Pour for­mer da­van­tage d’étu­diants en mi­cro­élec­tro­nique, le CNFM mu­tua­lise les équi­pe­ments

Créé en 1981, le CNFM compte 12 pôles d’en­sei­gne­ment re­grou­pant des équi­pe­ments de fa­bri­ca­tion et de ca­rac­té­ri­sa­tion, du ma­té­riel in­for­ma­tique et des lo­gi­ciels pour la CAO et le test des cir­cuits.

Electronique S - - Sommaire - JACQUES MA­ROUA­NI

For­mer à l’élec­tro­nique coûte cher. Et for­mer à la mi­cro­élec­tro­nique re­vient en­core plus cher compte te­nu de la va­leur des équi­pe­ments et des lo­gi­ciels de CAO qui sont né­ces­saires pour suivre l’évo­lu­tion des tech­no­lo­gies dans ce do­maine. Le CNFM (Centre na­tio­nal de for­ma­tion en mi­cro­élec­tro­nique) tra­vaille en lien avec Ac­siel, le pré­sident du GIP CNFM ( Grou­pe­ment d’in­té­rêt pu­blic) étant éga­le­ment le pré­sident d’Ac­siel. L’im­por­tance des in­ves­tis­se­ments à consen­tir, la né­ces­si­té du re­grou­pe­ment des moyens et la prise en compte de la ré­par­ti­tion géo­gra­phique des in­dus­tries, des la­bo­ra­toires de re­cherche et des éta­blis­se­ments de for­ma­tion ont conduit à la créa­tion d’un ré­seau. Les douze pôles du ré­seau sont fé­dé­rés par le grou­pe­ment d’in­té­rêt pu­blic pour la Co­or­di­na­tion na­tio­nale de la for­ma­tion en mi­cro­élec­tro­nique et en na­no­tech­no­lo­gies (GIP CNFM). Le GIP est une struc­ture qui fé­dère les éta­blis­se­ments qui sont des pla­te­formes tech­no­lo­giques pour for­mer les étu­diants à la pra­tique. Créé en 1981, le CNFM compte 12 pôles d’en­sei­gne­ment. Les pôles du CNFM, centres in­ter­uni­ver­si­taires ré­gio­naux ou in­ter­ré­gio­naux, re­groupent des équi­pe­ments de f abri­ca­tion et de ca­rac­té­ri­sa­tion, du ma­té­riel in­for­ma­tique et des lo­gi­ciels pour la concep­tion as­sis­tée par or­di­na­teur et le test des cir­cuits et sys­tèmes in­té­grés, ain­si que pour le pro­to­ty­page.

Vers une mu­tua­li­sa­tion des res­sources opé­ra­tion­nelles

Grâce à la mu­tua­li­sa­tion, les pôles du CNFM ap­portent aux éta­blis­se­ments de for­ma­tion des res­sources opé­ra­tion­nelles ex­cep­tion­nelles et un sa­voir-faire unique. Ce sont aus­si des centres de res­sources pour la re­cherche en mi­cro et na­no élec­tro­nique. Ils col­la­borent avec les en­tre­prises, no­tam­ment par le biais de stages de for­ma­tion con­ti­nue ou de pres­ta­tions de ser­vice. Les uti­li­sa­teurs de ces pla­te­formes contri­buent au fi­nan­ce­ment glo­bal. Le CNFM re­çoit une sub­ven­tion contrac­tuelle de 1M€ de la part du mi­nis­tère de la Re­cherche et de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur, 500 000€ au titre de l’Idex (Ini­tia­tive d’ex­cel- lence) dans le cadre du PIA (Pro­gramme des i nves­tis­se­ments d’ave­nir), 500000€ sur le cré­dit de for­ma­tion des écoles, et il bé­né­fi­cie éga­le­ment de fi­nan­ce­ments dans le cadre de sa col­la­bo­ra­tion avec les la­bo­ra­toires de re­cherche. Son bud­get an­nuel est de l’ordre de 4M€ au to­tal. « Le fait de fonc­tion­ner en ré­seau per­met de mu­tua­li­ser les res­sources et de nous en sor­tir fi­nan­ciè­re­ment. Pour in­té­res­ser les uti­li­sa­teurs, nous dé­ve­lop­pons de nou­veaux tra­vaux pra­tiques pour ré­pondre aux be­soins des dé­ve­lop­pe­ments sur les ob­jets connec­tés ou en­core sur les BioMems », ex­plique Oli­vier Bon­naud, di­rec­teur du CNFM. L’Asie, beau­coup d’in­dus­triels en re­viennent après des échecs, no­tet-il. Par exemple, STMi­croe­lec­tro­nics a fer­mé ré­cem­ment son centre de concep­tion en Inde. Si les pro­duits ne sont pas dé­ve­lop­pés avec suf­fi­sam­ment de va­leur ajou­tée, l’in­dus­triel n’est pas as­sez com­pé­ti­tif. Il faut donc des per­son­nels de plus en plus qua­li­fiés pour as­su­rer des pro­duc­tions en Eu­rope, mais au­jourd’hui, il n’y a pas as­sez de ré­ponses aux offres d’em­ploi et les in­dus­triels font ve­nir des res­sources hu­maines de très loin. Le be­soin de for­ma­tion est donc im­por­tant, et pour ce­la, le CNFM sen­si­bi­lise les fu­turs per­son­nels de la mi­cro­élec­tro­nique. Il a fait ve­nir plus de 20 classes de 1re et de Ter­mi­nale sur sa pla­te­forme et il a sen­si­bi­li­sé plus de 5000 ly­céens. « Nous avons des for­ma­tions de qua­li­té, mais pas as­sez de per­sonnes pour les rem­plir. Les in­dus­triels en paient les consé­quences, car ce­la se tra­duit par un vo­lant de can­di­dats très faible pour un poste : seule­ment un ou deux can­di­dats contre 30 il y a 15 à 20 ans », note Oli­vier Bon­naud.

Le fait de fonc­tion­ner en ré­seau per­met de mu­tua­li­ser les res­sources et de nous en sor­tir fi­nan­ciè­re­ment. Pour in­té­res­ser les uti­li­sa­teurs, nous dé­ve­lop­pons de

pra­tiques. ” nou­veaux tra­vaux

≥ Le par­tage des res­sources ap­porte un sa­voir- faire unique aux éta­blis­se­ments de for­ma­tion.

OLI­VIER BON­NAUD, di­rec­teur du CNFM ( Centre na­tio­nal de for­ma­tion en mi­cro­élec­tro­nique)

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