PORTE-AVIONS EN ASIE : DER­RIÈRE LES AN­NONCES, LE PIÈGE DE LA CRÉ­DI­BI­LI­TÉ

DSI Hors-Série - - SOMMAIRE - Jo­seph HEN­RO­TIN Char­gé de re­cherche au CAPRI.

Jo­seph HEN­RO­TIN

SSi les ca­pa­ci­tés aé­ro­na­vales chi­noises fo­ca­lisent l’at­ten­tion des ob­ser­va­teurs, deux an­nonces, in­ter­ve­nues pra­ti­que­ment coup sur coup en dé­cembre 2017, ont été moins com­men­tées. Séoul comme To­kyo ont ain­si in­di­qué qu’elles pour­raient dé­ployer des F-35B sur leurs porte-hé­li­co­ptères et grands na­vires am­phi­bies.

Le pre­mier opé­ra­teur de porte-avions/aé­ro­nefs en Asie de­puis la fin de la Deuxième Guerre mon­diale est les États-unis et si la Chine fai­sait état de ses am­bi­tions dans les an­nées 1980, no­tam­ment par la voix de Liu Hua­qing, c’est ce­pen­dant la Thaï­lande qui, la pre­mière, s’est do­tée d’un bâ­ti­ment de ce type. Le Cha­kri Na­rue­bet n’a ce­pen­dant ja­mais été ter­mi­né, nombre de cap­teurs n’étant ja­mais ins­tal­lés. Quant aux AV-8A Ma­ta­dor l’équi­pant, les ap­pa­reils avaient été ache­tés d’oc­ca­sion à l’es­pagne et ont souf­fert d’un faible taux de dis­po­ni­bi­li­té, et n’ont été pas rem­pla­cés. In fine, le bâ­ti­ment n’a ef­fec­tué que très peu de sor­ties à la mer et n’est plus à consi­dé­rer comme opé­ra­tion­nel en tant que porte-aé­ro­nefs.

LE CAS CHI­NOIS

L’en­trée en ser­vice du CV-16 Liao­ning (Type-001) en sep­tembre 2012 a chan­gé les per­cep­tions en Asie. Is­su de l’achè­ve­ment du Va­ryag ex-so­vié­tique, le bâ­ti­ment est le sis­ter-ship du STOBAR(1) Kuz­net­sov russe et bé­né­fi­cie de quelques ad­di­tions (cap­teurs, ar­me­ments) spé­ci­fiques à la Chine, sans être do­té des si­los de lan­ce­ment pour mis­siles SS-N-19 du bâ­ti­ment russe (2). Le Type-001a, CV-17, a quant à lui com­men­cé ses es­sais à la mer en avril 2018 et pour­rait en­trer en ser­vice au dé­but de l’an­née 2019. Si on ne connaît pas en­core son nom, le bâ­ti­ment est une évo­lu­tion du Liao­ning : il su­bit quelques chan­ge­ments au ni­veau de son pont et de sa su­per­struc­ture, de même que ses cap­teurs évo­luent. La sur­face de son han­gar avia­tion est ré­pu­tée plus im­por­tante. Plus fon­da­men­ta­le­ment, le na­vire reste un STOBAR.

La construc­tion de bâ­ti­ments CATOBAR (Ca­ta­pult As­sis­ted Take-off But Ar­res­ted Re­co­ve­ry) Type-002, an­non­cée de­puis 2013, semble quant à elle avoir com­men­cé. La Chine se­ra alors le troi­sième pays – après les États-unis et la France – à dis­po­ser de ce type de bâ­ti­ments. Peu d’in­for­ma­tions sont dis­po­nibles à leur su­jet, mais ils de­vraient dé­pas­ser 80 000 t et se­ront do­tés de ca­ta­pultes élec­tro­ma­gné­tiques, sur les­quelles Bei­jing in­dique tra­vailler. La ques­tion de la com­po­si­tion de son groupe aé­rien em­bar­quée reste po­sée. Pour l’ins­tant, les Type-001/001a sont do­tés de J-15(3), des hé­li­co­ptères as­su­rant les mis­sions ASM. L’alerte aé­rienne avan­cée est quant à elle four­nie par des hé­li­co­ptères Ka-31. Il semble qu’un ap­pa­reil à voi­lure fixe

Avec une for­mule CATOBAR, cet em­port de­vient non seule­ment pos­sible, mais les mu­ni­tions air-sur­face peuvent être di­ver­si­fiées, ce qui im­plique, au moins en théo­rie, la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser des groupes de porte-avions dans des ra­tio­na­li­tés de frappe ter­restre.

Pho­to ci-des­sus : Le Liao­ning chi­nois au cours d’une de ses pre­mières sor­ties à la mer. (© Xin­hua)

soit en cours de dé­ve­lop­pe­ment pour ces mis­sions tan­dis que les opé­ra­tions de com­bat se­raient dé­vo­lues à des J-15 adap­tés et/ ou à des J-31.

