Adap­ter l’en­tre­tien au­to­mo­bile à l’ère de la voi­ture élec­tro­nique

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L’élec­tro­nique consti­tue une ré­vo­lu­tion pour l’au­to­mo­bile car elle ap­porte des fonc­tion­na­li­tés qui per­met­tront l’avè­ne­ment du vé­hi­cule au­to­nome. Mais dans cette trans­for­ma­tion, il est im­pé­ra­tif de ne pas né­gli­ger l’en­tre­tien des vé­hi­cules qui doit s’adap­ter pour ac­com­pa­gner cette élec­tro­ni­fi­ca­tion. Pour ce­la, un ou­til de diag­nos­tic uti­li­sant une approche de type « Google Maps » est pré­co­ni­sé.

La ré­vo­lu­tion élec­tro­nique au­to­mo­bile met à notre dis­po­si­tion des vé­hi­cules qui re­gorgent de ca­rac­té­ris­tiques plus im­pres­sion­nantes les unes que les autres. Et ce n’est là qu’un dé­but si l’on se fie à la feuille de route des construc­teurs au­to­mo­biles qui pré­parent ac­ti­ve­ment le vé­hi­cule au­to­nome. Par­mi les com­po­santes de cette trans­for­ma­tion qui s’opère sous nos yeux, il en est une dont on ne parle pas for­cé­ment beau­coup, mais qui ne doit pour­tant pas être né­gli­gée: il s’agit de l’en­tre­tien de l’au­to­mo­bile qui consti­tue un fac­teur cru­cial pour l’ex­pé­rience glo­bale de pro­prié­té. La ra­pi­di­té et l’ef­fi­ca­ci­té de l’en­tre­tien consti­tuent en ef­fet des cri­tères de ju­ge­ment cri­tiques pour l’en­semble de l’in­dus­trie au­to­mo­bile. Or au­jourd’hui, étant don­né le ca­rac­tère om­ni­pré­sent de l’élec­tro­nique dans les vé­hi­cules les plus ré­cents, l’en­tre­tien d’une voi­ture mo­derne né­ces­site un diag­nos­tic com­plexe et in­ter­con­nec­té du sys­tème in­for­ma­tique em­bar­qué. Com­ment alors équi­per le mé­ca­ni­cien, ter­ri­ble­ment pres­sé par le temps, pour qu’il puisse iden­ti­fier les pro­blèmes et y re­mé­dier plus ra­pi­de­ment et de ma­nière plus sûre?

Une ar­chi­tec­ture élec­tro­nique com­plexe

In­dé­pen­dam­ment du coût, un vé­hi­cule mo­derne contient une my­riade de sys­tèmes élec­tro­niques, comme le montre la fi­gure page sui­vante. Cer­tains d’entre eux sont connus de tous, tels que le ra­dar, le sys­tème de di­ver­tis­se­ment ou de na­vi­ga­tion. Mais la plu­part de ces sys­tèmes res­tent in­vi­sibles pour le conduc­teur, même s’ils font par­tie in­té­grante du fonc- tion­ne­ment de base du vé­hi­cule. Ain­si, en 2018, un vé­hi­cule neuf ne contient pas moins de 100 à 300 mi­cro­con­trô­leurs ou pro­ces­seurs, 50 uni­tés de contrôle élec­tro­niques com­plexes, entre 5 et 20 mil­lions de lignes de code au ni­veau lo­gi­ciel et des ki­lo­mètres de câbles pour re­lier l’en­semble. Qui plus est, ces sys­tèmes in­ter­agissent entre eux la plu­part du temps. Par exemple, le sys­tème de di­rec­tion in­ter­agit avec la sus­pen­sion du vé­hi­cule pour per­mettre une conduite souple. C’est la rai­son pour la­quelle un dé­faut dans un com­po­sant de la voi­ture peut être cau­sé par un sys­tème sé­pa­ré. Par ailleurs, ces pro­blèmes peuvent se ma­ni­fes­ter sous forme de si­gnaux élec­tro­niques in­ter­mit­tents et,

