La start-up du mois. Tex­plai­ned lutte contre la contre­fa­çon des cir­cuits in­té­grés

Il est es­ti­mé que le mar­ché de la contre­fa­çon de puces re­pré­sente 7% du mar­ché mon­dial du se­mi-conduc­teur. Avec son lo­gi­ciel de ré­tro-concep­tion Ares, Tex­plai­ned se pro­pose de lut­ter contre ce fléau.

Electronique S - - Sommaire - JACQUES MA­ROUA­NI

Créée en jan­vier 2013, à So­phia-An­ti­po­lis (Al­pesMa­ri­times), la start-up Tex­plai­ned, ex­perte de la ré­tro­con­cep­tion et de la sé­cu­ri­té de cir­cuits in­té­grés, est à la pointe de la lutte contre la contre­fa­çon des com­po­sants élec­tro­niques. Tex­plai­ned ana­lyse et éva­lue les cir­cuits in­té­grés et leur ni­veau de sé­cu­ri­té, édite des rap­ports et des bench­marks et pro­pose des so­lu­tions per­son­na­li­sées pour lut­ter contre la contre­fa­çon. Ba­sée sur l’ima­ge­rie des cir­cuits, sa méthode s’ap­puie sur un lo­gi­ciel de ré­tro-concep­tion en­tiè­re­ment pro­prié­taire, bap­ti­sé Ares (Au­to­ma­ted Re­verse En­gi­nee­ring Soft­ware), qui per­met de me­su­rer pré­ci­sé­ment et très ra­pi­de­ment le ni­veau de sé­cu­ri­té des com­po­sants étu­diés face aux at­taques pi­rates. Une ver­sion com­mer­ciale d’Ares pour­rait être dé­ployée dans le cou­rant de l’an­née 2017. Tex­plai­ned s’ap­puie sur deux prin­ci­pales ac­ti­vi­tés com­mer­ciales dis­tinctes et com­plé­men­taires. Tout d’abord, la vente de rap­ports d’ana­lyse des puces sous test à l’aide d’Ares afin de four­nir à la com­mu­nau­té tech- no­phile les in­for­ma­tions tech­niques sur les nou­velles gé­né­ra­tions de cir­cuits in­té­grés. Ce­la dans un but d’amé­lio­ra­tion des so­lu­tions, dont pour cer­taines un en­jeu stra­té­gique de sé­cu­ri­té existe. En­suite, pour pal­lier les fai­blesses ac­tuelles des chips sé­cu­ri­sés, Tex­plai­ned va pro­po­ser, dès 2017, des IP bre­ve­tées « to­ta­le­ment in­édites et en rup­ture avec les so­lu­tions de pro­tec­tion ac­tuel­le­ment dis­po­nibles sur le mar­ché », se­lon les di­ri­geants de la so­cié­té. Les clients de Tex­plai­ned, toutes ac­ti­vi­tés confon­dues, sont les fa­bri­cants de cir­cuits in­té­grés, cartes à puce, mi­cro­con­trô­leurs, mi­cro­pro­ces­seurs…, les in­té­gra­teurs de puces, les en­tre­prises uti­li­sa­trices de cir­cuits in­té­grés ou d’IP, les or­ga­nismes gou­ver­ne­men­taux qui ont vo­ca­tion à être cer­ti­fi­ca­teurs. Les tech­niques d’at­taques sur le hard­ware se mul­ti­plient : contre­fa­çon, vol de pro­prié­té in­tel­lec­tuelle, vol de fi­chiers de fa­bri­ca­tion et de cir­cuits, co­pie et clo­nage illé­gaux, mo­di­fi­ca­tion de fonc­tion­na­li­tés et im­plan­ta­tion de portes dé­ro- bées no­tam­ment. Il est es­ti­mé que le mar­ché de la contre­fa­çon de puces à lui seul re­pré­sente 7% du mar­ché mon­dial du se­mi-conduc­teur. Le vo­lume de contre­fa­çons sai­sies par les douanes aux ÉtatsU­nis, entre 2001 et 2011, a été mul­ti­plié par 700! On parle ici de mil­lions de dol­lars de pertes pour les in­dus­triels, mais aus­si de risques pour l’uti­li­sa­teur fi­nal, qui au mieux a un pro­duit aux fonc­tion­na­li­tés dé­gra­dées et/ou à la du­rée de vie moindre, mais au pire re­pré­sente un dan­ger pour sa sé­cu­ri­té phy­sique par l’uti­li­sa­tion d’un pro­duit non conforme aux normes, et sa sé­cu­ri­té per­son­nelle par le risque de par­tage et uti­li­sa­tion par des tiers de ses don­nées per­son­nelles et ban­caires. La consé­quence étant la perte de chiffre d’af­faires pour les in­dus­triels qui doivent faire f ace à une concur­rence dé­loyale, mais aus­si la mise en pé­ril de la confi­den­tia­li­té de nos don­nées per­son­nelles et de nos tran­sac­tions ban­caires.

