires à leur R&T ou à leur R&D et en­suite à leur in­dus­tria­li­sa­tion ne croissent pas au même rythme. Des in­no­va­tions certes, mais les­quelles et comment ?

Dans l’équa­tion de l’in­no­va­tion, le terme es­sen­tiel pour­rait être ce­lui de sa gou­ver­nance : faire des choix est de plus en plus dif­fi­cile. Pour l’ins­tant, la DGA com­bine, de ma­nière unique au monde, une ap­proche in­té­grée de la stra­té­gie des moyens. Elle an­ti­cipe et mène une pros­pec­tive, conçoit, met en place et gère des pro­grammes de R&T et R&D – qu’elle peut as­su­rer elle-même –, as­sure le sui­vi ad­mi­nis­tra­tif et lé­gal, ap­puie les ex­por­ta­tions, pro­cède à des es­sais, va­lide et as­sure un sui­vi de la vie des équi­pe­ments, mo­der­ni­sa­tions com­prises, sans en­core comp­ter la conduite à pro­pre­ment par­ler des pro­grammes, une fois les com­mandes pas­sées(1). L’ap­proche re­te­nue pour la DGA, très ja­co­bine, a per­mis de me­ner à bien de grands pro­grammes in­té­grés et par­fois ex­trê­me­ment com­plexes dans leurs ra­mi­fi­ca­tions ; mais aus­si de concré­ti­ser de réelles in­no­va­tions, y com­pris en co­opé­ra­tion(2). Mais ce type de struc­tu­ra­tion est éga­le­ment cri­ti­qué, à deux égards.

D’une part, il y a la cri­tique, tra­di­tion­nelle, des re­la­tions avec les forces. Les so­lu­tions pro­po­sées ne se­raient pas né­ces­sai­re­ment celles pri­vi­lé­giées par les armées. Elle peut se dou­bler d’une pointe de ja­lou­sie : là où celles-ci ont connu une ré­duc­tion de leurs ef­fec­tifs de­puis 2008, la DGA a pu ac­croître les siens… S’y ajoute la ques­tion de dé­lais par­fois ex­ces­sifs : on se sou­vient du dos­sier du VHM (Vé­hi­cule de Haute Mo­bi­li­té), blo­qué plu­sieurs an­nées alors que le be­soin avait été as­sez clai­re­ment et ra­pi­de­ment dé­fi­ni par les forces, ou en­core des pé­ri­pé­ties du PLFS (Poids-lourd Forces Spé­ciales). En la ma­tière, la pré­gnance de la culture de l’in­gé­nieur peut po­ser un pro­blème, en par­ti­cu­lier au re­gard de la dé­fi­ni­tion des ca­hiers des charges. Or, comme le no­tait en son temps le co­lo­nel (et fu­tur gé­né­ral) Be­cam, l’ar­me­ment n’est pas qu’une réa­li­sa­tion tech­nique, c’est sur­tout et d’abord un ob­jet in­trin­sè­que­ment po­li­tique (3). La concep­tion de l’ar­me­ment, au tra­vers de ce qu’il est le pre­mier à qua­li­fier de «stra­té­gie gé­né­tique», im­plique une pri­mau­té du mi­li­taire sur l’in­gé­nieur. Or on peut se de­man­der si elle est as­su­rée de nos jours, tant la fas­ci­na­tion pour la tech­no­lo­gie peut pa­ra­si­ter la ré­flexion, en l’au­to­no­mi­sant au re­gard de la tac­tique et de la stra­té­gie, aux­quelles elle de­vrait pour­tant être su­bor­don­née. Le pa­ra­doxe est que des au­teurs comme Be­cam ou Beaufre ne sont plus guère lus, y com­pris d’ailleurs par les cher­cheurs tra­vaillant en so­cio­lo­gie des tech­niques…

L’ap­proche re­te­nue pour la DGA, très ja­co­bine, a per­mis de me­ner à bien de grands pro­grammes in­té­grés et par­fois ex­trê­me­ment com­plexes dans leurs ra­mi­fi­ca­tions ; mais aus­si de concré­tise r de réelles in­no­va­tions, y com­pris en co­opé­ra­tion.

D’autre part, une cri­tique plus in­juste pour­rait être liée à la fonc­tion d’ar­bi­trage de la DGA, entre les in­té­rêts des armées et ceux de l’état ou des in­dus­triels – qui peut ir­ri­ter les uns comme les autres. De fac­to, la DGA se re­trouve dans une po­si­tion d’équi­li­briste, entre stra­té­gie des moyens et stra­té­gie gé­né­rale éco­no­mique, dès lors que, règles eu­ro­péennes fai­sant, la ca­pa­ci­té d’in­ves­tis­se­ment de l’état ne peut plus guère être di­ri­gée que vers l’in­dus­trie d’ar­me­ment… de la­quelle des ex­por­ta­tions sont es­comp­tées, au bé­né­fice de la ba­lance com­mer­ciale. Ce grand écart peut se tra­duire par des choix fai­sant grin­cer des dents, per­met­tant certes de pro­po­ser plus d’op­tions à l’ex­por­ta­tion, mais au dé­tri­ment de la stra­té­gie des moyens na­tio­nale. C’est ty­pi­que­ment le cas pour la Fré­gate de Taille In­ter­mé­diaire (FTI), dont les cinq exem­plaires coû­te­ront cha­cun au­tant qu’une FREMM, pour une en­du­rance et une puis­sance de feu moindres. Éva­lué sur la longue du­rée, le coût pour la Ma­rine est plus im­por­tant. L’aug­men­ta­tion du coût des FREMM – lié à la di­mi­nu­tion de leur cible, de 17 à 8(4) – est telle qu’au prix de 2008, 20 Aqui­taine au­raient pu être ac­quises. Pour le même mon­tant (5), la Ma­rine ne re­ce­vra que huit Aqui­taine et cinq FTI…DE ce point de vue, il reste à voir si la prise en compte pré­coce de l’ex­por­ta­bi­li­té des pro­grammes, an­non­cée par la mi­nistre des Armées le 5 juillet, fe­ra ses preuves, y com­pris pour les armées.