Le pas­sage à une for­mule CATOBAR pré­sente in­du­bi­ta­ble­ment un avan­tage pour la Chine, en per­met­tant à ses ap­pa­reils de com­bat de pou­voir dé­col­ler à masse maxi­male (MTOW(4)), alors que les em­ports de car­bu­rant et de mu­ni­tions sont res­treints en STOBAR. En consé­quence, le concept opé­ra­tion­nel des STOBAR est li­mi­té à une par­tie des fonc­tions de guerre aé­ro­na­vale : su­pé­rio­ri­té aé­rienne, éclai­rage, lutte ASM. L’em­port de mis­siles an­ti­na­vires n’a pas en­core été at­tes­té. Avec une for­mule CATOBAR, cet em­port de­vient non seule­ment pos­sible, mais les mu­ni­tions air-sur­face peuvent être di­ver­si­fiées, ce qui im­plique, au moins en théo­rie, la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser des groupes de porte-avions dans des ra­tio­na­li­tés de frappe ter­restre. Du reste et à bien des égards, la Chine dis­pose dé­jà de cette ca­pa­ci­té pour ce qui concerne la mer de Chine mé­ri­dio­nale : la militarisation des îlots s’est fré­quem­ment ac­com­pa­gnée de la mise en place d’ins­tal­la­tions aé­ro­nau­tiques com­plètes. La piste de Fie­ry Cross a ain­si une lon­gueur de 3000 m, per­met­tant les opé­ra­tions de tous les ap­pa­reils de com­bat chi­nois, y com­pris les bom­bar­diers H-6K, à MTOW.

Com­pa­rai­son n’est évi­dem­ment pas rai­son : une base aé­rienne sur un îlot est fixe par dé­fi­ni­tion et pré­sente donc un de­gré de vul­né­ra­bi­li­té im­por­tant. Pour au­tant, le po­si­tion­ne­ment des ins­tal­la­tions de Fie­ry Cross per­met de ver­rouiller une bonne par­tie de la mer de Chine mé­ri­dio­nale, dont Bei­jing consi­dère que plu­sieurs sec­teurs sont ap­pe­lés à de­ve­nir des «bas­tions» pour les pa­trouilles de ses SNLE. Il per­met éga­le­ment d’as­su­rer un très grand nombre de sor­ties quo­ti­diennes, su­pé­rieur à ce­lui d’un porte-avions. Cette mis­sion de sé­cu­ri­sa­tion est d’ailleurs l’un des ar­gu­ments de lé­gi­ti­ma­tion uti­li­sés par la Chine pour la mise en place de son aé­ro­na­vale em­bar­quée (5). Reste éga­le­ment que, pour elle, le porte-avions peut avoir d’autres fonc­tions que la sé­cu­ri­sa­tion de la mer de Chine mé­ri­dio­nale, comme la di­plo­ma­tie na­vale ou l’in­té­gra­tion d’un groupe aé­ro­na­val, que ce soit vers les dé­troits ma­lai­siens ou le Pa­ci­fique. La Chine en est en­core loin, mais sa vi­tesse d’ap­pren­tis­sage avec le Liao­ning a sur­pris, tout comme la ra­pi­di­té avec la­quelle elle a mis en place un plan de construc­tion na­vale per­met­tant ai­sé­ment un tel dé­ploie­ment in­cluant les grands ra­vi­tailleurs d’es­cadre Type-901, les des­troyers Type-055 (en fait, des croi­seurs) et Type-052d en plus d’une so­lide flotte de fré­gates ASM et de bâ­ti­ments de sou­tien (6).

DES IZU­MO PA­RÉS AU SAUT AÉ­RO­NA­VAL, MAIS…

Com­pa­ra­ti­ve­ment, le cas ja­po­nais est plus com­plexe. Puis­sance aé­ro­na­vale his­to­rique, le Ja­pon en vient seule­ment à une nor­ma­li­sa­tion cultu­relle et po­li­tique des forces mi­li­taires, long­temps dé­con­si­dé­rées so­cia­le­ment. La Force d’au­to­dé­fense ma­ri­time, can­ton­née à des fonc­tions dé­fen­sives, a ce­pen­dant culti­vé, tout comme l’in­dus­trie, l’ex­cel­lence tech­nique. La suc­ces­sion des pro­grammes de guerre na­vale de sur­face et sous-ma­rine a mon­tré une par­faite maî­trise de la construc­tion na­vale, en pre­nant par­fois ap­pui sur les États-unis – pour des sys­tèmes comme l’ae­gis et une par­tie de la mis­si­le­rie –, mais le plus sou­vent sur ses propres ca­pa­ci­tés. La struc­tu­ra­tion même de la Force ma­ri­time d’au­to­dé­fense en fait une ma­rine à part en­tière, qui plus est puis­sante ; ce à quoi il faut ajou­ter la dis­po­si­tion dans l’ar­chi­pel de la deuxième usine de mon­tage du F-35 hors États-unis. S’il était ini­tia­le­ment ques­tion pour To­kyo de n’ache­ter que le F-35A, des­ti­né à la Force aé­rienne d’au­to­dé­fense, la ques­tion du F-35B a com­men­cé à se po­ser.

La ques­tion du F-35B n’est pas si in­con­grue qu’il y pa­raît. À la fin des an­nées 1980, l’hy­po­thèse d’un achat D’AV-8B avait été évo­quée. Il était alors ques­tion de dis­po­ser d’un ap­pa­reil pou­vant se pas­ser des bases aé­riennes dans le contexte de la pos­si­bi­li­té d’une guerre avec L’URSS, sur fond de doc­trine Leh­man.

