Fi­du­cial Mé­dias de Ch­ris­tian La­touche ( Sud Ra­dio, Lyon Ca­pi­tale, TV, ...) se dé­ve­loppe au ni­veau na­tio­nal

En plus des groupes mé­dias TF1, M6/ RTL, Ca­nal+, La­gar­dère/ Eu­rope 1, NRJ, Le Monde, Le Fi­ga­ro, Le Pa­ri­sien- Les Echos ou en­core Al­tice ( BFM, Li­bé­ra­tion/ L’ex­press), sou­vent aux mains de mil­liar­daires, il faut dé­sor­mais comp­ter avec Fi­du­cial Mé­dias de Ch

Edition Multimédi@ - - La Une - Charles de Lau­bier

Fi­du­cial Mé­dias tente de concré­ti­ser ses am­bi­tions na­tio­nales, à com­men­cer dans la ra­dio avec la sta­tion Sud Ra­dio que le groupe a ra­che­tée il y a quatre ans et qui vient de fer­mer ses stu­dios à La­bège ( près de Tou­louse) après avoir em­mé­na­gé dans de nou­veaux à Pa­ris. Fi­liale du groupe d’ex­per­tise- comp­table Fi­du­cial di­ver­si­fié dans les ser­vices de ges­tion aux en­tre­prises, Fi­du­cial Mé­dias a pour PDG Di­dier Maïs­to ( pho­to de droite) de­puis fin 2013. Cet an­cien jour­na­liste du Fi­ga­ro ( 1988- 1993) de­ve­nu en­suite at­ta­ché par­le­men­taire ( 1993- 1998) de quatre dé­pu­tés suc­ces­sifs ( 1), puis lob­byiste, dé­ve­loppe de­puis quatre ans une stra­té­gie plu­ri­mé­dia et mul­ti­mé­dia bien au- de­là de Lyon d’où s’est lan­cé dans la presse la mai­son mère il y a près de dix ans. C’est en fait Ch­ris­tian La­touche ( pho­to de gauche), le très dis­cret fon­da­teur du groupe de ges­tion spé­cia­li­sé dans les TPE/ PME, Fi­du­cial ( ex- So­fi­na­rex), qui s’est épris de mé­dias : ce Bor­de­lais a je­té son dé­vo­lu sur Lyon Ca­pi­tale en le ra­che­tant en 2008. Cet heb­do­ma­daire de­ve­nu men­suel fut, avec son site web Lyon­ca­pi­tale. fr dès 1995, l’un des pion­niers de la presse fran­çaise sur In­ter­net avec Li­bé­ra­tion et Les Der­nières Nou­velles d’al­sace.

Ch­ris­tian La­touche, nou­veau mil­liar­daire des mé­dias

Puis, Ch­ris­tian La­touche s’est em­pa­ré en 2010 de la té­lé­vi­sion lo­cale pri­vée Lyon TV qu’il a re­bap­ti­sée dans la fou­lée Lyon Ca­pi­tale TV. La sta­tion Sud Ra­dio est en­fin tom­bée dans son es­car­celle en 2013, après avoir dé­bour­sé 7 mil­lions d’eu­ros – se­lon La Cor­res­pon­dance de la Presse à l’époque. Contrai­re­ment aux grandes ra­dios pri­vées ( NRJ, RTL, Eu­rope 1, BFM/ RMC), il mise sur la ra­dio nu­mé­rique ter­restre. « Nous avons une am­bi­tion na­tio­nale en RNT, dont nous avons été les pion­niers » , in­dique Di­dier Maïs­to à Edi­tion Mul­ti­mé­di@. ( Suite en page 2)

A 77 ans, son pa­tron Ch­ris­tian La­touche, ac­tuel pré­sident de Fi­du­cial ( en­tre­prise qu’il a fon­dée en­tant­qu’ ex­per tcomp­table et com­mis­saire aux comptes en 1970), vient de voir cette an­née sa for­tune per­son­nelle dé­pas­ser 1 mil­liard d’eu­ros – ce qui le place en 76e po­si­tion des per­sonnes les plus riches de France, se­lon Chal­lenges ( 2). Il faut dire que son groupe lyon­nais, dont le siège so­cial se si­tue dans le quar­tier d’af­faires Vaise de la Part- Dieu, est flo­ris­sant : 1,6 mil­liard d’eu­ros de chiffre d’af­faires en 2016 dans le monde avec un ef­fec­tif de plus de 17.000 per­sonnes, dont 60 % en Eu­rope ( 11.000 col­la­bo­ra­teurs).