La stra­té­gie des moyens n’est ce­pen­dant pas une science exacte : par dé­fi­ni­tion, elle doit prendre en compte l’en­semble des contraintes – y com­pris celles liées aux ar­bi­trages po­li­tiques – tout en de­vant réus­sir à iso­ler les in­no­va­tions por­teuses. À ces contraintes for­melles, il faut ajou­ter celles di­rec­te­ment liées au fait qu’il s’agit de tech­no­lo­gies mi­li­taires, qui pour­ront avoir à su­bir l’épreuve du feu et pour les­quelles le de­gré de so­phis­ti­ca­tion n’est rien face à leur de­gré d’adap­ta­tion. Or ces contraintes s’exercent dans le temps : un Grif­fon en­trant en ser­vice en 2019 pour­rait en­core y res­ter en 2049, alors que nous n’avons en­core au­cune idée de ce que se­ra la lutte an­ti­blin­dés à ce mo­ment. En ce sens, ce que di­sait le gé- né­ral Beaufre à la fin des an­nées 1960 mé­rite d’être mé­di­té : « Quelle qu’elle soit, d’ailleurs, la ma­noeuvre d’ar­me­ment mo­derne porte au­jourd’hui la marque de l’évo­lu­tion pré­ci­pi­tée des tech­niques. Entre les dé­lais de réa­li­sa­tion d’un plan d’ar­me­ment et la pros­pec­tive di­plo­ma­tique et po­li­tique per­met­tant de sa­voir dans quelles condi­tions ces armes se­raient éven­tuel­le­ment uti­li­sées, le dé­ca­lage s’avère de plus en plus ma­ni­feste. (6) » In fine, avant même de sa­voir quelles tech­no­lo­gies dé­ve­lop­per, la ques­tion de la gou­ver­nance des tech­no­lo­gies comme de l’in­no­va­tion doit être po­sée : ne pas y ré­pondre si­gni­fie ne pas sa­voir faire de choix. À cet égard, on peut s’in­ter­ro­ger sur le fu­tur de la stra­té­gie des moyens fran­çaise et de ses ins­ti­tu­tions. Certes, la DGA a pu faire ses preuves, mais la mise en place d’une agence pour l’in­no­va­tion an­non­cée par la mi­nistre des Armées en avril der­nier pour­rait re­battre les cartes. A prio­ri, la mis­sion de la nou­velle agence est li­mi­tée à l’in­tel­li­gence Ar­ti­fi­cielle (IA), qui ne consti­tue qu’un seg­ment des sec­teurs sus­cep­tibles d’être in­no­vants. Pour au­tant, avec 100 mil­lions d’eu­ros par an, elle de­vrait dis­po­ser de la «masse cri­tique» lui per­met­tant de dé­bou­cher sur des ré­sul­tats concrets. Il fau­dra ce­pen­dant voir comment elle in­ter­agi­ra avec la DGA qui reste, tout aus­si a prio­ri, char­gée du reste des in­no­va­tions. La ques­tion de cette ar­ti­cu­la­tion est es­sen­tielle : de là dé­pend la co­hé­rence de la stra­té­gie des moyens, seule ga­rante de l’uti­li­té des ef­forts technologiques pour les armées.

Avant même de sa­voir quelles tech­no­lo­gies dé­ve­lop­per, la ques­tion de la gou­ver­nance des tech­no­lo­gies comme de l’in­no­va­tion doit être po­sée : ne pas y ré­pondre si­gni­fie ne pas sa­voir faire de choix.

NU­MÉ­RI­SA­TION ET IA : TOO MUCH HYPE?

Reste ce­pen­dant à car­to­gra­phier cette stra­té­gie, ce que nous fe­rons ici en éta­blis­sant plu­sieurs ca­té­go­ries trans­verses – dès lors que nombre de tech­no­lo­gies ne concernent pas uni­que­ment telle ar­mée ou tel type d’ac­tion : per­ce­voir ; com­prendre et com­man­der ; se dé­fendre ; ma­noeu­vrer ; se dé­fendre et frap­per. Un exemple ty­pique de la trans­ver­sa­li­té des tech­no­lo­gies a par­ti­cu­liè­re­ment le vent en poupe : L’IA. Mais en­core faut-il iso­ler ses sec­teurs d’ap­pli­ca­tion et dé­ter­mi­ner jus­qu’à quel point elle se­ra utile aux armées, ce qui est tout sauf simple avec une tech­no­lo­gie qui pour­rait dé­ve­lop­per son propre lan­gage et ses propres ré­fé­ren­tiels et qui, pour l’ins­tant, n’est en­core qu’une « in­tel­li­gence » li­mi­tée (7). Or le dé­ve­lop­pe­ment des forces mi­li­taires am­bi­tionne certes l’adap­ta­tion à l’ad­ver­saire, mais elle le fait au tra­vers d’une ra­tio­na­li­sa­tion par la ré­duc­tion des in­cer­ti­tudes et de celle, au­tant que faire se peut, du chaos propre à la guerre (8). Con­trai­re­ment à la vul­gate, l’au­to­ma­ti­sa­tion n’est pas l’au­to­no­mi­sa­tion, cette der­nière ten­dant à sus­ci­ter la mé­fiance du monde