Elle n’est pas si in­con­grue qu’il y pa­raît. À la fin des an­nées 1980, l’hy­po­thèse d’un achat D’AV-8B avait été évo­quée. Il était alors ques­tion de dis­po­ser d’un ap­pa­reil pou­vant se pas­ser des bases aé­riennes dans le contexte de la pos­si­bi­li­té d’une guerre avec L’URSS, sur fond de doc­trine Leh­man(7). Dans la fou­lée, plu­sieurs ob­ser­va­teurs avaient po­sé la ques­tion d’un em­bar­que­ment de ces ap­pa­reils et d’un re­tour aux opé­ra­tions aé­ro­na­vales. À ce mo­ment ce­pen­dant, To­kyo ne dis­po­sait que de des­troyers porte-hé­li­co­ptères des classes Shi­rane et Ha­ru­na, non do­tés de ponts conti­nus. Si les tran­sports de char Osu­mi en­trés en ser­vice à par­tir de 1998 com­por­taient des flush-decks, ils étaient ce­pen­dant dé­pour­vus de han­gar avia­tion, ce qui ré­glait la ques­tion. Reste que les Shi­rane et Ha­ru­na ont été rem­pla­cés par de nou­veaux «des­troyers porte-hé­li­co­ptères » bien plus grands et dont

La lon­gueur du pont de l’izu­mo n’est dé­pas­sée – d’un peu moins de 10 m – que par celle des classes de LHD et LHA amé­ri­caines. Or, les Wasp et les Ame­ri­ca n’ont pas be­soin de l’ins­tal­la­tion d’un trem­plin pour faire dé­col­ler leurs ap­pa­reils conven­tion­nel­le­ment.

l’ap­pa­ri­tion a ra­pi­de­ment po­sé la ques­tion de leur do­ta­tion en ap­pa­reils de com­bat(8). C’était d’au­tant plus le cas que si quatre Hyu­ga étaient ini­tia­le­ment pré­vus, seuls deux ont été construits, les deux res­tants, de classe Izu­mo, étant en­core plus grands, avec 51 m de lon­gueur et 5 m de lar­geur de plus, pour 8 000 t sup­plé­men­taires (voir ta­bleau).

Le pont lui-même a une lon­gueur de 248 m, soit plus que celle de nombre de bâ­ti­ments em­bar­quant des ap­pa­reils ADAC/V (Avions à Dé­col­lages et At­ter­ris­sages Courts/ver­ti­caux). En fait, la lon­gueur du pont de l’izu­mo n’est dé­pas­sée – d’un peu moins de 10 m – que par celle des classes de LHD et LHA amé­ri­caines. Or, les Wasp et les Ame­ri­ca n’ont pas be­soin de l’ins­tal­la­tion d’un trem­plin pour faire dé­col­ler leurs ap­pa­reils conven­tion­nel­le­ment. Par ailleurs, le Pha­lanx qui était po­si­tion­né au bout du pont du Hyu­ga, blo­quant phy­si­que­ment toute pos­si­bi­li­té de dé­col­lage, a été dé­pla­cé, lais­sant l’en­semble de la plage avant to­ta­le­ment libre. Reste ce­pen­dant un dé­tail

d’im­por­tance. L’avant du pont de l’izu­mo est bi­seau­té, contrai­re­ment à ce­lui des Wasp et des Ame­ri­ca, ce qui ré­duit la dis­tance dis­po­nible pour un dé­col­lage D’AV-8B ou de F-35. Rien n’in­dique que ce bi­seau­te­ment soit in­dis­pen­sable pour l’in­té­gri­té de la struc­ture du bâ­ti­ment; au­tre­ment dit, le choix d’une telle confi­gu­ra­tion pour­rait tout sim­ple­ment si­gni­fier que des ap­pa­reils ADAC/V ne se­ront pas uti­li­sés. Dans le même temps, on peut éga­le­ment sou­li­gner que rien n’em­pêche les concep­teurs de mo­di­fier la par­tie avant du na­vire, sa­chant que ce der­nier au­ra une car­rière opé­ra­tion­nelle de plus de trente ans.

Rien ne semble donc tech­ni­que­ment s’op­po­ser à l’em­bar­que­ment de F-35B, d’au­tant plus que la sur­face du han­gar est consi­dé­ra­ble­ment ac­crue com­pa­ra­ti­ve­ment à ce­lui des Hyu­ga et que l’ins­tal­la­tion des équi­pe­ments de sou­tien des F-35B ne semble pas po­ser de pro­blème a prio­ri. Peut-être des mo­di­fi­ca­tions de­vraient-elles être ap­por­tées au ni­veau des soutes à mu­ni­tions – pour l’heure sur­tout oc­cu­pées par des tor­pilles Mk46 – et des chaînes de tran­sport, mais l’af­faire ne semble pas in­sur­mon­table. Res­tait ce­pen­dant la ques­tion de la fai­sa­bi­li­té po­li­tique d’une telle évo­lu­tion. La mise en ser­vice des Izu­mo n’a pas man­qué de sus­ci­ter des cri­tiques chi­noises, dans le contexte de ten­sions au­tour de la sou­ve­rai­ne­té de l’ar­chi­pel San­ka­ku/ Diaoyu et d’un ac­ti­visme en mer de Chine mé­ri­dio­nale in­quié­tant les puis­sances ri­ve­raines. To­kyo voit ain­si clai­re­ment, sans même em­bar­quer de F-35B, ses deux Izu­mo comme des ins­tru­ments sym­bo­liques puis­sants, en me­nant, en 2017 puis 2018, des sor­ties de ces bâ­ti­ments en mer de Chine mé­ri­dio­nale.

