La li­cence Pas­tel offre à l’élec­tro­nique fran­çaise de vrais ex­perts

Electronique S - - Sommaire - DI­DIER GIRAULT

C’est-à-dire des bac+3 qui maî­trisent, en plus de l’en­semble des tech­no­lo­gies de fa­bri­ca­tion et de test des cartes, l’élec­tro­nique ana­lo­gique. Les treize di­plô­més an­nuels sont as­su­rés de trou­ver très ra­pi­de­ment du tra­vail. Cette for­ma­tion par al­ter­nance ren­contre un tel suc­cès que ses créa­teurs ont dé­ci­dé de la du­pli­quer.

Pro­po­sée sur le Cam­pus Es­prit de Re­don (35), la li­cence Pas­tel (Pro­duc­tion et as­sem­blage des sys­tèmes élec­tro­niques) fait un ta­bac. « Les in­dus­triels nous avaient ré­gu­liè­re­ment fait part de leur be­soin d’une telle for­ma­tion… Ac­tuel­le­ment, nos étu­diants trouvent un em­ploi dans le mois qui suit l’ob­ten­tion du di­plôme », re­marque ain­si Ber­trand De­la­noë, res­pon­sable de la pla­te­forme élec­tro­nique (cur­sus Pas­tel) et prin­ci­pal ar­ti­san du suc­cès de cet en­sei­gne­ment. La li­cence en ques­tion a vu le jour en 2015. C’est une for­ma­tion par al­ter­nance (un mois en centre d’en­sei­gne­ment sui­vi d’un mois en en­tre­prise, etc.) d’une du­rée d’un an. Elle « re­crute » des pro­fils bac +2, prin­ci­pa­le­ment des DUT et des BTS en élec­tro­nique ou en élec­tro­tech­nique. Et chaque an­née, ce sont 13 étu­diants qui re­çoivent le di­plôme Pas­tel. La pro­mo­tion ac­tuelle (2017/2018) est la troi­sième de­puis la créa­tion de la li­cence. Et de­vant le suc­cès ren­con­tré par la for­ma­tion, les res­pon­sables ont dé­ci­dé de la du­pli­quer de fa­çon à dou­bler, chaque an­née, le nombre de di­plô­més. Dès 2019, une deuxième ses­sion se­ra ain­si mise en place. Si la li­cence Pas­tel fait l’ob­jet d’un tel en­goue­ment, c’est parce que son pro­gramme ré­pond par­fai­te­ment aux be­soins des in­dus­triels fran­çais de l’élec­tro­nique, no­tam­ment aux be­soins de la sous-trai­tance en élec­tro­nique – qui est très im­pli­quée dans la fa­bri­ca­tion des cartes ; c’est une des rai­sons du sou­tien ap­por­té par le Snese, le syn­di­cat fran­çais de la sous-trai­tance en élec­tro­nique, à cet en­sei­gne­ment. Dans la pra­tique, Pas­tel met l’ac­cent sur la maî­trise de l’as­sem­blage de cartes, du test et de l’élec­tro­nique ana­lo­gique – un do­maine sous-en­sei­gné par l’Édu­ca­tion na­tio­nale qui lui pré­fère le nu­mé­rique (pro­gram­ma­tion, etc.). Or, comme le rap­pelle M. De­la­noë: « les cartes élec­tro­niques font tou­jours ap­pel à l’ana­lo­gique ! ». « Ayant consta­té une perte des connais­sances dans ce do­maine, les in­dus­triels de l’élec­tro­nique nous ont sol­li­ci­tés afin que nous pro­cé­dions à des re­mises à ni­veau », ajoute-t-il.

Un mo­dule dé­dié au test

La li­cence Pas­tel en­seigne donc l’en­semble des pro­ces­sus de fa­bri­ca­tion des cartes élec­tro­niques. « Nos étu­diants sont de fu­turs ma­na­gers et res­pon­sables d’équipes qui, à ce titre, se ver­ront confier la ges­tion de nou­veaux pro­jets. Il leur faut donc avoir une maî­trise par­faite de la fa­bri­ca­tion de fa­çon à éva­luer la pos­si­bi­li­té d’in­dus­tria­li­sa­tion des pro­jets et pour ac­cé­lé­rer cette in­dus­tria­li­sa­tion », sou­ligne Ber­trand De­la­noë. Pour fa­ci­li­ter la dif­fu­sion de telles connais­sances, l’école a mis en place, sous l’im­pul­sion de M. De­la­noë, deux lignes d’as­sem­blage de cartes élec­tro­niques – in­cluant la sé­ri­gra­phie et son contrôle, le pla­ce­ment des com­po­sants, la re­fu­sion avec une ins­pec- tion AOI « aval », et la ré­pa­ra­tion de cartes – au sein d’un ate­lier de 600m2. Dans la pra­tique, les connais­sances en pro­duc­tion des élèves Pas­tel s’avèrent à la fois mul­tiples et poin­tues : elles per­mettent, par exemple, le choix du po­choir et de la crème à bra­ser les mieux adap­tés au type de cartes à fa­bri­quer, le choix du pro­fil op­ti­mal de re­fu­sion, la pro­gram­ma­tion de la ma­chine de pla­ce­ment, et elles in­cluent la connais­sance des di­verses tech­niques de ré­pa­ra­tion de cartes. Les de­mandes ré­pé­tées des in­dus­triels de l’élec­tro­nique ont aus­si fa­vo­ri­sé la mise en place, au sein de Pas­tel, d’un mo­dule dé­dié au test (test in si­tu et test fonc­tion­nel), parce que ce do­maine prend de l’am­pleur avec la re­cherche du « zé­ro dé­faut » en pro­duc­tion, d’une part, et avec la mi­nia­tu­ri­sa­tion des com­po­sants – po­ten­tiel­le­ment gé­né­ra­trice de nou­veaux pro­blèmes de fa­bri­ca­tion–, d’autre part. Bar­dés de tous ces sa­voirs, les di­plô­més Pas­tel sont d’em­blée opé­ra­tion­nels. En ef­fet, leur ex­per­tise couvre no­tam­ment la concep­tion et l’in­dus­tria­li­sa­tion, la fa­bri­ca­tion et le test des cartes, l’ins­tal­la­tion de sys­tèmes qua­li­té et la ges­tion de pro­jet. En ce qui concerne ce der­nier point, outre le fait que les étu­diants Pas­tel tra­vaillent à des pro­jets dé­fi­nis en liai­son avec les en­tre­prises qui les em­ploient, « ils doivent ré­di­ger des rap­ports et un mé­moire – pour leur sou­te­nance de fin d’an­née », in­dique M. De­la­noë. Ain­si, par son conte­nu, la li­cence Pas­tel at­tire de plus en plus d’étu­diants. Par ailleurs, en plus de cette li­cence, l’école pro­pose des for­ma­tions (exemple: une for­ma­tion d’élec­tro­ni­cien de test et dé­ve­lop­pe­ment) et des stages de per­fec­tion­ne­ment (concer­nant, par exemple, des as­pects spé­ci­fiques de l’as­sem­blage des cartes) dans le cadre de la for­ma­tion con­ti­nue.

Res­pon­sable de la pla­te­forme élec­tro­nique de la for­ma­tion Pas­tel, Ber­trand De­la­noë y est à l’ori­gine d’un ate­lier de 600m2 qui in­clut 2 lignes d’as­sem­blage et test des cartes élec­tro­niques. Ici, à Glo­bal In­dus­trie, sur un stand où fonc­tion­nait une ligne de fa­bri­ca­tion si­mi­laire à celles uti­li­sées sur le Cam­pus Es­prit de Re­don.

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