mi­li­taire (9). Ce qui est hors de contrôle ajoute du chaos et de l’in­cer­ti­tude à la fric­tion et, dès lors, la stra­té­gie des moyens – do­maine en le­quel Bruno Col­son voit un es­pace de ra­tio­na­li­té(10) – pour­rait pro­duire des ef­fets in­verses à ceux re­cher­chés. Au-de­là de cette pré­cau­tion, L’IA n’est évi­dem­ment pas à re­je­ter, mais cer­ner le dé­si­rable – et lui po­ser des li­mites claires – pa­raît plus urgent que dé­ve­lop­per tous les fai­sables.

En la ma­tière, c’est sans doute dans le seg­ment « com­prendre » que L’IA pour­rait pro­duire le maxi­mum de ses ef­fets. La di­ver­si­fi­ca­tion des sys­tèmes ISR, leur in­té­gra­tion dans des lo­giques mul­tis­pec­trales et géo­spa­tiales ou en­core la crois­sance du ren­sei­gne­ment cy­be­r­élec­tro­nique vont créer des be­soins consi­dé­rables en ma­tière d’ana­lyse. Si L’IA ne ré­sout pas tout – la ques­tion de la contex­tua­li­sa­tion po­li­tique de ce qui est ob­ser­vé, no­tam­ment –, au moins pour­rait-elle préparer le ter­rain à l’ana­lyse hu­maine. Elle a éga­le­ment un rôle à jouer dans la ma­noeuvre : qu’il s’agisse d’es­saims de drones (na­vals, ter­restres ou aé­riens) ou de la ges­tion des flux lo­gis­tiques, elle peut clai­re­ment ac­croître l’ef­fi­cience des forces en dé­char­geant les com­bat­tants de tâches simples, leur li­bé­rant du temps ou des res­sources cog­ni­tives. L’IA peut aus­si avoir un rôle à jouer dans les fonc­tions dé­fen­sives, et en par­ti­cu­lier dans la ges­tion de sys­tèmes de contre-me­sures, ter­restres ou aé­riennes. Les modes d’at­taque de­ve­nant plus com­plexes et plus ra­pides, la mise en oeuvre de contre­me­sures adap­tées de­vient plus dif­fi­cile. On est donc là dans «l’ex­ten­sion» de pra­tiques cou­rantes, en cher­chant à leur confé­rer des gains de pro­duc­ti­vi­té.

Reste la ques­tion de l’at­taque : faire de L’IA un auxi­liaire des armées, à l’ins­tar des exemples pré­cé­dents, ré­pond à l’im­pé­ra­tif de ra­tio­na­li­sa­tion du chaos, mais confé­rer une au­to­no­mie dé­ci­sion­nelle à des sys­tèmes d’armes semble plus dé­li­cat, po­li­ti­que­ment comme mi­li­tai­re­ment. L’op­tion n’est pour­tant pas à écar­ter d’un re­vers de la main. Le cou­plage d’une IA à des au­to­di­rec­teurs mul­ti­modes (laser, li­dar, par pixels, ra­dar mil­li­mé­trique, etc.) et des bi­blio­thèques 3D per­met d’en­vi­sa­ger des mu­ni­tions an­ti­chars/ an­ti-blin­dés of­frant des gains d’ef­fi­ca­ci­té im­por­tants au re­gard des tech­niques clas­siques. Mais, au vrai, il ne s’agit guère que de la re­prise de concep­tions re­mon­tant aux an­nées 1990. L’US Na­vy pro­je­tait ain­si d’in­té­grer des sous-mu­ni­tions BAT (Brilliant An­ti-tank) cou­plant li­dar et bi­blio­thèques de don­nées sur des mis­siles To­ma­hawk. Un sous-ma­rin lan­ceur de mis­siles de croi­sière de­ve­nait ain­si ca­pable de dé­truire une di­vi­sion blin­dée russe stan­dard(11). Ce type de ra­tio­na­li­té est éga­le­ment à l’oeuvre sur le mis­sile bri­tan­nique Brim­stone, qui dis­pose d’un mode au­to­nome.

