Traxens as­sure le sui­vi des contai­ners de trans­port de mar­chan­dises

Les contai­ners se dé­pla­çant « en bande » avec d’autres contai­ners, Traxens a dé­ve­lop­pé un ré­seau ra­dio maillé afin qu’ils élisent, par­mi eux, ce­lui qui a la meilleure connec­ti­vi­té à In­ter­net, soit via GSM, soit via sa­tel­lite.

Electronique S - - Stratégie Entreprendre - JACQUES MA­ROUA­NI

Les contai­ners consti­tuent un ac­cé­lé­ra­teur du com­merce mon­dial. Ils ache­minent 1 500 tonnes de mar­chan­dises par heure dans les grands ports (le conte­neur à été lan­cé en 1956, mais son im­pact était en­core faible en 1965). Aus­si, la prin­ci­pale pré­oc­cu­pa­tion des opé­ra­teurs de trans­port de contai­ners, que ce soit par la mer, le rail ou la route, est-elle de dis­po­ser d’un maxi­mum d’in­for­ma­tions sur ces contai­ners. Ils veulent sa­voir en per­ma­nence où se trouvent leurs mar­chan­dises lors­qu’elles voyagent à tra­vers le monde, dans quel état elles se trouvent et quand elles ar­ri­ve­ront à des­ti­na­tion. Il est dé­sor­mais pos­sible de connaître toutes ces in­for­ma­tions, qua­si­ment en temps réel, grâce à la tech­no­lo­gie de la start-up mar­seillaise Traxens. De­puis cinq ans, cette société s’est at­ta­chée à co­or­don­ner les flux phy­siques et les flux fi­nan­ciers gi­gan­tesques re­la­tifs aux tran­sports de grands vo­lumes de mar­chan­dises. « Avec 25 mil­lions de contai­ners dans le monde qui trans­portent 92% des biens de consom­ma­tion, ils re­pré­sentent un ac­tif stra­té­gique de 5 000 mil­liards de dol­lars par an si l’on in­clut les car­gai­sons », sou­ligne Mi­chel Fal­lah, Pdg de Traxens. Dans le cadre du sui­vi des contai­ners, il s’agit d’en­voyer au res­pon­sable d’un tron­çon du voyage toutes les in­for­ma­tions per­ti­nentes qui le concernent, au bon mo­ment, et de ma­nière sé­cu­ri­sée. Étant don­née la né­ces­si­té de faire com­mu­ni­quer les contai­ners entre eux quels que soient les opé­ra­teurs de trans­port, il était im­pé­ra­tif de dé­ve­lop­per un stan­dard mon­dial. De même que la taille im­por­tante des contai­ners a per­mis un dé­ve­lop­pe­ment ra­pide du tra­fic, leur nu­mé­ri­sa­tion de­vrait per­mettre des échanges d’in­for­ma­tions de ma­nière simple. La du­rée de vie d’un contai­ner étant de 10 à 14 ans, toutes les tech­no­lo­gies mises en oeuvre doivent pou­voir être uti­li­sées et évo­luer dans le temps. La tech­no­lo­gie GSM était la plus à même de ré­pondre à cet im­pé­ra­tif. Par­tant du prin­cipe que les contai­ners se dé­placent « en bande » avec d’autres contai­ners, Traxens a dé­ve­lop­pé un ré­seau ra­dio maillé faible consom­ma­tion ap­pe­lé TraxensNet afin qu’ils fassent connais­sance les uns avec les autres et qu’ils élisent, par­mi eux, ce­lui qui a la meilleure connec­ti­vi­té à In­ter­net, soit via GSM, soit via une connexion sa­tel­li­taire. Les boî­tiers élec­tro­niques dont sont équi­pés les contai­ners ont la pos­si­bi­li­té de com­mu­ni­quer via ces ré­seaux mon­diaux, mais avant ce­la, et puis­qu’ils ne sont ja­mais loin les uns des autres, ils vont d’abord cher­cher à com­mu­ni­quer entre eux dans un rayon de 2,5 km, ce qui in­duit d’im­por­tantes éco­no- mies d’éner­gie. De cette ma­nière, un contai­ner peut être vi­sible pour un autre contai­ner même s’il se trouve sous le pont d’un ba­teau.

