Le mar­ché du test et de la me­sure se porte bien

Se­lon l’étude an­nuelle éta­blie par l’Ac­siel, le mar­ché fran­çais a af­fi­ché une crois­sance gé­né­rale de 5% entre 2015 et 2016, un mar­ché ti­ré par les ins­tru­ments de me­sure fonc­tion­nant aux fré­quences su­pé­rieures à 13GHz.

Electronique S - - Sommaire - CÉ­DRIC LARDIÈRE

Suite à la pu­bli­ca­tion des ré­sul­tats de l ’ étude an­nuelle sur le mar­ché de l ’ élec­tro­nique fran­çais d’Ac­siel Al­liance élec­tro­nique (voir Elec­tro­ni­queS n° 83), pro­fi­tons d’une ren­trée sous le signe de l a me­sure, avec no­tam­ment le sa­lon Eno­va, pour nous i nté­res­ser au do­maine du test et de l a me­sure. En 2016, le mar­ché fran­çais glo­bal (pro­duits et ser­vices) a at­teint un mon­tant éva­lué à 380 mil­lions d’eu­ros, en pro­gres­sion de 5 % par rap­port à l’an­née pré­cé­dente. « Nous consta­tons une ten­dance haus­sière de­puis deux ans, avec évi­dem­ment un phé­no­mène de sai­son­na­li­té, comme les pics ca­len­daires cor­res­pon­dant à la clô­ture des bud­gets », rap­pelle Éric Faux­point (An­rit­su), res­pon­sable du club Études et mar­chés, ain­si que membre du co­mi­té Test et me­sure d’Ac­siel. Mais les en­tre­prises réa­lisent au­jourd’hui plus des in­ves­tis­se­ments par pro­jets, d’où une cer­taine dé­pen­dance à l’ac­tua­li­té. « Si l ’ on re­trouve, par­mi les prin­ci­paux contri­bu­teurs, les mêmes seg­ments in­dus­triels que dans les se­mi­con­duc­teurs, la connec­tique et l es composants pas­sifs, à sa­voir le mi­li­taire et l’aé­ro­nau­tique – sa part est pas­sée de 37 % en 2015 à 42 % en 2016, grâce, en par ti­cu­lier, à quelques suc­cès à l’ex­por­ta­tion –, l’au­to­mo­bile (7 %) et l’in­dus­trie (14 %), le sec­teur des t él écom­mu­ni­ca­tions re­pré­sente en­core une part si­gni­fi­ca­tive en test et en me­sure, même s’il est pas­sé de 14 % à 11 % », pour­suit-il. La crois­sance du mar­ché du test et de la me­sure ne re­flète tou­te­fois pas l’évo­lu­tion de tous les seg­ments de mar­ché. Pre­nons, par exemple, ceux des gé­né­ra­teurs de si­gnal et des ana­ly­seurs de spectre. Les deux seg­ments de mar­ché ont ain­si af­fi­ché une crois­sance su­pé­rieure à 20 %, res­pec­ti­ve­ment de 24,5 % et de 21 %. Les mon­tants en chiffres d’af­faires at­teignent 12,9 Me pour les gé­né­ra­teurs de si­gnal et 17,7 Me pour les ana­ly­seurs de spectre.

Une forte de­mande au-de­là de 13GHz

« La part la plus im­por­tante de la crois­sance se fait au ni­veau des ap­pa­reils fonc­tion­nant à des fré­quences au- de­là de 13 GHz – la crois­sance n’est qu’une pro­gres­sion à un chiffre en de­çà–, ce qui cor­res­pond àl amont é e en fré­quence consta­tée avec la tech­no­lo­gie 5G en té­lé­com­mu­ni­ca­tions et les ra­dars mi­lit ai r es et au­to­mo­biles », constate Éric Faux­point. Comme de nom­breux gé­né­ra­teurs et ana­ly­seurs de si­gnal sont uti­li­sés dans des bancs de test en aé­ro­nau­tique et dé­fense, la très bonne san­té de ce sec­teur i ndus­triel ( ex­por­ta­tions, i nves­tis­se­ments dans la sé­cu­ri­té, etc.) ex­plique éga­le­ment ces crois­sances à deux chiffres. D’autres seg­ments de mar­ché ont éga­le­ment connu une pro­gres­sion entre 2015 et 2016. « La crois­sance plus faible, mais ré­gu­lière, des ana­ly­seurs de ré­seau (7,6 % à 12 Me) peut s’ex­pli­quer par des cycles d’in­ves­tis­se­ment plus longs, de l’ordre de cinq ans, voire même plus. Avec les ana­ly­seurs de ré­seau, nous sommes au coeur de la phase de dé­ve­lop­pe­ment, contrai­re­ment aux gé­né­ra­teurs de si­gnal et aux ana­ly­seurs de spectre qui sont da­van­tage dé­ployés en pro­duc­tion et sur le ter­rain pour la sur­veillance de l’en­vi­ron­ne­ment, par exemple », in­dique Éric Faux­point. On re­trouve, là aus­si, une forte de­mande au ni­veau des ap­pa­reils fonc­tion­nant à des fré­quences au-de­là de 13 GHz (crois­sance su­pé­rieure à 30 %). Si­gna­lons les ser­vices, à sa­voir la main­te­nance et la ré­pa­ra­tion, mais aus­si le con­seil et l’in­té­gra­tion de sys­tèmes : « La hausse de 4 % en un an, à 80,1 Me, est signe de bonne san­té du mar­ché du test et de la me­sure, car ce­la si­gni­fie que les in­dus­triels main­tiennent leurs équi­pe­ments et dé­ve­loppent des lo­gi­ciels », ajoute-il. L’étude an­nuelle de l’Ac­siel met tou­te­fois en lu­mière un lé­ger tas­se­ment du seg­ment de mar­ché Test de ra­dio­com­mu­ni­ca­tions (- 4 % à 8,8 Me). Les dif­fé­rents ac­teurs, fa­bri­cants d’in­fra­struc­ture et de chip­sets, ain­si que les opé­ra­teurs, sont tous bien équi­pés pour l a tech­no­lo­gie 4G et at­tendent la pro­chaine vague que va re­pré­sen­ter la 5G. En