Entre-temps, le 25 dé­cembre 2017, le gou­ver­ne­ment ja­po­nais an­non­çait, via l’agence Kyo­do, qu’il tra­vaillait à un plan vi­sant à l’achat de F-35B, tout en in­di­quant clai­re­ment qu’ils étaient des­ti­nés à un em­bar­que­ment sur ses des­troyers, « une fois que des mo­di­fi­ca­tions se­ront faites à l’étrave, au pont et à d’autres zones ». Sur­tout, les Hyu­ga semblent éga­le­ment concer­nés dès lors que « ces mo­di­fi­ca­tions per­met­tront aux des­troyers, nou­veaux ou an­ciens, d’avoir la fonc­tion de pe­tits por­tea­vions (9) ». Les F-35B se­raient com­man­dés dans l’en­ve­loppe des 42 ap­pa­reils pré­vus pour la force aé­rienne, ou en plus. Le 27 avril, une étude était ren­due par le construc­teur Ma­rine Uni­ted Cor­po­ra­tion au mi­nis­tère de la Dé­fense ja­po­nais sur la fai­sa­bi­li­té des trans­for­ma­tions des Izu­mo. Elle se mon­trait op­ti­miste, in­di­quant que si un trem­plin de­vait être ins­tal­lé, les as­cen­seurs avaient été conçus pour le F-35B. Le pont est quant à lui dé­jà do­té du re­vê­te­ment de pro­tec­tion ther­mique per­met­tant d’opé­rer des Light­ning II(10). Au­cun dé­tail quant à la du­rée des trans­for­ma­tions né­ces­saires ou à leur coût n’au­rait été ré­vé­lé. Cette évo­lu­tion semble au de­meu­rant ne pas vé­ri­ta­ble­ment sus­ci­ter de ré­ac­tions de la part des mou­ve­ments pa­ci­fistes – voire même connaître une cer­taine nor­ma­li­sa­tion dans la so­cié­té ci­vile (11).

Si les obs­tacles tech­niques sont donc qua­si of­fi­ciel­le­ment écar­tés, plu­sieurs ques­tions conti­nuent de se po­ser quant à la fai­sa­bi­li­té d’un tel plan. La pre­mière est po­li­tique. To­kyo a mul­ti­plié les an­nonces au­tour du dé­ve­lop­pe­ment de ses ca­pa­ci­tés, tou­jours en ré­ac­tion aux po­si­tions chi­noises. Jus­qu’ici, les réa­li­sa­tions ont été peu nom­breuses. Si des forces am­phi­bies sont ef­fec­ti­ve­ment en cours de mon­tée en puis­sance, elles sont tou­te­fois en­core peu vo­lu­mi­neuses. Les an­nonces de la conduite d’études sur des bat­te­ries cô­tières de mis­siles an­ti­na­vires su­per­so­niques de plus longue por­tée ou en­core sur des mis­siles de croi­sière pou­vant être ti­rés de­puis les na­vires de sur­face et les sous-ma­rins – deux do­maines sur les­quels l’in­dus­trie nip­pone n’au­ra au­cune dif­fi­cul­té à ré­pondre aux at­tentes – n’ont quant à elles pas été sui­vies de bud­gets concrets de R&D. Reste que si ces dif­fé­rentes an­nonces ont une va­leur sym­bo­lique in­dé­niable et que leur fonc­tion pre­mière pour­rait être celle-là, elles s’ap­puient aus­si sur un réel po­ten­tiel tech­nique ; les fi­nan­ce­ments ne consti­tuant cer­tai­ne­ment pas le plus grand pro­blème de To­kyo.

En­suite, une deuxième ques­tion d’ordre stra­té­gique se pose : pour quoi faire ? Le Ja­pon dis­pose d’une puis­sante force aé­rienne of­frant une cou­ver­ture sur­face-air plus qu’im­por­tante, à la­quelle s’ajoutent les ca­pa­ci­tés, éga­le­ment vo­lu­mi­neuses, de la ma­rine. Dans le même temps, le F-35B est un ap­pa­reil d’em­blée op­ti­mi­sé pour les opé­ra­tions de frappe ter­restre : il cu­mule les tares du F-35A en ma­tière de ma­noeu­vra­bi­li­té et un rayon d’ac­tion plus faible du fait de ses ca­pa­ci­tés propres. Il semble, de même, peu adap­té aux opé­ra­tions an­ti­na­vires : il n’em­barque pas le Har­poon et en­core moins les ASM-2 ni les fu­turs ASM-3 et LRASM amé­ri­cains. Pour l’heure, l’ar­me­ment est en­core li­mi­té aux GBU-12 et -32 et si le NSM nor­vé­gien

To­kyo voit clai­re­ment, sans même em­bar­quer de F-35B, ses deux Izu­mo comme des ins­tru­ments sym­bo­liques puis­sants, en me­nant, en 2017 puis 2018, des sor­ties de ces bâ­ti­ments en mer de Chine mé­ri­dio­nale.