Deux grands ar­ma­teurs sont ac­tion­naires

Afin de fa­vo­ri­ser la stan­dar­di­sa­tion de sa tech­no­lo­gie, la société a dé­ve­lop­pé un jeu de cir­cuits et a per­mis à ses concur­rents de l’uti­li­ser. Par ailleurs, la société a ou­vert son ca­pi­tal à deux de ses clients qui dé­tiennent plus de 30% des contai­ners dans le monde. « MSC et CMA- CGM, des en­tre­prises gi­gan­tesques d’en­vi­ron 30 mil­liards de dol­lars de chiffre d’af­faires cha­cune, et qui oc­cupent la 2e et la 3e place mon­diale, sont ac­tion­naires et clients de Traxens », ex­plique Mi­chel Fal­lah. Il ne reste plus qu’à convaincre le nu­mé­ro un, Maersk, pour faire de la tech­no­lo­gie de la start-up un stan­dard mon­dial. Outre le tra­fic ma­ri­time, le boî­tier dé­ve­lop­pé par Traxens s’adapte à tous types d’ac­tifs dans le do­maine des tran­sports de mar­chan­dises, ce qui en fait un sys­tème glo­bal de co­or­di­na­tion de toute la chaîne de « tran­sports contai­ne­ri­sés » mul­ti­mo­dale. Chaque boî­tier est ca­pable de sa­voir tout ce qui se passe dans le contai­ner grâce à des cap­teurs de lu­mière (pour dé­tec­ter l’ou­ver­ture de portes), de mou­ve­ment, d’ac­cé­lé­ra­tion, afin de dé­ter­mi­ner si la mar­chan­dise a su­bi des chocs du­rant le voyage. Traxens a ré­cem­ment conclu un im­por­tant ac­cord avec SNCF Lo­gis­tique. Un wa­gon de train de mar­chan­dises a une du­rée de vie de l’ordre de 30 à 70 ans. Aus­si, au­cune tech­no­lo­gie câ­blée n’au­rait pu être per­ti­nente pour connec­ter les wa­gons entre eux. Et c’est donc, là en­core, le même ré­seau ra­dio maillé qui a été mis en place par Traxens pour suivre les wa­gons de mar­chan­dises tout au long de leur voyage, mais aus­si pour contrôler le frei­nage des trains dans de bonnes condi­tions. Il peut, en ef­fet, ar­ri­ver que des roues de wa­gon se bloquent et se dé­té­riorent, voire en­dom­magent les rails. Grâce à la tech­no­lo­gie de Traxens, il est pos­sible de connec­ter jus­qu’à 30 wa­gons les uns aux autres. Les boî­tiers de Traxens sont fa­bri­qués chez l’un des grands ac­teurs fran­çais de la sous-trai­tance élec­tro­nique. La ligne de pro­duc­tion qui leur est dé­diée per­met de fa­bri­quer jus­qu’à 20 000 boî­tiers par mois. Traxens af­firme dis­po­ser dé­jà de 150 000 boî­tiers en com­mande. Le mo­dèle éco­no­mique que la société a choi­si est ce­lui d’un abon­ne­ment sur trois ans qui de­vrait per­mettre à Traxens de réa­li­ser un chiffre d’af­faires de 6M€ cette an­née et de 12M€ l’an­née pro­chaine.

≥ Contai­ners ré­fri­gé­rés dans un dé­pôt en Nou­velle- Zé­lande. Sur chaque contai­ner est fixé un boî­tier blanc, ap­pe­lé « Traxens- Box » .

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