• Dé­li­néa­ri­sa­tion : le pro­gramme prime sur la chaîne • Le fran­çais Ar­chos peine à sor­tir de l'or­nière

Edition Multimédi@ - - La Une -

En fait. Le 9 oc­tobre, le n° 2 de France Té­lé­vi­sions, Ta­kis Can­di­lis – di­rec­teur gé­né­ral dé­lé­gué à l’an­tenne et aux pro­grammes du groupe pu­blic – était l’in­vi­té de l’as­so­cia­tion des jour­na­listes mé­dias ( AJM). Se­lon lui, avec le re­play et la VOD, les pro­grammes de­viennent plus im­por­tants que les chaînes.

En clair. A France Té­lé­vi­sions, qui ne comp­te­ra plus que trois chaînes à l’is­sue de la ré­forme de l’au­dio­vi­suel pu­blic ( 1), un pro­gramme est dé­sor­mais plus im­por­tant qu’une chaîne. C’est Ta­kis Can­di­lis, son nu­mé­ro deux de­puis huit mois, qui le dit : « Avec les usages et les chan­ge­ments d’usages, no­tam­ment avec le re­play sur la fic­tion, nous avons entre 20 % et 30 % des spec­ta­teurs qui vont voir un pro­gramme en catch up. Et ils ne vont pas voir un pro­gramme ‘’ de France 2’’ ou un ‘’ de France 3’’ ; ils vont voir le pro­gramme en re­play, une sé­rie ou un do­cu­men­taire qu’ils ont man­qués » , a ex­pli­qué l’an­cien réa­li­sa­teur et pro­duc­teur té­lé ( 2). De­ve­nu fin fé­vrier le bras droit de Del­phine Er­notte, il va à la ren­contre du pu­blic de « France TV » , comme ré­cem­ment à Mont­pel­lier où il a consta­té que « les gens se concentrent sur des émis­sions, des pro­duc­tions ou des pro­grammes, et ils ar­rivent de moins en moins à dire s’ils les ont vus sur la ‘’ Trois’’, la ‘’ Deux’’, sur la ‘’ Une’’ ou telle autre chaîne » . Si « les chaînes ont un sens » et sont en­core, comme France 2, « des marques fortes pour des mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs » , il n’em­pêche qu’à ses yeux « à terme, les chaînes vont ame­nui­ser, ré­duire la por­tée de la force de leur marque » . Ta­kis Can­di­lis vient d’ailleurs de faire un voyage- éclair dans les pays nor­diques pour voir la té­lé­vi­sion pu­blique sué­doise SVT et la so­cié­té de ser­vice pu­blic nor­vé­gienne de té­lé et de ra­dio NRK : « Ils ré­duisent au maxi­mum leur em­preinte li­naire, l’un en sup­pri­mant trois chaînes sur quatre pour ne gar­der qu’une seule an­tenne li­néaire, l’autre en met­tant jus­qu’à 80 % de ses in­ves­tis­se­ments non plus dans les chaînes mais sur les pro­grammes. Toute leur puis­sance est mise sur SVT Play pour l’un et la pla­te­forme nu­mé­rique de la NRK pour l’autre » . Les Scan­di­naves sont en avance sur les Fran­çais sur les usages di­gi­taux et 50 % de leur au­dience est faite sur Net­flix. « C’est à cette con­cur­rence que nous de­vons faire face et y ré­pondre avec nos armes, tout en tou­chant tous les pu­blics » , pré­vient Ta­kis Can­di­lis qui af­fecte dé­sor­mais les bud­gets de pro­duc­tion aux uni­tés de pro­grammes, non plus aux an­tennes. Reste à né­go­cier d’ici la fin de l’an­née avec les syn­di­cats de pro­duc­teurs sur ces nou­veaux usages. « Ac­qué­rir uni­que­ment des droits de dif­fu­sion li­néaire et d’ex­ploi­ta­tion en catch upde sept jours a- t- il en­core un sens au­jourd’hui ? Moi, je dis non » . @

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