HIS­TO­RIQUE

DSI - - SPÉCIFICATIONS [SA80] -

Le SA80 fut dé­ve­lop­pé à par­tir de 1976 en rem­pla­ce­ment du L1A1, la ver­sion du FAL en ser­vice au sein de l’ar­mée bri­tan­nique. Il est l’abou­tis­se­ment d’une longue re­cherche in­cluant deux rup­tures : le pas­sage du 7,62 × 51 mm au 5,56 × 45 mm et l’in­tro­duc­tion d’une confi­gu­ra­tion bull­pup, sem­blable à celle adop­tée par la France avec le FAMAS en 1979. Les pre­mières re­cherches concer­nant le bull­pup re­montent à la fin des an­nées 1940, avec L’EM1 en 7,92 × 57 mm, dé­ri­vé du FG42 al­le­mand, puis L’EM2 en ca­libre .280/30, ins­pi­ré du Ka­ra­bi­ner 43 ain­si que du SVT40 so­vié­tique. Si le FAL fut fi­na­le­ment choi­si par l’ar­mée bri­tan­nique en 1957, le SA80 hé­ri­ta de ces tra­vaux d’études. L’adop­tion du 5,56 mm in­ter­vint après des re­cherches ex­ten­sives concer­nant le ca­libre 4,85 × 49 mm, dans le­quel étaient cham­brées les trois va­riantes du fu­tur SA80, en dé­ve­lop­pe­ment chez En­field de­puis 1969 : un fu­sil d’as­saut dé­nom­mé XL64E5 en ver­sion droi­tier et XL68 en ver­sion gau­cher, ain­si qu’un fu­sil-mi­trailleur bap­ti­sé XL65E4. Ce nou­veau ca­libre était consi­dé­ré à l’époque comme su­pé­rieur au 5,56 × 45 mm, car il gé­né­rait un re­cul plus faible, de meilleures per­for­mances gé­né­rales et, de sur­croît, il per­met­tait au com­bat­tant d’em­por­ter plus de mu­ni­tions. Pour au­tant, l’adop­tion de la mu­ni­tion belge SS109 par L’OTAN joua en fa­veur du 5,56 mm pour des rai­sons éco­no­miques et lo­gis­tiques : les pre­miers pro­to­types furent re­cham­brés en 5,56 mm et res­pec­ti­ve­ment re­bap­ti­sés XL70E3, XL78 et XL73E3 à par­tir de 1976.

Le SA80 était su­jet à une ca­dence de tir in­stable et à des ir­ré­gu­la­ri­tés dans l’éjec­tion des étuis, condui­sant à des tra­vaux sup­plé­men­taires et à une re­dé­si­gna­tion en XL85 et XL86, qui en­trèrent en ser­vice le 2 oc­tobre 1985 sous le nom de L85A1 In­di­vi­dual Wea­pon et L86A1 Light Sup­port Wea­pon. Ces armes furent pro­duites à 350 000 exem­plaires jus­qu’en 1994. La ver­sion gau­cher fut aban­don­née avant l’en­trée en pro­duc­tion, ne lais­sant qu’une ver­sion unique pour tous les ti­reurs avec un le­vier d’ar­me­ment si­tué à droite, pro­blé­ma­tique pour les gau­chers. D’autres pro­blèmes ne tar­dèrent pas à ap­pa­raître, cer­tains liés au de­si­gn de l’arme (poids du fu­sil proche de ce­lui du L1A1, sil­houette trop haute, dés­équi­libre vers l’ar­rière, sé­lec­teur de tir et li­bé­ra­tion de char­geur in­uti­li­sables par la main forte), d’autres à sa réa­li­sa­tion (dé­tente trop dure, ca­dence de tir in­fé­rieure de 100 coups/min à celle an­non­cée, per­cus­sion ac­ci­den­telle en cas de chute sur une sur­face dure). Après un cer­tain nombre d’ajus­te­ments, un pro­gramme de mo­der­ni­sa­tion fut en­tre­pris avec He­ck­ler & Koch à par­tir de 1998, me­nant à la conver­sion de 200 000 armes au standard A2, ache­vée en 2006. En 2003, une ver­sion ca­ra­bine bap­ti­sée L22A2 Com­pact As­sault Rifle fut in­tro­duite pour do­ter les ar­tilleurs, les équi­pages de blin­dés et d’hé­li­co­ptères, et le Fleet Pro­tec­tion Group des Royal Ma­rines. Mal­gré tout, « En­du­ring Free­dom » dé­mon­tra que le L85A2 né­ces­si­tait un ni­veau de main­te­nance trop exi­geant pour être réa­li­sé dans des condi­tions aus­si dé­gra­dées. Le 86A2 pré­sente tou­jours des pro­blèmes de ca­dence de tir et de sur­chauffe, me­nant à l’in­tro­duc­tion de la FN Mi­ni­mi pour l’ap­pui des groupes d’in­fan­te­rie. Les SAS et SBS re­je­tèrent cette arme après leurs tests, pré­fé­rant le M-4 et le G36 pour les opé­ra­tions spé­ciales.

De gauche à droite, le SA80A2, le XL60 et L’EM2. (© Crown Co­py­right)

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