La no­tion d’in­no­va­tion technologique est ain­si pa­ra­doxale dès lors qu’elle peut in­té­grer des idées qui ne sont pas nou­velles, mais qui sont soit gé­né­ra­li­sées, soit re­dé­cou­vertes, ou dont la concré­ti­sa­tion of­fri­rait de nou­velles pos­si­bi­li­tés. La nu­mé­ri­sa­tion des forces ter­restres, à tra­vers un pro­gramme comme SCOR­PION, ren­voie ain­si à une « longue traîne in­for­ma­tique » dé­jà à l’oeuvre dans les ma­rines et les forces aé­riennes des an­nées 1950/1960(12). La ré­ti­cu­la­tion et le par­tage de vo­lumes de don­nées de ma­nière à pro­duire une «conscience si­tua­tion­nelle par­ta­gée » ont ain­si été pra­ti­qués bien avant d’avoir été théo­ri­sés, il y a seu­le­ment vingt ans(13). L’af­faire n’est pas qu’amé­ri­caine : elle a éga­le­ment été fran­çaise au tra­vers de

Faire de l’in­tel­li­gence ar­ti­cielle un auxi­liaire des armées ré­pond à l’im­pé­ra­tif de ra­tio­na­li­sa­tion du chaos, mais confé­rer une au­to­no­mie dé­ci­sion­nelle à des sys­tèmes d’armes semble plus dé­li­cat, po­li­ti­que­ment comme mi­li­tai­re­ment.

sys­tèmes comme ATLAS, et ce, dès le dé­but des an­nées 1980 (14). Les gains es­pé­rés par la nu­mé­ri­sa­tion sont liés à une plus grande ré­si­lience, à de plus grands dé­bits de don­nées et sur­tout à la gé­né­ra­li­sa­tion du temps réel. L’in­no­va­tion est alors liée à l’ob­ten­tion de gains de pro­duc­ti­vi­té plus ou moins mar­gi­naux en fonc­tion de ce qui leur est op­po­sé. Or les ca­pa­ci­tés cy­be­r­élec­tro­niques s’étoffent un peu par­tout dans le monde et si per­sonne n’a en­core d’idée exacte de ce que don­ne­rait une uti­li­sa­tion à grande échelle de ces moyens dans une guerre, il n’est pas cer­tain que les gains d’ef­fi­ca­ci­té pro­mis soient ef­fec­ti­ve­ment ob­ser­vés.

LA GUERRE DANS LA CIN­QUIÈME DI­MEN­SION

Com­pa­ra­ti­ve­ment à la nu­mé­ri­sa­tion et à L’IA, d’autres as­pects semblent bé­né­fi­cier de moins d’at­ten­tion, peut-être parce qu’ils sont associés à des tech­no­lo­gies his­to­riques, ré­pon­dant moins aux im­pé­ra­tifs de la mode technologique(15). C’est en par­ti­cu­lier le cas de tout ce qui touche à la guerre élec­tro­nique. Dans l’ar­mée de Terre, elle est sur­tout as­so­ciée au ren­sei­gne­ment, où elle a une uti­li­té évi­dente, mais ses di­verses dé­cli­nai­sons ga­gne­raient sans doute à être prises en compte, no­tam­ment dans les as­pects liés à l’at­taque et à la dé­fense. La Rus­sie a ain­si mis en oeuvre, dans l’est de l’ukraine, des dis­po­si­tifs de brouillage per­met­tant de faire ex­plo­ser les fu­sées des obus ukrai­niens à 400 m de dis­tance (280 m pour les obus de mor­tiers). En consé­quence, Kiev a per­du une bonne par­tie de ses moyens d’ac­tion à longue dis­tance contre les forces russes(16). Ce type de sys­tème est d’au­tant plus in­no­vant qu’il évite d’avoir à uti­li­ser des dé­fenses ci­né­tiques, par dé­fi­ni­tion plus aléa­toires et tou­jours sus­cep­tibles de cau­ser des pertes amies ou ci­viles.

Un autre as­pect mi­no­ré de la guerre cy­be­r­élec­tro­nique a trait aux armes conven­tion­nelles à im­pul­sions élec­tro­ma­gné­tiques, do­maine dans le­quel les États-unis semblent main­te­nir une cer­taine avance. En l’oc­cur­rence, ce type d’ar­me­ment per­met de créer une im­pul­sion ren­dant in­opé­rant tout sys­tème élec­trique – com­mu­ni­ca­tions et or­di­na­teurs com­pris – qui y est ex­po­sé. Leurs ef­fets pa­raissent suf­fi­sam­ment lo­ca­li­sés pour en­vi­sa­ger une uti­li­sa­tion dont les consé­quences po­li­tiques ou mi­li­taires se­raient moindres qu’avec l’usage d’armes nu­cléaires à im­pul­sions élec­tro­ma­gné­tiques(17). D’autres ap­pli­ca­tions des opé­ra­tions cy­be­r­élec­tro­niques semblent éga­le­ment dé­con­si­dé­rées en France, comme l’usage des ra­dars AESA – que l’on maî­trise pour­tant – en tant que sys­tèmes d’at­taque élec­tro­nique ou d’in­jec­tion de cy­be­ra­gents comme Su­ter. Ce der­nier, qui a connu plu­sieurs gé­né­ra­tions, per­met d’en­trer dans un ré­seau ra­dar pour brouiller les vi­sua­li­sa­tions – voire les ef­fa­cer – des écrans des opé­ra­teurs. C’est ce type de sys­tème qui au­rait per­mis à la force aé­rienne is­raé­lienne de me­ner son raid de 2007 sur un ré­ac­teur nu­cléaire sy­rien en construc­tion(18). Il n’est pas im­pos­sible que le sys­tème ait éga­le­ment été uti­li­sé dans les ré­centes opé­ra­tions is­raé­liennes contre des po­si­tions sy­riennes, sans que la dé­fense aé­rienne lo­cale, ai­dée de la russe, ait été en me­sure de ri­pos­ter ef­fi­ca­ce­ment. In fine, l’en­jeu est donc de pou­voir pa­ra­ly­ser ou dé­truire les ca­pa­ci­tés in­for­ma­tion­nelles ad­verses, à l’éche­lon tac­tique comme aux éche­lons opé­ra­tif et stra­té­gique. Le pro­blème est qu’il faut à la fois tra­vailler sur ce sec­teur et sur d’autres.