équi­pe­ra bien le F-35A, rien n’est dit pour les F-35B. Pas­ser à une lo­gique de porte-avions im­plique donc non seule­ment d’aban­don­ner la rhé­to­rique d’une « force d’au­to­dé­fense » dès lors qu’elle pour­rait faire plus que ce­la, mais aus­si d’en­trer dans une ra­tio­na­li­té d’ac­tion air-sol. L’af­faire est plus com­plexe qu’elle n’en a l’air. Elle né­ces­site l’ac­qui­si­tion d’une cul­ture et d’une foule de sa­voir-faire, de­puis des as­pects très tech­niques liés à l’ar­mu­re­rie jus­qu’à la pla­ni­fi­ca­tion d’opé­ra­tions air-sol et l’ap­pren­tis­sage des lo­giques de ci­blage.

En­fin, il fau­dra ré­soudre une troi­sième ques­tion d’ordre ma­té­riel, à la fois d’or­ga­nique na­vale et de sys­té­mique de puis­sance aé­rienne. Sur le plan or­ga­nique na­val, si les Izu­mo pour­raient sans trop de pro­blèmes em­bar­quer une di­zaine de F-35B et des SH-60K de lutte ASM, le Ja­pon de­vra éga­le­ment se do­ter de ca­pa­ci­tés de dé­tec­tion aé­rienne avan­cée em­bar­quées, sauf à opé­rer sous la cou­ver­ture de ses AWACS ba­sés au sol – ce qui ré­dui­rait d’em­blée le pé­ri­mètre des ac­tions aé­ro­na­vales. La so­lu­tion pour­rait bien être bri­tan­nique : la MSDF opère dé­jà des Mer­lin dans des fonc­tions de guerre des mines… un type de ma­chine qui se­ra éga­le­ment la mon­ture du Crows­nest dont doivent être do­tés les deux Queen Eli­za­beth et dont le dé­ve­lop­pe­ment est plus qu’avan­cé. Le pro­blème n’est donc pas in­sur­mon­table.

En re­vanche, la ques­tion de sys­té­mique de puis­sance aé­rienne est plus gê­nante : même en comp­tant deux groupes aé­riens em­bar­qués to­ta­li­sant une ving­taine d’aé­ro­nefs et l’em­bar­que­ment de mis­siles de croi­sière sur les bâ­ti­ments de sur­face et/ou les sous-ma­rins, les ca­pa­ci­tés de frappe ter­restre ja­po­naise se­ront re­la­ti­ve­ment li­mi­tées quan­ti­ta­ti­ve­ment, mais aus­si qua­li­ta­ti­ve­ment. La ques­tion qui se pose alors est celle de la cré­di­bi­li­té d’un tel ins­tru­ment : at­teint-il une «masse cri­tique» sus­cep­tible d’en faire un le­vier de puis­sance po­li­ti­que­ment utile? On le sou­li­gnait plus haut, frap­per au sol né­ces­site des ca­pa­ci­tés de ci­blage et, cor­ré­la­ti­ve­ment, de ren­sei­gne­ment. Or si To­kyo a fait des pro­grès re­mar­quables en la ma­tière ces der­nières an­nées, il est pro­bable que ses ca­pa­ci­tés sa­tel­li­taires, par exemple, lui soient plus utiles sur le plan po­li­ti­co-stra­té­gique que sur les plans opé­ra­tif et tac­tique ; deux do­maines dans les­quels l’aide amé­ri­caine semble a prio­ri es­sen­tielle, au moins du­rant les pre­mières an­nées. Pas­ser le cap du porte-avions im­plique donc d’en­trer dans des lo­giques dé­pas­sant de loin le seul as­pect tech­nique de l’em­bar­que­ment de F-35B sur des na­vires.

SÉOUL ET LE MARADO

Com­pa­ra­ti­ve­ment au Ja­pon, la Co­rée du Sud n’a his­to­ri­que­ment au­cune cul­ture aé­ro­na­vale em­bar­quée – si ce n’est l’usage d’hé­li­co­ptères ASM de­puis ses fré­gates et des­troyers. La ques­tion d’un em­bar­que­ment de F-35B sur le Dok­do, son pre­mier LHD (Lan­ding He­li­cop­ter Dock) avait été po­sée par des ana­lystes au mo­ment de son ad­mis­sion au ser­vice ac­tif, en 2007(12). Jus­qu’à trois na­vires étaient ini­tia­le­ment en­vi­sa­gés, cor­res­pon­dant à trois groupes na­vals in­cluant éga­le­ment un grand des­troyer Ae­gis de classe Se­jong Dae­wang(13). Mais force était de consta­ter que, dans la pra­tique, Séoul ré­ser­vait son nou­veau bâ­ti­ment ex­clu­si­ve­ment aux opé­ra­tions am­phi­bies, en n’em­bar­quant que des hé­li­co­ptères de tran­sport et en ne l’uti­li­sant pas pour des mis­sions ASM. C’était d’au­tant plus le cas que le lan­ce­ment de la construc­tion du Marado, sis­ter-ship du Dok­do, avait été re­tar­dé du fait de dif­fi­cul­tés