L’IoT de­vrait être un mar­ché por­teur

Plus spé­ci­fi­que­ment, l’émer­gence de l’IoT sou­lève le pro­blème de la pro­tec­tion des don­nées avec la cir­cu­la­tion des in­for­ma­tions des par­ti­cu­liers et des in­dus­triels sur la toile. La sé­cu­ri­té est clai­re­ment iden­ti­fiée comme étant le chal­lenge prio­ri­taire à re­le­ver dans le do­maine de l’IoT, il de­vrait re­pré­sen­ter 20% du bud­get glo­bal de la sé­cu­ri­té en 2020, contre 1% en 2015. De­puis fin 2016, Tex­plai­ned est en phase d’in­ter­na­li­sa­tion de l’ac­ti­vi­té d’ima­ge­rie des puces élec­tro­niques, étape préa­lable in­dis­pen­sable à l’ana­lyse de toute puce élec­tro­nique. L’in­té- gra­tion de cette ac­ti­vi­té va ain­si lui per­mettre de maî­tri­ser l’en­semble de la chaîne de ré­tro­con­cep­tion et d’ana­lyse des com­po­sants élec­tro­niques. Tex­plai­ned s’est no­tam­ment équi­pé d’un mi­cro­scope élec­tro­nique à ba­layage. « Il s’agit de ma­té­riel d’oc­ca­sion, mais par­fai­te­ment opé­ra­tion­nel et re­con­di­tion­né que nous avons fait ve­nir du Ca­na­da. Jus­qu’à pré­sent, nous nous adres­sions à des la­bo­ra­toires ex­té­rieurs pour réa­li­ser l’ima­ge­rie des cir­cuits in­té­grés, mais nous nous sommes ren­du compte qu’il est dé­sor­mais in­dis­pen­sable de dis­po­ser en in­terne des ou­tils né­ces­saires à notre ac­ti­vi­té », ex­plique Oli­vier Tho­mas, Pdg de Tex­plai­ned. Dé­but 2017, la so­cié­té pro­po­se­ra en ligne ses pre­miers rap­ports d’au­dit de sé­cu­ri­té, et cou­rant 2017, la mise sur le mar­ché des pre­miers mo­dules hard­ware sé­cu­ri­sés bre­ve­tés vi­sant à pro­té­ger les puces contre les at­taques in­va­sives. Tex­plai­ned a réa­li­sé un chiffre d’af­faires de 370000e en 2015, mais vise, se­lon son bu­si­ness plan, un dé­ve­lop­pe­ment ra­pide, puis­qu’elle pré­voit d’at­teindre « plu­sieurs mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires à moyen terme ». De­puis sa créa­tion, la start-up connaît une crois­sance à deux chiffres chaque an­née. Elle em­ploie 7 per­sonnes et pré­voit de re­cru­ter en­core 5 per­sonnes d’ici la fin de l’an­née. Pour dé­ve­lop­per son ac­ti­vi­té, elle n’a pas en­core à ce jour fait ap­pel au ca­pi­tal-risque, et a pré­fé­ré, dans un pre­mier temps, s’orien­ter vers un sou­tien de Bpi­france qui lui a oc­troyé un prêt sous la forme d’une avance rem­bour­sable.

≥ Tex­plai­ned me­sure pré­ci­sé­ment et très ra­pi­de­ment le ni­veau de sé­cu­ri­té des com­po­sants étu­diés face aux at­taques pi­rates.

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