MA­NOEU­VRER

(ET RES­TER MANOEUVRANT)

Plu­sieurs gou­lets d’étran­gle­ment liés à la ro­bo­tique sont en train d’être ré­sor­bés, au point que des pro­grammes d’études amont laissent es­pé­rer l’ap­pa­ri­tion plus ou moins ra­pide de ro­bots plus au­to­nomes et moins dé­pen­dants des liai­sons avec leurs opé­ra­teurs. Cette évo­lu­tion au­ra évi­dem­ment des consé­quences sur le com­bat d’in­fan­te­rie ou aérien, mais aus­si sur la lo­gis­tique. Cette der­nière est une di­men­sion beau­coup trop peu prise en consi­dé­ra­tion, mais qui est pour­tant es­sen­tielle dès que l’on consi­dère les théâtres sur les­quels la France est en­ga­gée. Reste, ce­pen­dant, que la ro­bo­tique et la nu­mé­ri­sa­tion ne sont pas les seuls do­maines d’in­no­va­tion qui vont tou­cher la ma­noeuvre. La co­bo­tique per­met d’es­pé­rer des pro­grès ra­pides dans le do­maine des exos­que­lettes – qu’il s’agisse de ma­nu­ten­tion ou de com­bat – comme le montrent les pro­grès réa­li­sés par RB3D avec les dif­fé­rentes ver­sions de son Her­cule, sur le­quel elle tra­vaille de­puis en­vi­ron dix ans(19).

La ma­noeuvre pour­rait éga­le­ment – comme d’autres sec­teurs, à l’ins­tar de la pro­tec­tion – ti­rer pro­fit de nou­veaux types de ma­té­riaux, comme le gra­phène, un ma­té­riau 200 fois plus ré­sis­tant que l’acier, tan­dis qu’un aé­ro­gel de gra­phène est sept fois plus lé­ger que l’air. Il est aus­si un ex­cellent iso­lant élec­trique ou ther­mique. La concep­tion des vé­hi­cules et de leur blin­dage pour­rait en être mo­di­fiée de fond en comble(20). Se pose éga­le­ment la

Cer­tains as­pects semblent bé­né­fi­cier de moins d’at­ten­tion, peu­têtre parce qu’ils sont associés à des tech­no­lo­gies his­to­riques, ré­pon­dant moins aux im­pé­ra­tifs de la mode technologique. C’est en par­ti­cu­lier le cas de tout ce qui touche à la guerre élec­tro­nique.

ques­tion des nou­veaux modes de propulsion. Aux tra­vaux sur les mo­to­ri­sa­tions hy­brides, conduits de­puis plus de dix ans, s’ajoutent ceux au­tour des bio­car­bu­rants et des nou­velles sources éner­gé­tiques(21). L’usage du so­laire, en par­ti­cu­lier, pour­rait être utile à des forces de plus en plus dé­pen­dantes de leurs bat­te­ries (qui évo­luent elles aus­si). En opé­ra­tion, la main­te­nance peut être fa­ci­li­tée par les im­pres­sions 3D, qui se dif­fusent dans nombre d’armées, que ce soit sur le ter­rain ou dans les ate­liers(22). S’y ajoutent des as­pects ap­pa­rem­ment plus tri­viaux et moins tech­no­cen­triques, mais qui sou­lèvent des ques­tions qui ne sont tou­jours pas ré­so­lues et qui ren­voient à la dif­fu­sion des in­no­va­tions. Ain­si, il est évident que les mi­cro­drones aé­riens sont utiles aux sec­tions d’in­fan­te­rie, en par­ti­cu­lier lors­qu’elles sont en­ga­gées dans des en­vi­ron­ne­ments com­plexes : bâ­ti­ments, sou­ter­rains, zones mon­ta­gneuses, etc. Les tech­no­lo­gies as­so­ciées à ces ap­pa­reils sont éga­le­ment connues, as­sez lar­ge­ment maî­tri­sées et le coût des ma­té­riels est en baisse. L’uti­li­té de ces sys­tèmes tend même à croître au fur et à me­sure de la di­ver­si­fi­ca­tion de leurs cap­teurs. Or c’est là une des li­mites d’un dis­cours lié à l’in­no­va­tion technologique : tout ce­la ne sert à rien pour les forces si les ma­té­riels ne sont pas ache­tés et uti­li­sés par le plus grand nombre d’uni­tés en ayant be­soin.