par consé­quent, dif­fi­ciles à suivre et à dé­ce­ler, plu­tôt que sous la forme de pièces mé­ca­niques usa­gées ou dé­fec­tueuses, plus fa­ciles à trou­ver. C’est pour­quoi le diag­nos­tic élec­tro­nique est une tâche si com­plexe. Et comme si ce­la n’était pas as­sez com­pli­qué, les vé­hi­cules de pro­chaine gé­né­ra­tion contien­dront des modes de conduite au­to­nome et des sys­tèmes élec­tro­niques en­core plus puis­sants qui re­pré­sen­te­ront l’état de l’art en ma­tière d’in­for­ma­tique em­bar­quée. Sans ou­blier que ces dis­po­si­tifs doivent res­pec­ter des normes de sé­cu­ri­té ri­gou­reuses, telles que l’ISO 26262. L’élec­tro­nique au­to­mo­bile va par consé­quent de­ve­nir de plus en plus com­plexe et so­phis­ti­quée.

Consé­quences sur la main­te­nance

Quelles sont les consé­quences de cette ten­dance de fond pour la main­te­nance au­to­mo­bile? L’ex­pé­rience uti­li­sa­teur com­mence à l’achat et se pour­suit tout au long de la vie du vé­hi­cule, lorsque le client re­vient dans son centre de ser­vices pour l’en­tre­tien et les éven­tuelles ré­pa­ra­tions. Au cours des deux ou trois der­nières dé­cen­nies, l’élec­tro­nique a pris le re­lais en tant que tech­no­lo­gie clé uti­li­sée dans les voi­tures. Ce­la a trans­for­mé les tech­ni­ciens d’en­tre­tien en ex­perts en diag­nos­tic élec- tro­nique, et ils doivent dé­sor­mais exé­cu­ter l’en­tre­tien élec­tro­nique plus ra­pi­de­ment que ja­mais. Per­mettre aux mé­ca­ni­ciens d’iden­ti­fier et de ré­pa­rer ra­pi­de­ment les pro­blèmes de ma­nière fiable est un élé­ment clé de la pro­po­si­tion de va­leur dans l’in­dus­trie au­to­mo­bile. Ce­pen­dant, le cli­ché du mé­ca­ni­cien avec un bleu de tra­vail ta­ché d’huile de vi­dange a vé­cu. Au­jourd’hui, les centres d’en­tre­tien em­ploient des in­gé­nieurs hau­te­ment qua­li­fiés, ain­si que des groupes de tech­ni­ciens en élec­tro­nique qui pos­sèdent une ex­per­tise in­for­ma­tique pour exé­cu­ter des rou­tines de diag­nos­tic. Les voi­tures mo­dernes sont do­tées de sys­tèmes de diag­nos­tic qui s’in­ter­facent avec les or­di­na­teurs de ser­vice afin de dé­tec­ter les pro­blèmes exis­tants et de dé­ce­ler les pro­blèmes à ve­nir potentiels. Bien que ces ou­tils fa­ci­litent un pre­mier diag­nos­tic, il faut sou­vent al­ler plus loin et four­nir un tra­vail de dé­tec­tion plus ap­pro­fon­di. Et pour ce­la, les tech­ni­ciens doivent se ré­fé­rer aux ma­nuels d’en­tre­tien qui se pré­sentent sous forme de pages de do­cu­ments en ligne ou d’énormes ma­nuels pa­pier. Ces ma­nuels, créés par d’im­por­tantes équipes de do­cu­men­ta­tion, sont spé­ci­fiques à chaque type de voi­ture et à ses nom­breuses va­riantes. La créa­tion de ces do­cu­ments est un pro­ces­sus lent et su­jet aux er­reurs. Ces ma­nuels de main­te­nance sont par consé­quent peu pra­tiques et les tech­ni­ciens de main­te­nance doivent les éplu­cher pour re­pé­rer d’éven­tuels pro­blèmes. Les nou­veaux ma­nuels en ligne s’avèrent plus utiles, mais ils ne sont en­core évo­lu­tifs et ne peuvent pas suivre la pro­gres­sion ra­pide de la tech­no­lo­gie au­to­mo­bile.