La ques­tion qui se pose est celle de la cré­di­bi­li­té d’un tel ins­tru­ment [por­teaé­ro­nefs ar­mé de F-35B] : at­teint-il une « masse cri­tique » sus­cep­tible d’en faire un le­vier de puis­sance po­li­ti­que­ment utile ?

bud­gé­taires, le bâ­ti­ment étant fi­na­le­ment lan­cé en mai 2018. Reste que la si­tua­tion stra­té­gique ré­gio­nale a éga­le­ment eu une in­fluence sur la ré­flexion des dé­ci­deurs.

Le 25 dé­cembre 2017 – le même jour que le Ja­pon, donc –, l’agence sud-co­réenne Yon­hap an­non­çait ain­si que la ma­rine sud-co­réenne avait « com­men­cé à consi­dé­rer l’uti­li­sa­tion de F-35B […] de­puis son nou­veau bâ­ti­ment am­phi­bie (14) ». Le com­mu­ni­qué fait état de ré­flexions conduites « ré­cem­ment » et im­pli­quant l’achat d’un pe­tit nombre de F-35B. Comme le Ja­pon, la Co­rée du Sud a ac­quis des F-35A (40), construits aux États-unis. L’achat de F-35B pour­rait éga­le­ment prendre du sens au re­gard de la me­nace ba­lis­tique nord-co­réenne, no­tam­ment sur les bases aé­riennes, mais po­se­rait, comme au Ja­pon d’ailleurs, la ques­tion de la main­te­nance de mi­cro­flottes. Reste éga­le­ment à voir si les Dok­do pour­raient ef­fec­ti­ve­ment em­bar­quer des F-35B. S’ils sont flush-deck, per­met­tant a prio­ri un tel usage, leur lon­gueur, 199 m, semble ce­pen­dant faible : com­pa­ra­ti­ve­ment, le Ca­vour ita­lien fait 245 m et les Can­ber­ra (Juan Car­los) aus­tra­liens, près de 231 m. L’ins­tal­la­tion d’un trem­plin semble donc né­ces­saire, d’au­tant plus que, comme pour les bâ­ti­ments ja­po­nais, le pont est bi­seau­té.

Sa confi­gu­ra­tion elle-même n’est pas op­ti­male. Là où les as­cen­seurs des Izu­mo sont pla­cés l’un à tri­bord ar­rière et l’autre en avant du châ­teau, ceux des Dok­do sont ali­gnés, ren­dant la ges­tion du pont plus dé­li­cate. Ils peuvent tou­te­fois ac­cueillir 19 t, soit plus que les 14,5 t d’un F-35B et leurs di­men­sions per­met­traient la ma­nu­ten­tion de l’ap­pa­reil. Le pont a par ailleurs été ren­for­cé avec un re­vê­te­ment en uré­thane de ma­nière à pou­voir sup­por­ter la dé­flexion de gaz chauds, des es­sais avec des MV-22B at­tes­tant cette pos­si­bi­li­té, au moins sur une par­tie du pont. Reste éga­le­ment la ques­tion, plus dé­li­cate, du han­gar. La struc­ture du Dok­do est telle que le ra­dier se pro­longe par un han­gar unique, qui court sur la lon­gueur du bâ­ti­ment, et qui sert à la fois de han­gar à vé­hi­cules, de han­gar aé­ro­nau­tique et au sto­ckage de ma­té­riel. Cette so­lu­tion offre une réelle po­ly­va­lence, en per­met­tant d’ins­tal­ler des conte­neurs spé­cia­li­sés, par exemple. Mais elle n’est pas des plus pra­tiques non seule­ment pour l’em­bar­que­ment d’ap­pa­reils de com­bat, mais aus­si – et sur­tout – pour leur main­te­nance. L’amé­na­ge­ment pour­rait être dif­fé­rent sur le Marado, mais ses di­men­sions et sa confi­gu­ra­tion gé­né­rale semblent iden­tiques.