LE GRAND IN­TER­MÉ­DIAIRE

Par ailleurs, les suc­ces­sions de mi­cro­ré­vo­lu­tions technologiques de ces der­nières an­nées n’ont pas ren­du ob­so­lète un des axiomes de la conduite des opé­ra­tions mi­li­taires : dans un com­bat, l’em­ploi de la force en tant qu’in­ter­mé­diaire entre la vo­lon­té po­li­tique et le ré­sul­tat sur l’ad­ver­saire reste né­ces­saire. En la ma­tière, la nu­mé­ri­sa­tion ne fait donc pas tout : si elle per­met de mieux frap­per, elle n’éli­mine pas le be­soin de la frappe. En la ma­tière, plu­sieurs pro­blé­ma­tiques sont dé­jà po­sées, qu’il s’agisse de re­tour aux opé­ra­tions de haute in­ten­si­té – avec la ques­tion de la lutte contre-a2/ad(23) – ou d’opé­ra­tions de contre-gué­rilla. Un pre­mier en­jeu pour­rait être l’ac­crois­se­ment des por­tées dans le cadre de frappes de pré­ci­sion. La ré­duc­tion des struc­tures de forces n’est pas celle du tra­vail à ac­com­plir ; il faut donc tra­vailler sur de plus grandes élon­ga­tions, d’au­tant plus que les dis­po­si­tifs dé­fen­sifs peuvent éga­le­ment voir une aug­men­ta­tion de leur rayon d’ac­tion.

Plu­sieurs so­lu­tions in­té­res­santes sont ré­cem­ment ap­pa­rues, per­met­tant, dans le cadre contre-ré­gu­lier, de dé­pas­ser le «di­lemme de la masse». Ce der­nier op­pose, d’une part, des en­gins de croi­sière hy­per­so­niques mais lourds et dont les ca­rac­té­ris­tiques exigent d’im­por­tants ef­forts de R&det, d’autre part, une mul­ti­tude de pe­tits en­gins. La Rus­sie (Khin­zal), mais aus­si Is­raël (Ram­page), a ré­cem­ment pro­po­sé d’uti­li­ser des mis­siles ba­lis­tiques ti­rés de­puis des avions. Évo­luant na­tu­rel­le­ment dans le haut su­per­so­nique ou l’hy­per­so­nique en phase de ren­trée, ce mode d’ac­tion per­met de s’ap­puyer sur des connais­sances exis­tant dé­jà. D’autres op­tions sont pos­sibles, comme l’ins­tal­la­tion de ro­quettes sur des mu­ni­tions d’avia­tion gui­dées, et dès lors lan­cées du sol (24). Que ces mu­ni­tions soient ti­rées du sol ou d’un ap­pa­reil, elles couplent al­longe, pré­ci­sion et coût mo­dé­ré. Un autre type de so­lu­tion semble plus com­plexe et plus coû­teux dans sa concré­ti­sa­tion : Nam­mo (Nor­vège) a ain­si pro­po­sé un obus de 155 mm do­té d’un ram­jet plu­tôt que de la tra­di­tion­nelle as­sis­tance par fu­sée. La por­tée de la mu­ni­tion dé­passe alors 100 km. Un deuxième en­jeu est ce­lui de la pré­ci­sion. Pour l’ins­tant, des sys­tèmes comme le GPS ou Ga­li­leo per­mettent de frap­per pré­ci­sé­ment, à moindre coût, et en n’uti­li­sant que des co­or­don­nées – et donc en ne né­ces­si­tant pas de dé­si­gna­tion de cible à proxi­mi­té. Il est ce­pen­dant tout sauf cer­tain qu’ils ne se­ront pas brouillés ou in­dis­po­nibles dans le cou­rant d’une guerre. Les moyens au­to­nomes em­bar­qués de na­vi­ga­tion, comme les cen­trales iner­tielles, sont alors une so­lu­tion in­té­res­sante, de plus en plus pré­cise et dont le coût tend à se ré­duire. En l’oc­cur­rence, Sa­fran tra­vaille sur des sys­tèmes avan­cés. D’autres sec­teurs liés à l’at­taque et à la dé­fense mé­ritent éga­le­ment de s’y in­té­res­ser, en par­ti­cu­lier les la­sers, qui semblent per­ti­nents – no­tam­ment – dans une lutte an­ti-drones qui de­vien­dra un en­jeu de plus en plus saillant.

LA GRANDE IN­CON­NUE

Aus­si pa­ra­doxal que ce­la puisse pa­raître dans un monde mi­li­taire où la tech­no­lo­gie prend plus de place, la France a aban­don­né le concept du Plan pros­pec­tif à trente ans. Ce der­nier ne ré­pon­dait pas à toutes les in­ter­ro­ga­tions, en par­ti­cu­lier celles liées à des in­no­va­tions ap­pa­rais­sant ra­pi­de­ment. Mais il faut éga­le­ment consta­ter non seu­le­ment que la no­tion de pla­ni­fi­ca­tion n’a pas dis­pa­ru, mais que les temps de ma­tu­ra­tion technologiques né­ces­saires à la pro­duc­tion d’in­no­va­tions utiles aux armées peuvent re­va­lo­ri­ser cette pla­ni­fi­ca­tion. Dis­po­ser d’un

C’est là une des li­mites d’un dis­cours lié à l’in­no­va­tion technologique : tout ce­la ne sert à rien pour les forces si les ma­té­riels ne sont pas ache­tés et uti­li­sés par le plus grand nombre d’uni­tés en ayant be­soin.

tel do­cu­ment-cadre pro­cure un autre avan­tage : pou­voir op­ti­mi­ser les ef­forts des uns et des autres dans un contexte où le nombre d’in­ter­ve­nants – uni­ver­si­tés et centres de re­cherche, PME/TPE, uni­tés spé­ci­fiques des forces – est ap­pe­lé à s’ac­croître. Un autre as­pect tout aus­si im­por­tant concerne la conscience his­to­rique, dont les in­gé­nieurs peuvent être dé­pour­vus et dont l’ab­sence peut conduire à « ré­in­ven­ter l’eau chaude ».

