Le fran­çais Ar­chos a vrai­ment du mal à s’en sor­tir

Smart phone• Ta­bl et te•IA•Blo­ckc ha in

Edition Multimédi@ - - Décryptage -

En fait. Le 3 oc­tobre, Ar­chos, le fa­bri­cant fran­çais de smart­phones et ta­blettes, a pu­blié via L’AMF son do­cu­ment de ré­fé­rence an­nuel, ce qu’il n’avait pas fait de­puis… 2011. Ce rap­port fi­nan­cier porte sur trois ans et le 1er se­mestre 2018. Il illustre la dif­fi­cul­té de faire du « made in France » high- tech.

En clair. Ar­chos – ana­gramme de « Cro­has » , du nom de son fon­da­teur Hen­ri Cro­has, ac­tuel pré­sident du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion et son pre­mier ac­tion­naire ( 6 % du ca­pi­tal et 11,2 % des droits de vote), mais aus­si « maître » en grec 2---------– est mal en point pour ses trente ans. La ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière de l’en­tre­prise fran­çaise de smart­phones et ta­blettes – fa­bri­qués en Chine pour le compte d’ « Ar­chos Chine » ( 1) – n’a ces­sé de dé­grin­go­ler ces der­nières an­nées pour ne pe­ser au­jourd’hui qu'à peine 22,5 mil­lions d’eu­ros ( au 12- 10- 18). Le do­cu­ment de ré­fé­rence 2018 pu­blié dé­but oc­tobre montre une PME ex­sangue : sur les six pre­miers mois de l’exer­cice en cours, les pertes nettes at­teignent 5 mil­lions d’eu­ros, soit presque au­tant que du­rant toute l’an­née 2017 ( 6,4 mil­lions d’eu­ros de pertes nettes). Tout en creu­sant son dé­fi­cit, l’en­tre­prise du « Steve Jobs au­ver­gnat » – dixit Chal­lenges il y a dix ans dans son clas­se­ment des grandes for­tunes fran­çaises (2) –a vu son chiffre d’af­faires fondre au fil des an­nées, pas­sant de son plus haut ni­veau de 171,4 mil­lions d’eu­ros en 2011 – unique an­née po­si­tive avec 5,6 mil­lions de bé­né­fice net – à seule­ment 114,1 mil­lions en 2017 (- 26,1 % sur un an). Le pre­mier se­mestre de cette an­née montre un re­cul des re­ve­nus de 35,8 % en un an, à 32,2 mil­lions d’eu­ros, ne lais­sant rien au­gu­rer de bon pour cette an­née. L’en­det­te­ment d’ar­chos at­teint, lui, 25 mil­lions d’eu­ros ( 3). Le 1er mai 2013, Hen­ri Cro­has avait dû lais­ser la di­rec­tion gé­né­rale de son en­tre­prise à Loïc Poi­rier, après 38,7 mil­lions d’eu­ros de pertes l’an­née pré­cé­dente. Les dé­boires de cette PME fran­çaise, ba­sée à Igny ( Es­sonne), illus­trent les dif­fi­cul­tés d’être un « fa­bri­cant fran­çais » de smart­phones, viable et pé­renne, sur un mar­ché mon­dial do­mi­né par Sam­sung, Apple, So­ny, LG et les chi­nois Hua­wei, Op­po ou Xiao­mi. Leur puis­sance de feu, sur fond de guerre des prix, a été écra­sante pour Ar­chos. Sa di­ver­si­fi­ca­tion sur­pre­nante semble être une fuite en avant : dans les trot­ti­nettes et vé­los élec­triques de­puis fé­vrier 2017, dans les por­te­feuilles de cryp­to­mon­naies de­puis juillet 2018, et dans les as­sis­tants vo­caux à écran – avec l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle de Google As­sis­tant de­puis fin sep­tembre et, à par­tir de jan­vier 2019, d’ama­zon Alexa. « L’ob­jec­tif de la so­cié­té est de réa­li­ser en­vi­ron 50 % de son chiffre d’af­faires en 2020 sur les deux nou­veaux pi­liers “In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle” et “Sé­cu­ri­té des tran­sac­tions Blo­ck­chain” » , in­dique le do­cu­ment de ré­fé­rence. @

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