En te­nant compte de ces dif­fé­rents pa­ra­mètres, on peut es­ti­mer que peu d’ap­pa­reils pour­raient être em­bar­qués sur des Dok­do mo­di­fiés. En théo­rie, une di­zaine D’UH-60 peuvent l’être en temps nor­mal, de sorte que l’em­bar­que­ment de F-35B en­traî­ne­rait la ré­duc­tion de la flotte d’hé­li­co­ptères des­ti­nés aux mis­sions ASM et d’hy­po­thé­tiques ap­pa­reils de dé­tec­tion aé­rienne avan­cée. À voir donc si le gain ca­pa­ci­taire of­fert par l’in­té­gra­tion du F-35B com­pen­se­rait les mo­di­fi­ca­tions qui doivent être ap­por­tées aux bâ­ti­ments pour per­mettre de les opé­rer. Comme dans le cas ja­po­nais, la ques­tion de la fonc­tion pré­cise d’une telle évo­lu­tion reste éga­le­ment po­sée. Avec peu d’ap­pa­reils pou­vant po­ten­tiel­le­ment être en­ga­gés et un dé­fi­cit de cou­ver­ture en ma­tière de dé­tec­tion aé­rienne avan­cée, les «porte-avions» sud-co­réens de­vraient être en­ga­gés à proxi­mi­té des côtes, sous la cou­ver­ture four­nie par les Wed­ge­tail, mais aus­si les chas­seurs de la force aé­rienne ; ce qui pour­rait se conce­voir en ap­pui d’opé­ra­tions am­phi­bies par exemple(15). Une autre hy­po­thèse est de consi­dé­rer que la Co­rée du Sud se for­ge­rait, avec un ou deux Dok­do mo­di­fiés, une pre­mière ex­pé­rience aé­ro­na­vale, dans l’at­tente de la construc­tion de bâ­ti­ments plus adap­tés. La lo­gique se­rait ain­si celle d’une « aé­ro­na­vale vir­tuelle», sem­blable à l’ex­pé­rience chi­noise du Liao­ning, mais moins am­bi­tieuse. À la dif­fé­rence que la Chine avait un plan clair quant au dé­ve­lop­pe­ment de son aé­ro­na­vale, là où Séoul semble se li­mi­ter à la pos­si­bi­li­té de conver­sion d’un ou deux na­vires…

DES PORTE-AVIONS, POUR­QUOI MAIN­TE­NANT ?

Le cas sud-co­réen per­met ain­si de s’in­ter­ro­ger sur les ra­tio­na­li­tés à l’oeuvre der­rière les an­nonces faites en dé­cembre 2017. Il faut sans doute y trou­ver une ra­tio­na­li­té mi­mé­tique dé­cou­lant d’un di­lemme de la sé­cu­ri­té. Séoul se po­si­tion­ne­rait ain­si au re­gard de la Chine, mais aus­si du Ja­pon, avec le­quel per­siste un dif­fé­rend sur les îles… Dok­do. Mais sous le ver­nis po­li­tique, la ques­tion de la cré­di­bi­li­té ca­pa­ci­taire ne manque pas de se po­ser. Et si l’on a peu de mal à conce­voir la mon­tée en puis­sance de l’aé­ro­na­vale ja­po­naise, on peut en avoir plus concer­nant une aé­ro­na­vale em­bar­quée sud-co­réenne, alors que d’autres prio­ri­tés en ma­tière d’in­ves­tis­se­ments sont clai­re­ment af­fi­chées en Co­rée du Sud. Aus­si peut-on éga­le­ment po­ser comme hy­po­thèse que ces dé­cla­ra­tions, en par­ti­cu­lier à Séoul, ont une fonc­tion po­li­tique in­té­rieure, à l’égard des po­pu­la­tions comme des forces, mais aus­si, en élar­gis­sant à l’in­ter­na­tio­nal, à

Reste à voir si les Dok­do pour­raient ef­fec­ti­ve­ment em­bar­quer des F-35B. S’ils sont flush-deck, per­met­tant a prio­ri un tel usage, leur lon­gueur, 199 m, semble ce­pen­dant faible.

l’égard d’un al­lié amé­ri­cain de­ve­nant de plus en plus im­pré­vi­sible. Le mes­sage sous-ja­cent se­rait ce­lui d’une plus grande prise en main de sa sé­cu­ri­té par Séoul; un type de rai­son­ne­ment qui pour­rait éga­le­ment avoir été te­nu au Ja­pon.

D’autre part, en in­di­quant clai­re­ment que de telles ca­pa­ci­tés re­po­se­raient sur le F-35B, les deux États donnent éga­le­ment des gages à Wa­shing­ton, certes du point de vue in­dus­triel – les ap­pa­reils doivent être ache­tés –, mais éga­le­ment des points de vue mi­li­taire et po­li­tique. Les deux ma­rines tra­vaillent de ma­nière étroite avec L’US Na­vy comme avec les Ma­rines, ce qui fa­ci­li­te­ra sans doute l’ac­cès aux sa­voir-faire, mais aus­si l’in­ter­opé­ra­bi­li­té. In fine, cette fois du point de vue de Wa­shing­ton, ces an­nonces mon­tre­raient que la pres­sion mise sur les al­liés pour qu’ils soient plus ac­tifs dans leur dé­fense porte ses fruits. Il n’en de­meure pas moins que ces an­nonces sont aus­si la confir­ma­tion du rôle so­cio­po­li­tique des ca­pa­ci­tés aé­ro­na­vales. D’une part, en tant qu’ob­jet de fier­té na­tio­nale. D’autre part, parce que ces bâ­ti­ments sont tou­jours consi­dé­rés comme des na­vires de pre­mier rang et qu’ils re­pré­sentent une ca­pa­ci­té pres­ti­gieuse pour des ma­rines, au-de­là des li­mites tech­ni­que­ment im­po­sées par le de­si­gn des avions… Notes

(1) Short Take-off But Ar­res­ted Re­co­ve­ry.