En­fin, un der­nier avan­tage de ces lo­giques de pla­ni­fi­ca­tion est plus tri­vial : sa­voir où l’on en est. Mettre en avant l’in­no­va­tion technologique n’est, en soi, une bonne chose que dès lors que ces in­no­va­tions, pour par­tie payées avec le bud­get de dé­fense, entrent ef­fec­ti­ve­ment en ser­vice. Or on connaît les tra­vers du sys­tème fran­çais, qui tend à pri­vi­lé­gier les plates-formes plu­tôt que les équi­pe­ments de co­hé­rence; alors même que bon nombre d’in­no­va­tions sont liées à ces sys­tèmes de co­hé­rence. De plus, il faut aus­si consta­ter que le sys­tème ac­tuel ne semble pas prompt à ren­ta­bi­li­ser les in­no­va­tions, du fait même de son iner­tie : his­to­ri­que­ment non ap­pli­quées dans leur in­té­gra­li­té du fait de ré­duc­tions bud­gé­taires, les lois de pro­gram­ma­tion mi­li­taire ont été pour par­tie neu­tra­li­sées, re­tar­dant d’au­tant les pro­grammes. C’est sans en­core comp­ter les ater­moie­ments des uns et des autres au­tour de sys­tèmes pour­tant ra­pi­de­ment per­çus comme im­por­tants et in­no­vants – les drones MALE, par exemple. On en re­vient donc à la ques­tion, car­di­nale, de la di­rec­tion à don­ner à la tech­no­lo­gie et aux in­ves­tis­se­ments, dans un contexte où la pre­mière ne fe­ra qu’évo­luer et se di­ver­si­fier et les autres, au mieux, qu’évo­luer mar­gi­na­le­ment. Au-de­là de la ré­forme an­non­cée dé­but juillet, ce­la pour­rait im­pli­quer de ré­exa­mi­ner l’his­toire, en par­ti­cu­lier celle d’un or­gane comme le CPE (Centre de Pros­pec­tive et d’éva­lua­tion), mis en place en 1964, com­po­sé d’une tren­taine d’of­fi­ciers et dé­pen­dant alors di­rec­te­ment du mi­nistre (25). Sans se sub­sti­tuer à l’an­cêtre

Il faut consta­ter non seu­le­ment que la no­tion de pla­ni­fi­ca­tion n’a pas dis­pa­ru, mais que les temps de ma­tu­ra­tion technologiques né­ces­saires à la pro­duc­tion d’in­no­va­tions utiles aux armées peuvent re­va­lo­ri­ser cette pla­ni­fi­ca­tion.

de ce qui était la DGA, il a per­mis de don­ner des caps es­sen­tiels – sur la dis­sua­sion, mais aus­si sur les ré­seaux – en étant in­trin­sè­que­ment conçu pour la sou­plesse et l’agi­li­té, en se ré­vé­lant pion­nier sur les re­la­tions avec des or­ga­nismes en de­hors des Armées.

Notes

(1) Voir no­tam­ment Sté­phane Fer­rard, « En marge des cin­quante ans de la DGA. Pe­tite his­toire ré­su­mée de l’in­dus­trie d’ar­me­ment fran­çaise », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, hors-sé­rie no 19, août-sep­tembre 2011. (2) Un bon exemple – il n’est pas le seul – pour­rait être l’obus à sous-mu­ni­tions an­ti­chars gui­dées fran­co-sué­dois BONUS. (3) Lt-col. Be­cam, « La ma­noeuvre gé­né­tique », Forces Aé­riennes Fran­çaises, no 152, oc­tobre 1959.

(4) Mais aus­si au dé­ve­lop­pe­ment d’une ver­sion an­ti­aé­rienne.

(5) La pré­ci­sion im­porte évi­dem­ment : 13 équi­pages coûtent moins que 20, d’autres éco­no­mies ré­sul­tant d’un MCO ré­duit et d’un moindre nombre de jours à la mer…

(6) Pierre-ma­rie Gal­lois, « La po­li­tique gé­né­rale et l’ar­me­ment », Re­vue de Dé­fense Na­tio­nale, août-sep­tembre 1967, p. 1364.

(7) Il faut ici rap­pe­ler que la no­tion d’in­tel­li­gence se dé­fi­nit en psy­cho­lo­gie comme étant la fa­cul­té d’adap­ta­tion.

(8) Jo­seph Hen­ro­tin, « Quelle guerre pour l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle? », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, hors-sé­rie no 60, juin-juillet 2018.

(9) Jo­seph Hen­ro­tin, « Les ro­bots de com­bat vont-ils mas­sa­crer l’hu­ma­ni­té (et les pe­tits chats)? So­cio­lo­gie d’un dé­bat non in­for­mé », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 132, no­vembre-dé­cembre 2017.

(10) Bruno Col­son, « La culture stra­té­gique fran­çaise »,

Stra­té­gique, no 53, 1992/1.

(11) Sur le concept de Halt Phase, voir no­tam­ment Earl H. Til­ford, Halt Phase Stra­te­gy: New Wine in Old Skins… with Po­wer­point, Stra­te­gic Stu­dies Ins­ti­tute, Car­lisle Bar­racks, 1998.