ce qui concerne l’In­ter­net des ob­jets (IoT), les membres du collège Test et me­sure de l’Ac­siel ne voient pas vrai­ment d’in­ves­tis­se­ments réa­li­sés pour le test, lors du dé­ve­lop­pe­ment et du dé­ploie­ment des ob­jets connec­tés (LoRa, Sig­fox…).

Des seg­ments de mar­ché pas re­pré­sen­ta­tifs

D’au­cuns vont se de­man­der ce qu’il en est des seg­ments de mar­ché, tels que l’instrumentation mo­du­laire, les os­cil­lo­scopes, les té­lé­com­mu­ni­ca­tions fi­laires et op­tiques. En rai­son de l’ab­sence de cer­tains fa­bri-

cants, et non des moindres, les ré­sul­tats ne sont pas suf­fi­sam­ment re­pré­sen­ta­tifs de l’évo­lu­tion réelle des mar­chés.

« Pour l ’ i ns­tr umen­ta­tion mo­du­laire, le chiffre d’af­faires n’in­tègre au­cun ins­tru­ment de me­sure, seule­ment les châs­sis, les autres res­sources et les lo­gi­ciels. Il est donc plus dif­fi­cile de se faire une idée pré­cise de l’évo­lu­tion du mar­ché », pré­cise Fré­dé­rick Drap­pier, di­rec­teur gé­né­ral de Na­tio­nal Ins­tru­ments France. Pour­tant, de par ses avan­tages en termes d’en­com­bre­ment, pour la pro­duc­tion par exemple, et de flexi­bi­li­té, l’ins-

t r umen­ta­tion mo­du­laire marque t ou­jours plus de points face aux ins­tru­ments de table tra­di­tion­nels. « L’ar­ri­vée de nom­breux jeunes dans l’in­dus­trie, et en par­ti­cu­lier en test et me­sure, se tra­duit par une de­mande plus forte de

“vir­tuel” », constate Fré­dé­rick Drap­pier. On re­trouve d’aill eurs l es mêmes sec­teurs in­dus­triels por­teurs que pour les ca­té­go­ries pré­cé­dentes, tels que la tech­no­lo­gie 5G, aux­quels il faut en ajou­ter un autre. « L’usine du fu­tur est un mar­ché qui se dé­ve­loppe et qui se tra­duit no­tam­ment par la mul­ti­pli­ca­tion des ma­chines (sur-)ins­tru­men­tées dans le but d’op­ti­mi­ser les pro­ces­sus », pour­suit-il. Il est quand même pos­sible de dé­duire quelques ten­dances pour les os­cil­lo­scopes. « Les s ec­teurs en c r oi s s ance, comme le Big Da­ta, les té­lé­com­mu­ni­ca­tions (5G, WiGig), l es bus nu­mé­riques ( PCI Ex­press 4.0, Thun­der­bolt 3,

USB 4.0), s’ac­com­pagnent de dé­bits tou­jours plus im­por

tants », constate Oli­vier Gri­maud, di­rec­teur com­mer­cial Eu­rope de l’Ouest chez Key­sight Tech­no­lo­gies. D’où la mon­tée en fré­quence, même pour les os­cil­lo­scopes d’en­trée de gamme plu­tôt uti­li­sés dans l’en­sei­gne­ment, mais aus­si « l’amé­lio­ra­tion de la vi­sua­li­sa­tion des me­sures, via dé­sor­mais une ré­so­lu­tion ver­ti­cale de 10 bits, l’ana­lyse de la puis

sance », pré­cise-t-il. En­fin, les dé­ve­lop­pe­ments dans le do­maine de la 5G en­core, l’ac­crois­se­ment des dé­bits dans l es coeurs de ré­seaux (qua­li­té de ser­vices, 100G, voire 400G en R&D pour l’ins­tant), le dé­ploie­ment de la fibre op­tique sont au­tant de sources de crois­sance dans le seg­ment de mar­ché des té­lé­com­mu­ni­ca­tions nu­mé­riques et op­tiques, dont la pro­gres­sion en 2016 reste in­fé­rieure à 10 %.

< Éric Faux­point, res­pon­sable du club Études et mar­chés, ain­si que membre du co­mi­té Test et me­sure d’Ac­siel :

« la hausse des ser­vices est signe de bonne san­té du mar­ché du test et de la me­sure, car ce­la si­gni­fie que les in­dus­triels main­tiennent leurs équi­pe­ments et dé­ve­loppent des lo­gi­ciels » .

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