Une nou­velle approche pour la main­te­nance

Une nou­velle tech­no­lo­gie, em­prun­tée à l’in­dus­trie de l’au­to­ma­ti­sa­tion de la concep­tion élec­tro­nique des se­mi-conduc­teurs, pro­met une meilleure approche que les ma­nuels d’en­tre­tien tra­di­tion­nels en termes d’ou­tils dé­diés à la main­te­nance au­to­mo­bile. Et, pour l’ex­pli­quer, la mé­thode la plus simple consiste à consi­dé­rer la fa­çon dont nous uti­li­sons les ap­pli­ca­tions de cartes GPS en ligne et mo­biles pour na­vi­guer. Car cette nou­velle approche est à la main­te­nance au­to­mo­bile ce que « Google Maps » est à la na­vi­ga­tion. « Google Maps » per­met au­jourd’hui à un uti­li­sa­teur de ren­trer les points de dé­part et d’ar­ri­vée d’un iti­né­raire pour faire ap­pa­raître une carte cen­trée sur cette zone d’in­té­rêt et en­ri­chie de don­nées sur les em­pla­ce­ments et les iti­né­raires al­ter­na­tifs, ain­si que le meilleur che­min pour y ar­ri­ver ra­pi­de­ment en te­nant compte de la

cir­cu­la­tion en temps réel. Cette approche est à la fois plus ra­pide et plus pré­cise que les bonnes vieilles cartes rou­tières d’an­tan que nous uti­li­sions ja­dis pour dé­ter­mi­ner un iti­né­raire. D’au­tant que la base de don­nées car­to­gra­phique peut être mise à jour pour in­cor­po­rer les chan­ge­ments ap­por­tés aux iti­né­raires au fil du temps, et que l’af­fi­chage est fa­cile à com­prendre et à uti­li­ser. Pour le diag­nos­tic élec­tro­nique en au­to­mo­bile, c’est exac­te­ment ce qui est exi­gé par les centres d’en­tre­tien au­to­mo­bile: un ou­til de diag­nos­tic qui trace son che­min à tra­vers le la­by­rinthe ex­trê­me­ment com­plexe des com­po­sants élec­tro­niques et des in­ter­con­nexions d’un vé­hi­cule. Les se­mi­con­duc­teurs contiennent des mil­lions de tran­sis­tors et de connexions, ce qui a abou­ti à la créa­tion d’une tech­no­lo­gie de vi­sua­li­sa­tion de dé­bo­gage ré­ac­tive, dé­ve­lop­pée ici par Concept En­gi­nee­ring. Cette tech­no­lo­gie, bap­ti­sée E-en­gine, est dé­sor­mais ap­pli­quée aux sché­mas de ser­vice avec les ca­rac­té­ris­tiques sui­vantes: - un af­fi­chage vi­suel fa­cile à lire qui se concentre de ma­nière dy­na­mique sur la zone pré­cise du pro­blème, en fonc­tion des codes de diag­nos­tic ou de la sai­sie ma­nuelle, - un sché­ma qui se met à jour pour re­pré­sen­ter la ver­sion exacte et la va­riante du vé­hi­cule spé­ci­fique en cours d’ins­pec­tion, éli­mi­nant ain­si tout en­com­bre­ment in­utile, - un écran en ligne (PC ou ta­blette) qui s’adapte et s’ajuste de lui-même, et per­met de ré­vé­ler des in­for­ma­tions sup­plé­men­taires sur les com­po­sants, le câ­blage, etc. - un lien di­rect entre les des­sins de CAO des dé­ve­lop­peurs et la base de don­nées sché­ma­tique pour évi­ter les er­reurs de conver­sion et ac­cé­lé­rer la créa­tion. Cette so­lu­tion fonc­tionne de la ma­nière sui­vante: les des­sins de CAO ori­gi­naux du sys­tème élec­trique et élec­tro­nique d’une marque de voi­ture par­ti­cu­lière sont au­to­ma- ti­que­ment conver­tis de­puis