(12) Jo­seph Hen­ro­tin, L’art de la guerre à l’âge des ré­seaux, Wi­ley, Londres, 2017.

(13) Ar­thur K. Ce­brows­ki et John J. Garst­ka, « Net­work­cen­tric War­fare: its Ori­gin and Fu­ture », Pro­cee­dings, jan­vier 1998. Voir éga­le­ment William A. Owens et Ed Of­fley,

Lif­ting the Fog of War, Fer­rar, Strauss and Gi­roux, New York, 2000

(14) Il faut ici rap­pe­ler que le pre­mier vé­ri­table sys­tème de com­mu­ni­ca­tion en ré­seau au pro­fit des forces ter­restres (RITA) était fran­çais et avait été ex­por­té aux États-unis.

(15) Une di­men­sion à ne ja­mais écar­ter lors­qu’il est ques­tion de so­cio­lo­gie des tech­no­lo­gies. Voir par exemple Tho­mas Se­cher, « La mode, la guerre, et l’in­for­ma­tique », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 103, mai 2017.

(16) Voir en par­ti­cu­lier la confé­rence de Phi­lip Ker­ber au Mo­dern War Ins­ti­tute (https://mwi.us­ma.edu/vi­deo-dr-phil­lip­kar­ber-ukraine-rus­sian-way-war/).

(17) Voir Da­vid A. Ko­po­low, Death by Mo­de­ra­tion: The U.S. Mi­li­ta­ry’s Quest for Useable Wea­pons, Cam­bridge Uni­ver­si­ty Press, Cam­bridge, 2010.

(18) Jo­seph Hen­ro­tin, « Consé­quences tac­tiques du ha­cking ra­dar », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 89, fé­vrier 2013.

(19) Em­ma­nuel Gar­di­net­ti, « Les sol­dats aug­men­tés mieux in­for­més, al­lé­gés et mieux équi­pés – de l’ima­gi­na­tion à l’em­ploi », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, hors-sé­rie no 45, dé­cembre 2015-jan­vier 2016.

(20) Jo­seph Hen­ro­tin, « Le gra­phène, nou­vel el­do­ra­do de l’in­dus­trie de dé­fense et source d’une nou­velle RMA? », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 104, juin 2014.

(21) Jean-jacques Mer­cier, « Car­bu­rants : tous au vert? »,

Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, hors-sé­rie no 23, avril-mai 2012; Laurent Lui­set­ti, « La Green De­fense : in­jonc­tion idéo­lo­gique ou im­pé­ra­tif tac­tique? », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 111, fé­vrier 2015.

(22) Phi­lippe Langloit, « Im­pri­mantes 3D : vers une ré­vo­lu­tion lo­gis­tique? », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 95, sep­tembre 2013.

(23) Voir notre hors-sé­rie no 55; Em­ma­nuel Vi­ve­not, « Exos­que­lettes : le fan­tas­sin d’après-de­main », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 89, fé­vrier 2013.

(24) Des tests avec des GBU-39 ayant été conduits avec suc­cès.

(25) Voir no­tam­ment Mat­thieu Chil­laud, « Le Centre de pros­pec­tive et d’éva­lua­tions. Un ou­til pros­pec­ti­viste au ser­vice de la pla­ni­fi­ca­tion stra­té­gique », Stra­té­gique, no 113, 2016/3.

(© Boeing)

Pho­to ci-des­sus : Le Coun­ter-elec­tro­nics High po­wer mi­cro­wave Ad­van­ced Mis­sile Pro­ject (CHAMP), tes­té à plu­sieurs re­prises, est le re­flet de re­cherches sur les im­pul­sions élec­tro­ma­gné­tiques. Sus­pec­tées d’être conduites par plu­sieurs États, elles dé­bou­che­ront sur des sys­tèmes neu­tra­li­sant tout sys­tème élec­trique/ in­for­ma­tique non pro­té­gé.

Im­pres­sion d’ar­tiste d’un sys­tème Ger­faut, qui vi­sait à adap­ter des mu­ni­tions sous les C-130. Une in­no­va­tion per­ti­nente mais fi­na­le­ment re­je­tée. (© AA/ROK)

L’in­no­va­tion peut être frei­née par des obs­tacles po­li­tiques.C’est ty­pi­que­ment le cas de l’ar­me­ment des drones, les ré­ti­cences étant main­te­nant le­vées. (© Jh/areion)

(© Jh/areion)

Une GBU-39 SDB do­tée d’une ro­quette, au­to­ri­sant ain­si un lan­ce­ment ter­restre.

(© Jh/areion)

La géo­lo­ca­li­sa­tion est un pro­blème tra­di­tion­nel dans les en­vi­ron­ne­ments ur­bains. Des so­lu­tions existent – comme ici, sur le stand du mi­nis­tère des Armées du­rant le der­nier Eu­ro­sa­to­ry – mais des bud­gets se­ront-ils dé­blo­qués ?

(© Jh/areion)

L’in­no­va­tion n’est pas tou­jours « gla­mour ». En l’oc­cur­rence, le concept de Nex­ter est ici de pou­voir pro­je­ter le MCO sur les théâtres d’opé­ra­tions, évi­tant de coû­teuses na­vettes avec la mé­tro­pole.

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