Fi­du­cial Mé­dias crie aux scan­dales

Ce nou­veau mil­liar­daire – un de plus dans les mé­dias fran­çais ( 3) – ne pu­blie pas les comptes de son « en­tre­prise glo­bale » de ges­tion. Fi­dèle à sa lé­gen­daire dis­cré­tion, il évite de prendre la pa­role pu­bli­que­ment et dans les mé­dias. Lorsque les jour­na­listes en parlent, c’est par exemple lors­qu’il ra­chète l’île bre­tonne de Boë­dic pour 4 mil­lions d’eu­ros ( en 2015 dans Le Té­lé­gramme) ou pour évo­quer ses ac­coin­tances avec l’ex­trême droite ( no­tam­ment en 2013 sur le site web Rue89, contre le­quel il a été dé­bou­té de son ac­tion ju­di­ciaire pour dif­fa­ma­tion), voire quand il est ques­tion de son sup­po­sé lob­bying par­le­men­taire lors du pro­jet de loi Ma­cron ( en 2015 dans Ac­teurs de l’éco­no­mie- La Tri­bune où il a ob­te­nu un droit de ré­ponse). Alors pour Ch­ris­tian La­touche, les mé­dias, c’est du « Je t’aime, moi non plus » . Mais alors, pour­quoi ce chef d’en­tre­prise de l’ombre s’est- il en­ti­ché de mé­dias jus­te­ment, au point de les ra­che­ter ? Sans doute pour ga­gner en in­fluence à l’ins­tar, entre autres mil­liar­daires, de Pa­trick Dra­hi, le pa­tron d’al­tice pro­prié­taire du deuxième opé­ra­teur té­lé­coms fran­çais SFR, de Li­bé­ra­tion et de L’ex­press, ou comme Ber­nard Ar­nault, pre­mière for­tune de France et pro­prié­taire des quo­ti­diens Le Pa­ri­sien et Les Echos, ain­si que de Ra­dio Clas­sique. « Pen­dant une tren­taine d’an­nées, nous nous sommes in­té­res­sés aux très pe­tites en­tre­prises qui créent de l’em­ploi et qui par­ti­cipent pour un tiers du PIB fran­çais. Mais elles sont mal connues des pou­voirs pu­blics et n’ont guère ac­cès aux mé­dias. Les pe­tits pa­trons sont aus­si des ci­toyens et leurs votes sont si­mi­laires à ceux des Fran­çais. C’est pour­quoi nous avons créé un groupe mé­dia » , avait jus­ti­fié Di­dier Maïs­to au Fi­ga­ro ( 4). Le « M. Mé­dias » de Fi­du­cial, qui se fait un peu moins dis­cret que son pa­tron, s’était illus­tré en 2012 avec son livre « TNT, un scan­dale d’etat » pa­ru aux édi­tions « Les en­quêtes de Lyon Ca­pi­tal » . Di­dier Maïs­to y dé­nonce de fa­çon vi­ru­lente l’at­tri­bu­tion cette an­née- là par le Conseil su­pé­rieur de l’au­dio­vi­suel ( CSA) de six fré­quences de la TNT pour des chaînes en HD ( 5), le groupe de Ch­ris­tian La­touche ayant été un can­di­dat mal­heu­reux dont le pro­jet de chaîne de do­cu­men­taires D- Fac­to n’a pas été re­te­nu. Pour lui, l’échec est d’au­tant plus cui­sant que Di­dier Maïs­to avait à l’époque l’oreille d’un cer­tain… Pa­trick Buis­son, le sul­fu­reux ex- conseiller de Ni­co­las Sar­ko­zy, alors pré­sident de la Ré­pu­blique. Il y a un peu plus d’un an en­core, Di­dier Maïs­to a ré­ex­pri­mé sa co­lère – en­vers le CSA, Alain Weill et Pa­trick Dra­hi ( 