L’APC EST-EU­RO­PÉEN

DSI - - SPÉCIFICATIONS [OT-64 SKOT] - Par Pierre PE­TIT Ex­pert en sys­tèmes d’armes P. P.

L’OT-64 (Obr­ne­ny Trans­por­ter, vé­hi­cule de trans­port de troupes 1964) est dé­ve­lop­pé conjoin­te­ment par la Tché­co­slo­va­quie et la Po­logne à par­tir de jan­vier 1958. Il prend le nom de SKOT (Sred­ni Ko­lowy Obr­ne­ny Trans­por­ter en Tché­co­slo­va­quie ; Sred­ni Ko­lowy Opan­cerz­ny Trans­por­ter en Po­logne). Il est des­ti­né à rem­pla­cer la flotte de BTR-152 po­lo­nais et D’OT-810 tchèques, for­te­ment ins­pi­rés du se­mi-che­nillé Sdkfz. 251 de la Wehr­macht.une­pre­miè­reé­bau­cheest réa­li­sée par le bu­reau d’in­gé­nieurs de la firme tchèque AZKG. En jan­vier 1959, le pro­jet prend le nom de code A-105. Il em­prun­teau­ca­mion­ta­trat-138la­mo­to­ri­sa­tion et au ca­mion Pra­ga S-360 le sys­tème de trans­mis­sion. En avril 1960, les ate­liers de la firme tchèque Let­na­ny pré­sentent le pre­mier pro­to­type qui

sert aux tests de rou­lage. Ils vont s’avé­rer dé­sas­treux, la trans­mis­sion de­vant être com­plè­te­ment re­vue après seule­ment 3 075 km ef­fec­tués. Plus in­quié­tant, en no­vembre 1960, L’OT-64 ne sa­tis­fait pas aux tests de ré­sis­tance du blin­da­ge­fa­ceau12,7mm.en­dé­cembre, une nou­velle caisse avec in­cli­nai­son cor­ri­gée et épais­seur amé­lio­rée est com­man­dée. Elle est ins­tal­lée sur le qua­trième pro­to­type (SKOT IV) qui passe les tests de ré­sis­tance avec suc­cès, en sep­tembre 1962.

Ini­tia­le­ment pré­vue en Tché­co­slo­va­quie, la fa­bri­ca­tion est aus­si sou­hai­tée en Po­logne. Le 8 jan­vier 1963, un ac­cord est si­gné entre les deux pays afin de par­ta­ger la pro­duc­tion pla­ni­fiée de 8 600 vé­hi­cules. La Po­logne dé­signe Jelcz, im­plan­tée à Jelcz-la­ko­wice, pour la fa­bri­ca­tion de 4 600 exem­plaires, mais cette der­nière est dé­lo­ca­li­sée à Lu­blin chez FSC par manque de main-d’oeuvre. La Tché­co­slo­va­quie man­date Let­na­ny pour la pro­duc­tion de 4 000 vé­hi­cules, dont ceux de pré­sé­rie, qui se­ra lan­cée en juillet 1963. Mais L’OT-64 souffre de pro­blèmes ré­cur­rents au ni­veau de la trans­mis­sion et de l’em­brayage. Il faut at­tendre mai 1964 pour que la pro­duc­tion de masse soit lan­cée. À la fin de l’an­née, 50 exem­plaires re­joignent l’ar­mée po­lo­naise et 200, l’ar­mée tchèque. En dé­cembre 1964, Mos­cou donne l’au­to­ri­sa­tion de pro­duire sous li­cence le BMP et la com­mande D’OT-64 est re­vue à la baisse : 2 500 pour Var­so­vie et 2 178 pour Prague. Entre 1966 et 1970, la com­mande po­lo­naise est vic­time de la conjonc­ture éco­no­mique fra­gile et chute à 2 200 exem­plaires, re­mon­tant à 2 338 en jan­vier 1971. En 1969, tous les OT-64 com­man­dés par les deux pays ont été li­vrés.

L’ot-64connaît­de­très­nom­breuses ver­sions : quatre de trans­port de troupes, dont deux équi­pées de la tou­relle GPU-1 ; dix en ver­sion ra­dio/com­man­de­ment (à par­tir de 1967) ; deux de lutte an­ti­char dé­ve­lop­pées à par­tir de 1970 et armées de mis­siles AT-3 Sag­ger ; une de dé­fense an­ti­aé­rienne avec une tou­relle re­des­si­née afin d’en­ga­ger des cibles à basse al­ti­tude ; une d’ap­pui et de lutte an­ti­char em­bar­quant des ca­nons sans re­cul SPG-9, des postes de tir de mis­siles AT-3 Sag­ger puis AT-4 Spi­got et trac­tant un mor­tier de 120 mm ; de re­con­nais­sance et de gé­nie de com­bat ; de dé­pan­nage ; de guerre psy­cho­lo­gique équi­pée de haut-par­leurs d’une por­tée de 6 km et re­ti­rée du ser­vice en 1990. En Po­logne, à la fin des an­nées 1980, et alors que le re­trait des OT-64 est im­mi­nent avec l’ar­ri­vée des BTR-80, on amé­liore le blin­dage sur 1 500 exem­plaires. En 1991, 1 261 sont en­core en ser­vice. En 1996, il n’en reste plus que 37 de com­man­de­ment, 33 en 2003 et 22 en 2016. Plus ré­cem­ment, un nombre in­dé­ter­mi­né D’OT-64 « Rys-med » est trans­for­mé en ver­sion sa­ni­taire afin d’être en­voyé sur le théâtre af­ghan. En Ré­pu­blique tchèque, L’OT-64 est re­ti­ré en 2006. Grâce à un prix très at­trac­tif de 392 500 dol­lars à la fin des an­nées 1960, L’OT-64 au­ra un im­por­tant suc­cès à l’ex­por­ta­tion. Dès 1967, l’ou­gan­da achète 12 exem­plaires. L’irak em­boîte le pas en 1969 (327), et le Sou­dan (57) l’an­née sui­vante. Au fur et à me­sure de la ré­duc­tion des flottes po­lo­naise et tché­co­slo­vaque, de très nom­breux OT-64 de se­conde main vont être ex­por­tés prin­ci­pa­le­ment en di­rec­tion de pays afri­cains et asia­tiques où leur rus­ti­ci­té fait mer­veille mal­gré une pro­tec­tion tou­jours per­fec­tible.

La pro­émi­nente proue ac­cueille sur le gla­cis su­pé­rieur le pare-lames et sur le gla­cis in­fé­rieur les phares et leur vo­let. (© Coll. P. Pe­tit)

Un OT-64 SKOT R2 de com­man­de­ment. Le si­len­cieux du pot d’échap­pe­ment droit est pro­té­gé par le dé­flec­teur et l’épi­scope sur la porte ou­verte du chef de bord. (© Coll. P. Pe­tit)

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