les for­mats stan­dards de l’in­dus­trie tels que KBL, ain­si que de­puis les for­mats pro­prié­taires de l’en­tre­prise, vers le for­mat de la base de don­nées E-en­gine connu sous le nom d’EDB. La base de don­nées peut éga­le­ment conte­nir des dé­tails sur les com­po­sants ain­si que di­verses autres in­for­ma­tions utiles aux centres d’en­tre­tien. Elle per­met éga­le­ment de spé­ci­fier les don­nées des va­riantes et peut être mise à jour fa­ci­le­ment sans être com­plè­te­ment re­pro­duite lorsque des ré­vi­sions sont ap­por­tées au ca­hier des charges du vé­hi­cule. Cette base de don­nées est dis­po­nible de­puis le ser­veur sto­cké dans le cloud du construc­teur au­to­mo­bile pour être uti­li­sée par tous ses centres d’en­tre­tien. Un centre d’en­tre­tien peut ac­cé­der à ces in­for­ma­tions via un na­vi­ga­teur Web, ce qui éli­mine la né­ces­si­té d’ins­tal­ler des ap­pli­ca­tions lo­cales sur ses or­di­na­teurs. Lors­qu’il cir­cule sur la route, par exemple, le sys­tème peut éga­le­ment fonc­tion­ner hors ligne à l’aide des don­nées préa­la­ble­ment char­gées. Un tech­ni­cien ap­pelle un sché­ma de ser­vice spé­ci­fique à l’aide du nu­mé­ro d’iden­ti­fi­ca­tion du vé­hi­cule (VIN), puis en uti­li­sant les codes de diag­nos­tic (DTC) ou les in­for­ma­tions sur le com­po­sant, l’em­pla­ce­ment ou la pièce. Le dé­tail des com­po­sants, et du câ­blage et d’autres in­for­ma­tions peuvent être sai­sis pour ex­plo­rer les dif­fé­rents scé­na­rios de pro­blèmes pos­sibles ( voir pho­to ci-des­sous). Les construc­teurs au­to­mo­biles qui ont be­soin de ré­duire les temps d’en­tre­tien des vé­hi­cules constatent l’ef­fi­ca­ci­té spec­ta­cu­laire de cette approche. La pos­si­bi­li­té de per­son­na­li­ser cette tech­no­lo­gie pour des pro­ces­sus et des po­li­tiques de fa­bri­ca­tion in­di­vi­duels, ain­si que de main­te­nir et mettre à jour im­mé­dia­te­ment les don­nées du vé­hi­cule dans tous les centres d’en­tre­tien, est très at­trayante. La pro­duc­tion au­to­ma­ti­sée,

ra­pide et fa­cile, de do­cu­ments pré­cis, in­for­ma­tifs et fiables, peut sim­pli­fier leurs pro­ces­sus de dé­ve­lop­pe­ment. Cette so­lu­tion est nou­velle sur le mar­ché, mais a dé­jà sus­ci­té l’in­té­rêt des grands construc­teurs au­to­mo­biles. Elle a été adop­tée par un im­por­tant construc­teur de ca­mions, ain­si que par des en­tre­prises d’autres sec­teurs tels que l’aé­ro­spa­tiale. Per­met­tant d’ac­com­pa­gner cette ten­dance de fond d’une élec­tro­ni­fi­ca­tion tou­jours plus pous­sée des vé­hi­cules en tout genre (et pas seule­ment des voi­tures), nul doute que cette so­lu­tion fe­ra son che­min très pro­chai­ne­ment dans de nom­breux centres d’en­tre­tien.

< La tech­no­lo­gie E- en­gine dé­ve­lop­pée par Concept En­gi­nee­ring pro­pose un af­fi­chage vi­suel fa­cile à lire qui se concentre de ma­nière dy­na­mique sur la zone pré­cise du pro­blème, des sché­mas élec­tro­niques qui se mettent à jour pour re­pré­sen­ter la ver­sion...

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