(2) Voir Alexandre Shel­don-du­plaix, « La stra­té­gie na­vale chi­noise », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, hors-sé­rie no 50, oc­tobre-no­vembre 2016; « Les des­sous de la li­vrai­son à la Chine de l’ex-va­ryag », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 113, avril 2015 et « Où en est le pro­gramme de porte-avions chi­nois? », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 101, mars 2014.

(3) L’ap­pa­reil est dé­ri­vé du T-10K, un des pré­cur­seurs du Su-33 russe, et in­tègre une avio­nique dé­ve­lop­pée pour le J-11.

(4) Maxi­mum Take-off Weight. (5) Au même titre d’ailleurs qu’il l’avait été pour L’URSS lors­qu’elle a lan­cé son pro­gramme de construc­tion de porte-avions. (6) Y com­pris deux bâ­ti­ments de la classe Xu Xiake. Conçus comme des pa­que­bots, ils em­barquent un su­per­mar­ché et des es­paces de di­ver­tis­se­ment. Ini­tia­le­ment des­ti­nés aux équipes de construc­tion des bâ­ti­ments, ils pour­raient ac­com­pa­gner les groupes aé­ro­na­vals ou en­core ser­vir de na­vires de tran­sport de troupes.

(7) Du nom du se­cré­taire à la ma­rine amé­ri­cain qui a mis en avant la doc­trine de l’es­ca­lade ho­ri­zon­tale. Cette der­nière en­vi­sa­geait la conduite d’opé­ra­tions am­phi­bies le long des côtes so­vié­tiques, et no­tam­ment à proxi­mi­té de Vla­di­vos­tok. (8) Jo­seph Hen­ro­tin, « Classe Izu­mo : le grand saut ja­po­nais vers leo porte-aé­ro­nefs? »,

Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, n 97, no­vembre 2013.

(9) « Po­ten­tial de­fense shift may see Ja­pan arm he­li­cop­ter car­riers with F-35B stealth jets », Ja­pan Times, 25 dé­cembre 2017. (10) Franz-ste­fan Ga­dy, « Stu­dy: Ja­pan’s Lar­gest War­ship can Sup­port F-35B », The Di­plo­mat, 2 mai 2018.

(11) Anec­do­ti­que­ment, le ma­quet­tiste Ha­se­ga­wa met­tait sur le mar­ché un Ka­ga au 1/700 dont le pont pou­vait être do­té de deux F-35B. Ta­mya pro­po­sait quant à lui un «DDV-192 Ibu­ki» à la même échelle, do­té d’un trem­plin et de 10 F-35B. Le porte-avions de fic­tion ren­voie au man­ga Ku­bo Ibu­ki («porte-avions Ibu­ki») de Ka­wa­gu­chi Kai­ji pu­blié pour la pre­mière fois en dé­cembre 2014.

(12) Jean-louis Pro­mé, « L’asie ac­cède au porte-aé­ro­nefs »,

Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 17, juillet 2006.

(13) Jo­seph Hen­ro­tin, « Co­rée du Sud. Une puis­sance ma­ri­time en de­ve­nir? », Dé­fense & Sé­cu­ri­té In­ter­na­tio­nale, no 48, mai 2009. (14) « S. Ko­rea’s mi­li­ta­ry mulls ope­ra­ting F-35B stealth air­craft aboard new am­phi­bious as­sault ship », Yon­hap, 25 dé­cembre 2017.

(15) En­core que l’em­bar­que­ment d’hé­li­co­ptères de com­bat semble a prio­ri plus per­ti­nent. Pour l’heure, il ne semble pas que des AH-1 sud-co­réens aient dé­jà été em­bar­qués sur le Dok­do.

Sous le ver­nis po­li­tique, la ques­tion de la cré­di­bi­li­té ca­pa­ci­taire ne manque pas de se po­ser. Et si l'on a peu de mal à conce­voir la mon­tée en puis­sance de l'aé­ro­na­vale ja­po­naise, on peu­te­na­voir­plus­con­cer­nant une aé­ro­na­vale em­bar­quée sud-co­réenne.

Un SH-60K dans le han­gar de l’izu­mo. Of­fi­ciel­le­ment, 14 hé­li­co­ptères peuvent être em­bar­qués, mais les di­men­sions du han­gar sug­gèrent qu’une quan­ti­té plus im­por­tante pour­rait l’être. (© JMSDF)

Un F-35B à l’at­ter­ris­sage, mon­trant les trappes d’éjec­tion de flux ou­vertes der­rière le cock­pit, mais aus­si sous les ailes. (© DOD)

Cou­ver­ture du cin­quième vo­lume de Ku­bo Ibu­ki, man­ga ja­po­nais qui se­ra dé­cli­né en film, met­tant en scène une ver­sion do­tée d’un trem­plin d’un Izu­mo. (© D.R.)

Le LHD LPH-6111 Dok­do de la ma­rine sud-co­réenne.Trois bâ­ti­ments de cette classe étaient ini­tia­le­ment en­vi­sa­gés au dé­but des an­nées 2000. (© US Ma­rine Corp)

Des UH-60 et CH-47 amé­ri­cains opé­rant de­puis le pont du Dok­do. (© US Ar­my)

Deux F-35B sur le pont de L’USS Wasp, au cours de leurs pre­miers es­sais à la mer. (© Lock­heed Mar­tin)

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