6) – sur le site web « TV Li­ber­tés » proche de l’ex­trême droite, tout comme l’est aus­si un cer­tain « Ob­ser­va­toire des jour­na­listes et de l’in­for­ma­tion mé­dia­tique ( Ojim) » ayant fait état de cet en­tre­tien vi­déo ( 7). Cinq ans après, re­be­lote ! Di­dier Maïs­to re­lance une autre po­lé­mique dont il a le se­cret. Cette fois, il s’en est pris à la mé­tho­do­lo­gie de me­sure d’au­dience ra­dio de Mé­dia­mé­trie dont il a de­man­dé « une ex­per­tise ju­di­ciaire » car Fi­du­cial Mé­dias n’ac­cepte pas la baisse des ré­sul­tats d’au­dience de Sud Ra­dio qui ne dé­passe pas 1 %. « Je les ac­cuse d’une mé­tho­do­lo­gie bi­don tout à fait su­jette à cau­tion. (…) Les au­diences sont ex­po­nen­tielles sur In­ter­net : + 58 %, + 50 % sur le di­gi­tal ( 8). Et – mi­racle ab­so­lu ! – ça ne bouge pas [ pour la ra­dio FM] sur Mé­dia­mé­trie ! » , avait- il pes­té sur Cnews le 5 no­vembre. Et ce n’est pas faute d’avoir at­ti­ré à l’an­tenne des chro­ni­queurs en vue tels que Hen­ri Guai­no ( l’ex- dé­pu­té et conseiller de Ni­co­las Sar­ko­zy), Na­ta­cha Po­lo­ny, Liane Fo­ly ou en­core An­dré Ber­coff. Le pa­tron de Sud Ra­dio af­fir­mait même alors : « J’ai été ap­pe­lé par le pré­si­dent­fon­da­teur de NRJ, Jean- Paul Bau­de­croux, qui a réuni toutes les ra­dios et les té­lés chez lui, à son siège. Per­sonne ne m’a dit que j’étais dans le faux. En apar­té, les gens me disent même que j’ai rai­son, mais que je vais dé­sta­bi­li­ser le mar­ché » . Sud Ra­dio ré­cla­mait 23 mil­lions d’eu­ros de dom­mages et in­té­rêts à Mé­dia­mé­trie, soit près de 13 fois son chiffre d’af­faires de 2016. Dix jours plus tard, par une or­don­nance de ré­fé­ré da­tée du 15 no­vembre, le tri­bu­nal de com­merce de Nan­terre a dé­bou­té Fi­du­cial Mé­dias. Sans pré­ju­ger de la suite, l’ins­ti­tut ac­cuse à son tour « Sud Ra­dio [ qui] n’a eu de cesse de dé­ni­grer la me­sure d’au­dience » et me­nace d’en­ga­ger « toutes les ac­tions ju­di­ciaires à sa dis­po­si­tion pour faire va­loir ses droits » ( 9). Di­dier Maïs­to nous a pré­ci­sé que « l’ap­pel [ contre la dé­ci­sion de jus­tice] est en cours » .

Ra­dio, TV, Web : l'af­faire est glo­ba­le­ment ren­table

En 2013, lors du ra­chat de Sud Mé­dia, le PDG de Fi­du­cial Mé­dias s’était fixé l’ob­jec­tif d’at­teindre l’équi­libre fi­nan­cier d’ici cinq ans. Or les comptes an­nuels af­fichent dé­jà un bé­né­fice net ces deux der­nières an­nées. Le groupe de Ch­ris­tian La­touche a aus­si une ac­ti­vi­té de pro­duc­tion au­dio­vi­suelle via Ur­ba­vis­ta Pro­duc­tions, qui gère no­tam­ment la pro­gram­ma­tion de Lyon Ca­pi­tale TV, ain­si qu’une agence web Y- Proxi­mi­té au ser­vice des TPE/ PME dé­si­reuses d’al­ler sur In­ter­net et/ ou dans le e- com­merce. A suivre. @

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